03.02.2009

La grève du pouvoir d'achat depuis 30 ans

greve.jpgPour revenir sur la grève de jeudi dernier, une petite anecdote vécue : le matin en arrivant au travail, pas de lumière, l’équipe de nuit d’EDF avait fait sauter les plombs dans toute la zone industrielle. Il nous a fallu un peu de temps pour que cela soit remis en service et que tout le monde puisse commencer à travailler. Premier scandale mais ils n’avaient pas fini de rigoler : vers 11h, une coupure d’une seconde, encore de la part de nos amis d’EDF, juste histoire de couper les téléphones et tous les PC et donc de perdre les travaux en cours.

Voilà pour l’anecdote. La grève de jeudi dernier a donc été un succès avec 1 à 2,5 millions de français non-exposés à la crise dans la rue. A part ce triste constat, on peut quand même se féliciter que le service minimum ait plutôt bien fonctionné dans les transports avec un service perturbé mais pas surchargé ni totalement bloqué. La petite phrase de N.Sarkozy sur les grèves en France ne devenant qu’à moitié fausse.

Les revendications catégorielles face à la crise qui se sont exprimées pendant cette grève n’avaient qu’un seul point véritablement commun : l’antisarkozysme. Et les voir tous rassemblés rappelle que leurs revendications cachent mal leur opposition politique à l’ensemble des réformes faites ou encore à venir depuis le début du quinquennat sarkozyste. Et ne me dites pas que les syndicats et les grévistes manifestaient pour le pouvoir d’achat. Car sur ce sujet, les syndicats et les grévistes sont aussi coupables sinon plus que le gouvernement et le patronat. D’autant qu’après révision des indices, finalement le pouvoir d’achat des salariés n’a pas baissé en 2008 (inflation +1%) ; seuls ceux qui perdent leur emploi et ceux qui comptaient sur des revenus de placement ont vu leur pouvoir d’achat baisser l’année dernière et pour eux, les syndicats ne font rien.

C’est vrai que les salaires sont à la traine en France, même Le Figaro s’en est fait écho la semaine dernière ! Mais la France est surtout à la traine au niveau du salaire net que reçoivent les ouvriers, les agents de maitrise et même les petits cadres parce qu’en termes de coût du travail, la France se situe parmi les champions du monde. L’explication est en fait simple, il y a une préférence française pour le salaire différé (par les charges sociales) et la redistribution (par les impôts et le déficit), au détriment du salaire net. Mais on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et en plus défiler dans la rue pour dire que trop de beurre ça fait monter le cholestérol. Les français ont choisi (ou accepté) de privilégier le salaire différé et la répartition sur le salaire net et maintenant ils défilent pour leur pouvoir d’achat !

Pour illustrer cela, il suffit de voir que les syndicats qui sont dans la rue, sont aussi vent debout contre l’accord sur l’assurance-chômage pour une simple et unique raison : l’accord prévoit une baisse des cotisations employeurs de 1,4 milliards. Au lieu de négocier que cette baisse soit bénéficiaire, moitié aux entreprises, moitié aux salariés - ce qui auraient représenté une augmentation de 700 millions d’euros pour les salariés, qu’ils auraient pu faire porter uniquement sur des cotisations de tranche A pour en faire bénéficier les petits salaires - les syndicats s’opposent systématiquement et idéologiquement à toutes baisses de charges avec toutes les conséquences que l’on connait : pas d’augmentation de salaire pour les employés et un coup du travail très élevé en France.

La mondialisation, la concurrence avec des pays moins développés, le pompage de la valeur ajoutée par la finance sont bien entendus des explications valables dans la stagnation des salaires mais les français et en premier ceux qui sont dans la rue oublient bien vite que la principale raison en est l’augmentation des charges et le poids de l’Etat-providence. Simple calcul qui laisse rêveur : tous les salariés (hormis les riches, version François Hollande) et plus particulièrement les smicards, si l’on revenait au niveau de charges sociales qui se pratiquait au temps du Général De Gaulle - c’est-à-dire 35% du salaire brut de brut- augmenteraient de près de 50% leur salaire net ! Soit bien plus que l’augmentation de 300 euros pour tous demandée par Besancenot et le smic à 1500 euros brut demandé par le PS.

Mais bon, cela obligerait à serrer la vis à notre Etat-providence avec son lot de décisions difficiles à prendre et ça, jamais, au grand jamais, les corporatistes qui nous dirigent ne l'accepteront jamais.

