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28.10.2007

Faut-il renforcer, dès l’école primaire, l’enseignement de l’anglais ?

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Oui, évidemment puisque c’est une nécessité de parler cette langue et que la précocité d’un enseignement en favorise l’acquisition. Mais ce n’est pas gagné ; du moins, pour l’ensemble des élèves. Les explications en sont , fournies par un enseignant qui sait de quoi il parle, pour le vivre au quotidien.

Grève de la Traviata pour conserver son régime spécial

3c9d4b9bb937c7842b7d997bad42dc73.jpgLe régime spécial de l’Opéra de Paris permet à ses salariés de partir en retraite beaucoup plus tôt que le commun du « privé » : 55 ans pour les personnels techniques, 50 ans pour les chœurs et 40 ans pour les danseurs.

La conséquence est inéluctable : c’est une subvention d’environ 10 millions d’euros qui est nécessaire pour financer le déséquilibre de ce régime qui concerne environ 1 700 salariés et autant de retraités.

Certes, on ne peut danser au-delà de 40 ans de façon parfaite…mais peut-on jouer du marteau piqueur jusqu’à 65 ans ? Certes la voix perd de sa puissance et de sa suavité après 50 ans, mais ne peut-on enseigner l’art du chant au-delà ? Quant au personnel technique, il exerce le même métier que celui qui s’exerce sur tous les plateaux, jusqu’à 60 ans.

Cette grève, lancée par SUD, FO et FSU est soutenue par La CGT : vont-ils avancer l’argument de la défense du service public ? Un peu moins de 800 000 personnes bénéficient des œuvres de l’Opéra (dont bon nombre de touristes). Celui de la spécificité de la pénibilité du travail exercé à l’Opéra ? Eloignement du domicile, environnement pénible ?

Mais pour une fois, c’est une grève qui n’entrainera pas trop de perte de chiffre d’affaires : en moyenne, les recettes ne s’élèvent, à peine, à 150 000 euros par représentation car c’est une activité hautement subventionnée ! (60 millions d’euros en 2007). On en viendrait presque à parler de dévoiement du droit de grève…

 

27.10.2007

LA TVA sociale revient par la grande porte : celle du Grenelle de l'environnement

4babb177c13ff7a6bfd7e970ae373e20.jpgLe Grenelle de l’Environnement se termine en fanfare. Les parties prenantes ont réussi à se mettre d’accord sur un certain nombre de propositions. Le Président a tranché et retenu de nombreux programmes. Une loi-cadre est en préparation. Une grande messe écologique a été organisée à l’Elysée avec 2 prix Nobel de la Paix. Superbe opération de communication pour tout le monde.

Et pourtant, ce n’était pas gagné. Avoir réussi à faire s’assoir à la même table patronat, syndicats, associations et experts était déjà un exploit. Mais avoir réussi à leur faire faire des compromis, surtout pour les associations écologiques, c’était presque mission impossible. Grand coup de chapeau à J.L.Borloo ; au final, c’était une bonne idée de le déplacer de l’Economie au Développement Durable. Maintenant, espérons que les programmes décidés seront mis en œuvre avec le même intérêt. Même si les caméras seront moins présentes…

    Le Président a aussi retenu l’idée chère à N.Hulot : la taxe carbone. Mais sans augmenter les prélèvements et en protégeant le pouvoir d’achat. Une sorte de TVA sociale écologique. Car au final, c’est la consommation des produits non- écologiques qui sera surtaxée et la fiscalité du travail sera diminuée. Le même principe que la TVA sociale. Allons demander à L.Fabius ce qu’il en pense…Difficile pour la gauche de s’opposer comme elle l’avait fait pendant la campagne législative sur un impôt écologique.

Grand tacticien notre Président. Car la TVA sociale était sortie par la petite porte après lui avoir couté de nombreux députés et avoir entrainé le départ d’A.Juppé du gouvernement et son remplacement par J.L.Borloo. Mais la TVA sociale était une idée chère à certains des conseillers de l’Elysée. Elle fait donc son retour sous les habits intouchables de l’écologie. La parade imbattable ces temps-ci !!!

23.10.2007

Qu’est-ce qu’on t’a fait Joaquin ?

01f11e2fd5eb7ad8dcafbb105d548517.jpgLe marché de l’emploi en France est « un étalon » de ce qui fonctionne mal !

