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27.01.2008
Le coup de pied dans le microcosme audiovisuel et l'apprentissage de l'anglais comme objectif de service public
Le président a ouvert un large débat sur le service public audiovisuel avec sa volonté d’en supprimer la publicité et surtout de la recentrer sur des missions de service public. Les missions de service public de l’audiovisuel doivent encore être précisées mais le contour est le suivant : la culture, l’information, l’éducation, l’histoire et des programmes de plus grande qualité pour se différencier des chaines privées.
Bien sur, il y a énormément à redire sur la méthode et les moyens pour atteindre cet objectif comme la création d’une, voire deux nouvelles taxes, pour financer la disparition de la pub (cela semble être une marque de fabrique de ce gouvernement que de créer des taxes à tout va) alors qu’il en existe déjà une pour cela, la redevance. Sur le niveau de cette taxe, il est très marrant de voir les commentateurs dirent qu’il faut récupérer 1,2 milliards (montant de la pub sur les chaines publiques) alors que les programmes ne seront pas les mêmes et couteront beaucoup moins chers (il suffit juste de comparer le budget de France5 et celui de France2). On peut critiquer aussi le fait que le périmètre du service public ait continué à s’étendre depuis des années avec la création d’une nouvelle chaine extérieure et de nouvelles chaines publiques sur la TNT…
Et puis surtout, le véritable problème est France2. Car France2 n’est plus depuis longtemps une chaine de service public, elle offre les mêmes programmes, aux mêmes horaires, avec souvent les mêmes présentateurs que les chaines privées (seule l’absence de téléréalité peut marquer encore la différence). De plus, alors que les contribuables paient pour que France2 concurrence TF1, elle n’y arrive pas puisque TF1 détient encore cette année les 100
meilleures audiences ainsi qu’une part de marché écrasante. Il faut arrêter tant de dépenses et de schizophrénie : soit la télévision est un secteur économique libre (ce que je souhaite) alors il est du domaine des opérateurs privés et le service public doit assurer des missions spécifiques définies au niveau politique (politique culturelle) soit ce n’est pas un secteur libre et dans ce cas-là, on revient à l’ORTF.
La question de la privatisation de France2 se pose d’autant plus que si après la suppression de la publicité, France2 continue à faire les mêmes programmes alors la réforme n’aura servi à rien si ce n’est qu’à prélever encore plus les contribuables et à augmenter les revenus des chaines privées (c’est trop fort de financer par nos impôts, l’augmentation des recettes publicitaires de Bouygues) et si France2 ne fait plus les mêmes programmes alors, la nature ayant horreur du vide, une nouvelle chaine généraliste prendra sa place dans l’offre actuelle, récupérant une large partie des téléspectateurs actuels de France2. L’Etat aura alors raté l’occasion de vendre un actif très important, de récupérer une somme d’argent conséquente et d’assurer une véritable concurrence et un pluralisme dans le secteur audiovisuel.
A cette question des missions de service public, j’aimerai apporter ici ma petite pierre. On le sait, en France, l’apprentissage des langues étrangères et particulièrement de l’anglais, est défaillant. Il suffit de voir le niveau de maitrise des hommes politiques, « l’élite » (je vous ressort le « the yes need the no to win against the no » assez risible) pour comprendre qu’au niveau en dessous, cela ne doit être guère mieux. D’autant que cette faiblesse a des conséquences importantes : les touristes étrangers en France s’en plaignent, les perspectives professionnelles sont réduites pour beaucoup de jeunes quand l’anglais, devenu la langue des affaires, n’est pas maitrisé, la recherche française est moins diffusée et valorisée par l’absence de publications en anglais, nos entreprises se ferment des marchés par l’impossibilité de se faire comprendre...
Différentes études ont montré l’importance dans l’apprentissage des langues étrangères d’être très tôt baigné dans la nouvelle langue, dans les sons. D’où déjà une possible remise en question de la manière d’enseigner les langues à l’école mais là n’est pas mon point. Cela serait plutôt que les chaines publiques offrent le choix des programmes, soit en français, soit en version originale sous-titrée. Cela pourrait se faire grâce à la TNT qui permet de choisir un grand nombre d’options, cela créerait une certain nombre d’emplois dans les métiers de sous-titrage et surtout, cela favoriserait l’apprentissage des langues étrangères, à commencer par l’anglais. On nous parle tout le temps du modèle scandinave, prenons donc exemple. Tous les jeunes scandinaves arrivent à parler anglais couramment sans problème grâce à l’action conjuguée de cours de langue performants et des programmes de télévision en VOST. Voilà qui serait une véritable mission de service public et de politique culturelle que de favoriser la maitrise des langues étrangères. C’était d’ailleurs un point du programme présidentiel de N.Sarkozy que tous les élèves soient bilingues.
13:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : audiovisuel public, service public, suppression publicité, apprentissage anglais
24.01.2008
Romano Prodi est tombé
Il était en sursis depuis un petit moment mais c’est ce soir qu’il est tombé lors d’un vote de confiance au Sénat. Il faut dire que sa majorité n’était que de deux voix et surtout, vu les alliances hétéroclites qui composent sa majorité, il était à la merci d’un revirement de situation à tout moment. Ce qui a fait pencher la balance est la démission de Clemente Mastella, ministre de la Justice, qui a entrainé son parti l’Udeur (centre-droit, membre du PPE c’est-à-dire la droite au parlement européen) avec lui. Un parti qui n’avait que 3 sénateurs et 10 députés et n’avait recueilli que 1,4% des voix dans chacune des élections des deux assemblées. Romano Prodi, ex-président de la Commission Européenne, est donc tombé pour 3 sénateurs représentant moins de 500 000 voix.Cette nouvelle est attristante pour l’Italie qui n’a toujours pas réglé ses problèmes de stabilité institutionnelle. Une réforme de la loi électorale est au menu mais aucun consensus n’arrive à se dégager. Les petits partis sont contre car ils y perdraient leur pouvoir, les grands partis ne veulent pas s’entendre à cause des jeux politiciens (opposition fictive entre une droite et une gauche sur ce point). D’ailleurs, pour ceux qui en doutaient encore, S.Berlusconi s'est montré très fin tacticien, avec sa réforme électorale en 2005 réinstallant la proportionnelle intégrale au Sénat. Sachant que structurellement la gauche est plus éclatée entre différents petits partis alors que la droite est plus unie dans des partis plus importants (question de rapport à l’ordre, l’autorité, la puissance), il
a bien joué son coup. Il se réjouit d'appeler à des élections où il est en position de grand favori, 55-45 dans les derniers sondages. La prime à l’opposition fonctionne à plein en Italie aussi : « sortez les sortants », surtout que ce n’est pas en 20 mois de gouvernement qu’un programme porte ses fruits (sauf si vous appliquez la politique de la démagogie type socialiste français avec les cadeaux tout de suite et les cadeaux encore après et la facture pour les prochains gouvernements et les générations suivantes).En tout cas, espérons que cette démission aura pour effet positif, que l’Italie se dote d’institutions stables et non contestées. Et puis peut-être un deuxième effet positif, que tous les tenants de la proportionnelle en France calment leur ardeur et surtout que le Président ne l’introduise pas à l’Assemblée (chambre qui décide en dernière lecture). Nous avons la chance d’avoir des institutions stables et performantes même si je suis d’accord qu’elles doivent être améliorées (revalorisation et travail du Parlement, indépendance de la Justice, non cumul des mandats…) mais alors non, pas de proportionnelle à l’Assemblée.
Les victimes collatérales de cette démission sont les socialistes français. Ils vont bien être embêtés, eux qui réclamaient la proportionnelle comme élément indispensable dans une démocratie (oui élément de démocratie car il oblige les électeurs à aller voter tous les 20 mois, si ce n’est moins) et puis surtout, voici encore un de leur modèle qui leur disparait. Romano Prodi, sa grande coalition de l’Olivier allant du centre-droit à l’extrême-gauche, ses alliances magnifiques entre tous les partis ayant des positions contraires sur tous les sujets, ses primaires populaires ayant réuni plus de 4 millions de personnes…Tout ça pour 20 mois de gouvernement. Il ne manquerait plus que J.L.Zapatero perde les élections de 2009 pour que s’en soit fini des idoles socialistes dont ils se réclament modèles et essayent de faire croire qu’ils obtiendront les mêmes résultats (aussi bien en victoire électorale qu’en terme de réussite au gouvernement). Ils devront, alors, véritablement entreprendre leur travail de réflexion et non plus capitaliser sur la réussite des autres socialistes européens qui, eux, ont rénové leur pensée (d’ailleurs tellement rénové pour certains qu’on peut se demander s’ils sont toujours du même camp, T.Blair étant le meilleur exemple mais cela s’applique aussi à G.Schröder, Socrates, les socio-démocrates suédois et bien d’autres, enfin presque tous les socialistes européens).