 

EDIT 1 : la vraie crise se situe à l’Ecole avec des élèves qui ne savent plus lire, écrire et compter. Une étude vient de sortir qui démontre clairement et contrairement à ce que le politiquement correct souhaite faire croire que le niveau baisse et baisse bien. Et là, la réponse de la rue, c’est plus de moyens, encore et toujours, sans jamais s’interroger sur ce que l’on enseigne et comment on l’enseigne.

EDIT 2 : une étude est sortie sur les heures supplémentaires. Les réactions à cette étude sont diverses : les syndicats veulent revenir sur les heures supp car elles marchent bien et donc privent de travail des intérimaires et des contrats précaires. Par contre, pour les socialistes les heures supp ça ne marche pas et c’est juste un gâchis budgétaire et un effet d’aubaine surtout pour les patronats qui font baisser le coût du travail. Alors là, il faudrait peut-être qu’ils se mettent d’accord, surtout s’ils veulent désormais manifester ensemble dans les cortèges.

21.04.2008

Réforme syndicale : remise en marche d'un vieux paquebot

488054661.jpgLe paysage social français est en plein bouleversement, en pleine recomposition. Il faut dire que cela faisait 50 ans que rien ne s'était passé de ce côté là. Ce mois-ci, les partenaires sociaux se sont mis d'accord sur une position commune sur une réforme de la représentativité, un accord qui sera signé par la CGT (c'est à souligner, vu le peu d'accords nationaux que la confédération a signé dans sa longue carrière) et par la CFDT ; cet accord est toutefois refusé par FO, la CFTC, la CFE-CGC car le texte va remettre en cause leur chasse gardée qui est également leur vache à lait. 

Ce texte va libérer le paysage syndical de son carcan : les confédérations s'étaient vu conférer « une présomption irréfragable de représentativité » qui leur accordait des avantages exorbitants. Sans avoir à prouver leur représentativité, les cinq centrales retenues par l'arrêté du 31 mars 1966 - la CGT, CFDT, FO, CFTC et, pour le personnel encadrant , la CFE-CGC - pouvaient être les interlocuteurs de l'Etat et du patronat  et elles n'avaient pas besoin d'avoir le moindre syndiqué dans une entreprise pour présenter des candidats dès le permier tour des élections professionnelles et négocier des accords qui s'appliquent à tous. La position commune consacre la disparition de cette présomption irréfragable de représentativité : les  syndicats devront désormais prouver, tous les quatre ans, leur représentativité à tous les niveaux  - entreprise, branche professionnelle et national interprofessionnel - selon 7 critères dont celui de l'audience (10% des suffrages dans les entreprises au premier tour des élections professionnelles, 8% dans les branches et au niveau interprofessionnel). Le texte prévoit également qu'un accord ne pourrait pas être validé sans la signature d'un ou plusieurs syndicats représentants au moins 30% du personnel, ce qui constitue un premier pas vers l'accord majoritaire et enfin, des accords pourraient être conclus des élus non syndiqués.

Désormais, il faudra avoir des adhérents et une audience dans toutes les parties du monde du travail pour être considéré comme représentatif et pouvoir peser dans les accords. Terminé les syndicats composés principalement de fonctionnaires, de cheminots, de gaziers et autres travailleurs du service public, qui n’étaient plus que des lobbys du service public et du « toujours plus d’Etat » mais qui négociaient pour tous les salariés et leur imposaient une idéologie antilibérale et des relations conflictuelles avec le patronat bien à l’abri dans leur statut du fonctionnaire. (Depuis plus de quarante ans, les cinq larrons prospéraient alors qu’ils ne représentaient plus qu’eux-mêmes : en 2005, selon le ministère du Travail, le taux de syndicalisation était de 8,1 %, dont 5 % dans le secteur privé !)

C’est également la fin probable de l’émiettement syndical avec une probable concentration des centrales vu les critères d’audience assez élevés retenus. Cet émiettement avait quelque chose de malsain, avec une répartition fictive des rôles dans la grande comédie que sont les relations sociales en France : à la CFDT et à la CFTC de signer des accords et contenter la partie réformatrice des salariés, à la CGT de jouer l’opposition systématique dans une pseudo lutte des classes pour contenter les nostalgiques des temps anciens et canaliser les protestataires jusqu’auboutistes (même si ces dernières années, la CGT a été débordée par SUD), à FO d’être le point médian du système et enfin à la CGC de prendre en compte le point de vue des cadres. Un grand jeu de rôle pour que chacun y trouve son compte.