C’est Joaquin Almunia, homme politique espagnol et commissaire européen aux Affaires économiques qui nous moque. Il ajoute même qu’ « il est difficile de faire pire que la France en matière d’emploi ». Et, il enfonce le clou en rappelant qu’il est difficile d’y engager des réformes et de les mettre en place.

Voyons les chiffres : en avril 2007, le taux de chômage de l’Union européenne à 27 s’élevait à 7,1%, celui de l’Espagne s’établissait à 8,2%, et celui de la France 8,6%.Pas de quoi pavoiser, Joaquin !

Après la France, il y a quand même la Slovaquie (10,5%) et la Pologne (11,2%). Et puis, dit comme ça, à 0,4% près... oui. Mais non ! Parce que le taux de croissance espagnol frôle 4% et que 700 000 emplois ont été crées en 2006, quand la France n’en a crée que 187 000.

Est-ce une raison pour se moquer ? Peut-être qu’il nous manque le soleil…pour avoir le courage de faire ce qu’on fait les espagnols depuis 1995 alors lorsqu’ils étaient à 22% de taux de chômage. La bonne situation économique actuelle est l’héritage des réformes Aznar (privatisations, baisse des impôts, flexibilité du marché du travail, ouverture des frontières, acceptation de la mondialisation, etc…) et pendant ce temps là, ici, on hésite encore à réformer nos régimes spéciaux !

22.10.2007

Bien tenté Marie-George

7eb8f6884aac6a7cec2b8c29a30c8417.jpgSi de nombreux partis de gauche ont critiqué la récupération par Nicolas Sarkozy de ce symbole, « les problèmes de récupération, quelque part je m'en moque » ; « que la République rende hommage à la Résistance, quoi de plus normal, quoi de plus évident ». C’est Marie-George Buffet, qui ne manque pas d’air, qui le dit.

Guy Môquet, est un militant communiste, célèbre pour être le plus jeune des vingt-sept otages du fusillés le 22 octobre 1941, en représailles après l’exécution du commandant des troupes d'occupation de la Loire. Il avait été arrêté le 15 octobre au métro Gare de l’Est par trois policiers français dans le cadre du décret du 26 septembre 1939 qui avait dissous le parti communiste pour son soutien au pacte germano-soviétique et en interdisait la propagande.

L'URSS ayant signé un pacte de non-agression avec les nazis le 23 août 1939, les communistes français s'opposent à la guerre, jusqu’au 22 juin 1941, date à laquelle les allemands envahissent l’URSS. Jusqu’à cet évènement, le parti communiste était alors le 1er parti « collabo » français et il est particulièrement savoureux de voir M-G.Buffet, magnanime, se moquer de la prétendue récupération de Guy Moquet…Alors qu’elle-même tente de récupérer cette mémoire pour faire oublier l’entrée tardive de son parti dans la Résistance, plus d’une année après le début de la guerre.

Sa lettre d'adieu sera lue, sur décision du président de la République Nicolas Sarkozy, lundi dans les lycées français, en hommage à la jeunesse, martyre de la guerre. Et encore, certains professeurs, se tâtent…car replacer la lettre dans son contexte n’est évidemment pas aisé et ils ne voudraient pas participer, même en lisant la lettre d’un communiste, à l’établissement de la dictature en notre bon pays. Ils pourraient tout simplement la lire, pour dire à leurs jeunes que la liberté dont ils jouissent n’est pas un dû et qu’ils peuvent se réjouir d’en bénéficier, ce dont ils ne sont pas forcément pleinement conscients. Leur faut-il, un mot d’excuse, pour qu’ils y consentent ? Un truc du genre « c’est contraint et forcé que j’ai lu cette lettre, la mémoire des martyrs français n’ayant rien à voir avec le contenu de l’enseignement que j’entends donner à mes élèves ? »

21.10.2007

Déficit budgétaire : 41,7 milliards d’euros + 798 millions

2d2c4f4117067be1d3e0197df6cd14ae.jpgC’est de l’Europe que nous arrive ce supplément de dépenses : précisément de la Cour de Justice qui condamne l’Etat français pour ne pas avoir récupéré 798 millions auprès de France Télécom ainsi que lui avait déjà signifié la Commission européenne.