23:55 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Prodi, Berusconi, censure, vote de confiance, démission, Sénat, Italie
20.01.2008
Qui était en charge ?
Suite à cette révélation, on a eu le droit à une polémique d’un niveau très faible. Je ne dis pas qu’il ne fallait pas qu’il y ait polémique et que cela ne devait pas susciter des questions mais en tout cas, pas celles qu’on a entendues. Certains ont vu, au fait que cette information reste cachée (pas tant que ça d’ailleurs ou alors par choix des journalistes) un mensonge de Sarkozy et une trahison de ses promesses de campagne. D’autres ont choisi de dénoncer les médias qui ne font pas leur travail en se contentant du people facilement accessible. Et enfin, il y a ceux, adeptes du relativisme, qui ont dit à quoi bon en parler, cette information n’est pas si importante, ne méritait pas tant de bruit…
Dans leur nombrilisme, les suiveurs et autres commentateurs ont encore évité de se poser les bonnes questions et surtout de demander les bonnes réponses. Parce que derrière cette affaire, il y a une véritable question à se poser qui aurait mérité des précisions de la part de l’Elysée. On nous a dit que le Président a été hospitalisé pendant une journée pour subir une légère «intervention» afin de résorber un abcès à la gorge. Désolé, mais dans ma grande ignorance (je pense qu’elle est partagée par de nombreux français), je ne sais pas comment on résorbe un abcès à la gorge. Anesthésie ? Générale ? On nous a dit aussi que le président a été hospitalisé pendant une journée, c’est-à-dire ? Pouvait-il toujours exercer ses fonctions pendant cette période ?
J’aurai été curieux de savoir comment et par qui la machine de l’Etat était dirigée pendant cette période - surtout s’il y a eu anesthésie générale - qui commandait les armées, qui avait la responsabilité en cas d’urgence (et pour une puissance nucléaire engagée dans des opérations extérieures, cela a son importance), qui prenait les décisions, car on sait que dans le fonctionnement de l’Etat, des décisions doivent être prises à tout moment. Et puis en cas d’évènement important, qui aurait pris les décisions, qui aurait tranché au final ? Est-ce que le pouvoir exécutif et celui de Chef des Armées était toujours assuré par le Chef de l’Etat (s’il y a eu anesthésie générale ?), seul personnage élu habilité à exercer le pouvoir exécutif par notre Constitution ou le pouvoir était-il exercé par quelqu’un d’autre, une autre personne non élue qui ne rend pas de compte aux citoyens (je pense, sans mettre en cause les personnes bien sûr, à H.Guaino, C.Guéant ou même F.Fillon, bien que sa position soit différente) ? Qui était en charge ?
Voilà des vraies questions qu’il aurait fallu se poser et surtout poser au très médiatique porte-parole de l’Elysée, D.Martinon. Je ne dis pas qu’elles soient toutes pertinentes mais le public aurait eu alors des véritables informations et aurait pu comprendre un peu mieux le fonctionnement de nos Institutions, il y aurait eu de la transparence, du respect pour la fonction présidentielle. Montrer qu’elle ne s’arrête pas à sortir avec Carla Bruni être un président hyperactif. Il aurait été intéressant de voir un journaliste porter le débat sur ce véritable terrain politique au lieu de s’attacher seulement à la petite polémique dont tout le monde n’a eu que faire. On aurait surement bien rigolé de l’embarras plus que probable des responsables élyséens devant une vraie demande d’information.
(1)-Denis Demonpion et Laurent Léger dans «Cécilia, la face cachée de l'ex-première dame».