Les grandes manœuvres syndicales ont d’ailleurs commencé pour faire face à ce changement majeur qui favorise des syndicats forts. L’UNSA et la CGC envisagent de se marier purement et simplement, la CFTC et FO cherchent un moyen de continuer à exister en s’associant avec d’autres partenaires. Seules la CFDT et la CGT sont des organisations suffisamment puissantes pour rester autonomes même si elles auront un gros travail de clarification de leur positionnement à effectuer.

Les fondements du bouleversement du dialogue social avaient été posés avec la loi de janvier 2007 qui permet aux partenaires sociaux de déroger à la loi et d’éditer eux-mêmes la norme sociale. Encore faut-il que les syndicats soient représentatifs pour que les accords soient légitimes : ce sera chose faite lorsque ce texte entrera en application. Cet accord sur la représentativité syndicale est quand même symbolique : c’est la première fois que le pouvoir politique fait le choix de miser sur la responsabilité des partenaires sociaux pour faire avancer le pays et leur témoigne ainsi une véritable confiance. C’est également la première fois que le pouvoir politique accepte de s’affaiblir volontairement en permettant aux partenaires sociaux dès lors qu’ils sont représentatifs et majoritaires de déroger à la loi, qui était pourtant l’outil privilégié de tous les gouvernements, quel qu’ils soient. Le contrat plutôt que la loi, un pari plus qu’osé et assez paradoxal de la part d’un Président qui est accusé de mettre l’Etat et le pays à sa botte, de tuer tout débat démocratique.

Avec cette réforme, on peut espérer d’autres réformes bien plus importantes et surtout bien plus « utiles » au redressement de notre pays. A commencer par celle de la fonction publique dont le livre blanc a été rendu ces jours-ci. Maintenant que l’UNSA, alliée à la CGC, sera représentative, le gouvernement aura plus d’un partenaire (la CFDT historiquement) pour proposer et négocier une réforme d’envergure. En attendant que d’autres réformes viennent mais surtout que des accords dérogeant à la loi (celle des 35 heures en priorité mais pas seulement) soient signés pour redonner du dynamisme à notre pays.

Ce processus de responsabilisation des syndicats et par là-même de tous les salariés pourrait être le début du renouveau tant la responsabilisation peut être porteuse de progrès social et économique. Le processus sera complètement terminé et réussi lorsque l’Etat pourra se désengager des organismes paritaires et même de la Sécurité Sociale (après avoir transféré au budget de l’Etat les politiques qui ont rien à faire dans le budget de la Sécurité Sociale c’est-à-dire toutes les politiques de solidarité comme la branche famille, la CMU, les maladies lourdes…). La Sécurité Sociale redeviendrait alors ce qu’elle n’aurait jamais du cesser d’être : un contrat d’assurance pour les salariés financés et gérés par les parties prenantes, les salariés et les employeurs. Et non pas un outil budgétaire permettant au gouvernement d’être généreux avec l’argent des entreprises et des travailleurs tout en épargnant le budget de l’Etat de cette générosité. Les syndicats (réformés et réformistes) et le patronat (réformé également) géreraient alors cette assurance comme ils l’entendent dans le meilleur intérêt de chacun et qui sait dans 2ème temps, la concurrence pourrait aussi être introduite dans ce secteur avec la liberté de chacun de s’assurer où il le voudrait. Vision quelque peu idéaliste, j’en conviens, mais qui marche dans les pays qui l’ont mise en place et nous permettrait de sortir du fameux « trou » de la Sécu…

Cette réforme de la représentativité syndicale est une grande victoire pour le Président et pour tous ceux qui veulent réformer ce pays. Au grand dam des socialistes qui ne peuvent pas s’opposer à de telles réformes et qui regrettent que ce soit un Président de droite (surtout après qu’ils aient tant décrié comme un nouveau despote) qui fasse plus pour les syndicats, le dialogue social et le recul de l’intervention de la loi à tout bout de champ, qu’eux-mêmes. Mais également au grand dam de la droite car ces réformes sont risquées et ne porteront leurs fruits que sur les prochaines années (ce n’est d’ailleurs probablement pas la droite qui en tirera bénéfice, ni même le Président) et les courbes des sondages ne vont pas remonter pour autant, tout de suite. Mais bon, c’est le prix à payer pour être un véritable réformateur. C’est la remise en route d’une vieille machine rouillée, comme si on essayait de faire prendre de la vitesse à un paquebot immobilisé pendant des années ; cela demande un peu de temps.