En 2004, la Commission avait jugé incompatible avec les règles européennes l’avantage fiscal conféré à FT entre 1991 et 2002 : il faut dire qu’ils n’y étaient pas allés avec le dos de la cuillère : pas d’IS, pas de taxe professionnelle, ni taxe foncière pendant deux ans et maintien de l’'exemption de taxe professionnelle jusqu’en 2002. D’où la condamnation de FT à rembourser à l'Etat français de 798 millions, plus les intérêts. Les intérêts étant comptabilisés à partir de la date à laquelle les aides en cause ont été mises à la disposition du bénéficiaire jusqu'à la date de leur récupération, la somme dépasse aujourd’hui, facilement le milliard d'euros.

Deux ans plus tard, Bruxelles attendait toujours que l'état français soit remboursé et a donc décidé de poursuivre la France devant la Cour de justice européenne.

L'Etat français est maintenant sommé de récupérer les sommes incriminées "dans les délais les plus brefs" sous peine d'être de nouveau poursuivi devant la Cour de justice européenne.

Entre les amendes infligées par Bruxelles depuis 2003 et cette nouvelle condamnation, FT accumule environ 1,5 milliard d'euros de sanctions. C’est bête parce que l’Etat français est encore actionnaire à hauteur de 27,4% dans FT. D’où peut-être le manque d’empressement à récupérer les sommes en cause ! D’autant que coté bourse, ça ne va pas très fort : l’action a été introduite à 27,75 euros le 20 octobre 1997 et elle cotait 24,15 vendredi soir. Pas de quoi, faire la fête pour cet anniversaire, car pendant ce temps là, le CAC40 a plus que doublé !

Encore ici, un bel exemple de l’Etat exemplaire en matière de gestion de ses entreprises publiques. On va finir par aimer l’Europe parce qu’elle oblige l’Etat à faire ce qu’il n’aurait jamais le courage de faire.

20.10.2007

Ils sont enfin d'accord

 

bd9f67aae989c4047a5f0a7923abe2b0.jpegLes 27 chefs d'Etat ont mis à Lisbonne un point final à une décennie de pourparlers sur l'organisation des institutions de l'Europe élargie en parvenant à un accord définitif sur un nouveau traité. Il sera signé le 13 décembre prochain à Lisbonne et devra ensuite être ratifié par tous les parlements pour entrer en vigueur le 1er janvier 2009. N.sarkozy a promis qu’il serait ratifié dans la foulée par le Parlement français avant la fin de l’année et a exclu tout referendum, comme il s’y était engagé durant la campagne présidentielle.

Les positions des uns et des autres étaient si éloignées que pour arriver à ce compromis chaque Etat a obtenu gain de cause sur une revendication particulièrement sensible dans son opinion publique :

A la demande de la France, la «concurrence libre et non faussée» emblème de la campagne du non, disparaît des objectifs de l’Union.. La Charte des droits fondamentaux, qui acquiert une force juridique contraignante pour les 25 autres pays a été sortie du traité et restera un texte à part que la Grande-Bretagne et la Pologne seront dispensées de l’observer. La Grande-Bretagne a aussi obtenu un statut sur mesure en matière d’immigration et la sécurité intérieure. Elle n’appliquera que les textes qui l’intéresseront. L’Italie s’est vue promettre que, dans l'avenir, les citoyens, et pas les résidents, seraient pris en compte. Les Polonais ont obtenu l'inscription dans un protocole annexé au traité, du mécanisme dit de Ioanina, qui permet de continuer des négociations en cas de mise en minorité d'un pays membre au Conseil européen. Cette procédure oblige les Vingt-Sept à un consensus pour le modifier, ce qui donne à Varsovie un droit de veto. De plus, ils se sont vu offrir pour prix de leur ralliement un poste d'avocat général à la Cour de justice européenne, ce qui n’a aucun rapport avec le contenu du traité.

Le traité de Lisbonne n’a plus l’apparence d’une Constitution : il a sacrifié les symboles de l’UE (drapeau, devise, hymne) et son unique objet est institutionnel. Dès janvier 2009, l’actuelle présidence du Conseil européen semestrielle tournante disparaîtra et sera remplacée par une présidence de cinq ans. Mais c’est seulement en avril 2017 qu’entrera en vigueur le vote à la majorité qualifiée (55 % des États représentants 65 % de la population) au Conseil des ministres qui doit faciliter les prises de décision dans une cinquantaine de nouveaux domaines. D’ici là, la règle de l’unanimité prévaudra. On sort donc de dix années d’imbroglio institutionnel, pour retomber très probablement dans dix années d’immobilisme.

