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28.02.2008

Découverte, cohérence et incohérence

1027004884.jpgAujourd’hui, nouvel exercice, petits commentaires de l’actualité insolite prise sur le vif mais toujours politique.  D’abord, des élus PS, la députée PS de la XVIIe circonscription de Paris, Annick Lepetit et le maire PS de Clichy (Hauts-de-Seine) Gilles Catoire, ont protesté hier après un incident sur la ligne 13 du métro qui a provoqué une interruption de trafic assez longue dans la matinée. Nos 2 élus PS ne doivent pas prendre souvent le métro car des interruptions de trafic, c’est presque quotidien. Si les usagers devaient aller se plaindre et alerter les médias comme nos élus l’ont fait, alors il faudrait surement créer RATP-TV. Enfin, peut-être que nos « défenseurs du service public » commencent à se rendre compte de ce qu’est réellement le service public pour les usagers (ainsi que les petites contraintes). C'est assez beau de voir des élus PS découvrir les transports en commun et de s'étonner que cela ne marche pas toujours bien. Et encore, ils ne les ont pas pris un jour de grève. Si un incident technique entraine une protestation avec médias à l'appui, un grève cela déclenchera une contre-manifestation avec raz de marée humain pour défendre l'accès au service public. Demain pour la classe découverte des élus PS, je propose une journée dans une classe de 5ème en ZEP…

 

Ensuite, le PS qui est désormais le grand défenseur de la laïcité, de la loi de 1905 contre le méchant Président de la République. Mais là encore je me demande qui met le plus en danger notre République, celui qui parle et annonce ses intentions ou ceux qui se parent des habits de la Vertu mais font le contraire ?
Libération dévoile à Montpellier une mosquée parrainée par l’Etat ou plutôt la Mairie (PS). Le tribunal administratif vient d’ailleurs de confirmer en appel une décision jugeant contraire à la loi de 1905 la construction d’une mosquée par la Mairie. Justement au titre de cette loi de 1905 qui, juste pour rappel, dit que « l’Etat ne subventionne aucun culte ».  Dans cette histoire, au contournement de la loi par des élus s’ajoutent le clientélisme. Il s’agit, dans le système mis en place par G.Frèche et poursuivi par l'actuel maire H.Mandroux, de placer sous dépendance et donc sous contrôle des groupes d’électeurs, les musulmans ici. (et c’est  le Président qui est accusé de communautarisme). Et c’est ce même système qui vient de recevoir l’appui de Bruno Le Maire, M.Election du PS.

 

Et enfin, S.Royal qui a sanctionné son vice-président de Région en lui retirant sa délégation aux Finances. Motif, il a contesté la décision de S.Royal de faire appel à la dette plutôt qu’à l’impôt pour financer le budget 2008. Cela lui a valu le désaveu et une "humiliation publique" en lui refusant la parole en session plénière. S.Royal a au moins la cohérence de son propos et de son action. Elle dénonce au niveau national le Président comme Monsieur Taxe avec ses 6 nouvelles taxes en 2008 et au niveau local, elle sanctionne son délégué aux finances qui veut augmenter les impôts. Elle poursuit dans la construction de son image anti-impôt qui lui avait si bien réussi au 2nd tour des législatives avec son appel anti-TVA à 24,6% (on va finir par croire qu'il n'y a aucune stratégie politique derrière cette position anti-impôt mais réellement une conviction profonde que les taxes ne doivent pas être augmentées dans ce pays bridé par une fiscalité assomante). Par contre, sur la dette, elle a un peu moins de cohérence : elle qui insistait dans la campagne sur la nécessité de réduire les déficits et la dette, cela étant même un point de convergence avec le programme de F.Bayrou. Et puis surtout, ils ont toujours un moyen de se réconcilier car les 2 sont d’accord sur l’essentiel : augmentation de la dépense publique et pas de maitrise des finances publiques. Voilà un nouveau slogan pour le PS : dépenser plus pour s’endetter plus (version S.Royal) ou dépenser plus pour taxer plus (version son ex-délegué aux Finances).