29.11.2007

Pour une véritable loi « travailler plus pour gagner plus »

43f634b0cdc4745128cbcec8dde2953c.gifLe constat est simple : le volet des heures supplémentaires dans la loi TEPA est un échec. Un échec car la complexité du système créé est un frein à l’utilisation des heures supplémentaires. La bureaucratie française n’a rien trouvé de plus intelligent que de pondre une circulaire de 26 pages pour mettre en musique la promesse de campagne la plus emblématique du candidat Sarkozy.

Une vraie question à se poser est de savoir si ce sabordage est intentionnel de la part de l’administration ou si les fonctionnaires sont simplement totalement déconnectés de la réalité. Dans les deux cas, il faudrait se pencher rapidement sur une réforme de ce coté-ci aussi. Cela devrait même être une priorité de tout gouvernement : veiller à stopper la sur-administration, la sur-législation, la profusion des réglementations et circulaires incompréhensibles qui font peser des contraintes et des coûts inutiles sur les citoyens et les entreprises bridant la croissance. Certains parlementaires y sont sensibilisés.

Mais en disant cela, on n’a toujours pas résolu notre problème de pouvoir d’achat même si une certaine compétitivité sera retrouvée par notre économie. Et le candidat Sarkozy a créé une véritable attente sur le pouvoir d’achat en voulant être le « président du pouvoir d’achat ». Cette préoccupation est devenue la n°1 pour les français et touche presque toutes les catégories sociales : ouvriers, employés, cadres du privé comme du public.

Alors, pour améliorer ce pouvoir d’achat, tout le monde a sa petite idée. Les socialistes ont soumis 10 propositions qui si elles étaient appliquées, ne résoudraient rien ou creuseraient le déficit ou encore créeraient des effets pervers pires que le mal combattu. Des idées de nos socialistes en somme…
Mais du côté du gouvernement et de la majorité, cela phosphore aussi. Tiraillé entre un volontarisme économique proche de ce qu’auraient fait les socialistes et l'orthodoxie budgétaire, la situation budgétaire de l’Etat ne permettant pas de « distribuer de l’argent » comme le dit notre premier ministre, le Président est à la recherche de la pierre philosophale, qui bien entendu n’existe pas.

Une idée principale est dans l’air du temps. La droite et la gauche sont d’accord dessus. Il s’agit de conditionner les exonérations de charges et les subventions compensatrices des 35 heures versées aux entreprises à l’ouverture et à l’aboutissement de négociations salariales dans les entreprises.
Il faut ici corriger une idée qui s’annonce très douteuse par sa démagogie : les entreprises ne touchent pas l’argent de l’Etat sans contreparties.
Les exonérations de charges valables sur les petits salaires (1 à 1,6 SMIC) permettent de compenser un coût du travail rédhibitoire à cause de charges sociales (qui financent l’Etat-providence) bien trop lourdes. Sans cette mesure, combien de personnes non qualifiées de plus seraient au chômage ?
Pour les subventions compensatrices des 35 heures (qui coûtent 25 milliards d’euros par an à l’État), la réponse est déjà dans l’énoncé : elles sont la condition du passage aux 35 heures. Laissons les chefs d’entreprise choisir entre les subventions et l’ancienne loi sur le temps de travail, d’avant Attila le Hun Martine Aubry, et nous verrons que l’Etat économisera rapidement 35 milliards d’euros et les salariés verront leur pouvoir d’achat augmenter de presque 11,5% (4 heures de plus sur 35 heures actuelles).

La véritable solution est de faire une véritable loi « travailler plus pour gagner plus », indépendante de la loi TEPA et venant supprimer son volet sur les heures supplémentaires pour le réécrire de manière efficace.
Dans cette nouvelle loi, la liberté devra être laissé aux entreprises de négocier des accords d’entreprises pour repasser aux 39 heures avec augmentation de salaire équivalente et fin des subventions de l’Etat.
Il devra aussi y figurer un volet libérant les quotas d’heures supplémentaires pour rétablir la liberté de travailler dans ce pays.
7696b2529b5b26a2d54d37dfbdc23af9.jpg Mais aussi, un système de défiscalisation reprenant le véritable discours de campagne du candidat Sarkozy et non pas ce qu’en ont fait le lobby syndico-administratif : lorsqu’on a cotisé pour 35 heures on a payé sa part à la société, donc pas de cotisations patronales, salariales, pas d’impôt sur le revenu sur ces heures supplémentaires mais aussi pas de protection sociale ni de droits attachés aux heures normales pour ces heures supplémentaires.
Et puis, cette mesure doit aussi s’étendre pour permettre de revendre les jours de RTT ou les jours de congés pour ceux qui sont au forfait jour et ceux qui ne souhaitent pas prendre leur congés ou RTT.
Cette mesure serait forte politiquement, profitable pour le pouvoir d’achat des salariés et très bonne pour le budget de l’Etat et de la Sécurité Sociale. Que des avantages, un peu de courage est nécessaire…