Il reste un traité indigeste de 250 pages qui n’est pas près de réconcilier les européens avec l’Europe et des européens assez divisés sur leur avenir. Tous les États membres se sont fixé pour objectif de ratifier le texte avant le 1er janvier 2009 mais là aussi des obstacles pourraient encore surgir : du coté du Royaume-Uni dont la défense des intérêts nationaux reste une constante, de l’imprévisible Pologne, sans parler de la France dont l’opposition hésite entre l’abstention et refus. « Le traité n'est pas une fin en soi, il faut prendre des initiatives, donner du contenu et de la chair à l'Europe », a déclaré Nicolas Sarkozy. La Commission européenne annonce la publication, avant février 2008, de plusieurs projets législatifs sur l'immigration, le terrorisme, le marché intérieur et le changement climatique. Il faudrait en effet maintenant, quelques réussites bien concrètes pour que les européens s’intéressent un peu à ce qui, jusqu’à présent, leur est resté bien étranger et qui, à défaut, risquerait de devenir un « machin ».

19.10.2007

Ménage d’automne

d3235e21de335f373d3ee6486521ed8d.jpgLa semaine dernière, un texte voté à l’Assemblée est passé inaperçu et pourtant, un travail remarquable a été accompli. Les députés ont profité de la première niche parlementaire UMP pour adopter un texte de « débureaucratisation ». 127 lois ou dispositions devenues absurdes ou obsolètes ont été supprimés permettant une simplification du droit et des procédures administratives.

Ce texte va simplifier la vie de manière non anodine car ce sont des milliers d’heures qui vont être économisées par les citoyens, les entreprises et l’administration. Des économies substantielles sont à la clé ainsi qu’un meilleur fonctionnement.

Cette démarche est essentielle car le maquis des lois et des règlements en France est un frein à la croissance. Les experts estiment à 3 points de PIB la charge administrative qui pèse sur nos entreprises. Le point de croissance qu’il nous manque n’est pas si difficile à aller chercher, de même que la réduction des dépenses publiques. Comme dit le proverbe, le diable se cache dans les détails. Et c’est en améliorant les détails de notre législation que nous pourrons faire de notre Etat un Etat efficace.

Cela amène aussi une réflexion par rapport à la Commission Balladur. Les députés sont des professionnels de la loi contrairement aux ministres qui présentent souvent des textes qui se transforment en usine à gaz. Rendons donc aux députés la maitrise des lois votées, soit en partageant l’ordre du jour à égalité avec le gouvernement, soit en discutant en séance la version retravaillée en commission, de la loi ou même en faisant les deux. Cela revaloriserait notre Parlement et la fonction de député en les rendant plus responsables des lois votées.  

18.10.2007

La défense des corporatismes s’organise

2091a81827c4b97d47c856a2c597742e.jpgDans notre pays ou l’égalitarisme est une religion, la survivance des régimes spéciaux a de quoi étonner ; car ils sont porteurs de rupture d’égalité flagrantes entre les citoyens et nécessitent des financements publics hors normes pour survivre ; et qu’ils trouvent encore des gens pour les soutenir…

Dans l’ordre des injustices : les modalités de calcul des retraites. Le taux de cotisation des salariés du privé est de 10,35%, à la SNCF et la RATP il est réduit à 7,85%, et encore hors primes ! La base de calcul de la retraite est nettement plus avantageuse (6 derniers mois contre les 25 meilleures années) et n’est affectée d’aucune décote par année de cotisation manquante ! Ceci aboutit à des retraites très largement supérieures à celles du privé (en moyenne le montant des pensions de la SNCF est le double de celui des salariés du privé et celles de la RATP leur sont supérieures de 65%). L’âge de départ à la retraite lui aussi est en décalage de plus de 6 années : possible après 37,5 années de cotisation contre 40 pour les salariés du privé, il s’établit en moyenne à 55 ans à la SNCF, 54 ans à la RATP et à 61 pour les autres !

Tous ces avantages ont un coût et les cotisations n’assurent que 37% des recettes du régime spécial de retraite de la SNCF : ce sont les caisses de retraite du secteur privé qui ont contribué à hauteur de 237 millions en 2007 et l’Etat qui a versé une subvention de 2,9 milliards qui ont assuré leur financement. Concernant la RATP, l’Etat (donc les contribuables), a réglé pour le régime spécial 430 millions.

