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31.12.2007

Pour bien finir l’année, ils nous ont gâtés

69d74645b85c04a5c57b863b4cf07cc9.jpgD’abord le gouvernement japonais : mi-décembre, le porte-parole du gouvernement avait déjà déclaré être absolument persuadé de l’existence des ovni. Pour ne pas en être de reste, le ministre de la Défense, Shigenu Ishiba, lui veut étudier comment les forces de défense pourraient réagir au cas où des soucoupes volantes apparaitraient. 

 

95cd29a4a0aa3eb764bb0d23c4b61e17.jpgEnsuite Arnaud Montebourg, qui oubliant qu’il était le chantre du non cumul des mandats, est candidat aux cantonales à Montret, avec en ligne de mire la présidence du conseil général de Saône et Loire. Il s’en explique : « dans 5 ans, il ne me sera pas possible d’avoir exclusivement vécu dans l’exercice tribunicien pur…cette candidature est un acte de résistance à la montée de l’absolutisme sarkozyste. Oui, mais le canton de Montret est-il prêt à proclamer son indépendance ?

 

5aea8cb67c44378a7c6c1d7ddbcb40d8.jpgEnfin, Javier Silva-Ruete, l’administrateur péruvien du FMI, lui a déclaré que « les crédits-relais (du FMI) sont une béquille pour les boiteux ». Joignant le geste à la parole, il a annoncé que le Pérou se passerait désormais des services du FMI. Le Pays a connu depuis 5 ans une réelle embellie économique : 8% de croissance en 2006, inflation maitrisée, dette publique revenue à 32% du PIB. Beau joueur, le FMI s’est réjoui de cette décision, mais en réalité, il commence à s’inquiéter de voir la liste de ses clients se rétrécir (retrait du Brésil, de l’Argentine puis du Vénézuela qui ont lancé avec d’autres pays d’Amérique du sud, début décembre, la Banque du Sud): en effet, le FMI vit des intérêts de ses prêts et voit ses comptes s’enfoncer dans le rouge. DSK a déjà annoncé une réduction de 15% de ses effectifs ; si  une petite faillite du FMI s’annonçait, voila qui redonnerait de l’espoir aux prétendants de la rue de Solférino et pourrait réjouir aussi rue de la Boétie…

30.12.2007

F.Hollande, la dénonciation et le chemin de croix

093de62dc3d8a33c243376951d72e4c7.jpgAvez-vous remarqué le nombre de fois où F.Hollande dénonce le Président de la République ? Aujourd’hui, il dénonce le « narcissisme » de Nicolas Sarkozy. Il y a peu de temps, c’était la visite de Kadhafi qu'il dénonçait, avant la question du pouvoir d’achat, l’avion de Bolloré, le désordre de Villiers-le-Bel, les grèves, les réformes, les cadeaux aux riches…Encore avant c’était les promesses de campagne et maintenant, il dénonce la rupture avec les promesses de campagnes. A s’y perdre…

F.Hollande passe son temps à dénoncer le Président. Pas une semaine sans sa sacro-sainte dénonciation. Il va bientôt quitter ses fonctions de premier secrétaire du PS (ce qui fera le plus grand bien au PS) et on pourra lui attribuer le titre de grand « dénonceur » en chef. La multiplicité des angles d’attaque ne produit aucun effet, F.Hollande n’a toujours pas trouvé celui qui parlerait à l’opinion ni même à ses compagnons du PS. Le Président est tranquille de ce côté avec une Gauche totalement paralysée. Elle multiplie les attaques sur la forme simplement pour masquer cette évidence : elle est d’accord sur le fond de tout ce qui est près d’être fait par le Président.

C’est le véritable drame de la gauche. Ne rien avoir à redire sur la politique de Sarkozy, autre que sur la forme, tant ils savent que le chemin du redressement de notre pays passe par là. Ne représentant pas une alternative au niveau national, le socialisme est en passe de redevenir le mouvement d’essence locale dont F.Mitterrand l’avait tiré. Un chemin de croix qui risque de durer comme l’a bien compris A.Montebourg en choisissant de tenter de devenir président de Conseil Général (des « responsabilités » qu’il n’obtiendra sûrement pas au niveau national) au prix du reniement de ses convictions les plus profondes sur le cumul des mandats.