27.02.2008

Rétroactivité de la loi suite

Ce matin en me levant, j'apprend que le CNE va être supprimé dans la nouvelle loi de réforme du marché du travail issue de l'accord syndical de décembre dernier. Et surtout que les CNE vont être requalifiés en CDI. Certaines organisations de PME s'élèvent déjà contre cette mesure. Ben oui, le CNE n'est pas le CDI et des patrons ont embauché en CNE pour profiter des souplesses de ce type de contrat. Voila que l'Etat va modifier et contraindre les entreprises à un contrat qu'elles n'ont pas choisi. J'attends avec impatience les réactions des amoureux du droit, tout ceux qui luttent contre la non-rétroactivité de la loi. Pourquoi interdire les contrats qui étaient valables au moment de la signature? Et j'attend aussi les réactions de ceux qui défendaient les régimes spéciaux avec l'argument que les remettre en cause constituait une modification du contrat de travail et des conditions d'embauche. Y aurait-il deux poids deux mesures parce que ce sont les entreprises et les patrons qui vont en supporter les conséquences ?

26.02.2008

Les abus ne sont pas à chercher du côté des industriels, M.Fillon

570808206.jpgLes politiques se sont emparés de la polémique sur la hausse des prix après la publication de l'enquête de 60 millions de consommateurs. Pour lutter contre le phénomène, le premier ministre a annoncé 3 mesures dont la création d'une Haute autorité de la concurrence avec des pouvoirs élargis. Une mesure plus que nécessaire mais tellement retardée car aucun des gouvernements précédents ne croyaient réellement que la concurrence était un bon moyen pour faire baisser les prix. Voilà une vraie rupture.

Mais le premier ministre a également dit qu' «il y a manifestement des abus de la part des industries et des distributeurs qui profitent des hausses des matières premières agricoles pour accroître leur marge». Cela ne correspond pas à la réalité. Les industriels ne sont pas responsables des hasses de prix. Pour la plupart, ils ne font que répercuter les hausses des prix des matières premières. Les véritables responsables de cette inflation sont à chercher dans deux directions.

Tout d'abord, l'émergence des pays en développement tels l'Inde ou la Chine, également le Brésil, exerce une très forte pression sur les coûts des matières premières. Ensuite, l'autre responsable est la grande distribution. Ou plutôt l'absence de concurrence dans la grande distribution qui en profite pour pratiquer des taux de marge doublement supérieurs à la moyenne du secteur dans l'Union Européenne. Nous en avons déjà parlé longuement sur ce blog et je vous invite à lire le livre de Philippe Askenazy "Les soldes de la loi Raffarin" qui explique très bien les conséquences de l'absence de concurrence dans la grande distribution (aucune concurrence entre les acteurs présents et impossibilité de nouveaux entrants donc situation monopolistique et ses dérives associées). Alors M.Fillon n'accusez pas les industriels qui sont autant victimes que les consommateurs des pratiques de la grande distribution et attaquez-vous aux réformes de ce secteur.

25.02.2008

En route pour le libre-échange Canada-Europe ?

    ab37f489bbf4363694aa6c43edfa9572.jpg

   Au prochain congrès du PLQ (Parti Libéral du Québec), qui se tiendra en mars, les militants adopteront une résolution pour encourager «le gouvernement à conclure des ententes de libre-échange et de mobilité de la main-d’œuvre avec nos partenaires canadiens et européens».

   Pour Jean Charest, premier ministre et chef du PLQ, 2008 offre «un alignement de planètes exceptionnel : c'est le 400ème anniversaire de Québec, la première visite du président Sarkozy au Québec et au Canada comme Président de la République française. Il sera président de l'Union européenne à partir du 1er juillet. Donc, il a une occasion historique de lancer les négociations entre le Canada et l’UE ».

    Avant lui, en 1976, Pierre Elliott Trudeau parlait de la relation avec l'Europe comme d'une «troisième voie» et en  2006, Jean Chrétien, devenu premier ministre, s'était prononcé en faveur du libre-échange entre l’ALENA et l’UE.