L’argument tant usé ces derniers jours de la pénibilité du travail à la SNCF, renvoie à l’espérance de vie à la retraite : 22,5 ans pour le privé, 28 pour la SNCF et 29 pour la RATP (chiffres de 2006). Les salariés du secteur privé, exerçant des métiers pénibles partiront en moyenne à 61 ans avec une retraite inférieure, sans régime spécial. J’y pense, c’est bizarre, je n’ai pas encore entendu l’autre argument massue « la défense du service public » qu’on nous ressort à chaque conflit…

Devant une telle situation, le mot privilège n’est pas abusif et celui d’injustice est un peu faible. On comprend la très forte mobilisation d’aujourd’hui des agents de la SNCF (73%) et de la RATP pour défendre leurs privilèges qui sont payés par les contribuables. En revanche, on comprend moins la défense d’une telle injustice de la part des syndicats. Sauf à savoir que ceux-ci ne représentent qu’eux-mêmes (seuls 8% des salariés sont syndiqués) et recrutent très fortement chez les salariés des régimes spéciaux et la fonction publique. Ainsi, des syndicats financés sur fonds publics défendent des intérêts corporatistes. Je franchis donc allègrement le pas : les syndicats doivent vivre des cotisations de leurs adhérents et ne plus recevoir aucune subvention publique. Car aujourd’hui, comme demain sans doute encore, j’aurai payé pour le blocage des transports et la défense des régimes spéciaux et je n’aime pas trop financer mon propre blocage. J’ajoute qu’en attendant, je m’associe bien évidemment à la demande de comptes certifiés pour toutes les organisations bénéficiant de subventions publiques, ce qui est un minimum républicain.

(pour une illustration sonore, c'est ici )

14.10.2007

L’affaire suite : y a-t-il une différence entre savoir et être saisi ?

433abc7f04ab45d5d0b4881f69671c8d.jpgA l'occasion de la publication du rapport de l'inspection des finances sur l'action des services de Bercy au moment de l'affaire, Christine Lagarde a révélé, jeudi 11 octobre, l’existence d’un mémo confidentiel daté du 21 février 2006, adressé par Arnaud Lagardère au Ministre de l’Economie. Il décrit dans le détail la vente des titres EADS qui sera lancée en avril 2006 et cite parmi les acquéreurs potentiels la CDC. Vu la sensibilité du dossier, cette note aurait-elle pu ne pas être transmise au 1er ministre ?

Arnaud Lagardere dans son interview au JJD du 15 octobre confirme : « Dès janvier 2006, mes collaborateurs ont eu des réunions répétées et à haut niveau concernant l'opération avec les services du Premier ministre. Elles portaient sur le schéma envisagé, le calendrier, etc. Matignon a suivi l’opération depuis le début ». Dominique de Villepin, lui a pourtant déclaré, mercredi 10 octobre, n'avoir "jamais été saisi" du dossier de rachat des actions EADS par la CDC.(maj hier soir au grand jury RTL, il a convenu avoir eu connaissance de cette note)

En revanche, Arnaud Lagardère, à la question « Avez-vous organisé avec l'Etat le rachat d'une partie de vos titres par la Caisse des dépôts ? » confirme ce qu’a dit Thierry Breton à la Commission des Finances du Sénat : « l'Etat n'a rien à voir là-dedans. C'est une grande banque, Ixis, qui en a été chargée ». En effet, c’est cette banque, alors filiale de la Caisse d’Epargne qui s’est chargée de racheter les titres et de les redistribuer. Est-il imaginable que l'Etat se soit désintéressé du sort de ces 7,5 % d’EADS alors qu’il était au courant de leur vente par A.Lagardère ? Par ailleurs, Augustin de Romanet, actuel patron de la Caisse des dépôts, était à l'époque secrétaire général adjoint de l'Elysée et suivait le dossier EADS. Et lui aussi, n’aurait pas entendu parler du rachat des titres par la CDC ?

Enfin cerise sur le gâteau, Mathieu Pigasse qui était conseil d’Ixis, dans l’exercice du mandat de vente des actions EADS, a aussi été sollicité pour avis par Francis Mayer, directeur de la CDC alors, sur le sujet de l’achat…des titres EADS ! Il pourrait lui aussi être entendu par la commission des Finances du Sénat car être conseiller pour la vente d’un coté et donner son avis pour l’achat de l’autre, pourrait bien relever du conflit d’intérêts.

L’Etat dans cette affaire est tellement tentaculaire, que sa main droite peut ignorer ce que fait sa main gauche. En pareil cas, n’est-ce pas le signe que l’on perd la tête ?

 

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