03.07.2009

Et maintenant, que faisons-nous cher Barack ?

body9988IbUQRymoIrhnKlo.jpgBarack Obama a prononcé le 4 juin au Caire, un discours sur les nouvelles relations entre les Etats-Unis et le monde musulman. Il ya affirmé sa volonté d'un « nouveau départ entre les musulmans et les États-Unis, (...) fondé sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel », pour mettre « fin à ce cycle de méfiance et de discorde ». Il a également déroulé un certain nombre de beaux grands principes pour une meilleure compréhension interculturelle et blablabla et blablabla. Tous les médias ont salué un discours fort, qui tranchait avec l’attitude de son prédécesseur et encore blablabla…

 

Toujours est-il que dans ce discours, il a aussi tenu des propos sur le voile islamique « il est important pour les pays occidentaux d'éviter de gêner les citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple en dictant les vêtements qu'une femme doit porter», qui ont ouvert un début de polémique (un début seulement car c’est Barack le sauveur suprême qui le dit, donc les médias veillent à ne pas l’écorcher encore). Il a démasqué les hypocrites « on ne peut dissimuler l'hostilité envers une religion derrière le faux-semblant du libéralisme », dénoncé les jusqu’au-boutistes « je rejette, les vues de certains en Occident qui voient comme une inégalité le fait qu'une femme choisisse de couvrir ses cheveux» et rafraichi la mémoire à ceux qui avaient oublié que « l'Islam  possède une tradition de tolérance » et que « les peuples de tous les pays doivent être libres de choisir leur foi » (c’est tellement vrai dans les républiques islamiques).

 

Coïncidence, depuis ce discours, un certain nombre d’hommes politiques ont pris conscience ou plutôt ont eu le courage de dire tout haut ce qu’ils disent tout bas, à savoir qu’il y a une offensive islamique et communautarisme contre la République et que la burqa en est un signe ostentatoire. Le témoignage d’André Guérin, maire communiste, est à ce sujet édifiant de lucidité, même s’il intervient trop tard, quand il quitte son poste de maire ; comme quoi le courage a des limites, celles de la réélection… Toujours est-il qu’une mission d’information parlementaire sur le port de la burqa enquêtera pendant 6 mois avant une possible interdiction, que dans son discours au Congrès le Président a dit que « la burqa ne serait pas la bienvenue en France » et que la classe politico-médiatique s’est sentie d’un seul coup pousser des ailes républicaines, anti-communautaristes et anticléricales comme au plus belles années du radicalisme triomphant…

 

Au passage laissez-moi sourire d’une petite anecdote sur l’origine des problèmes que la France rencontre avec l’offensive islamique : le véritable point de départ a eu lieu en 1988-1989 avec les premières affaires de voile à l’Ecole. A l’époque, le voile était nouveau en France et heurtait même les socialistes (avant qu’ils comprennent que la communauté musulmane leur était acquise). Et en bon anticléricaux, les socialistes, surtout le premier ministre de l’époque M. Rocard, voulaient interdire le voile à l’époque. Cette position ferme aurait marqué des limites et l’intransigeance de la France sur ses valeurs fondamentales. Oui, mais voilà, le ministre de l’Education de l’époque qui est quelqu’un de très (trop ?) malin n’en voulait pas (peut-être a-t-il compris le réservoir électoral que cela représente) et comme, le premier ministre veut faire alliance avec le ministre de l’Education contre le président de l’Assemblée Nationale lors d’un futur Congrès pour la conquête du Parti (je rappelle que ces messieurs étaient censé servir la France du même parti et de la même majorité présidentielle, sont les descendants des anticléricaux et pire que tout, étaient censés servir la France…), aucune loi ne sort, alors que cela était plus que nécessaire. Il faudra attendre 2004 pour qu’une loi statut sur les signes ostentatoires à l’Ecole (après que ce cher monsieur trop intelligent n’ait été premier ministre pendant 5 ans sans même que le moindre débat ne s’instaure) ; mais la défense des valeurs aura été passée par pertes et profits et le respect de la République avec…

 

Mais revenons à nos moutons ; en réaction à la mission d’information, les sites internet islamiques bruissent de ressentiment contre la France, les pays musulmans ont vivement réagi, de même que les médias arabes…mais toujours habilement, en utilisant le chemin tracé par Obama, à savoir que c’est la liberté que d’opprimer…Mais heureusement, le masque est tombé lorsqu’Al-Qaïda au Maghreb a menacé la France de représailles…La burqa n’est pas un signe religieux mais un signe d’asservissement comme ils disent tous en boucle depuis quelques jours. Mais j’irais plus loin, la burqa n’est pas le signe d’une pratique religieuse assimilable à la culture française, c’est le signe de l’importation d’un modèle islamique étranger à la France, c’est le signe de conquête…Et c’est pour ça, qu’Al-Qaïda la défend…

 

Alors maintenant, posons la vraie question qui dérange à ce cher Barack qui, il y a presqu’un mois, s’est érigé en donneur de leçon à notre vieux pays pour conseiller le  comportement que les pays occidentaux devraient avoir avec le monde musulman. Alors maintenant, je lui demande : que fait-on mon cher Barack ? Que fait-on maintenant qu’Al-Qaïda a menacé la France pour sa volonté d’interdire le drap noir version femme-fantôme ? On doit se laisser attaquer par Al Qaida ou on doit offrir la France à la burqa sous les menaces. Avouez qu'il y a mieux comme choix gagnant-gagnant... D’ailleurs, vous qui faites de si beaux discours tous les 4 matins, je ne vous ai même pas entendu les condamner…Et comme dit le proverbe « qui ne dit mot consent ». Que fait-on maintenant que les islamistes radicaux vivants en France menacent la République en voulant imposer des pratiques incompatibles avec nos lois, valeurs, traditions et identité comme le dénoncent depuis des années des gens lucides et qui sont désormais rejoints par certains qui ne peuvent plus se voiler la face (sans mauvais jeu de mots) ? Il faudrait peut-être que Barack Obama lise les reportages faits dans nos pauvres banlieues, comme celui de cette semaine du Figaro ou mieux qu’il mette les pieds (je n’ose dire vienne vivre) à Vénissieux pour enfin comprendre la réalité…Il faudrait aussi que Barack Obama lise l’Histoire de France pour connaître notre rapport à la religion, pour comprendre pourquoi la France a créé la laïcité…En clair, qu’il comprenne notre culture , lui qui se veut si compréhensif avec les autres culture et tout particulièrement avec celle du monde musulman…

 

Ou alors il est peut-être en train de succomber à la tentation d’une partie de l’intelligentsia américaine (mais également européenne) de sacrifier notre vieux continent (faible croissance économique, démographique, pas de ressources naturelles, pas de futurs gros contrats, un concurrent économique et  une importance historique qui oblige les américains à composer un minimum avec les voix des pays européens), à commencer par notre vieux pays, à l’aune de futures meilleures relations avec le monde musulman et donc d’un argument de poids face à la Russie et la Chine. La passe d'arme avec N.Sarkozy sur l'intégration de la Turquie dans l'UE n'est pas différente dans le fond. Les Etats-Unis ne voient pas l'Europe comme un continent d'importance, ni d'avenir mais comme un outil dans leur politique internationale...Mais il ne faut pas oublier que l’Europe a été, est et restera le meilleur allié des Etats-Unis en toutes circonstances. Et il ne faut pas oublier que l’offensive islamique ne s’arrêtera pas avec l’Atlantique et une stratégie d’apaisement qui ressemble de plus en plus à des courbettes de soumission… Alors, je vous le redemande, Barack que fait-on maintenant ? A quand votre prochain grand et beau discours pour nous annoncer clairement que la France et l’Europe, leurs lois, leurs héritages, leurs cultures, leurs traditions, leurs populations, leurs valeurs, leurs identités vont être passées par pertes et profits dans le grand jeu géopolitique que les Etats-Unis sont en train de mener avec la Chine et la Russie et sacrifiés sur l’autel de votre tentative pour amadouer le monde musulman.

 

 

 

30.06.2009

Ressuscitons le gosplan pour 5 mois

Apprenti_sorcier.jpgNous avions déjà un déficit structurel du budget (cela fait 35 années que la France n'a pas réussi à réaliser un seul excédent budgétaire !), la crise nous a dotés d’un déficit conjoncturel avec les dépenses de relance et maintenant nous allons pendant plus de 5 mois chercher à nous créer un déficit de dépenses d’avenir ! C’est en gros la feuille de route : le déficit budgétaire atteindrait, selon les dernières prévisions d’E.Woerth 125 milliards d’euros, dont 40 milliards de structurel et 85 de déficit de crise. Ceci ne suffisant pas, il faudra donc ajouter le coût des « grands projets d’avenir » définis comme prioritaires qui permettront de « dessiner la France de demain » (ou peut-être la France d’après…) et qui feront l’objet d’un grand emprunt national début 2010 !

 

Notre grand visionnaire de président, GVNS (1), parle déjà d’aménagement du territoire, d’éducation, de formation professionnelle, de recherche, de santé et d’innovation, tandis que notre geek de premier ministre, GFF (1), cible le numérique, les logiciels, les nanotechnologies, les biotechnologies, les écotechnologies et la voiture du futur ; les partenaires sociaux, les parlementaires et les représentants du monde de l’économie, de la recherche, de la culture seront invités à venir avec leurs idées afin d’être bien certain que les grands projets d’avenir irrigueront de leurs bienfaits tous les coins de France (et surtout que leurs chapelles soient bien défendues). Voila qui va faire plaisir à Angela et à Barroso qui saura tout de suite quoi faire de leurs recommandations à 3%.

 

Comment peut-on proposer d'augmenter encore la dette publique, même au travers d'un grand emprunt national, alors que cette dernière devrait avoisiner les 80 % du PIB en 2009 ? (120% si l’on compte les retraites des fonctionnaires !). Cela m’échappe et est peut-être un des grands paradoxes de GNVS qui fait un discours à Versailles sur l’impérieuse nécessité de réduire les déficits mais s’empressent de l’augmenter avec un grand emprunt tout en insistant sur les économies à faire sur les dépenses de fonctionnement. Sans parler de GFF qui passe son temps à jouer le père fouettard de la dette et qui cautionne une augmentation astronomique de la dette…Ou alors, c’est peut-être de la tactique électorale : si l’emprunt est un succès, comme il sera lancé début 2010, notre GVNS disposera d’une approbation des français, bien utile pour préparer les régionales de mars. Mais là, ça fait chère la victoire électorale et c’est donné un prix bien plus élevé que ce qu’il est à l’opposition…

 

Ce grand emprunt revient aussi à dire que l'augmentation de la dépense publique est la seule réponse valable à cette crise : or avons-nous besoin de magnifiques plans conçus par des cerveaux visionnaires, de grands projets décidés par l’autorité centrale ? Sommes-nous sûrs que leurs décisions d’investissement seront meilleures que celles qui auraient été prises par chacun des investisseurs en toute liberté de décision ? La dépense publique atteint déjà 54% du PIB : n’y a-t-il vraiment que l’Etat qui sache mieux que tout le monde (entreprises, citoyens) comment dépenser et investir l’argent que nous gagnions et qu’il nous prend?  

 

Celui-là même qui depuis 35 ans est pris, année après année en flagrant délit d’incapacité de ramener les dépenses publiques à un niveau compatible avec des prélèvements supportables, ose maintenant en réclamer davantage ! Doit-on rappeler la gabegie des politiques publiques depuis de trop longues années, comme par exemple les 40 milliards déversés depuis 10 ans sur les plans banlieue en pure perte ou encore les milliards dans la politique contre le chômage, contre l’exclusion, pour la réduction du temps de travail, pour l’emploi des jeunes…? D’ailleurs comment des fonctionnaires sauraient-ils où il faut investir et combien depuis leurs beaux bureaux parisiens, eux qui ne savent pas à quoi ressemble une entreprise ou même la France passé le périphérique ? Même avec une concertation de 5 mois de toute la représentation nationale et surtout de toutes ses corporations…Car ce sont encore ceux qui exercent les lobbys les plus puissants qui se feront entendre le mieux : au hasard, les écologistes (pour l’enjeu électoral), les syndicalistes (pour la paix sociale), les fonctionnaires (on ne peut pas se les mettre tous à dos, faut bien que la machine tourne), les plus grandes entreprises françaises (faudrait pas qu’elles délocalisent) ; alors que ce sont les PME qui alimentent depuis des années les créations d’emploi et que ce sont elles qui innovent et que justement elles ne bénéficient pas des capacités de nuisance ou d’influence des premiers puisque par définition elles ne sont pas organisées en corps constitués ! Encore une fois, l’argent des français servira à créer des rentes et à payer leurs représentants qui auront crié le plus fort…à l’inverse de l’intérêt général…encore et toujours…

 

Comme pour ma part, je pense que l’Etat n’est pas le mieux à même de décider où investir, tant pis pour Guaino dont par ailleurs j’apprécie le discours bonaparto-souverainiste à rebours de nos élites européistes, je vous invite à aller signer la pétition pour une relance durable, mise en ligne par un collectif d’associations de la société civile.