   En Europe, Édouard Balladur est une des premières personnalités politiques à soutenir l'idée d'un projet de libre-échange Canada-Europe. L'ancien premier ministre français estime que ce projet pourrait être une première étape d'un rapprochement entre l'Europe et l'Amérique.(1) «C'est une très bonne idée qui va dans le sens du rapprochement de nos continents, dit-il. D'ailleurs, le Canada est plus proche de l'Europe que des États-Unis dans plusieurs domaines, comme la politique étrangère. Ce qu'il faudrait, c'est un traité de libre-échange entre l'Union européenne et l'Amérique du Nord. Mais un traité de libre-échange entre l'Europe et le Canada est peut-être une bonne façon de commencer.»

    Zbigniew Brzezinski, un autre retraité de la politique, ancien conseiller du président Jimmy Carter en appelle au prochain président américain non seulement pour «préserver et fortifier les liens transatlantiques» mais aussi pour enfin considérer l'Europe comme son tout premier partenaire. Dans un monde où l'Amérique du Nord et l'Europe ne représenteront plus que 15 % de la population d'ici  2020, écrit-il « l’Amérique a besoin de l’Europe ».

    A Bruxelles la partie est loin d’être gagnée : l'Europe ne s'engagera pas dans des négociations sans garanties solides, elle garde en effet le souvenir de l’empêchement de la compagnie française Alstom de concourir pour le renouvellement des rames du métro de Montréal. Pour l’Europe, dont les 460 millions d'Européens forment le plus grand marché intégré du monde, le Canada et ses 35 millions d'habitants ne représentent qu'un petit marché pour ses produits, d’autant que celui-ci est déjà relativement ouvert. L'Europe exigera l'ouverture de tous les marchés publics canadiens. Reste à savoir si les provinces du Canada seront prêtes, comme le Québec dit l'être, à ouvrir leurs marchés publics aux géants européens. Les Européens n'entendent pas plier non plus sur la déréglementation du transport aérien : aujourd'hui, Ottawa limite les possibilités de cabotage des transporteurs comme Lufthansa. Bruxelles convoite aussi l'important marché de l'énergie canadienne.

     A suivre en octobre 2008, lors du prochain sommet Canada-UE, qui se tiendra à Montréal, sous présidence française.

(1) Pour une Union occidentale entre l'Europe et les États-Unis (Fayard).

24.02.2008

La concurrence libre et non-faussée dans la distribution : une nécessité

Le 18 février dernier sur France 2 est passé un documentaire de Complément d'enquête sur les pratiques du commerce et surtout de la grande distribution. Ce documentaire est édifiant sur les pratiques de la grande distribution. Vraiment à voir.

A tous ceux qui dénoncent la concurrence libre et non-faussée comme une aberration du libéralisme, qui se sont battus contre ce qui était un des objectifs de l'UE au moment du vote de 2005, regardez ce que l'absence de concurrence libre et non-faussée donne dans un secteur à tendance monopolistique : des salariés exploités, des consommateurs payant le prix fort, des fournisseurs pressurisés (aussi bien les industriels que les agriculteurs) et des grandes enseignes qui "s'étendent" et font des bénéfices records avec des taux de marge bien supérieurs à la moyenne du secteur dans les autres pays européens. 

La grande distribution est un secteur qui a fortement besoin de plus de concurrence. Le gouvernement a déjà fait un pas avec la loi Chatel, souhaitons qu'il continue en allant plus loin en remettant en cause le trio des lois Galland-Royer-Raffarin. Alors bien sûr, le lobby du petit commerce va se mettre en marche pour dire que plus de grandes surfaces, c'est nuire au petit commerce mais ce sont deux problèmes bien distincts. Le petit commerce n'est actuellement pas protégé par les lois actuelles, les seuls qui en tirent profit sont les grandes enseignes de grande distribution. D'ailleurs, l'acharnement actuel des Leclerc, Carrefour a communiquer pour mettre l'opinion publique de leur côté sur le pouvoir d'achat correspond bien à l'époque. Coincées entre une hausse des matières premières, donc du premier des tarifs des industriels et la volonté du gouvernement de faire baisser les prix pour redonner du pouvoir d'achat en libéralisant le secteur, les grandes enseignes cherchent à tout prix à avoir des alliés pour peser sur les 2 tableaux, dans leurs négociations de tarifs avec leurs fournisseurs et dans les futures négociations avec le gouvernement sur la prochaine loi de modernisation économique qui promet de leur être beaucoup moins favorable. Espérons que le gouvernement ne reculera pas...