Les socialistes se prendraient même à rêver que N.Sarkozy réussisse et réussisse vite. Cela leur permettra d’envisager de gagner des élections nationales en promettant de dépenser à nouveau l’argent de l’Etat et de remettre en l’air un modèle social qui se serait remis à marcher sous couvert de bons sentiments (car un modèle social qui fonctionne n’est jamais parfait mais assume ses déséquilibres avec son lot d’injustices et de contradictions). En tout cas, on peut juste souhaiter à F.Hollande qu’il prenne quelques vacances, l’année 2007 a été mauvaise et il lui faudra bien du courage pour les années qui viennent…

25.12.2007

A tous

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Que vous fêtiez le Noël chrétien, le solstice d’hiver ou le Père Noël, joyeux Noël à vous qui passez ici et merci de votre fidélité.

 

 

Photo de C. Eyquem sous Licence Art Libre - Original sur www.freemages.fr

 

10:35 Publié dans Brèves | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Noel

21.12.2007

Faut quand même être sacrément con...

9f1b2ca0531e28f22b8f35716994ee7d.jpgJean-Paul Bolufer a été obligé de démissionner de son poste de directeur de cabinet de la ministre du Logement et de la Ville à la suite de la publication mercredi, dans le Canard Enchainé d’un article qui a révélé qu'il occupait depuis 1981 un appartement de 190m2 au loyer très inférieur au prix du marché. Qu'il avait même sous-loué, pendant plus de dix années. De cela, il s’est justifié en disant qu’il en détenait l’autorisation de Chirac et maintenant qu’il a démissionné, il demande à ce que soit publiée la liste de tous ceux qui bénéficient des mêmes avantages que lui, laissant entendre qu’il n’est pas le seul à en bénéficier.

On voit bien la déconnexion des élites qui nous gouvernent. Profiter d’un logement de 190m2 à loyer modéré en plein Paris quand on travaille sur les problèmes de logement social et que la situation est si tendue sur ce sujet...Et qu'on est conscient de bénéficier d'un véritable avantage, au point de sous-louer pendant plus de 10 années, plutôt que de lâcher un tel petit trésor... Décidemment l’esprit des années Chirac-Mitterrand n’a pas encore disparu. L’intérêt général s’arrête là où commence leur intérêt personnel. Et puis, dans un gouvernement élu sur la rupture, sur la réforme et qui s’attaque à tous les conservatismes, faut vraiment pas avoir fait l’ENA (pardon, il l’avait fait en plus).  Maintenant, comment expliquer aux Français que des réformes, douloureuses, doivent être faites ? Il en a un qui doit être vraiment furieux et ça va chauffer pour certains matricules au retour de Rome ; certains peuvent se faire du souci pour le prochain remaniement ministériel.

Au-delà du fait que cette histoire soit scandaleuse, je me dis qu’il faut quand même être sacrément con. Il travaillait sur les problèmes de logement et il n’a pas pensé une seconde que la presse allait regarder comment il était logé. Ni même qu’il faisait partie d’un gouvernement et donc qu’il pouvait y avoir des gens qui auraient intérêt à le plomber pour leurs jeux politiciens (il est de notoriété publique que Le Canard Enchainé a ses sources principalement dans le milieu politique).

Et puis qu’a-t-il pensé de la réaction de l’opinion publique pour une personne gérant les affaires de la France et profitant indument des avantages de la République et de la Ville de Paris ? Que les Français seraient compréhensifs ? J’espère quand même que nos dirigeants sont capables d’un petit plus de jugement et de réflexion. Les français détestent le système Mitterrand-Chirac des petits arrangements, des profiteurs issus des palais de la République. Ils savent que les réformes difficiles doivent être faites mais ne supportent plus qu'une élite passe son temps à leur dire qu'ils doivent faire des efforts tandis que de leur côté, elle continue à se gaver sur le dos du contribuable. 