 

 

 

(1) Ces pseudos seront surement ceux choisis par le président et le premier ministre dans le cadre de la proposition d'un sénateur qu'une autorité publique régule l'utilisation des pseudos sur internet...

 

 

 

 

26.06.2009

La fissure syndicale et la tentation protectionniste

426112534.jpgLa CGT a procédé à une expulsion massive de travailleurs clandestins qui squattaient la Bourse du Travail, lieu de travail partagé des syndicats. Le service d’ordre de la CGT a utilisé de moyens expéditifs pour récupérer le bâtiment qui était en train de devenir un squatt que différentes offres aient été refusé par le collectif CSP 75. Et sans l’aide des CRS…Remarquez d’ailleurs dans le compte-rendu de l’évènement, comment les militants journalistes de Libé utilisent le même langage avec la CGT que celui-ci utilisé pour la police ou le service du Front National et avec de claires allusions que tout le monde comprendra : «quelques dizaines de militants», «au crâne rasé», brassard orange au bras, ont débarqué armés de «bâtons» et de «bonbonnes de lacrymo»…Le plus beau est la réaction de France Terre d’Asile pour qui «la CGT, avec cette intervention, qu’elle l’ait souhaité ou non, indique clairement qu’elle change de logiciel en se recentrant sur sa "clientèle" habituelle. Nous devons veiller collectivement (...) à ne pas laisser la division et le rejet de l’autre se propager». Si France Terre d’Asile voulait accuser en terme politiquement correct la CGT de populisme en voulant faire plaisir au populo de base (qui s’est bien connu, n’aime pas trop les étrangers), elle ne s’y serait pas prise autrement…

 

 

 

Cette histoire est un symbole. Le symbole de l’éclatement du premier syndicat des ouvriers entre le projet de société des élites du syndicalisme et les militants de base. Les premiers protégés par leur statut, mènent un certain nombre de combats politiques dont celui pour la régularisation des immigrés clandestins qui travaillent à laquelle la base n’adhère pas. Dans un schéma anticapitaliste classique, le calcul est que l’arrivée d’un maximum d’immigrés pauvres et donc mobilisables (c’est d’ailleurs le fait qu’ils ne soient pas mobilisables par la CGT qui a entrainé l’intervention) permettra de faire exploser le système. Les deuxièmes ne cherchent qu’à défendre les intérêts dans travailleurs français dans une mondialisation où ils n’arrivent plus à arracher le moindre compromis à un patronat et des actionnaires qui ont réussi l’international du capitalisme. Après les femmes, les immigrés sont la deuxième armée de réserve du capitalisme qui le patronat joue contre les ouvriers et qui permet de maintenir une pression à la baisse sur les salaires…en accord avec l’expression politique des syndicats (PS, PCF…). Cette cassure s’est matérialisée dans les années 70-80 par la désyndicalisation massive de la société française, par le transfert des électeurs communistes vers le Front National et plus largement par l'effritement du soutien populaire à la gauche...

 

 

Le chômage de masse depuis 30 ans, les délocalisations depuis 20 ans, le gel des salaires depuis 10 ans et la crise actuelle pour couronner le tout ne font que renforcer ce sentiment de la classe ouvrière : la libre circulation des hommes, des capitaux, des marchandises est une chance pour les élites mais une malédiction pour les travailleurs. Déjà en Angleterre, les travailleurs ont défilé aux slogans de « british jobs for british workers » et cela ne fait que commencer… La tentation protectionniste est présente depuis très longtemps dans le bas peuple…Elle le devient aussi dans certains dirigeants : Obama sous la pression des cols bleus démocrates, Sarkozy avec la préférence communautaire, Merkel avec son fameux « chacun sa merde » pour le sauvetage des systèmes bancaires européens, les chinois qui privilégient les entreprises locales dans les appels d’offre… Il n’y a que les élites européistes et médiatiques, ces fameux 1% de la population qui ont profité à fond de la mondialisation (et qui tiennent les médias et les leviers de décision) qui défendent encore un libre-échangisme sans limite…Jusqu’à quand ?

15.06.2009

Ce qui est danger, ce n'est pas le climat, c'est notre liberté! [1]

1051624289.jpgLa diffusion deux jours avant le scrutin du film Home dont Y.Arthus Bertrand dit lui-même que c’est un film de propagande, suivi d’un débat au cours duquel il dit qu’il vote Ecologie depuis toujours, ne fait pas illusion. Certes, sa programmation, le 5 juin, était prévue depuis plus de 2 ans ; mais on savait aussi depuis plus de 2 ans que les élections européennes se tiendraient en 2009 et comme elles ont toujours eu lieu dans la 1ere quinzaine de juin [2]…D’ailleurs, à l’issu du scrutin et à la polémique sur la diffusion, Y.Arthus Bertrand a dit que ce documentaire n’avait pas changé le résultat du vote mais l’avait amélioré. Au moins ça a le mérite d’être clair, la propagande c’est comme le reste ; tant que ça suit la ligne officielle ce n’est pas vraiment de la propagande, par contre dès que ça s’en écarte alors c’est une honte et une attente aux libertés publiques…Il n’est pas si loin le temps où la gauche s’outrait et accusait TF1 d’avoir monté la sauce sur l’insécurité avant la présidentielle de 2002, notamment avec l’histoire du retraité attaqué la semaine avant le premier tour.


 

Donc Cohn-Bendit a fait un bon score (16% des exprimés soit 6,3% du corps électoral !), tout le monde devient désormais écolo et blablabla…L’ouverture doit se faire désormais vers l’Ecologie et non plus les dinosaures du PS, le PS cherche la solution à ses malheurs dans de futures alliances avec les Verts, certains au Modem appellent à verdir le programme pour survivre…Et pourtant les Européens-Ecolo n’ont pas fait un score extraordinaire, pas meilleur que celui F.Bayrou à la présidentielle, pas davantage que J-M.Le Pen à celle d’avant, ni que l’ensemble de la droite souverainiste en 1999 ou en 1994 ou encore en 2004. Et pourtant les majorités ne sont pas ouvertes à ces courants…


 

En fait, Europe-Ecologie n’est rien d’autre que l’apparition d’une troisième gauche, c’est-à-dire d’un troisième mirage qui porte des espérances sans qu’elles ne soient fondés ni réalisables ni n’apportent ce qu’elles promettent. L’écologie doit sauver la planète, encore faudrait-il que la planète soit en danger et dans l’affirmative que les actions proposées soient adéquates et mises en œuvre partout ; la croissance verte devrait (on peut même dire devait car ça fait 10 ans qu’on entend le même discours) créer des millions d’emploi, rien vu encore pour l’instant ; les énergies renouvelables devraient nous couper de notre dépendance au pétrole, les agrocarburants sont désormais vus comme une menace pour l’agriculture vivrière sans avoir un réel effet sur la consommation de carburant et les éoliennes pour le moment brassent surtout des subventions. Et je ne parle même pas de l’Europe qui est l’autre partie de l’argumentaire. L’Europe devait résoudre tous les problèmes, faire de nos vieux pays un continent uni, solidaire, pensant sur le destin du monde…au lieu de ça, on a une Europe mollasse qui n’impose rien au monde si ce n’est aux peuples européens des décisions prises par des technocrates, qu’ils rejettent d’ailleurs avec une belle constance en votant régulièrement avec leurs pieds. L’Europe devait résoudre tous nos problèmes, elle les a plutôt accrus et nous a dépossédés du pouvoir de les résoudre.


 

Et même j’irai plus loin sur la véritable nature du courant « Ecologique » : Europe-Ecologie n’est que le recyclage des vieux gauchistes embourgeoisés qui se servent de l’Europe et de l’Ecologie pour atteindre leur objectif de toujours. Le discours est limpide si l’on veut bien se donner la peine de le décrypter : l’Ecologie est l’alibi anti-société libérale et l’Europe est l’alibi anti-Nation.



Là où ils sont très forts c’est que l’Europe et l’Ecologie sont les deux idées faussement révolutionnaires les plus politiquement correctes portées par la dictature médiatique. Essayez un peu d’être anti-européen (les nonistes se rappellent du TCE) ou pire d’être anti-écolo (C. Allègre peut surement témoigner, lui qui a été qualifié de  « négationniste » du réchauffement climatique). Après avoir épuisé tous les thèmes possibles et imaginables tels que l’autorité (forcement malsaine), la police (forcément pourrie), la Nation (qui crée des guerres et fait de nous de la chair à canon), l’immigration (qui est forcement une chance surtout si elle vient d’Afrique qui on le sait est notre avenir), l’assimilation (qui est un crime contre la diversité culturelle et un acte quasi fasciste demandé aux nouveaux arrivants), la diversité (dont la société n’est pas assez représentative à cause des français qui ne veulent pas s’y ouvrir), la sécurité (le sentiment d’insécurité qui est une invention de la droite et de J-P.Pernault), le social (qui est obligatoire car les inégalités s’accroissent à cause de la méchante société capitaliste et libérale), ils ont enfin trouvé leurs deux marottes sur lesquelles la réalité ne viendra pas les contrarier pendant un certain temps comme cela a été le cas sur tous les autres thèmes…


 

Une nouvelle dictature bien-pensante est mise en place, la religion du vert ; notre monde actuel nous conduit à la catastrophe et il faut en changer radicalement… Elle est associée à l’autre religion de nos élites, l’Europe qui serait le sens de l’Histoire… Il faut réguler le marché, taxer les consommateurs, imposer par la fiscalité (ou les subventions, ce qui revient au même) les énergies renouvelables, sortir du nucléaire et diminuer notre consommation d’énergie, bref instaurer la police verte. Ce n’est qu’une inversion rhétorique pour justifier ce que le communisme avait tenté de faire et de justifier, mettre à bas la société dans laquelle nous vivons.


 

Sous couvert de sauver la planète, ils prônent un changement de société ; il s’agit de faire une révolution verte qui d’ailleurs, ils le disent eux-mêmes, n’est pas compatible avec la société capitaliste, qui pollue et exploite notre terre. Comme quoi les objectifs n’ont pas changé depuis l’époque…Pareil au niveau de la Nation et de l’autorité, ils en appellent à l’Europe mais au niveau européen ne sont pas capables et ne veulent pas imposer des règles et les faire appliquer ; dans le processus l’autorité de la Nation est affaibli mais n’est pas remplacé par celui de l’Europe…ou comment mettre à bas les structures du monde ancien en faisant sembler d’en bâtir un nouveau…


 

La révolution n’a pas marché ? Ils proposent la révolution en chaussons parfaitement adaptée aux populations vieillissantes de l’Europe dont ils sont les porte-parole. Leur slogan ? Les 4 P : Prévoyance, Protection sociale, Précaution écologique et Prévention des risques, voila qui devrait, espérance de vie allongée aidant, leur assurer des voix durables [3]. D’autant que ces idées font alliance avec celles de nos jeunes révolutionnaires boboïsants auxquels la culpabilité et l’anticapitalisme ont été enseignés dès le plus jeune âge.


 

A l’époque de Mai 68, ils voulaient faire la révolution pour mettre à bas notre société et en construire une meilleure avec un Homme nouveau. Mais vu que les hommes ne les ont pas suivis, ils ont bien compris que le problème était les hommes. Alors il faut changer les hommes et non plus l’Homme…Avec la décroissance économique qui mènera obligatoirement à la décroissance de la population et la libre circulation des hommes qui remplacera les hommes actuels par des nouveaux, en espérant que ces nouveaux seront plus favorables à leur dessein. La rhétorique a changé mais les objectifs restent les mêmes, alors aujourd’hui pas plus qu’en mai 68, le refus de voir mourir ce pays et ce continent doit nous faire prendre position contre le mouvement Europe-Ecologie et la propagation de leurs propositions…Un superbe programme non ?