 

23.02.2008

Rétention de sureté : principe de précaution et angélisme aggravé

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Le Conseil Constitutionnel a, cette semaine, censuré très partiellement la rétention de sureté de la Garde des Sceaux, R.Dati. Cette censure a porté sur la rétroactivité de la mesure mais le fond même a été approuvé. De longues discussions ont animé les différents blogs sur ce sujet et l’ont fait beaucoup mieux que ce que je pourrais le faire. Mais globalement, ma position est que cette loi qui vise à traiter un problème réel et sérieux, ouvre une brèche dans notre droit avec la possibilité de priver de liberté des citoyens sans qu'il n'y ait procès. Le reste est pour moi accessoire car il s’agit tout simplement d’une rupture avec un des principes de notre Constitution.

On comprend bien quelles sont les intentions qui justifient cette loi. Il s’agit de protéger la société et les futures victimes de criminels qui risquent d’être remis en liberté et dont on sait qu’ils représentent un danger plus que potentiel. La finalité de cette pensée a été exprimée par N.Morano en disant qu’ « il s’agit d’appliquer le principe de précaution ». Principe de précaution pour protéger la société. Un peu comme en matière de santé ou d’environnement. D’ailleurs, le fait que ce principe de précaution soit inscrit dans la Constitution valide l’idée même qu’il faille protéger la société de tout risque et surtout des risques potentiels qui seront susceptibles de se réaliser dans le futur. Cette loi est un peu l’extension du principe de précaution à d’autres domaines que la santé et l’environnement. Et on peut se demander où cela s’arrêtera. La brèche dans notre droit est désormais double avec cette loi bien sur mais également avec le principe de précaution qui justifiera à l’avenir des lois visant à prévenir des risques pas encore réalisés.

La gauche a fortement réagi à ce sujet dénonçant une dérive, d’une rupture de l’état de droit. Plutôt que de dénoncer le Président pour justifier leur discours redondant contre la droite (déjà les opposants au Général De Gaulle défilaient en criant « le fascisme ne passera pas »), la gauche devrait se poser la question du pourquoi nous en sommes arrivés à faire voter une telle loi. La réalité est que la protection de la société contre ces « monstres » est indispensable mais pour cela, il faudrait que notre arsenal répressif soit appliqué, que les juges aient le courage ou la volonté, de condamner très sévèrement ces prédateurs et surtout de faire en sorte qu’ils ne sortent jamais. L’angélisme de beaucoup  et de la gauche en général en matière de criminalité en trouvant souvent plus à plaindre les coupables que les victimes, a fait que notre société n’a plus l’impression d’être protégée contre ces individus. Les juges sont tellement indépendants qu’ils le sont également vis-à-vis de la société comme déconnectés de celle-ci. Les juges seraient-ils dans un combat idéologique pour la défense des accusés contre la vindicte populaire et sa représentation, le gouvernement ? Cette loi, plutôt qu’une rupture volontaire de l’état de droit, doit être vue comme une simple conséquence de l'angélisme dans une société compassionnelle et médiatique où un gouvernement cherche à satisfaire l’opinion publique sur le sujet de la criminalité.

21.02.2008

Et il nomma

ec08e157c60bb4762a00b70223540ff4.jpgGuillaume Pépy va être nommé président de la SNCF mercredi prochain en Conseil des ministres. Cette nomination intervient après une campagne interne entre celui-ci, futur ex-directeur général exécutif et Anne-Marie Idrac, future ex-président et aussi future secrétaire d'Etat au Grand Paris.