J’espère aussi que ça fera réfléchir tous ceux qui bénéficient de traitements de faveur. Bougez-vous pour remettre en ordre votre situation personnelle parce qu’une fois que l’affaire éclate, pas de retour possible. Sa carrière politique est terminée, de même que celle d’Hervé Gaymard, son prédécesseur dans le genre. Il faut quand même être sacrément con pour remettre en question toute une vie de travail, oui car cela prend toute une vie d’arriver à un tel poste, pour un appartement quand on a les moyens de se le payer. Je ne souhaite pas une "chasse aux sorcières avec lynchage public" mais c'est ce qu'il va se passer un jour si nos élites restent hermétiques à la morale et l'intégrité qu'il faut pour gérer les affaires du pays.

20.12.2007

Taxons internet, c'est tellement difficile de changer de pays

5f4af217e5ba9bf0911bc0646594809d.jpgHeureusement que le ministre des Comptes Publics veillait un peu hier soir. Il a donné l’avis du gouvernement au Sénat sur la taxe créée à l’Assemblée Nationale (encore une vous me direz) et c’est non. Sa justification est : « faut-il taxer cette activité naissante, au risque de freiner son développement ? ». Mais l’idée n’est pas complètement en dehors de la table et c’est sur qu’on y reviendra.

Il s’agissait d’une taxe de 2% sur les recettes publicitaires des sites internet de « toute personne établie en France qui met à disposition du public un service offrant l’accès à titre onéreux ou gratuit à des œuvres ou documents cinématographiques ou audiovisuels sur demande individuelle formulée par un procédé de communication électronique ». La très large définition fait que tout le monde était susceptible d’être assujetti à cette taxe. La stupidité française fonctionnait encore à plein régime avec cette taxe car pour lui échapper, l’internaute, pas bête, ne fera plus héberger ses sites en France, cela prend un clic de souris, et les grandes entreprises tirant des revenus publicitaires importants, types Dailymotion, s'installeront à l'étranger mais continueront à travailler en France (eh oui, le web est mondial et pas limité mes chers parlementaires) et se seront encore les pays étrangers qui profiteront de l’essor de ce marché et en tireront les bénéfices. Pourtant ce schéma a déjà été répété un certain nombre de fois et les parlementaires devraient commencer à le connaître. Mais non, ils ne pouvaient pas résister à taxer un domaine qui était encore vierge de surtaxe (la TVA, le IS et l'impot sur le revenu s'applique bien entendu à Internet).

Et cette taxe était destinée à quoi ? A financer la maison nationale de la cinématographie. Combien de personnes en ont entendu parler par rapport à Dailymotion ? Mais bon c’est dans la lignée de notre politique culturelle étatisée qui produit tellement de chefs-d'oeuvre dont nous sommes friands………………(rappelez-moi les dix derniers films que vous avez payé pour voir, beaucoup de films français ? non ? moi non plus).

Et puis, on peut quand même s’interroger sur cette manie de taxer tout ce qui fonctionne un peu. Veut-on vraiment décourager toute réussite ? Quand les députés et sénateurs vont-ils comprendre que leur rôle ne se limite pas à créer des taxes ? Ceci dit, ils ont une excuse dans ce domaine : la Constitution et son article 40 (les propositions et amendements formulés par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou l'aggravation d'une charge publique). Les membres du Parlement ne peuvent qu’augmenter les impôts ou diminuer les dépenses de l’Etat, le reste étant la chasse-gardée du gouvernement. Ils ne font donc qu’utiliser le peu de pouvoir qu’ils leur reste en créant toutes ces taxes (sans pour autant baisser la charge publique car ce sont des électeurs qui en profitent). Une réforme de la Constitution est dans les tuyaux, dommage qu’elle n’aborde même pas ce sujet qui permettrait de revaloriser véritablement le Parlement.