 

 

 

[1] Vaclav Klaus


[2] 7/06/1979, 17/06 /1984, 15/06/1989, 12/06/1994, 13/06/1999, 13/06/2004 et oh surprise ! 7/06/2009 !


[3] La nouvelle Europe qui naîtra de la crise sera une Europe transformée. Elle reposera sur la protection sociale, la précaution écologique, la prévention des risques, la décroissance de l'empreinte écologique et des flux de matière et d'énergie, et s'opposera frontalement à la concurrence sauvage, à la précarité et à la prédation. Prévoyance, protection, précaution et prévention ne s'opposent pas à l'innovation et au progrès humain. Elles en sont même la condition. extrait de Programme Europe Ecologie

02.06.2009

Pourquoi nous voterons antieuropéen à ces élections européennes

Alors que nous sommes à une semaine des élections européennes, notre choix est fait : cette fois nous voterons contre la construction européenne actuelle. Et donc, contre les 4 grandes listes en tête des sondages (UMP, PS, Modem et Europe-Ecologie). En 2005, nous n’avions pas osé franchir le Rubicon sur le traité constitutionnel pour les raisons principales qu’il n’y avait pas de plan B et qu’il fallait laisser sa chance à une nouvelle étape de la construction européenne qui devait permettre une réelle harmonisation européenne. Cependant, l’évolution depuis 2005 de la situation politique, économique, monétaire et sociétale de l’Europe fait désormais largement pencher la balance dans le sens d’un vote contre l’Europe telle qu’elle se construit aujourd’hui (aussi bien contre les politiques communautaires que contre les politiques intergouvernementales).

 

La construction européenne a été prévue au départ comme un processus technique alors qu’en fait depuis Maastricht, elle prend des décisions politiques sans en avoir la légitimité démocratique et que ses pays membres n’ont pas tous la même conception de la finalité cette union. Le débat sur la finalité de cette Union continue d’être escamoté comme l’a montré la campagne pour la constitution où nous avons débattu des institutions de l’Europe sans s’être auparavant d’accord sur qu’est-ce que l’Europe et surtout une Europe pour quoi faire. Cela explique en grande partie le rejet de la constitution européenne…sans parler du comportement des élites ouiouistes qui ont aidé à faire pencher la balance dans le camp du non à l’époque par leurs arguments et leurs attitudes envers les nonistes ou les indécis.

 

Mais ce débat sur la finalité de l’Union doit avoir lieu puisque dans les domaines de politique étrangère et de défense certains membres ont pu bénéficier d’exemptions à leur entrée (Suède, Royaume-Uni, Danemark). Cela continue avec l’élargissement puisque l’attelage sans projet politique est passé de 12 à voici 27 pays et qu’officiellement les pays qui sont sur liste d’attente, intégreront ou non en fonction de critères variés (accord de la Russie pour ses anciens satellites, progrès contre la corruption pour les pays d’Europe centrale..) dont très peu dépendent réellement du projet européen. Le débat sur quelle Europe voulons nous, un projet de zone de libre-échange sans limite géographique ou celui d’une union plus ou moins poussée/plus ou moins intégrée d’Etats-nations clairement définie, doit avoir lieu maintenant puisque après plus de 50 années de tentatives d’union, force est de constater que les divergences entre les pays européens augmentent plus qu’elles ne se réduisent.

 

Au niveau des politiques économiques tout d’abord. Les différentes politiques économies sont loin, très loin de s’harmoniser, il suffit de voir les réactions dès que le sujet de l’harmonisation fiscale est sur la table. Pire encore, les politiques économiques des différents pays européens ne visent pas à rendre l’Europe plus forte mais à tirer profit de l’Europe pour rendre son pays plus fort au détriment des autres pays européens. Les comportements de passager clandestin sont ultrarépandus, la concurrence fiscale et sociale interne à l’Europe bat son plein, un grand prédateur (l’Allemagne) qui n’améliore ces positions qu’en plumant ces voisins (France, Italie, Belgique, Pays-Bas…) et, ceux qui sont liés par l’euro constatent que la politique européenne la plus aboutie mine leurs perspectives. Le comble de l’histoire est que l’harmonisation des politiques économiques est la base de la construction européenne qui devait se faire par l’économie avant de se faire sur le reste…Quant aux politiques économiques communautaires, il ne vaut mieux ne pas ouvrir le sujet tellement il y aurait à en dire. Juste pour résumer la philosophie, nous pouvons dire que les dogmes dans lesquels vivent les technocrates vont nous amener à construire un  marché tellement parfait au service du consommateur européen qu’il n’y aura plus de production en Europe. L’Europe ne sera qu’un grand supermarché pour consommateurs retraités qui achèteront des produits chinois ou américains et feront faire leur bas travaux par une immigration de travail encouragée par les patrons qui y voient un prolétariat de remplacement permettant de tirer les salaires vers le bas…

 

Au plan géopolitique, la musique n’est guère différente. Chaque pays cherche à jouer sa partition avec des alliances différentes et des objectifs divergents. Les pays de l’est ont trop le souvenir de l’URSS pour lâcher leur bouclier américain et jouer véritablement la carte de l’Europe, l’Angleterre est trop indépendante pour réellement s’insérer dans un destin européen, les pays d’Europe latine ne pèsent pas assez pour jouer aussi une véritable carte européenne et les autres pays ne jouent plus que des partitions régionales (pays scandinaves, Europe du Sud…). Mais là encore le véritable coup de poignard est l’attitude de l’Allemagne depuis 2005 et même depuis les années 1990. En effet, le président Mitterrand avait fait le choix de soutenir la réunification de l’Allemagne au début des années 1990 même si cela devait peser sur la France et plus particulièrement sur sa croissance. Ensuite, la France a fait les efforts pour rentrer dans l’Euro, un système taillé sur mesure pour l’Allemagne et là encore cela a fortement pesé sur sa croissance (années 93-94). Nous pouvions être en droit d’attendre de l’Allemagne un minimum une attitude neutre vis-à-vis de la France. Or depuis le milieu des années 90, l’Allemagne fait des choix divergents, voire en opposition ou concurrence frontale avec la France sur les sujets importants. Et ce n’est pas le consensus sur la guerre en Irak qui rattrape l’addition. La stratégie diplomatique allemande a été de renforcer sa position en Europe et dans le monde. C’est passé par une réaffirmation de l’alignement sur les US alors que la main tendue française sur la défense tenait toujours. C’est passé par un forcing pour que l’élargissement aux pays de l’Est se fasse le plus vite possible, ce qui remet l’Allemagne au centre au niveau politique et économique. C’est passé par une stratégie économique de compétitivité basée sur la baisse des couts salariaux qui a pesé sur la croissance européenne à cause de l’atonie de la croissance allemande mais qui en plus a pesé sur ses grands voisins car le surcroit de compétitivité ne s’est fait qu’au détriment de la France et de l’Italie. En fait, depuis 15 ans, le seul objectif de l’Allemagne semble être celui de retrouver le statut de puissance dont la seconde guerre mondiale l’avait privé. Et cela se fait le plus souvent en affaiblissant les positions françaises et européennes. On est loin des solidarités proclamées lors des signatures de traités ! Comment avons-nous pu en est arrivé là ... ?

 

Quant à la question turque que nous avons déjà abordé mais qui reste un enjeu de campagne, notre position est simple : la  Turquie n’est pas un pays européen dans ses valeurs et ses traditions. Après la porte n’est pas totalement fermée, à condition que la Turquie s’européanise véritablement, c’est-à-dire devienne européenne avant de vouloir entrer dans L’UE et pas l’inverse. Par contre, si l’Europe n’est qu’un espace de commerce et de libre-échange sans volonté politique alors la Turquie y a toute sa place. Avouez qu’il est paradoxal que ce soit les socialistes qui défendent l’Europe libre-échangiste (sauf peut-être DSK un grand adepte du libre-échangisme) alors que bon nombre d’entre eux pourfendent la mondialisation et l’ultralibéralisme sur la scène nationale.

 

En l’absence de choix clairement exprimé sur la nature de l’Union et sur ses limites, l’Europe évolue vers un marécage où elle s’enlise : si les taux de croissance après la crise revenaient à leurs niveaux antérieurs (Europe 2%, US 3%, pays émergents 6%), démographie aidant, dans 10 ans l’Europe sera un musée ou une maison de retraite pour papy-boomers dont les pensions de retraite ne seront financées qu’un temps…

 

Le problème de l’Union est que la gouvernance est hors du contrôle d’un pouvoir politique responsable devant une assemblée élue et sans aucune considération stratégique et que les limites de l’union Européenne ne sont pas clairement fixées. L’exemple le plus marquant est la gouvernance économique. En effet, la BCE s’est approprié la conduite de la politique de change alors qu’elle est partout ailleurs dans les pays puissants du ressort des gouvernements (US, en Chine). L’Allemagne inspire la politique monétaire de la BCE qui n’est pas conforme aux intérêts de l’ensemble de la zone euro ; elle sert surtout les intérêts de l’Allemagne dont les gains de part de marché vis-à-vis des autres membres compensent les inconvénients d’un euro fort. Elle n’est pas la seule d’ailleurs à mener une politique non coopérative ; l’Irlande mène une concurrence fiscale avec un taux d’IS à 12,5%. Les divergences de stratégies économiques se sont révélées avec la crise bancaire de l’automne 2008 : c’est A.Merkel qui s’opposait au plan d’aide européen aux banques proposé par la Commission en disant « Pas d’argent allemand pour sauver les banques étrangères ». Nous verrons sans doute les limites de cette Europe avec la sortie de crise qui se profile avec un euro à 2 dollars qui va dévaster des pans entiers de l’industrie française, italienne et fortifiera encore l’industrie allemande. J’entends déjà la Commission nous dire que la concurrence est bonne pour le consommateur ! Elle nous dira cela jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de consommateur du tout car pour consommer il faut produire et les producteurs seront partis depuis longtemps puisque cette même Commission n’exige aucune contrepartie à la libéralisation de notre marché…

 

En lisant ceci, beaucoup de nos lecteurs réguliers seront surpris de nous voir prendre des telles positions aussi peu libérales et européennes. Mais nos positions sont justement celles de vrais libéraux et de vrais européens qui veulent construire une Europe qui rendent plus forts tous les pays européens basé sur un vrai marché européen qui profite aux entreprises/consommateurs européens. Si c’est pour continuer à nous faire la guerre entre la France et l’Allemagne, nous n’avons pas besoin de l’Europe sauf pour faire passer du champ de bataille des Ardennes au champ de bataille économique…

 

Quant à notre vote et notre choix de ne pas voter pour le parti présidentiel, il est vraiment lié à l’enjeu européen. Même s’il est vrai que la présidence européenne fut une avancée et que la tribune commune avec A.Merkel était plutôt de bonne facture avec un relent gaulliste d’Europe des Nations européanisée, il n’empêche que cela ne rattrape pas 25 ans d’abandon de la politique européenne à l’adversaire de toujours, l’UDF. Et l’abandonner à l’UDF n’est pas neutre, c’est l’abandonner aux seuls qui veulent que la commission ait plus de pouvoir, aux seuls qui soutiennent depuis le début cette Europe passoire, molle, sans conviction, sans valeur…L’Europe technique, technocratique, le doux despotisme éclairé contre l’Europe des valeurs, des peuples et d’une stratégie de puissance assumée. On en revient toujours au même débat : une politique conduite par des responsables devant le souverain, le peuple ou l’Europe d’aujourd’hui conduite par ceux qui feront revoter jusqu’à adoption des traités rejetés. « Des européistes sans le peuple et des eurosceptiques sans le pouvoir » selon la formule de Zemmour. Et puis, ce vote sera aussi un moyen de rappeler au président que l’ouverture à gauche c’est peut-être joli pour les médias mais ce qui l’a fait élire c’est avant le peuple eurosceptique qui a adhéré aux discours souverainistes de Guaino…

21.05.2009

La question turque

Dans le Figaro du jour nous pouvons lire que la Turquie est agacée que son entrée dans l’UE soit un argument de campagne électoral dans nombre de pays européens.