Cette nomination à la tête d'une grande entreprise publique est la première de l'ère Sarkozy. Je me rappelle simplement d'un candidat pendant la campagne présidentielle qui voulait que le Parlement encadre le pouvoir de nomination du Président avec au moins des auditions pour avis consultatif par une commission parlementaire. Qu'est devenu cet engagement de campagne qui allait dans le sens d'institutions plus équilibrées entre l'exécutif et le Parlement ? Peut-être faut-il simplement attendre la future réforme des institutions pour que cela soit rééllement mis en application ou alors les "petits bonheurs" de la pratique du fait du Prince auront fait changer d'avis un président de plus ?

20.02.2008

Hommage

e1914c002b3035d16de1577396871a21.jpgJe reviens sur la proposition de N.Sarkozy, faite au diner du Crif : « Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l’existence d’un enfant mort dans la Shoah. Rien n’est plus intime que le nom et le prénom d’une personne. Rien n’est plus émouvant pour un enfant que l’histoire d’un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui ».

Effectivement, le nom et le prénom d’un enfant mort dans la Shoah, enseigné à chaque enfant de CM2, reviendrait à faire prendre charge d’âme d’un enfant martyr, chaque enfant, âgé lui-même d’une dizaine d’année. Je suis convaincue de la sincérité de la proposition ; mais, elle ne me convient pas car justement elle établirait un lien intime entre les deux enfants, bien trop lourd pour une jeune conscience et somme toute peut-être éloigné de l'intelligence qu'elle devrait susciter.

Or ce dont les enfants ont besoin à cet âge, c’est d’exemple : il appartient donc aux adultes de leur enseigner l’histoire, le respect de ces martyrs. Il leur revient d’honorer la mémoire des victimes de l’Holocauste et d’y associer leurs enfants.

C’est une proposition, faite à l’attention du Crif : comme telle, elle intéresse au premier chef, les représentants de la communauté juive de France. Qu’en pensent-ils, eux ? S.Weil, présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, a déjà exprimé sa réprobation mais d’autres comme F.Hollande ou M.Boutih l’ont approuvée. Laissons-les donc y réfléchir sereinement. Puisque cette proposition concerne les enfants, elle concerne aussi les parents ; bref, elle concerne tous les français. S.Veil présidera la commission chargée d'y réfléchir, c'est  une bonne méthode.

Tenant compte du manque de consensus évident, E.Mignon a déjà tempéré la proposition, en proposant que ce parrainage revienne à une classe entière. Je propose d’élargir encore, à la Nation toute entière, le soin d’honorer ses martyrs, comme il en a toujours été, de tradition.

Cette proposition risque de relancer la concurrence victimaire qui avait déjà il y a peu de temps, trouvé à s’exprimer au sujet de la colonisation et de l’esclavage. En effet, dans ce rapport intime à la personne, toutes les morts d’enfants racontent la même histoire tragique et justement il n’y aurait pas lieu de privilégier l’une plutôt que l’autre. Et c’est précisément parce que leur individualité ne leur a pas été reconnue, que leurs vies leur ont été otées. L’hommage pourrait donc être individuel mais il appartient à toute la Nation de l'accomplir.     

 

19.02.2008

Pneus et billettes

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Affirmant sa volonté de sauver l’usine de Gandrange, le chef de l'Etat disait « l'Etat est prêt à prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires » pour pérenniser l'aciérie menacée par une restructuration. «Nous sommes prêts à faire le nécessaire, quel que soit le propriétaire car notre objectif c'est de garder des usines ouvertes en France», a-t-il précisé.

595 salariés sont l’enjeu d’une décision de fermeture d’un site de production appartenant au groupe multinational Arcelor Mittal, 1er groupe sidérurgiste mondial qui a annoncé plus de 7,5 milliards d’euros de bénéfices en 2007.