19.12.2007

Une difficulté pour la gauche et voici le retour des alliances nauséabondes, la menace brune et tout l'attirail de la démagogie

40f72c67286a06d1e4826958eda1e1c0.jpgLa bataille de la municipale pour Lyon a pris une autre tournure le week-end dernier. SOS-Racisme, dénonçant les « alliances nauséabondes » de Dominique Perben avec le MPF et les millionistes, menace de s’engager contre le candidat UMP dans cette élection. Comme si ce n’était pas déjà le cas…

Au moment où la droite s’unit enfin à Lyon et où surtout le maire sortant PS, G.Collomb est en danger, SOS-Racisme, un avatar du PS, nous ressort la menace brune. On sait d’ailleurs ce qu’il faut penser de la réalité de cette menace brune. D’ailleurs les socialistes élargissent leur définition de la menace brune au MPF et aux millionistes désormais, le ressort FN étant un peu cassé. Pour les socialistes, le FN, le MPF, l’aile droite de l’UMP, c’est blanc-bonnet et bonnet-blanc. D’ailleurs, dans leurs esprits « bien-pensants »  tous ceux qui sont à leur droite sont de dangereux fascistes. On se rappelle de la tentative de diabolisation de N.Sarkozy ces dernières années...  

Les millionistes dirigent 2 mairies d’arrondissement à Lyon et jusqu'à présent la gauche ne s’est jamais émue de siéger avec des dangereux fascistes, les qualifiant « d’opposition constructive ». Le MPF dirige le département de Vendée, ce département serait-il devenu un nouveau IIIème Reich ? La gauche essaie de nous refaire le coup des grandes marches et de la « bête immonde ». Tout cela n'est que petit calcul électoral car si la droite est alliée avec le centre alors la gauche, même unie, n’a aucune chance. C’est d’ailleurs ce qu’il semble se préparer avec les accords Mercier-Perben. G.Collomb nous ressort donc « l’axe républicain », pour culpabiliser les centristes et radicaux et les faire venir dans le giron du PS.                                                                                                                           733a75d58ae631258165f382f6261ef6.jpg

D’ailleurs, le PS devrait regarder ses propres alliances car en matière d’alliances nauséabondes, il fait bien mieux que la droite. A commencer par le PCF qui a été un parti financé par un régime totalitaire, l’URSS, pendant de trop longues années et qui défend une idéologie très dangereuse. Le PS envisage désormais une alliance avec Lutte Ouvrière et le reste de la gauche radicale qui sont de véritables antirépublicains. On voit qu’en termes d’alliances, plus rien ne se refuse pour une victoire. La droite n’aurait presque plus à rougir de pas s’allier avec le FN pour gagner et de laisser la victoire à des socialistes qui n’ont pas ce même sens de la République.

16.12.2007

Boire le calice jusqu’à la lie : beurk !

5793baaec30e51f302850939b1029506.jpgLa visite de M.Khadafi aura été salutaire pour la France : elle aura permis, à tous, de mesurer l’hypocrisie dans laquelle nous nous complaisons depuis longtemps.

M.Khadafi en cinq jours aura enchainé les pieds de nez à la Patrie des droits de l’homme, aura pété dans les draps de la République, se sera mouché dans les règles de l’hospitalité et aura roté au nez de ses hôtes. Sans que ceux-ci, ne le raccompagnent fermement vers la sortie. Ainsi, nos dirigeants viennent de nous donner notre première leçon de lucidité envers nous-mêmes.

Pour les pieds de nez, c’est le du chef de la diplomatie libyenne, Abdelrahman Chalgham, qui s’en est chargé : « il (B.Kouchner) me fait toujours rire : on l’a souvent vu déclarer quelque chose le matin et le contraire le soir.» Rama Yade, elle, aura droit qu’à un «Rama qui ?».

C’est Mouammar en personne qui pétera dans les draps de République, justement à l’Assemblée nationale où il était reçu, en regrettant «l’internationalisation du conflit du Darfour», alors que Paris s’évertue à mettre sur pied une force internationale dans la région ; ou encore à l’Unesco en amusant son auditoire « «Avant de parler des droits de l’homme, il faut vérifier si ces droits sont accordés aux immigrés…dont les droits sont violés par la police ». Les  120 policiers blessés à Villiers le Bel ont du apprécier.

Enfin, c’est le guide qui rotera au nez de ses hôtes, en déclarant sous la tente, « Nous n’avons pas évoqué, moi et le président Sarkozy, ces sujets » alors que N. Sarkozy avait déclaré le contraire la veille : «J’ai dit au président Kadhafi combien il fallait continuer à progresser sur le chemin des droits de l’homme.»