13:05 Publié dans Etat | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hospitalisation, Sarkozy, président, information, peopolisation, médias
13.01.2008
La fausse bonne idée de la Commission Attali
Cette semaine est sortie une nouvelle « bombe » de la Commission Attali comme l’a qualifié le Figaro. Une nouvelle « bombe » après celles sur la distribution, les départements, la baisse de la dépense publique et autres propositions libérales pur jus. Cette nouvelle « bombe » est celle de la relance de l’immigration préconisée par la Commission qui pense que «l’immigration, facteur de développement de la population, est en tant que telle une source de création de richesse, donc de croissance». C’est aller bien vite en besogne que de conclure aussi définitivement que l’immigration est une source de croissance. La proposition de la commission Attali, bien qu’elle ait dû réjouir tous les immigrationnistes et théoriciens de l’ouverture sans fin, est bien différente d’une simple ouverture des frontières à tout le monde, de la politique de la terre ouverte à tous les vents. L’immigration que souhaite Attali est une immigration de travail. J.Attali veut « faciliter la délivrance de visas » pour les travailleurs qualifiés afin de palier les besoins de main d’œuvre des secteurs en tension (bâtiment, hôtellerie-restauration, informatique).
La justification économique de cette relance de l’immigration de travail est d’ailleurs assez frauduleuse. J.Attali dit que «la France a besoin d'immigration, il faut s'ouvrir aux travailleurs d'Europe de l'Est, aux Chinois, aux pays d'Afrique. Sans cela, toutes nos belles discussions sur le financement des retraites n'auront pas de sens». Dire que l’immigration permettra de financer les retraites est totalement faux. Le rapport du Centre d’Analyse Stratégique de mai 2006 sur l’immigration et les besoins de main d’œuvre montre qu’ « une immigration de masse pour maintenir le ratio de dépendance (1) générerait une dynamique de population insoutenable à long terme ». C’est le moins qu’on puisse dire, car il faudrait, selon cette même source, pour maintenir ce ratio à sa valeur d’aujourd’hui, soit 26%, la venue de plus de 2 millions d’étrangers par an entre 2010 et 2040. Ceci se traduirait par l’entrée de 93 millions d’étrangers d’ici à 2040 ! La France compterait alors 187 millions d’habitants composés à 68 % d’immigrés de première ou 2ème génération. Même les plus extrémistes des immigrationnistes seront d’accord pour reconnaitre que cette situation n’est pas envisageable. Par ailleurs, quelque soit son niveau, l’immigration massive ne peut constituer à elle seule un remède contre le vieillissement démographique à long terme, notamment du fait du vieillissement des migrants eux-mêmes.
Ensuite, l’autre justification économique avancée par la Commission est que la France sera confrontée à des besoins de recrutement évalués à 750 000 (2) par an à l’horizon 2015 et donc aura besoin de main d’œuvre étrangère pour faire face à ce besoin. De fait, statistiquement, la France bénéficie de réserves de main d’œuvre non employées : le taux d’activité global (69,5%) se situe dans la moyenne basse de l’Europe(3). Une augmentation de celui-ci de 6 points, qui rejoindrait alors celui du Royaume-Uni (75,5%) suffirait à maintenir en 2050 la population active à son niveau actuel. Ces réserves se trouvent dans le taux d’activité particulièrement bas des jeunes, des senors et des femmes. Cette insuffisance de la force de travail trouve ses racines dans toutes nos politiques de limitations du travail comme les 35 heures, la retraite obligatoire à 60 ans et aussi, la difficulté du travail étudiant ou du travail peu qualifié avec une fiscalité trop lourde pesant sur ce travail et un salaire minimum qui empêche une plus grande progression de l’emploi peu qualifié.
De plus, dans sa vision de la croissance, la Commission ne prend pas en compte les coûts liés à l’immigration et à l’intégration des immigrés déjà présents : respectivement 24 et 12 milliards d’euros par an selon l’estimation du colloque de l'Institut de géopolitique des populations dans « Immigration/Intégration »(4). Elle oublie aussi que le taux de chômage des étrangers vivant en France s’établit à plus du double de celui des français de naissance. Enfin, elle néglige le comment de la question. Le logement reste aujourd’hui un problème non résolu et les évaluations les plus modestes, montrent un déficit d’environ 800 000 logements. Donc, vision comptable tronquée de la part de la Commission Attali.
Mais au-delà de ces considérations économiques, la proposition de J.Attali ne diffère pas de celle du président qui souhaite que la part de l’immigration de travail passe de 7% à 50% dans les années à venir. La véritable question à se poser est : ce développement de l’immigration de travail se fait-il à nombre d’entrées constant, comme le laisse penser la position de N.Sarkozy, ou avec augmentation du nombre d’entrées, plutôt dans la vision de J.Attali. La position de la Commission mériterait des précisions.