« Cette rhétorique renforce les opposants à l'UE, analyse Emre Gönen, spécialiste des questions européennes à l'université de Bilgi. Le gouvernement manque de motivation, il a besoin d'encouragements, pas d'humiliations, et d'être convaincu que l'intégration reste la finalité de l'alignement sur l'acquis communautaire. »

Quand on a dit ça, je crois que tout le mal qu’on peut penser de l’Union Européenne est dit. En effet, même les plus européens des turcs semblent considérer l’acquis communautaire comme un élément nécessaire pour l’intégration et rien de plus.

La démocratie, les droits des minorités, l’égalité en droit des femmes, les règles de bonne gouvernance, le respect des droits de l’homme, la liberté d’association, la justice respectant les droits de la défense…ne sont pas des valeurs qui méritent d’être défendues en tout temps et tout lieu mais de simples clés d’entrée dans UE. Or, la finalité des chapitres ouverts lors des processus d’élargissement n’est pas l’intégration mais bien plutôt de s’assurer que les pays postulant respectent un certain nombre de droits fondamentaux dont les libertés individuelles et les droits de l’homme tels que les autres pays européens les définissent.

Dire que la finalité de l’alignement communautaire est l’intégration, comme le fait E.Gönen, en dit long sur l’attachement réel des turcs et de leur gouvernement à cet acquis communautaire et plus largement sur les valeurs communes que nous partageons (une petite pierre dans le jardin des proturquie qui nous annoncent que la Turquie est européenne dans ses valeurs et son esprit).

Pour moi, la Turquie n’a rien à faire dans l’Europe…et la seule raison pour laquelle je serais susceptible de changer d’avis est qu’ayant dit non à l’entrée de la Turquie et donc sans la carotte de l’entrée dans l’UE, la Turquie continue à transposer l’acquis communautaire et à réellement se l’approprier…en clair à devenir un pays européen avant de vouloir rentrer dans l’UE.

D’ailleurs, moi aussi, il y a des choses qui m’agacent…le chantage au gaz, Chypre, l’opposition au Danemark au sujet des caricatures…

11.05.2009

A quand de vrais médias en France ?

Au Royaume-Uni, le Daily Telegraph (journal conservateur) a commencé ou plutôt continue sa série d’articles révélant au public le scandale des notes de frais demandées et/ou remboursées aux parlementaires et  aux ministres (car au Royaume-Uni, il faut être membre du Parlement pour être ministre) par l’argent des contribuables dans le cadre du système de remboursement des frais des parlementaires engagés pour l’exercice de leurs fonctions. Les révélations sont croustillantes comme savent si bien le faire nos amis anglais avec des situations plus que rocambolesques dont vous pouvez lire un aperçu dans nos journaux ou en détail sur le site du journal anglais.

 

Le scandale s’alourdit un petit plus chaque jour et la série d’articles ne devrait s’arrêter que lorsque le journal  aura publié l’ensemble des notes de frais demandées/remboursées pour chacun des 646 députés britanniques…autant dire que d’ici-là Gordon Brown aura probablement dû convoquer de nouvelles élections pour qu’un nouveau gouvernement « propre » soit à la tête du pays. Ou comment un journal est en train de faire tomber toute la classe politique d’un pays à commencer par son gouvernement travailliste.


Cette histoire anglaise me pousse à me demander quand aurons-nous de vrais médias en France ? Des médias qui représenteront réellement un quatrième pouvoir, des médias capable d’aller chercher de réelles infos et de dévoiler les vrais scandales et non faire de la polémique politicienne (pour exemple : le dernier grand sujet du jour est de savoir pour qui Bernard Kouchner va voter aux élections européennes, ce dont tout le monde se contrefiche) ou du pilonnage antisarkozyste  systématique basé sur des analyses de salon (la dernière polémique sur l’action du gouvernement est de savoir si Darcos n’a pas fait une erreur en donnant la liberté aux écoles d'opter ou non pour la semaine de 4 jours maintenant qu’un certain nombre d’écoles veulent revenir à une semaine de 4 jours et demi).

 

Au final, je doute franchement que la révélation d’une affaire comme celle qui  se en déroule en Angleterre soit possible en France. Les médias y sont trop dépendants du pouvoir (même ceux qui sont opposés à ce pouvoir) et sont trop attachés aux privilèges de leur situation pour prendre le moindre le moindre risque. Sans parler de la pensée unique qui les engoncent dans un politiquement correct affligeant. Ou alors c’est peut-être cela, le cynisme à la française des journalistes, savoir mais ne rien dire, se regarder avec un sourire entendu qui montre qu’eux savent et qu’ils ne sont pas dupes mais bon, ils ne peuvent rien dire.

 

Et puis sans parler de la propension des français à se pencher davantage sur « à qui profite le crime » que sur le crime lui-même. Qui parmi les lecteurs ne s’est pas dit à la lecture du début du post que les révélations étaient orientées car faites par un journal conservateur contre un gouvernement travailliste ? C’est un peu le même genre de réflexe que beaucoup ont eu lorsqu’un blog identitaire a sorti une vidéo sur un jeune tabassé dans un bus de nuit par des jeunes issus de l’immigration aux cris de sale français : c’est louche, c’est même nauséabond et contrairement à ce que dit le proverbe, il vaut mieux, dans ce cas, regarder le doigt plutôt que la lune.

 

 

Et pourtant il y aurait des choses à faire en France. Prenons un exemple simple, un certain nombre de journalistes dans des rédactions importantes se sont insurgés, à très juste titre, contre les députés cumulards qui dévalorisent notre démocratie. Mais ces journalistes se sont bien souvent limités à de belles paroles, de beaux éditos, des postures outrées sur des plateaux de télé qui n’ont au final aucune conséquence réelle. Aucun n’est réellement allé au bout de la démarche pour montrer ce véritable scandale. Il eut pourtant été assez simple (fastidieux peut-être) d’enquêter et de dévoiler combien chaque député cumulard gagne et ce qu’il/elle cumule. Si en plus, le journaliste avait pu mettre en rapport les montants trouvés avec le SMIC (comme c’est si bien fait dès qu’il s’agit d’un scandale boursier ou patronal), on aurait eu un véritable scoop comme on n’en a pas eu depuis des années. Cela aurait mis en lumière une situation inadmissible dans la République et aurait ouvert les yeux des français sur les pratiques de notre classe dirigeante, cela aurait été un vrai travail de journalistes…

 

Et c’est d’ailleurs bien là le problème, les journalistes ne font désormais plus un vrai travail de journalisme (à l’ancienne j’ai envie de dire, trouver l’information et lui donner du sens) mais limitent leur métier à trois choses ,désormais : recopier les dépêches AFP en changeant un peu le texte afin d’aller dans le sens du lectorat pour les moins talentueux, recevoir les confidences (en service commandé ou non) des hommes politiques et en faire des articles (à charge ou à décharge en fonction encore du lectorat) pour les plus proches des hommes politiques et faire des beaux éditos enflammés pour les plus talentueux, les plus hauts placés et les plus influents politiquement. Il n’y a plus aucune véritable révélation dans les journaux français, aucune enquête, aucun travail de fond (il est vrai qu’il existe certaines rares exceptions qui confirment la règle).

 

Au mieux les scoops paraissent dans les hebdomadaires ou dans des livres écrits par des journalistes, au pire, ils ne sortent pas car aucun journaliste ne veut réellement faire son métier et prendre le risque de déplaire au pouvoir en place ou à celui qui le replacera. Je veux dire déplaire réellement et pas jouer le bon petit opposant comme tous les prétendus défenseurs des libertés le font (genre Marianne ou Libé ou encore Le Monde). Après, il ne faut pas s’étonner que la presse soit malade : à quoi bon acheter un journal quand vous savez que l’info qui y est présentée n’est guère différente de celle du JT ou des fils de news de yahoo/google. Mais là, je me rends bien compte de l’énormité de ce que je dis, faire (ou plutôt refaire) du journalisme serait une véritable révolution dans le milieu et ça, la liberté de la presse (à ne pas faire son travail) nous en protège…

26.04.2009

Pekin 1, Washington 0 (...France -1)

0022190dec450b40f41624.jpgTimothy Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor, qui ne l’était pas encore le 22 janvier, déclarait ce jour là, que B.Obama, estimait « que la Chine manipulait sa devise » et « qu’il s’engageait à recourir à toutes les voies diplomatiques pour obtenir un changement des pratiques de la Chine en matière de devises ».

 

Il a du se passer pas mal de choses ces trois derniers mois, parce que si le yuan n’a pas bougé d’un pouce depuis mi 2008, T.Geithner, lui aura carrément fait une volte-face, pour le plus grand ravissement de Pékin. Dans son rapport semestriel, le département du Trésor écrit : « que ni les autorités de Pékin, ni aucun autre partenaire commercial n’ont manipulé leur taux de change dans le but d’éviter d’avoir à ajuster sa balance des paiements ou pour obtenir indûment des avantages comparatifs ». Ouf, on est rassurés surtout quand on sait que la manipulation se fait surtout au détriment des industries européennes !

 

En fait, pas trop…Il semble bien qu’outre Atlantique on commence à penser avec quelques sueurs froides au financement du plan de relance de 787 milliards de $ ! Alors que Pékin détient déjà 854 milliards de $ de réserves de change, B.Obama doit tenir compte du fait que la Chine possède là une arme de destruction massive... Et qu’à force de les titiller sur les taux de change, les Chinois pourraient finir par riposter en décidant de boycotter les prochaines adjudications du Trésor américain. Il s'ensuivrait une envolée des taux d'intérêt à long terme américains, dont l'effet serait d'aggraver la récession aux Etats-Unis. Certes, cette arme se retournerait aussi contre la Chine puisque l’augmentation des taux d’intérêt réduirait du même coup la valorisation de ses actifs en dollars (les 854 milliards de $). Oui mais, dans cette histoire les Etats-Unis ont beaucoup plus à perdre que la Chine : la reprise de la croissance américaine nécessite un minimum de confiance dans l’efficacité du plan de relance. La reprise de la croissance chinoise, elle, peut encore s’appuyer sur l’augmentation des salaires et la création d’une protection sociale et donc de la création d’un marché intérieur qui ne dépend pas lui, du reste du monde.

 

A propos de dette, l’Insee a publié en plein G20, un petit rapport qui a failli passer inaperçu «Evaluation des comptes nationaux 2008» : on peut y lire que la dette de la France, au sens de Maastricht, s’élève à  68% du pib 2008, soit 1327 milliards d’euros (tiens, il en manque 9 à mon compteur de dette publique qui tourne sur ma page d’accueil !).  Sans compter le solde du budget 2009, dont la dernière loi de finances rectificative, fixe à 87 milliards  le déficit. J’ai bien entendu quelques détails sur le plan de relance français et les diverses aides mais rien sur leur financement ! En comparaison, c’est une broutille à coté du méga plan obamesque qui viendra s’ajouter au déficit 2008-2009 laissé par l’administration Bush (1300 milliards de dollars) soit environ 9,2% du pib !

 

Oui, mais une broutille qui s’ajoute à une montagne... Même en ajoutant l’intégralité du plan de relance américain au déficit à la dette atteinte fin 2008,  on arrive seulement à 1845 M$, soit 1402 M€, soit à peine 15% d’un pib en recul, tandis qu’en s’en tenant aux derniers chiffres annoncés par notre gouvernement, on atteint 1414 M€ ! [1] A comparer avec un pib des Etats-Unis qui représente 6 fois celui de la France... Et B.Obama qui déjà annonce un effort de rigueur budgétaire pour l’Etat ! (Ils sont forts quand même les gens de gauche en dehors de France) : il est vrai que leur dette totale dépasse 10000 milliards de $ [1]! « Dans les prochaines semaines, j'annoncerai l'élimination de dizaines de programmes gouvernementaux qui se sont révélés inutiles ou inefficaces…Il n'y aura pas de vaches sacrées et pas de considération pour les intérêts particuliers. A travers l'Amérique tout entière, des foyers sont contraints de faire des choix difficiles et il est temps que le gouvernement fasse de même ». Tout ça pour 1600 milliards d’euros de déficit ! Nous avec 1327 milliards on arrête net la malheureuse RPPG qui n’avait réussi qu’à trouver 8 milliards d’économies ! Oui, mais nous on n’a pas peur, les déficits ça fait trente ans qu’on les finance et on sait bien qu'un état ça ne fait pas faillite et que ceux qui prétendent le contraire sont des tenants de la pensée unique ultralibérale qui ne cherche qu'à faire payer le bon peuple et lui imposer la rigueur…En tout cas, françaises, français, préparez vos chèques !