Enfin, pour la route, c’est au Ritz qu’il se mouchera dans les lois de l’hospitalité lorsqu’il expliquera à son auditoire que « la croix que vous portez n’a aucun sens, comme vos prières n’ont aucun sens ».

 

Ainsi le guide, vient de donner une leçon de réalisme diplomatique à tous ceux qui essayaient encore de faire croire aux français que nous ne commercions qu’avec les pays respectueux des droits de l’homme munis de dirigeants pétris d’humanisme : tous ceux qui s’indignent d’une réception à Paris, certes guignolesque, mais qui s’accommodent très bien de relations commerciales discrètes. Si nous ne devions commercer qu’avec des pays « honorables », il y a longtemps que nous ne roulerions qu’avec des voitures à pédales…

M.Khadafi après avoir longtemps et cruellement pratiqué, a renoncé aux armements nucléaires, au terrorisme, verse des indemnisations aux familles des victimes des attentats qu’il a commandités et condamne les récents attentats d’Alger (du bout des lèvres et encore après avoir légitimé à Lisbonne, le recours au terrorisme pour les peuples faibles). Et il a libéré les infirmières bulgares et le médecin palestinien !

Il n’y a pas de quoi lui discerner un brevet d’honorabilité mais pas de quoi non plus le mettre au ban des relations diplomatiques ; pas plus que Hu Jintao, Mugabe, Arafat et les autres. La France a maintenant payé le prix de la libération des infirmières : cinq jours de souk pendant lesquels il a fallu la boucler. La commission d’enquête parlementaire connait maintenant les contreparties qu’elle cherchait en vain du coté de contrats obscurs…

Quelques uns n’ont pas résisté, dont Rama Yade qui réussit là une jolie opération de com personnelle avec son paillasson. D’autres ont serré les dents, comme N.Sarlozy qui était aussi blême cette semaine que lorsqu’il avait du subir le supplice de la Marseillaise exécutée à Tripoli par une troupe s’amusant à en écorcher chaque note. « C’était douloureux mais nécessaire » a-t-il expliqué aux familles des victimes de l’attentat du DC10. Enfin, cette semaine pourrie est finie. J’espère que Juan Carlos sera en forme cette semaine et qu’il a encore en réserve un truc du genre : « porque no te callas ? » à la moindre incartade de son hôte. Même par procuration, ça me fera plaisir.

 

14.12.2007

DSK, l'orientation de gauche du FMI

1a405c5086273caf54a2201664de2431.jpgIl est intéressant de noter comment le libéralisme devient la boussole des socialistes dès qu’ils sont sortent de France alors qu'ils le désignent comme source de tous les malheurs dans notre pays quand ils y sont. J.Delors pendant 10 ans à la tête de la Commission Européenne puis tous les socialistes dans les institutions européennes en sont des partisans farouches ainsi que P.Lamy à la tête de l’OMC, véritable chantre du libre-échange et maintenant, DSK au FMI, grand réformateur et adepte de la rupture sarkozyenne. Certains naïfs avaient cru que son élection marquerait un tournant « à gauche » pour les institutions mondiales avec un rééquilibrage Nord-Sud. La réalité est toute autre et montre bien que la majorité des socialistes ont accepté depuis un certain temps déjà l’économie de marché mondialisée. Il leur manque juste le courage de le dire en France quand ils sont candidats.

Le premier plan de DSK pour le FMI est un plan de réformes drastiques destiné à assainir les finances de l’institution chargée de garantir la stabilité des échanges internationaux qui croulent sous les déficits. Pour réduire ces déficits qui se montent à 400 millions de dollars, DSK prévoit de supprimer jusqu’à 15 % des effectifs pour économiser 100 millions par an. Il prévoit aussi de transformer cette « usine à papier » en remplaçant des économistes (gratte-papiers éloignés des réalités) par des cadres du milieu financier (professionnels ayant une expérience de terrain). Ne doutons pas qu’avec une telle réforme qui fait rêver plus d’un ministre de l’Economie et des Finances en France, le FMI marchera normalement d’ici peu.