Enfin, cette proposition ne résulte que d’une vision économiste de la situation de la France. La Commission Attali ne prend pas en compte la « politique de civilisation », (vocable bien pratique). L’échec de l’intégration ainsi que les déséquilibres que font peser une immigration plus difficilement intégrable que les précédentes sur les structures de la France ne sont pas résolues et ne le seront pas de sitôt. Avant d’ouvrir notre pays au vent de l’immigration plus importante, il faudrait d’abord régler les problèmes internes français. Un plan Marshall des banlieues a été évoqué par N.Sarkozy au cours de sa campagne, dont le seul nom évoque l’ampleur du problème révélé par les émeutes de novembre 2005. La construction de l’identité nationale, dans le respect de la diversité, a montré ses failles et la mise en place (5) d’un contrat d’engagement à respecter les valeurs de la République, fondées sur la laïcité, la monogamie et l’égalité entre hommes et femmes, lors du regroupement familial est le témoin des déstabilisations induites par l’arrivée de populations mal intégrées à la société française. L’immigration ne peut être que choisie et sa politique ne peut s’élaborer à l’aune du strict critère des emplois à pourvoir à court terme.
(1) Nombre de personnes de plus de 65 ans et plus / par personne en âge de travailler
(2) Ce chiffre est d’ailleurs plutôt de l’ordre de 850 000 ; il correspond à l’effectif des générations nées entre 1945 et 1960 qui auront donc entre 55 et 60 ans entre 2005 et 2015
(3) Source europa.eu.int/employment_social /employment_analysis/2005 : Pays-bas 76,6%, Suède 77,2%, Danemark 80,1%
(4) publiés sous la direction de Jacques Dupâquier et Yves-Marie Laulan (L'Harmattan, 2007)
(5) par la loi d’octobre 2007
17:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Attali, immigration, retraites, ratio de dependance, taux d'activité, intégration, Sarkozy
09.01.2008
L'Amérique, cette inconnue pour les "commentateurs"
La primaire américaine a encore réservé une petite surprise avec la victoire d’Hillary Clinton pour les Démocrates et de John McCain pour les Républicains. H.Clinton remporte cette primaire alors qu’elle était donnée perdante de plus de 10 points la vieille. Elle a bénéficié du vote des femmes mais aussi du vote McCain qui, dans cet Etat, a capté une grande partie des indépendants qui ont préféré voter McCain dans la primaire républicaine qu’Obama dans la primaire démocrate. La politique américaine est compliquée et c’est ce qui fait son charme.Mais ce qui nous intéresse plus aujourd’hui est de voir comment encore les instituts de sondage se sont trompés : comme quoi il n’y a pas qu’en France que les sondeurs sont décriés. D’ailleurs, les grands networks américains sont déjà en train de renégocier les contrats avec les instituts de sondage. Cela n’arriverait pas en France par contre…Mais il est aussi intéressant de noter le comportement moutonnier des journalistes et des pseudo-commentateurs de la vie politique américaine qui la découvrent au jour le jour et ne sont pas capables de placer sur une carte les Etats dans lesquels ont lieu les primaires ni de comprendre comment s’organise la désignation des futurs candidats des 2 grands partis. Un peu de recul ne ferait pas de mal à tout le monde.
Dans la même veine, il faut voir la différence de traitement médiatique en France entre les Républicains et les Démocrates. Alors oui, les Démocrates ont des personnalités attractives comme B.Obama ou H.Clinton, l’administration actuelle est républicaine donc les médias cherchent le changement du coté adverse dans leur réflexe franco-français. La dernière présidentielle française ne les a pas fait remettre en cause ce sacro-saint principe de l’alternance. Mais il est intéressant de noter que H.Clinton est donnée perdante contre tous les candidats républicains et que B.Obama n’est pas non plus favori contre la majorité d’entre eux.