 

[1] Cette précision, m'a été soufflée par Johnsweeper qui me fait remarquer à juste titre, que j'ai additionné les choux et les carottes ! Merci John de ta vigilance.

22.04.2009

Nouvelle campagne de caricatures évitée de justesse !

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Cette campagne n’a pas été retenue par l’annonceur auquel elle était destinée, la société pharmaceutique allemande, Doc Morris. C’est l’agence américaine, Grey Group, qui en est l’auteur. Il s’agissait de promouvoir une nouvelle ligne de préservatifs et leurs créatifs ont eu la mauvaise idée de s’attaquer à quelques figures sanglantes de l’Histoire qu'on aurait pu éviter en s'équipant de leur produit.

Mais le Quotidien du Peuple* (organe de presse du PCC) a consacré une pleine page à cette affaire. Du coup, Grey s’est fendu d’un communiqué assurant qu'il cherchait à les faire retirer partout où elles ont été publiées et s’est livré à une autocritique sérieuse : « Nous comprenons que la publicité ait heurté la sensibilité des Chinois pour sa référence visuelle au président Mao. Nous avons le plus profond respect pour les 34 milliards d’euros d’exportations allemandes vers la Chine, son peuple, sa culture et ses institutions ». Grey a même officiellement contacté l'ambassade de Chine en Allemagne, pour lui assurer que cette publicité non autorisée ne serait jamais exploitée.  En revanche, Grey n'a fait aucune allusion ni à Hitler ni à Ben Laden ! Mais que  fait donc « die Antidiskriminierungsstelle des Bundes » ? Et Ben Laden, pas encore équipé d’une Halde en bonne et due forme ?

Pour poursuivre sur un sujet prochain de celui du billet écrit précédemment sur Durban 2, nous voyons bien ce que la balance commerciale et les intérêts stratégiques obligent les démocraties à faire : se compromettre et jouer l’apaisement sur un certain nombre de sujets dont le premier qui est la liberté d’expression, quand il faudrait parler haut et parler clair. Aurait-on vraiment besoin de s’excuser de dire que Mao a été un dictateur et une des plus sanglante figure de l’Histoire si la Chine n’était pas l’atelier du monde ainsi que le futur eldorado  commercial (un mirage pour l’instant) ?  Sans parler de la publication par le Quai d'Orsay d'un communiqué de presse sur le Tibet qui est une véritable capitulation… Serait-on obliger de se coucher devant les monarchies pétrolières, l’Iran, la Lybie, le Soudan sur des sujets comme les droits de l’homme, le racisme, la tolérance…si le pétrole ne jouait pas un rôle central dans l’affaire ?

* A propos de Quotidien du Peuple, N.Sarkozy y tient toujours la 1ere page, avec 3 articles qui lui sont consacrés depuis plus d’un mois ! Il est très fort, notre Président, même quand on ne parle pas de lui, il est là. Un autre français est aussi à la une, l’idole des chinois, J-P.Raffarin : normal, il ne donne que de bonnes réponses. Extrait de l’iw de 21ème Siècle : Veuillez décrire la Chine, telle que vous croyez la voir en 2020 ? J.P. Raffarin : « La Chine sera alors la première force du monde sur le plan industriel, sur le plan culturel et sur le plan politique. Telle est mon idée à long terme ».

19.04.2009

L'antiracisme, bras armé de la barbarie qui vient

BoycottDurgg_jpg.jpgUn étudiant de Sciences-Po se fait agresser par une "bande de jeunes" dans un bus, la scène est filmée par les caméras de sécurité, mise en ligne par un policier et reprise par un blog identitaire. Voilà en résumé les ingrédients de la polémique qui permet de faire tomber les masques. Une partie entière de la société française, et en premier lieu la classe médiatique, ne regarde plus la réalité en face, ne sait plus faire la différence entre une victime et un agresseur, ne sait plus simplement condamner les agresseurs quels qu’ils soient et défendre les victimes quelles qu’elles soient. Privée de grand combat réel pendant 60 ans d’histoire, cette partie de la société française rejoue le grand combat contre le fascisme dans un antiracisme militant. Toute critique contre l’immigration et la diversité est vue comme le réveil de la bête immonde. Le traitement médiatique de l’agression s’est plus acharné à taper sur le policier et le site qui a sorti l’info ainsi que sur la récupération « nauséabonde » de l’agression plutôt que l'agression elle-même, révélant le filtre idéologique auquel est soumis le traitement de l’information : les faits qui dérangent sont occultés [1] et obligent les médias à pas mal de contorsions pour ne pas parler des sujets qui fâchent vraiment.  

 

Mais les faits sont têtus, la réalité ne ment pas. Le combat de la mouvance antiracisme qui imprègne la société française et les élites médiatiques depuis 25 ans montre ses limites et même ses échecs. Ils ne voulaient pas des lois françaises qui étaient par essence oppressives, ils ne voulaient pas de cette société dominatrice qui imposait un modèle d'assimilation ; ils ont donc inventé le droit à la différence. Ils ne voulaient pas de l'autorité de l'Etat, là encore par essence coupable et l'ont donc petit à petit décrédibilisé et diabolisé (Le Pen ayant été l'allié objectif de cette décrédibilisation de la Nation française et de l'autorité républicaine). Ils ne voulaient pas de la France et voulaient la remplacer par autre chose. Le seul problème est que si nous n'avons pas la France, nous aurons les tribus. Chacun renvoyé à son appartenance tribale (aussi bien ethnique, communautariste que territoriale) et les tribus se feront la guerre. L'antiracisme est en train de détruire ce que 1500 ans d'Histoire de France, de la fin de l'Empire romain et le sacre de Clovis ont construit : l'unité des tribus de Gaule pour créer la France.  

 

D'ailleurs, Cyril Bennasar fait un assez bon portrait de cette nouvelle France tribale, de ses raisonnements et de la guerre qui est en germe. Mais dans ce portrait il manque un élément qui fait mal à aborder : le lâche soulagement du reste de la population. Ceux qui restent assis dans ce bus, ceux qui sont prêts à quelques petits accommodements avec la réalité pour une tranquillité à court terme, ceux qui ne protestent pas quand leur pays se fait insulter à longueur de temps dans les manif ou sur les plateaux télé (et même continuent à regarder ces émissions), ceux qui se laissent culpabiliser pour des parties de l'Histoire de France alors que l'Histoire est un tout et que nous devons tout assumer, du plus tragique des épisodes ou plus beau des moments de gloire... A. Finkelkraut dit que l'antiracisme est le communisme du 21ème siècle. En effet, mais un communisme mou, rappelant le paradoxe de la grenouille ou comment céder petit à petit sur nos valeurs, nos libertés, sur ce qui fait la République Française, pour avoir une paix sociale...temporaire.


Mais assez parlé de la menace intérieure. L'idéologie antiraciste est également devenue une menace extérieure. Comme le dit Pascal Bruckner, l'antiracisme est devenu l'arme idéologique des dictatures contre les démocraties libérales. Ou comment les pires régimes de la planète, les plus intolérants envers les minorités religieuses, ethniques ou encore sur la question des droits de l'Homme, renversent l'argumentation pour mettre en cause la liberté d'expression, ces mêmes droits de l'Homme et la laïcité comme des preuves de racisme. Comment également ne pas lier ce recul des nations occidentales face à ces attaques, au recul de l'universalisme au profit du multiculturalisme depuis 30 ans au nom d'un relativisme culturel (toutes les cultures se valent) qui en est la face politiquement correcte.  

 

En 2001, la conférence de Durban I en avait donné un avant goût. Cependant, les attentats du 11 septembre  ont totalement occulté le sujet. La conférence de Durban II qui se tiendra du 20 au 24 avril à Genève promet d’être une réplique de Durban I : l’antiracisme mis au service de l’obscurantisme, les droits de l'Homme considérés supposés révéler des attitudes néo-colonialistes et le crime de diffamation de la religion érigé en instrument de lutte contre le racisme. Et bien entendu, avec pour  seuls coupables les nations occidentales, Israël inclus, accusés par les pires dictatures et les régimes les moins tolérants de la planète d'être les véritables tortionnaires du monde.  

 

Il faut dire qu'ils ont bien préparé le terrain pendant les huit années séparant les deux conférences. Doudou Diène [2], nommé rapporteur spécial de l’ONU sur les questions du racisme a multiplié les attaques contre les démocraties libérales, la laïcité et la liberté d'expression...De même, le comité préparatoire chargé d’organiser la conférence et de préparer le texte de la résolution finale est présidé par la Lybie, flanqué de l’Iran à la vice-présidence, sans oublier Cuba, qui sera rapporteur. Trois pays dirigés par des humanistes notoires.

 

Face à cela, les appels au boycott se sont multipliés et certains pays ont décidé de boycotter effectivement cette conférence. En France, on continue à vouloir y aller. Pour dire quoi ? Difficile à dire : sans doute, la persistance du mythe de la politique française pro-arabe, pro-africaine, en faveur des non-alignés contre les américains qui ne prédispose pas le pays à envoyer un message fort sur le sujet. Sans parler du fait que l'antiracisme est également un phénomène qui gangrène les élites médiatiques. Certains aimeraient qu'on y aille pour dire la vérité à ces dictatures sur les droits de l'Homme... Ils oublient juste que le fait de s'y rendre légitime la conférence et donc ce qui y sera dit, que discuter avec ceux qui ne veulent pas raisonner n'a jamais servi à rien. Mais j'avoue qu'au moins ça aurait de la gueule que de monter à la tribune et que de dire leurs vérités sur le racisme et la liberté à la Lybie, l'Arabie Saoudite, le Soudan, le Yémen, la Syrie, l'Iran...Mais le pire c'est qu'on n'est même pas sûr que cela sera le cas. Les diplomates et hommes politiques français iront plutôt jouer l'apaisement en essayant de raisonner des fanatiques et les élites applaudiront avec un "lâche soulagement"...

 

Non, vous l'avez compris, je suis sur une ligne plus dure, pour le boycott pur et simple. Prétendre défendre une cause en compagnie de ceux qui s'en servent pour mieux la combattre, est une erreur tactique qui ferait encore progresser les idées combattues ; ce serait aussi donner une caution de respectabilité à leurs défenseurs et ça, se serait une stratégie de complicité honteuse. Je suis sur la même position que la LICRA (ce qui n'arrive pas tous les quatre matins) qui appelle au boycott de cette conférence. Un geste fort, peu banal quand on connait la position de la LICRA sur ces sujets et alors même qu'elle a pleinement pris sa place, certes à un degré moindre que d’autres organisations, dans le cirque antiraciste joué en France depuis 25 ans. Mais sur l'argumentation du boycott, je préfère encore la justification de Risposte laïque. La seule véritable chance dans l'Histoire est que l'ONU, en paraphrasant le Général, n'est qu'un machin...ou plus précisément n'est rien en dehors du Conseil de Sécurité. Même si ce rien devient de plus en plus une organisation munichoise... 

 

 

[1] Les faits datent de décembre 2008 et n’ont été révélés qu’en avril 2009 qu’à la faveur de la diffusion sur les sites de partage de la vidéo de l’agression. Sans cette révélation venue par Internet, l’information serait-elle jamais sortie ?

[2] Il a déjà déclaré qu’énoncer une critique contre le port de la Burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste et que la loi française contre le port des signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman, renommé « islamophobie occidentale ».

15.04.2009

L'Assemblée nationale Hado pitoyable

 

La loi Hadopi anti-téléchargement a été rejetée jeudi dernier à l’Assemblée Nationale par 21 voix contre et 15 pour. Je ne vais pas parler du fond aujourd’hui mais m’attarder sur la forme et plus précisément sur le travail législatif ou plutôt la farce législative qui a amené à ce résultat. Farce législative car vraiment, ce texte a été un concentré de la catastrophe qu’est le parlementarisme en France.

Tout d’abord, les choses étaient mal engagées avec un texte d’essence répressive mais tellement mal ficelé que la répression ne sera pas applicable ou bien trop coûteuse. Vu l’état de nos finances publiques, on comprend vite que le choix de ne pas appliquer la loi aurait été privilégié. Donc un texte de façade mis en place à la demande des lobbys des majors du disque et du cinéma, pour protéger leurs intérêts financiers et ceux des artistes, mais un texte porté par un gouvernement de droite, critiqué à longueur de journée par ces mêmes artistes.