Ainsi, l’Etat serait prêt à investir dans les moyens de production d’un groupe étranger hautement bénéficiaire. C’est oublier que les autorités européennes de la concurrence répriment les subventions publiques au nom de la concurrence libre et non faussée. Reste le caractère stratégique de l’activité de l’aciérie : la production de 900 000 tonnes d’acier  et billettes de faible qualité pourra difficilement être invoquée alors même que l'usine de Gandrange avait été vendue en 1999 à Mittal Steel par le français Usinor, pour un franc symbolique

a3ca30238544cc7aabaf524c6a169da7.jpgPour Arcelor-Mittal, il s’agit d’une restructuration de l’outil de production, tout comme celle que Michelin s’apprête à effectuer à Toul. Là, il s’agit de gagner 30% de productivité en 5 ans. Pour y parvenir, Michelin veut regrouper ses sites de production pour en augmenter la taille afin de faire face à la concurrence (à Toul, 826 employés produisent 3 millions de pneus par an, tandis que son concurrent Hankook en produit 10 millions en Hongrie avec 1000 employés. Faut-il là aussi subventionner ? Alors que Michelin a annoncé des résultats 2007 en hausse de 35%, à 774 millions d’euros et à annoncé recruter entre 800 et 1000 personnes par an. Alors pourquoi fermer Toul ? « C’est quand les résultats sont bons qu’il faut investir et préparer l’avenir » a répondu le cogérant de Michelin, M.Rollier.

Chaque jour amène son lot de restructurations car aucune entreprise ne peut maintenir en survie des sites non profitables qui risqueraient par accumulation de réduire sa compétitivité et de menacer les ventes sur son marché. Ces ajustements permanents, ne sont pas encore admis parce que les pouvoirs publics laissent croire que l’Etat peut intervenir pour sauver des emplois. Mais, si deux groupes, comme Mittal et Michelin, jugent non rentables des activités sur un site, pourquoi ces activités seraient-elles maintenues par l’Etat ? Etat, dont les moyens ne sont pas illimités (déficit budgétaire pouvant frôler les 3% en 2008). Si l’Etat doit aider l’industrie, ne pourrait-il privilégier des activités rentables ? ou pour relancer la recherche dans des secteurs innovants, prometteurs de futurs emplois ? En se mêlant de sauver des emplois, l’Etat ne nous met pas en condition d’en créer.

18.02.2008

En ce mois morose, une occasion de se réjouir

 

a971b7ceb60d64cb3c5ce89ccc72f197.jpgEn 2007, le secteur privé a crée 298 000 emplois :le nombre de ses salariés dépasse 16 millions de personnes, chiffre enhausse de 1,9% par rapport à 2006. L’impact sur le chômage commence à être visible : le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1 inscrits à la fin du mois de décembre 2007 à l’ANPE s’établit à 1 897 300, chiffre en recul de -9,3% par rapport à 2006.

C’est le secteur des services qui permet de faire le plein d'emplois avec la création de 282 400 emplois salariés (+2,7% sur une année), celui de la construction apportant 64 300 emplois (+4,5%). L’industrie a continué à perdre des emplois -48 900 (-1,3%). Globalement c’est une bonne nouvelle, mais cette croissance de l’emploi salarié, strictement parallèle à celle du PIB, signifie que les gains de productivité ont été quasi nuls ; et sans gains de productivité les entreprises ne peuvent pas distribuer de pouvoir d’achat.

Autre information livrée par le ministère, la durée hebdomadaire collective moyenne du travail est restée stable à 35,6 heures à la fin décembre, alors que la loi favorisant les heures supplémentaires est entrée en vigueur. Ceci signifierait qu’il y a retard à l’allumage de la réalisation des heures supplémentaires défiscalisées ou alors que celles-ci ont remplacé les heures supplémentaires habituellemement réalisées, ce qui serait quand même ennuyeux. Car ces heures supplémentaires n'atteindraient que la moitié de leur objectif, (augmentation du salaire net), mais n'augmenteraient pas le volume d'heures travaillées et par là la production, ce qui aurait été un bon moyen pour aller chercher la croissance. 

A suivre donc ; mais pour 2008, les économistes prévoient une baisse de l’activité.

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