Cette différence de traitement montre le parti pris des médias et plus généralement de l’intelligensia française. C’était déjà le cas en 2004 lors de la réélection de Bush. Kerry était le candidat hors-US. On connait le résultat. Les élites préfèrent croire qu’un président américain de gauche (enfin si on peut appeler les démocrates, la gauche) mènera une politique totalement différente de celle de Bush ou d’un Républicain en lice. C’est là encore faire une très mauvaise analyse de la politique américaine qui repose sur une vision non moins erronée de la société américaine. Un président américain de n’importe quel bord continuera la politique conservatrice, de défense des intérêts américains avant tout, de puissance sans jamais souscrire à la vision d’un « monde multipolaire » prônée par la France. Un président américain fera ce pour quoi il est élu, c'est-à-dire servir et protéger la Constitution américaine et veiller aux intérêts de l'Amérique. Un président de gauche continuera la révolution conservatrice portée par Reagan comme un premier ministre anglais continuera la politique libérale de Thatcher. Les Républicains sont loin de jouer perdants cette élection tant ils sont en phase avec les valeurs de l’Amérique, quoi qu’en disent et surtout en pensent les « observateurs étrangers ». (A ce propos, lire l'analyse développée par Eric Zemmour dans son livre "le premier sexe" qui est très éclairante sur le processus de contre-révolution à l'oeuvre dans la société américaine et dans le monde occidental, même si cela n'est pas avoué, surtout en France).
19:20 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Clinton, US, élections, présidentielle, Obama, McCain, primaire
05.01.2008
Le changement dans l'Iowa
Au total, 1.781 assemblées d'électeurs étaient organisées pour chacun des deux grands partis, dans des cafés, des églises, ou des bibliothèques et la participation a battu des records dans un état qui représente environ 1% de la population américaine. Etat, très conservateur, peuplé à 95% de blancs : les résultats ne sont donc pas extrapolables aux 26 autres états. Cependant, les récents sondages montrent que si B. Obama peut battre n’importe quel républicain, n’importe quel républicain peut battre H.Clinton. Ce premier résultat, allume le clignotant d’une victoire possible pour B.Obama (38%), qui surmontant la dimension ethnique, pourrait devenir le premier Président noir des Etats-Unis. Si cette perspective crée un malaise chez les démocrates blancs, J.Edwards (30%) et H.Clinton (29%) pourraient bénéficier d’un surplus de voix dans le New Hampshire, mardi prochain.
Mais B.Obama, présente une autre originalité : il est le seul à n’avoir pas approuvé la guerre en Irak quoique cette dimension apparaisse assez peu dans la campagne. Il est aussi jeune et parle de rupture et d’ouverture tandis qu’H.Clinton prend soin de se présenter en candidate d’expérience qui gérera le changement. Quand au républicain victorieux, c’est Mike Huckabbe (34%) ; il est neuf et c’est celui qui a mis le moins d’argent dans la campagne. Sa profession de foi (famille, liberté) incarne le modèle conservateur et c’est aussi sur le thème du changement qu’il l’a emporté sur Mit Romney pourtant favori des sondages. Le changement pour le moment semble bien être la valeur sûre, dans un camp comme dans l’autre.
00:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Obama, Clinton, Etats-Unis, Edwards, Huckabbe, Romney, changement
03.01.2008
Champagne pour celui qui nous gâte tant
« Tu as un accord politique avec ton nouveau maître (*…) pour te faire accepter ce que ton amour-propre rend inacceptable. Si c'est ce sinistre dessein qui te fait composer ainsi avec toi-même, je préfère te dire que tu ne t'en relèveras jamais…Le mieux pour toi-même et pour la France serait que tu prépares ta sortie et ta lettre de démission ».
C’est en ces termes qu’A.Montebourg s’adresse, par NouvelObs interposé, à B.Kouchner. Champagne aidant, il a pris N.Sarkozy au mot et a plongé en pleine Renaissance. Tout y est : les imprécations, la trahison, le complot. Il retrouve d’ailleurs les expressions d’alors : « Le sarkozysme est un absolutisme. La classe dirigeante festoie pendant que le peuple peine à boucler ses fins de mois ». Il craint le retour de la royauté et s’interroge : « Les conquêtes du président finiront-elles au gouvernement ? ». A mon tour de m’interroger : craint-il vraiment la régence de C.Bruni ? Ou les bulles ne sont-elles pas tout à fait dissipées ?
* le Président sarkozy
01:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Montebourg, Kouchner, champagne, Renaissance, Sarkozy
02.01.2008
Bonne année
00:45 Publié dans Brèves | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Oslo

