Le FMI vient aussi de publier ses recommandations à la France pour ce qui est de l’action politique en cours et des réformes à mener. Les experts de la mission chargée d’étudier la situation française saluent « l'élection d'un nouveau Président et la nomination d'un gouvernement ouvertement réformateur » qui « offrent à la France l'occasion historique de renouer avec une croissance soutenue où chacun verrait ses opportunités accrues ». Les services de DSK proposent encore qu’ « une ferme volonté réformiste, en véritable rupture avec le passé, associée à un rééquilibrage budgétaire plus marqué qu'il n'est envisagé actuellement, créerait un cycle vertueux combinant hausse de la croissance, assainissement des finances publiques et diminution du chômage ».

1901aa2bc2e939fb71686327bc3b5b57.jpgVoilà donc « l’orientation de gauche » qu’imprime DSK sur le FMI : satisfécit à N.Sarkozy pour son élection et sa volonté réformatrice associé à un encouragement à aller plus loin dans la rupture et un plan drastique de réformes de l’Etat pour le FMI. On se dit que DSK aurait vraiment pu la gagner cette élection présidentielle s’il n’avait pas choisi le mauvais camp et le mauvais discours. Qu’il se rassure, l’ouverture ne semble pas être un gadget et il pourra envoyer à N.Sarkozy son CV dès la fin de son mandat au FMI. Le Président sera très heureux de compter un tel réformateur (osant supprimer 15% des effectifs d’une administration) parmi ses ministres.

13.12.2007

Pour un Grennelle des relations Etat-Collectivités territoriales

48bd867cff9ab22db1d3127cbb2fda73.jpgLa remise du rapport d’Alain Lambert, père fondateur avec D.Migaud de la LOLF, la "constitution budgétaire", au premier ministre sur les relations entre les collectivités locales et l’Etat permet de faire un point sur un sujet important et méconnu. Ce rapport intervient dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) chargée de remettre de l’ordre dans l’administration et surtout de diminuer la dépense publique. Car les dépenses des collectivités territoriales ont très fortement augmenté depuis 20 ans : +290% pour les Régions, +78% pour les départements et +75% pour les communes. Cela alourdit le taux des prélèvements obligatoires pesant sur les ménages, sur les entreprises et plus généralement sur le pays.

Le principal problème des collectivités locales est l’enchevêtrement des compétences. Tout le monde s’occupe de tout sans concertation, sans efficacité comme le montre le dernier rapport de la Cour des Comptes sur le gaspillage de 6 milliards d’aides économiques. La première chose à faire est donc de définir les compétences de chaque échelon de collectivités territoriales. Pour cela, la suppression la clause de compétence générale des collectivités territoriales leur permettant d’intervenir dans tous les domaines est le préalable indispensable . Ensuite, il faut décider de la répartition des compétences pour chaque niveau d’administration : la gestion des infrastructures et de la formation professionnelle pour les Régions, l’action sociale pour les départements. Cela permettra d’éviter de nombreux doublons qui coutent des milliards et nuisent à l’efficacité des politiques publiques.


Mettre à plat le financement de ces compétences est aussi un préalable pour mettre fin au système des dotations financières de l’Etat. Système ubuesque qui veut que l’Etat paye les collectivités territoriales pour qu’elles s’occupent de politiques publiques dont la plupart sont décidées par le gouvernement. Les collectivités territoriales doivent disposer de ressources propres pour financer les politiques publiques qu’elles décideront elles-mêmes sans intervention du gouvernement. Il faut donc transférer certains impôts aux collectivités territoriales et leur laisser la liberté politique dans le choix des politiques publiques.ace694310980d12b11bbb689ff21d601.jpg


Un Grenelle est véritablement nécessaire pour accomplir cette réforme de très grande ampleur qui permettra de mettre de la cohérence, du bon sens dans un système qui en est grandement dépurvu. De plus, il faudra compter sur toutes les oppositions à économiser des milliards à l’Etat, aux ménages, aux entreprises. Si cette réforme n'est pas portée par un volontarisme puissant, elle calera face au mammouth. Il s’agit non pas d’une nouvelle étape de la décentralisation mais plutôt de corriger un système créé au fil des étapes de la décentralisation. Il s’agit de mettre au régime les politiques de tout bord qui ne voudront pas perdre une once des pouvoirs dont ils disposent. Il faudra aussi que cette réforme soit votée par les députés, qui exercent, pour plus de 50% d'entre eux, des responsabilités locales. A cette occasion, on pourrait bien s'apercevoir que le cumul des mandats freine l'ardeur réformatrice de nos députés-maires.