Ensuite, nous avons eu droit à la leçon de courage des députés de droite qui ne veulent pas de ce texte mais dont aucun n’a le courage de dire tout haut ce que tous pensent tout bas parce que cela impliquerait de se fâcher avec le chef qui reste l’avenir et c’est bien connu en politique, on n’insulte pas l’avenir. Des députés de droite contre le texte mais ne pouvant pas le dire, font donc le choix courageux de ne pas venir voter et de se réfugier dans leur bureau au moment du vote. Vous me direz cela ne change pas des autres fois…

Puis, nous avons aussi les grands défenseurs de la Vertu, les missionnaires du Bien qui, bien entendu, avaient fait de ce texte un emblème de leur combat pour défendre les libertés auxquelles le gouvernement réactionnaire (et donc illégitime ?) était en train de s’attaquer depuis 2007 (vous vous rappelez du Zénith des libertés ?). Devant un tel enjeu, on n’était en droit de s’attendre à une mobilisation du feu de dieu…eh bien non nous avons eu 19 parlementaires de gauche prenant part au vote, ne le remportant que parce qu’ils ont réussi à bien se cacher derrière un rideau. Et qui ont en plus le culot de fêter le rejet du texte comme une grande victoire politique !

Et enfin pour terminer, on a eu un gouvernement à la dérive représenté par la Ministre de la Culture perdue sans son conseiller, ne maitrisant pas son sujet, ni ses troupes. Et le ministre des relations avec le Parlement a eu aussi le culot monstre de venir dénoncer les manœuvres des socialistes ! Alors que l’UMP a la majorité absolue et de loin. Et pour couronner le tout, la même ministre à la dérive annonce que le texte sera revoté et qu’elle met sa démission dans la balance.

En clair, cette semaine, nous avons eu le droit à une belle image du Parlement et plus largement de la politique française…avec ses plus grands défauts. Alors certains vont nous expliquer que le vrai travail parlementaire, c’est en commission et avanceront plein d’autres arguments pour trouver des bonnes raisons à ce qui se passe. La réalité est que notre parlementarisme est malade du cumul des mandats (plus de 90% des députés cumulards) qui donne des lois mal faites, une représentation nationale bien peu compétente et qui ne se prononce pas réellement sur les grands sujets…A quand une loi contre ce cumul ?

Après ce que nous avons vu la semaine dernière, comment défendre plus de droits pour le Parlement et les parlementaires ? Comment croire tous ces députés centristes, libéraux, socialistes, communistes, verts qui réclament un Parlement fort parce que ce serait le gage d’une démocratie forte et pestent contre cette Vème République, cette monarchie élective qui ne serait plus une vraie démocratie ? En attendant, avant de mettre en cause les institutions, ce sont bien les hommes (et les femmes, la parité est bien respectée dans ce domaine) qui dévalorisent le Parlement, qui tuent la démocratie représentative…

Et pour aller plus loin, quand on voit cela, comment ne pas comprendre le peuple d’en bas (aussi bien de droite comme de gauche) qui désespère que la politique puisse réellement changer la vie (en positif) et préfère aller vers des modes opératoires moins respectueux des institutions ? A gauche, on voit déjà que c’est le cas, le PS toujours si faible sur le terrain courant même après Besancenot…A droite, N.Sarkozy tient encore son électorat comme le montrent les différents sondages mais pour combien de temps encore ?

12.04.2009

L’aide humanitaire, une drogue paralysante ?

11_dead_aid.jpgLa perfusion continue de l’aide internationale alimente la corruption et empêche le développement d’un tissu économique prospère. C’est du moins la thèse de Dambisa Moyo, économiste zambienne chez Goldman Sachs, développée dans son livre « Dead aid ; why aid is not working ». Sa conclusion est une vraie bombe : elle préconise, de couper toute aide à l’Afrique d’ici cinq ans car c’est le seul moyen pour le continent pour sortir enfin de la pauvreté (hors crise majeure).

Les chiffres sont éloquents, au cours de soixante dernières années, plus de 1000 milliards de dollars ont été transférés des pays riches vers l’Afrique ; or la richesse par habitant y est plus faible qu’en 1970 et plus de la moitié de la population vit avec moins d’un dollar par jour.

Une des explications est que cette aide au développement déversée par les pays développés passe dans les mains des autorités locales qui ne se privent pas pour se servir. L'Union africaine estime que la corruption coûte 148 milliards de dollars au continent chaque année, ce qui correspond aux PIB cumulés du Kenya, de la Tanzanie et du Cameroun ; et l’agence d’observation de la « Corruption transparency International » chiffre à 5 milliards de dollars les détournements opérés par M.Mobutu au Congo. Sans compter sur tous les scandales à demi-révélés sur les possessions immobilières des chefs d'Etat africains en France...

Mais dans son livre, D.Moyo cible particulièrement l’aide alimentaire américaine ou européenne qui inonde le marché africain de nourriture gratuite et ruine les exploitants africains ; elle propose que l’aide serve plutôt à acheter la nourriture aux agriculteurs locaux, pour ensuite la redistribuer. Cela permettra de renforcer l’agriculture locale tout en apportant son soutien aux populations. Mais peut-être que l’image d’Epinal de l’humanitaire (B.Kouchner et son sac riz) en prendrait un coup.

Elle rappelle « qu’aucun pays au monde ne s’est développé avec l’aide uniquement », et que d’ailleurs les pays qui dépendent de l’aide internationale sont en grande difficulté, tandis que ceux qui n’en dépendent pas comme l’Afrique du Sud et le Botswana réussissent à enclencher le cercle du développement ; administration démocratique, chasse à la corruption, investissements étrangers, fiscalité attractive et réduction de la bureaucratie.

Il y a également la guerre civile qui a ruiné les onze pays qui l’ont connue ces dernières années, causant la mort de plus de 9 millions d’hommes. Et là en pointillé derrière ce problème, on s’attaque au dogme des frontières issues de la décolonisation qui, bien que critiquées par tout le monde, restent en l’état.

Sa conclusion est aux antipodes des recommandations des institutions internationales : « L’Afrique doit donc inventer son développement, et ne plus penser que l’aide est la solution idoine. » L’aide est  présentée ici comme un impératif absolu alors qu'elle arrive hors de toute rationalité là-bas. Surtout quand l’aide est devenue au cours des années 2000 une partie intégrante du show-business qui mobilise en s’apitoyant sur le sort de l’Afrique…

 

 

30.03.2009

Y-a-t-il de l'uranium à Mayotte ?

carte_de_mayotte_padd_fullcenter.pngLes mahorais ont été consultés par referendum sur la transformation de leur collectivité en DOM et c’est à plus de 92%, qu’ils viennent, sans surprise, d’y répondre oui. Outre l’amour que cette île voue à la France, (l’ile a déjà voté en 1974 au referendum d’autodétermination pour rester française, alors que les autres îles des Comores ont opté pour l’indépendance), pourquoi ce choix ? 

 

Les Comores font partie des pays les plus pauvres du monde, alors que Mayotte, en tant que collectivité départementale française, bénéficie d'un niveau de vie plus élevé garanti par la « mère patrie » française. Tous les partis ont donc fait campagne pour le oui, vote qui devrait ouvrir la voie à quelques réformes dont les mahorais pourraient espérer quelques bénéfices : le revenu de solidarité active, l'allocation de parent isolé et l'allocation de solidarité spécifique seront mis en place à compter de 2012. Leur niveau sera fixé à environ le quart de ce qu'ils représentent en métropole pour être augmentés progressivement pendant environ 20 années jusqu'à l'égalité. Il est prévu, en autres, un plan de revalorisation des prestations pour les adultes handicapés et les personnes âgées, l’arrivée d’une allocation de logement social et des assurances sociales (maladie, retraite, accidents de travail...).

 

Plutôt que de bons sentiments, n’est-ce pas le colonialisme qui frappe encore une fois ? Un colonialisme accepté d’ailleurs par la population mahoraise. C’est en tout cas ce que pensent les Comoriens du voisinage : à Moroni, le porte-parole du comité Maoré a déclaré que « le développement des Comores ne sera jamais assuré aussi longtemps que Mayotte restera sous administration française » et pour faire bonne mesure, un drapeau français ainsi que le portrait de N.Sarkozy ont été brulés. Ils ne sont pas les seuls, à voir d’un mauvais œil, cette mauvaise fréquentation : les Nations Unies condamnent (la résolution 3385 du 12 novembre 1975 affirme « la nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores, composées des îles d'Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli »), ainsi que l'Union africaine.

 

Au final, on peut réellement se demander si Mayotte n’est pas en train de se tirer une balle dans le pied…comme l'a mis en lumière la grève en Guadeloupe, conséquence directe des ravages de l’assistanat qui en fait une économie d’hyperconsommation sans aucune activité de production. L’artificialité d’un niveau de vie plus élevé assuré par les transferts en provenance de la métropole va créer des distorsions avec les pays alentours. Cela empêchera Mayotte de s’insérer dans son environnement géo-économie proche, de commercer avec ses voisins et donc de développer sa propre économie, ses propres activités et donc sa propre richesse. Et dans 40 ans, on aura un LKP mahorais qui manifestera contre la profitasayon. L’histoire est quasiment écrite…Pourquoi personne ne tire jamais les conséquences des erreurs déjà faites ?

 

En plus de ce problème économique qui va condamner les mahorais à vivre de l’assistanat, ce changement de statut ne va pas sans poser quelques petits problèmes liés à la situation de l’île : sur les 26 000 reconduites à la frontière de 2008, 16 000 concernaient Mayotte et encore aujourd’hui un habitant sur quatre est en situation irrégulière, d’ailleurs l’état civil est quasiment inexistant et les 2/3 de la population se déclarent sans emploi. La justice est rendue par des « cadis » (juges musulmans qui appliquent le droit local) puisque la population est à 95% de religion musulmane, la polygamie y est de droit, le mariage des filles est autorisé à 15 ans et elles sont aidées à y répondre favorablement par un tuteur patrimonial et les successions y sont régies par la règle des 2/3 aux garçons, 1/3 aux filles…

 

D’ailleurs ces juges ont y sont opposés : «La France est un pays laïc. Or, l’islam est une religion qui se vit au quotidien. Ces deux notions sont inconciliables. » J’en finis par me demander s’il n’y a pas d’uranium à Mayotte ! Ce qui expliquera pourquoi le gouvernement veut départementaliser cette île. Et si tel n’était pas le cas, je me demande s’il ne serait pas opportun, au moment où nos finances publiques menacent d'exploser tous les records, de demander aux français de se prononcer sur l’extension de leur territoire à une île que rien ne rapproche ; extension que les contribuables devront financer et qui mériterait donc une consultation pour s’assurer que Mayotte est aussi chère au cœur des français qu’elle semble l’être aux 92% d’électeurs locaux. Puisque les mahorais, eux ont eu droit à l’autodétermination, nous aussi nous aimerions nous prononcer par referendum.

25.03.2009

Les problèmes des stock-options : les predatory capitalists encore et toujours

rich2.jpgLes récentes révélations sur les rémunérations des patrons replacent au centre du débat une polémique qui fleurit presque tous les printemps en France : les stock-options et les bonus. Que ce soit en période de crise ou en période de croissance, dans les deux cas, il est jugé immoral que des patrons gagnent beaucoup d'argent alors que les entreprises vont mal et donc que leurs salariés souffrent ou que les entreprises aillent bien et que les salariés ne voient pas leur salaire augmenter aussi vite que celui du patron. Le débat cristallise d'autant plus facilement qu'il y a des stock-options qui sont devenues un point de focalisation évident de l'opinion publique. Ce qui a d'ailleurs amené la Société Générale à retirer un plan de stock-options qui était probablement le plus éthique mis en place dans le secteur bancaire depuis 10 ans.

 

Enfin bref, la France a un problème avec les stock-options et cela est normal car le système des stock-options recoupe deux réalités : une nécessaire et utile et l'autre dévoyant la première. La première, celle qu'il faut conserver, est que les stock-options sont un outil nécessaire au service des entreprises en croissance pour attirer des talents au-dessus de leurs moyens actuels, en les rémunérant sur la future création de valeur qu'ils apporteront. Ce système est utile pour le développement accéléré les entreprises de petite et moyenne taille et en plus, cela est assez moral car les rémunérations correspondent directement à la richesse créé sur le long-terme et récompensent une réussite et une prise de risque.

 

La deuxième réalité, celle qu'il faut changer, est que les stock-options sont un simple outil d'optimisation fiscale pour grands patrons des entreprises cotées. En effet, en parlant en net dans la poche des dirigeants, les stock-options sont bien moins coûteuses pour l'entreprise que le salaire (chargé) pour rémunérer un patron et sont donc simplement un substitut au salaire. Et en plus, de cette dérive fiscale, cette deuxième réalité a un autre défaut qui est qu'au lieu d'intéresser les patrons à l'avenir  long terme de l'entreprise, les dirigeants ne gèrent plus que l'entreprise pour la valorisation immédiate du cours de bourse et donc de leurs stock-options, avec toutes les erreurs stratégiques bien connues que le court-termisme entraîne.

 

Alors bien entendu, vous l'avez compris, les problèmes viennent quasi-exclusivement du deuxième cas, ce qui nous amène au coeur du véritable problème : les predatory capitalists. Nous avons déjà abordé ce sujet dans un précédent billet où je disais que dès qu'il y avait un problème il fallait "chercher l'énarque" mais il est toujours utile d'en remettre une couche. Les predatory capitalists sont ces anciens très hauts fonctionnaires, véritable aristocratie républicaine, passés principalement par les écoles de la méritocratie républicaine puis l'Inspection des Finances puis par les cabinets ministériels et qui ne deviennent des capitaines d'industries que par la grâce du pouvoir de nomination de l'Etat, pouvoir institutionnalisé (dans le cas des entreprises publiques) ou pouvoir tacite (quand il n'y a plus d'actionnaires de référence). Ces grands du royaume ne voient l'entreprise que comme une vache à lait, un peu comme ils ne voyaient le service de l'Etat que comme un marchepied. Pourquoi cette mentalité ? Le problème se situe probablement au niveau de ce qu'on leur enseigne dans les grandes écoles dont ils sont issus. Au final, le problème des stock-options se résume à un problème d'hommes.

 

Je vais encore revenir sur un sujet que j'ai abordé, mais regardez comment tous les scandales ne viennent quasiment exclusivement que des situations suivantes : pas de véritables actionnaires de référence et des dirigeants passés par le cursus cité précédemment. Et après tout le monde s'égosille à dire que le problème, c'est le capitalisme ! Le problème est plutôt qu'il n'y a plus de capitaliste en France, des vrais dans les grandes entreprises, des gens qui ont leur argent dans l'entreprise et qui la gèrent, qui l'ont créé et qui la développent, qui ont repris la succession familiale. Dans les groupes comme cela, on n'entend jamais ces scandales.

 

Tout le bruit qui est fait actuellement autour des rémunérations indécentes, les bonus, les stock-options parait bien dérisoire au final car qui dans ce pays va risquer de s'attaquer au fond du problème, à cette haute fonction publique, aux technocrates qui tiennent la machine de l'Etat ainsi que les grandes entreprises depuis tant d'années ? Pas la droite qui y trouve un moyen de relayer son colbertisme dans les milieux économiques. Et encore moins la gauche qui a combattu pendant tant d'années les vrais capitalistes (le mythe des deux cent familles n'est toujours pas très loin, comme l'a montré la dernière présidentielle ou les attaques contre les riches amis du président) ; ce serait reconnaître que dans un système capitaliste, il faut des capitalistes ! et donc reconnaître l'échec de leur combat contre les patrons qu'elle a remplacés par des hauts fonctionnaires en croyant qu'ils auraient un peu plus de sens de l'intérêt général. On voit bien le résultat, ils se comportent comme des parvenus. Peut-être encore un effet de la loi des conséquences inattendues : chassez les patrons capitalistes à l'ancienne, leurs remplaçants seront pires...

 

Donc en sachant cela, faire une loi générale sur les stock-options et les rémunérations indécentes serait punir l'ensemble des patrons et surtout les vrais capitalistes pour les fautes de certains qui ne sont même pas des patrons (dans le sens entrepreneurial du terme) ni même des capitalistes (quel capital ont-ils apporté dans les entreprises qu'ils dirigent). Donc pour que cette loi démagogique ne se transforme pas en catastrophe économique, le gouvernement devrait chercher à ne taper que sur les predatory capitalists et laisser tranquille les autres. Pour cela, deux limites assez simples finalement devraient être posées à la future loi ou futur décret en plus d'une réglementation sévère pour les entreprises aidées par l'Etat : que les futures dispositions ne s'appliquent qu'aux entreprises cotées et qu'elles excluent les patrons entrepreneurs c'est-à-dire ceux qui possèdent une vraie partie de l'entreprise (mettons 3% c'est déjà énorme pour les sociétés cotées). Cela réglerait le sort des 0,1% de patrons qui salissent l'image des 99,9% de ceux qui se comportent bien.

19.03.2009

Pourquoi je soutiens la grève

JBCA7A1S7DCA9JSGPRCAGLDQ3DCAPIE4CUCA5CJB3CCA9WP7P9CARECBIYCAM2C4SUCAIB896NCAAUDNZZCA3ONPL2CAOEK1LJCAMDXPD0CAHPTWGGCARTXL1TCA8PHKMICA1YK20ECAUGCMHGCAIIMKLF.jpgAlors que beaucoup vont être gênés par les perturbations aujourd'hui dues aux grèves, dont au premier rang la coauteur de ce blog, je vais exprimer une position que beaucoup ne pensaient pas trouver ici sur ce blog : je fais partie des 3 français sur 4 qui soutiennent cette grève et même de ceux qui soutiennent tous les mouvements de grève en cours ou à venir dans ce pays.

Cependant, mes raisons sont bien différentes de la plupart des autres qui soutiennent les grèves. Je soutiens cette grève non pas parce que je veux une relance sociale, un changement de cap, un grand soir ou encore parce que je suis contre le gouvernement. Je soutiens cette grève ainsi que les suivantes parce que je pense que N.Sarkozy ne sera le réformateur qu'il a promis d'être et ne pourra faire réellement les réformes promises pendant la campagne de 2007 que lorsqu'il (j'englobe le gouvernent dans le "il" au singulier car on sait bien que sous l'hyperprésidence Sarkozy le gouvernement, à quelques exceptions près, ne sert qu'à aller sur les plateaux télé) aura affronté et vaincu les conservatismes sociaux, c'est-à-dire les syndicats archaïques et les rentes corporatistes.

En effet, à part les 4 réformes de début de mandat, N.Sarkozy ne réforme qu'a minima, harcelé par les lobbys de tous bords et de touts horizons. Il faut qu'il y ait énormément de monde dans la rue pour que demain, N.Sarkozy puisse  avoir sa Mère de toutes les batailles. S'il en sort vainqueur, il aura alors la légitimité réformatrice, en plus de la légitimité électorale, qui lui permettant d'aller au bout du programme que je souhaite lui voir appliquer, celui pour le lequel il a été élu. S'il n'en sort pas vainqueur, nous serons alors fixés sur le courage politique de ce président et je n'en attendrais plus rien, sauf une gestion des affaires courantes, comme son prédécesseur. Les grèves permettront en quelques sortes de purger l'expérience Sarkozy face au socialisme rampant qui imprègne de plus en plus notre pays et surtout nos élites.  

De plus, ces mouvements de grève permettent également de faire le tri dans la majorité entre le bon grain et l'ivraie, entre ceux qui sont seulement près à combiner, à céder et ceux qui ont une position constante sur un certain nombre de principes, de valeurs. Quand je vois aujourd'hui P.Méhaigerie vouloir revenir sur le bouclier fiscal à 50% après avoir voté et défendu le principe du bouclier fiscal (l'Etat ne peut pas vous prendre plus de la moitié de ce que vous gagnez) en 2007, je me dis que pour certains les principes sont assez changeants, peut-être du pragmatisme poussé à l'extrême...plus sûrement le retour de la capacité d'accommodement raisonnable avec l'air du temps qui a toujours caractérisé les centristes.

Alors vous l'avez bien compris, mon soutien est plus qu'ambigu. Je souhaite que ces manifestations soient une réussite pour que justement, le président ne leur donne rien en échange, ne cède sur rien et continue de plus belle les réformes et surtout celles contestées : non-remplacement d'un fonctionnaire sur 2, gel du SMIC, pas de plan de relance de la consommation. Je souhaite même qu'on aille au bras de fer qui est le seul langage que la rue comprenne. Remarquez d'ailleurs que les plus importantes perturbations ne seront pas dans les transports ferroviaires;  j'y vois un lien de cause à effet direct avec leur défaite sur les régimes spéciaux et sur le service minimum. Je souhaite même qu'après, il aille encore plus loin dans les réformes : vraie réforme de l'Education Nationale, de la Sécurité Sociale, de la fiscalité, assouplissement du droit du travail et des licenciements économiques, une vraie libéralisation économique à commencer par la Poste, la SNCF et la RATP, baisse des prélèvements obligatoires, maîtrise de l'immigration et politique assimilationniste d'intégration, défense acharnée de la laïcité, de nos valeurs républicaines...Tout un programme qui reste à mettre en œuvre...

18.03.2009

Réunion d’alcooliques anonymes dans un bar à vin

Pour une fois J. Attali, m’a bien fait rire et je salue son sens de la formule. C’était ce matin, sur BFM, dans le débat avec A. Minc. :  « Aucun phare n'est mis sur le cœur du blanchiment de l'argent et la fraude fiscale. On parle de l'évasion fiscale suisse ou luxembourgeoise, c'est très bien, parfait. Mais qui parle du système du trust qui est le principal système d'obscurité fiscale au monde et qui est anglo-saxon ? J'ai parfois dit que les réunions du G20 me faisaient penser à une réunion d'alcooliques anonymes dans un bar à vin c'est-à-dire qu'il y a peu de chances qu'elles soient efficaces. »

Au passage, si G.Brown, sauve ses paradis fiscaux tandis que ceux de l’Europe continentale se font hara-kiri en grande pompe au G20, on pourra bien parler de couillons...

16.03.2009

Gaullistes demi-soldes

10441489.jpgLa décision de N.Sarkozy du retour de la France dans dans le commandement intégré de l'OTAN a soulevé une vaste polémique et a permis de remettre au centre du débat le Général De Gaulle et l'héritage qu'il a laissé à notre pays. Tous les opposants d'hier en appellent désormais à ses mânes afin de combattre cette décision en se découvrant gaullistes alors qu'ils ont toujours combattu le gaullisme.

En effet, en 1966, les socialistes et les centristes avaient déposé une motion de censure, votée par F. Mitterrand et J. Lecanuet, contre le départ de la France de la structure militaire intégrée de l’Otan, décidée par le Général de Gaulle. Hier, pour Mitterrand : « la sortie de l'OTAN trahit une volonté d'isolement fondée sur l'idée que le nationalisme est la vérité de notre temps » ; aujourd’hui, pour M. Aubry « rien aujourd'hui ne justifie de rentrer dans le commandement militaire de l'Otan. Il n'y a pas d'urgence ni de raison fondamentale, si ce n'est un atlantisme qui devient une idéologie ». Pour les socialistes, l’opposition s’oppose, semble être le sommet de la réflexion stratégique et je me dis que plus rien n'est possible pour eux, qu'ils passeront toujours à côté de « l'intérêt supérieur de la France » pour ne faire que de la politique politicienne. Des conseils municipaux et généraux, c'est tout ce qu'ils méritent de diriger...

Hier pour Lecanuet, l’Europe sous protectorat américain était le seul horizon possible pour la France ; aujourd’hui F. Bayrou qualifie le projet de « défaite pour la France et l’Europe…qui porte atteinte au patrimoine historique et diplomatique de la France » tout en continuant à ne jurer que par l'Europe, l'Europe, l'Europe et la Commission Européenne, sous domination anglo-saxonne depuis quelques années déjà et encore plus depuis l'entrée des pays de l'Est en 2004. Gaulliste à contretemps, en retard de 40 ans…qui déplore en plus les conséquences de ce que sa famille politique a toujours défendu : un alignement de la France sur le reste de l'Europe (presque tous les autres pays européens étant membres de l'Otan et heureux de l'être). A moins que lui aussi ne concoure au titre de meilleur opposant. Le pire étant que malgré ces virulentes critiques, il dit qu'il ne remettrait toutefois pas en cause cette décision s'il arrivait au pouvoir. Comme quoi, le gaullisme n'est pas très profond chez les centristes...