09.12.2007

La vraie question des médias en France

ca59315effdb2f36e9962c0ee6d4451f.jpgLa question des médias et de leur indépendance sont un sujet récurrent en France : pendant la campagne présidentielle avec F.Bayrou, dans le livre de S.Royal sur la campagne présidentielle et plus généralement comme excuse à la défaite dans tout le parti socialiste.

Déjà, pour poser les bases, il faut noter que selon les derniers sondages, seulement 4% des journalistes se déclarent de droite. Cela relativise la portée de la bienveillance dont profite N.Sarkozy dans les médias.

Ce qui est dénoncé par les socialistes est la collusion entre les puissances de l’argent et les médias. C’est oublier que les médias sont des entreprises, particulières bien entendu, mais des entreprises comme les autres. Seraient-ils encore en train de rêver ? Que l’on puisse faire un journal ou une télévision avec 3 bouts de scotch et de la ficelle ? Non, il faut des moyens financiers que les médias doivent trouver là où ils sont c’est-à-dire dans des groupes industriels puissants.

Mais peut-être ont-ils une autre idée en tête ? Celle d’étendre les subventions publiques aux médias afin de garantir leur indépendance économique vis-à-vis des groupes financiers ? On aurait alors un contrôle étatique des médias avec tous les problèmes que cela pose. Si les médias étaient financés par l’Etat et donc le pouvoir politique, quelle serait liberté de la presse et où se trouverait la limite avec la propagande ? De plus, si l’Etat finançait les médias, cela dispenserait les journaux d’être achetés et lus pour avoir des revenus. On en arrive ainsi facilement à un journal sans lecteurs (n’y voyez pas de rapprochement avec la situation au Monde, l’Humanité ou Libération…).

Selon F.Bayrou, le problème est un peu différent ; il vient de la détention de médias par des groupes qui passent des marchés avec l’Etat français (Bouygues, Dassault ou Bolloré). Sur ce point, on ne peut qu’être d’accord avec lui. Cela pose de véritables problèmes éthiques qu’un journal soit contrôlé par un groupe qui vit de marchés publics. Il faudrait une clarification dans ce domaine, voire une loi.

Une autre question vient à l’esprit ; si cette question est tellement prioritaire et nécessaire pour le bon fonctionnement de notre démocratie comme le soutiennent les socialistes et F.Bayrou, pourquoi n’ont-ils pas déposé un projet de loi en ce sens à l’occasion de leur niche parlementaire en décembre ? Cela aurait fait avancer le débat, montré que l’opposition était constructive, qu’elle avait des idées, un programme et travaillait pour l’intérêt général. Qu’ont-ils fait à la place ? Ils ont déposé un projet contenant 10 propositions sur le pouvoir d’achat. 10 propositions irréalistes n’ayant aucune chance d’être votées, seulement déposées pour marquer politiquement des points en espérant que cela affaiblirait le gouvernement. De la politique politicienne…

Et puis, cela aurait ouvert le sujet de fond sur la question des médias. La vraie question étant pourquoi de grands groupes de médias indépendants n’ont pas pu se constituer en France et pourquoi la France se singularise-t-elle dans cette exception ? Le monopole de la distribution par les NMPP ainsi que la main mise du Syndicat de Livre sur le monde de l’édition (tous les deux contrôlés par la CGT) n’y sont pas étrangers, de même que les lois restrictives sur le contrôle capitalistique des médias. Toute consolidation du secteur et donc toute apparition de groupes puissants ainsi que l’émergence de nouveaux acteurs ont ainsi été empêchées. D’où la pauvreté et l’absence de diversité de nos médias. La gauche sera-t-elle prête à assumer les conséquences de la réforme dans ce domaine, à savoir se mettre la CGT à dos. Laissons-lui au moins le bénéfice du doute.

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