Quant à la droite dite gaulliste, il apparait de plus en plus évident que son gaullisme ne sert que de paravent à son conservatisme et son renoncement à penser un grand destin pour la France. L'ancien premier ministre D.de Villepin a estimé « que ce retour constituerait une faute, une erreur en termes d’image et de stratégie ». Quelle image perdrions-nous ? Celle d’un pays capable d’incarner la 3ème voie ? Cette politique a échoué et les circonstances ont changé. Celle d’un pays ami du Moyen-Orient, du Tiers-Monde, de quelques dictateurs en mal de reconnaissance ? Cette politique aussi a échoué. Le gaullisme de D.de Villepin se résume à ne rien faire, ne rien changer, comme lorsqu'il était premier ministre, dans un souci de ne pas modifier les équilibres de ce vieux pays sur son vieux continent. Vous avouerez que le Général avait un projet un peu plus audacieux pour la France que le conservatisme avancé...

Alors beaucoup comme A. Juppé ou H. Védrine nous disent que « le seul intérêt est un intérêt symbolique ». Mais  dimanche matin sur Europe 1, H.Morin, s'est très justement étonné de l'opposition manifestée par F. Bayrou, A. Juppé et D. de Villepin. Il a rappelé les responsabilités exercées par les trois hommes entre 1995 et 1997, lorsque J. Chirac avait tenté un rapprochement avec l'OTAN.  « A l'époque, nous avions négocié notre éventuel retour dans les structures intégrées de l'OTAN pour un poste à Naples. Qui était Premier ministre? Alain Juppé. Qui était secrétaire général de l'Elysée? Dominique de Villepin. François Bayrou était ministre de l'Education nationale ». On pourrait aussi rappeler les responsabilités d'H.Védrine, secrétaire général de l'Elysée, quand Mitterrand s’essayait à un retour complet dans la structure au début des années 90. Tous ces rappels sonnent comme des casseroles aux oreilles des donneurs de leçons.

Tous ces gaullistes demi-soldes passent à coté de l’essentiel de l'œuvre du Général : la doctrine des circonstances et sa capacité à prendre des décisions fortes pour s'adapter aux nouvelles réalités de l'époque. Toute sa réflexion était basée sur un double socle : des valeurs, des principes forts qui guident la réflexion stratégique et des analyses fines et réalistes des circonstances. Ceux qui se revendiquent gaullistes aujourd'hui ne retiennent que les actes du Général De Gaulle et oublient sa réflexion, ses principes, ses analyses, ses valeurs. La palme étant à décerner aux gaullistes historiques qui ont abandonné depuis 30 ans la politique étrangère et plus particulièrement européenne aux adversaires de toujours, l'UDF, et font mine aujourd'hui de vouloir défendre un gaullisme intransigeant.

 

12.03.2009

Les joies retrouvées du multilatéralisme et du réformisme démocrate

3f5503f_1.jpgTout le monde attendait avec impatience le départ de G.W.Bush, avec son bilan tellement critiqué, et surtout l’arrivée de son remplacement B.Obama, qui devait  tout résoudre, tout guérir, tout réparer. Parmi les plus importantes de ces attentes, il y avait l'ouverture d'une nouvelle page pour les relations entre les Etats-Unis et ses alliés européens basée sur un multilatéralisme retrouvé dans tous les domaines (diplomatiques, militaires, économiques, écologiques) par rapport à l’unilatérialisme arrogant des années Bush…

 

Oui mais voilà, la réalité semble déjà moins rose que ce qui était prévu pour ceux qui ont cru que le Messie était arrivé. Au niveau militaire et diplomatique, le multilatéralisme d’Obama veut, aussi et même surtout, dire que les européens doivent faire plus d’efforts pour soutenir les actions américaines, le fameux "meilleur partage du fardeau" ; mais sans avoir gagné un seul gramme dans le poids qu'ils pèsent sur l'orientation stratégique de la politique extérieure américaine. Les américains veulent que nous aidions sur les dossiers afghans, sur la reconstruction de l'Irak, sur le dossier irakien, syrien...mais ne sont pas prêts à ouvrir une discussion stratégique sur la politique extérieure mise en place avec ces pays et encore moins à prendre des décisions en accord avec les européens. La diplomatie obamanienne prend de plus en plus la voie clintonienne qu'Hubert Vedrine avait qualifiée d'hyperpuissance : un multilatéralisme où les européens sont réduits au rang de suiveurs que l'on laisse figurer sur la photo.  La seule vraie différence avec Bush est que désormais les américains écoutent ce que disent les européens même s'ils n'en ont toujours rien à faire. D'ailleurs, l'unilatéralisme des années Bush avait un avantage de la dure franchise : il s'essuyait les pieds sur l'avis des européens mais ne demandait rien en échange. Même si je ne suis pas totalement d'accord avec l'opposition acharnée au retour complet dans l'OTAN, ses opposants (pas tous, il y a aussi beaucoup d'anitsarkozystes pavloviens dans le tas)  ne dénoncent rien d'autre que ce multilatéralisme démocrate qui ne serait qu'un marché de dupes...

 

 

En matière économique, Obama aussi est en train de poser un véritable dilemme aux Européens. Alors qu’on attendait ou plutôt que beaucoup espéraient un champion de la réglementation, on a surtout eu un champion des plans de relance…En préparation du G20, B.Obama a insisté sur le fait que l'urgence était à la relance massive et que les plans européens n'étaient pas assez importants à son goût, rejetant aux calendes grecques les demandes française et allemande pour la mise en place de nouvelles réglementations et d'une surveillance mondiale sous l'égide du FMI. Quand on sait qu'une grande partie de son armée de conseillers économiques vient de l'administration Clinton, grande responsable de la crise actuelle, quoi qu'en dise les anti-bush acharnés, j'ai un peu de mal à vouloir me livrer corps et âme dans les bras d'un sauveur dont le seul fait d'arme économique , jusqu'à présent, est d'avoir dépensé plus que n'importe quelle personne dans le monde. Surtout que les mêmes ne manqueront pas de dire lorsque la croissance sera revenue, qu'il ne faut pas mettre des barrières à un système qui se remet à marcher. Encore une fois, les américains montrent qu'ils suivent leur propre agenda et Obama ou pas Obama, cela  ne change rien, c'e sont leurs intérêts qui priment...

 

 

Pour finir sur B.Obama et sur son action qui doit franchement commencer à déplaire à ceux qui avait cru qu’il s’agissait du mai 1981 américain, il a annoncé hier un programme de réformes pour l’éducation qui ferait pâlir d’envie n’importe quel électeur sarkozyste : suppression des programmes coûteux et inefficaces (il en avait déjà parlé dans le discours de l’Union) comme d’un moyen important dans son objectif de diviser par 2 le déficit public, mise en place de standards plus stricts dans la progression des élèves, paiement des enseignants au mérite, licenciement des mauvais enseignants, revalorisation des diplômes…une vraie ôde à la méritocratie. Si ce n’est pas un camouflet pour les syndicats d’enseignants qui ont cogéré l’éducation aux Etats-Unis comme en France depuis les années 1970, ça y ressemble fortement. Et en plus ces syndicats d’enseignants sont parmi les plus importants soutiens démocrates. Chassez le naturel, il revient au galop...

10.03.2009

Le Vatican se lance en économie

Via la Tribune, j’apprends que l’Osservatore Romano, le quotidien officiel su Saint-Siège, a publié un article, la semaine dernière titré « Idées et propositions de la finance islamique pour l’Occident en crise ».

On peut y lire que le Vatican est très intéressé par les principes guidant la finance islamique pour remettre le capitalisme sur une base plus morale. Les instruments utilisés pourraient « reporter au centre, l’éthique des affaires » puisque par exemple, les obligations islamiques sont en effet toujours liées à un investissement réel et jamais à des fins de spéculation.

Et le Vatican, par la voix de son quotidien, de conseiller aux banques occidentales d’émettre des obligations pour aider l’industrie automobile en crise ou pour financer les prochains jeux olympiques. On est bien heureux de recevoir ce conseil, jamais on n’aurait pensé à financer une industrie avec des obligations !

En revanche, si notre constructeur automobile veut acheter à terme les produits dont il a besoin et cherche à se couvrir des variations de prix, en achetant par exemple des devises, là c’est pas bien ; c’est de l’argent utilisé pour générer plus d’argent (enfin,surtout pour ne pas en perdre). Ce rejet de la spéculation devrait figurer dans la prochaine encyclique estivale consacrée au social et à l’économie. Je l’attends avec impatience pour connaître enfin la différence entre investissement réel et spéculation.

S’il est aussi pointu dans le volet économique que dans celui de la levée d’excommunication des négationnistes, il pourra toujours dire qu’il ne savait pas, qu’on lui cache tout et que son entourage aurait pu l’informer qu’il y a belle lurette que des gens investissent sur des sociétés qui entreprennent seulement sur une idée, que les investissements se font de moins en moins sur des biens réels et que spéculer, depuis Venise, est l’activité qui a permis aux sociétés occidentales de se développer.

D’ailleurs, est un spéculateur quiconque achète un actif (financier, immobilier, œuvre d’art…) en espérant que son prix va monter et qu’il pourra le revendre avec profit. Et si cet espoir existe, c’est que l’avenir est incertain, puisque nous sommes en économie de marché, et que les prix s’y forment au gré de la valeur et de l'utilité reconnues aux produits. Maintenant si le Vatican condamne tous ceux qui achètent pour revendre, il devrait tout aussi logiquement condamner ceux qui ne vendent pas en attendant que les prix montent… Ce qui l’amènerait à condamner les mêmes pratiques de la finance islamiste islamique [1] qui,  en réunissant un cartel, décident des quantités de brut qui seront mises sur le marché…Mais peut-être devrait-il se cantonner dans son domaine de prédilection, la théologie ? Et accessoirement s'occuper de ses cardinaux, notamment de celui qui au Brésil, excommunie une victime  d'inceste agée de 9 ans...

08.03.2009

Les dindes n’appellent pas à fêter Noël !

Comme il fallait s’y attendre, le rapport sur la simplification territoriale remis hier à N.Sarkozy par E.Balladur a fait l’unanimité, contre lui, bien sûr de la part des élus. Car autant le dire simplement, ces propositions, pourtant fort modérées, si elles étaient adoptées, conduiraient quand même à réduire sensiblement le nombre d’élus. Or la France croule sous les élus ! 577 députés, 343 sénateurs, 78 députés au Parlement européens, 36 677 maires, 2091 conseillers régionaux, 149 représentants des nouvelles assemblées (Nouvelle Calédonie, Polynésie, Wallis et Futuna), 4 054 conseillers généraux, 163 conseillers de Paris  et 354 conseillers d’arrondissement !... Pas facile à compter, mais ceux qui s’y sont livré, avancent le chiffre considérable de 558 000 élus ! Ce qui nous classe largement en tête, avec un élu pour 111 habitants, ratio 4 fois supérieur à celui des Etats-Unis…La comparaison avec l’Europe des 15 est encore plus flatteuse : nos 36 677 communes représentent environ la moitié du nombre total de communes.

Le chœur des pleureuses se lamente d’ailleurs sur la proposition la plus terrifiante du rapport : la suppression de la clause générale de compétence pour les départements et régions. Celle qui justifie l’enchevêtrement des compétences, l’opacité sur l’utilisation des fonds et l’irresponsabilité totale en matière d’évaluation de l’impact des mesures prises. Celle qui permet aussi de soigner sa clientèle en votant dépenses et subventions selon l’air du coin. L’ARF (l’assemblée des régions de France), saisie à la gorge, évoque la préméditation et dénonce la volonté de tuer la démocratie ! Même la parité se serait en danger, selon elle…Si la parité est en danger, alors…surtout qu’aujourd’hui c’est la journée de la femme.

L'ADF, (l'Assemblée des Départements de France) pleure ses futurs défunts: "Cette réforme…, inopportune dans un contexte de crise économique et sociale d'une ampleur jamais égalée, porte en elle la disparition progressive des départements".

Mais comme tous les députés de la majorité se sont engagés, dans leur programme électoral de 2007, [1] à « clarifier et simplifier les compétences des collectivités territoriales en les regroupant par grands blocs de compétences exclusives » et « à spécialiser les impôts locaux en attribuant un impôt local par collectivité territoriale » nous n’avons rien à craindre de ces enfantillages d’élus qui ne veulent pas se faire hara-kiri avec l’enthousiasme qu’il sied lorsqu’il s'agit de soigner la folie dépensière des élus locaux.

[1] pour vous épargner de tout relire, c’est en bas de la page 15