15.11.2007

Le double jeu de Bruno Julliard

18f1c46425031dfc8bac4be90e9bc981.jpgOn connaissait l’opposition frontale de la Coordination Etudiante. Pour son porte-parole, Kamel Tafer, l’abrogation de la loi est un « préalable » à toute négociation. On connaît aussi la position des comités de lutte des étudiants proches de l’extrême-gauche et très politisés. Ce qui nous intéresse là est le double jeu que mène le président de l’UNEF.

Double jeu car il a négocié cette réforme en juin avec le gouvernement. Le gouvernement avait fait 3 concessions (la sélection en master, la composition des conseils d'administration et l'autonomie à la carte) simplement pour que l’UNEF accepte cette réforme. D’ailleurs, à l’époque Bruno Julliard ne cachait pas sa satisfaction, « nous sauvons l'essentiel » déclarait-il à la sortie de la réunion. C’était l’été dernier, une période où il est très dur de mobiliser les étudiants.

En novembre, la situation a bien changé. Les étudiants sont mobilisés malgré une position quasiment antigrève de l’UNEF depuis le début. B.Julliard ne croyait pas que la contestation allait prendre. Mais elle a pris. Il ne tient pas ses troupes qui veulent, pour partie, incarner l'opposition au Président Sarkozy. La possibilité de passer à côté d'un grand mouvement étudiant comme celui du CPE est inimaginable pour lui. C'est le mouvement anti-CPE qui l’a fait émerger. Et maintenant, il rêve d’un nouveau mouvement d’ampleur qui lui permettra de se jeter dans le grand bain de la politique chez l’organisme de tutelle de l’UNEF, le PS.

Alors, B.Julliard appelle désormais à amplifier le mouvement et retourne sa veste en disant que c’est le gouvernement qui n’a pas tenu ses engagements en matière sociale et qu'en conséquence, il est maintenant contre le contenu de la loi LRU. Bel exemple de double jeu politicien...Il a passé avec succès l'examen d'entrée au bureau national du PS.

Les cours ont repris à Rennes

Aujourd’hui, les cours ont repris à l’Université de Rennes après que la police ait évacué, la nuit dernière, des dizaines d’étudiants qui occupaient l’Université. Comme quoi, un bon vote à bulletin secret peut être le début du retour vers les bancs de l’école…

03.11.2007

Air France : pourquoi J-C. Spinetta va devoir capituler en rase campagne…

14cdb00600a55a706d75be6a9c985ed9.jpg La semaine dernière, la grève des PNC* chez Air France a perturbé le trafic aérien : 85% de grévistes, 150 vols annulés par jour, des milliers de voyageurs bloqués et un coût de 60 millions pour Air France. Cette grève, l’une des plus dures depuis 10 ans chez Air France trouve ses fondements dans l’histoire de l’entreprise. Elle met J-C. Spinetta, le président, au pied du mur car il n’a pas su comprendre la situation ni les forces historiques en œuvre.

 

    Depuis la privatisation partielle en 1999, la direction a toujours négocié avec les syndicats de pilotes. Ayant démontré leur pouvoir, les pilotes ont obtenu de nombreuses concessions, non seulement du gouvernement au moment de la privatisation mais aussi de la direction pour maintenir la paix sociale. En revanche, rien n’a été accordé aux PNC, personnel remplaçable s’il en est. 

Puis le 11 septembre a créé un véritable choc dans le secteur. Les employés d’Air France ont fait front avec la direction, pour la survie même de l’entreprise, dans ce contexte de crise. Les revendications ont été mises en sommeil. Est ensuite venu le temps de la fusion avec KLM, et là encore, les PNC se sont soudés derrière la direction et ont accepté de mettre un voile sur les revendications pour réussir cette fusion. C’est-à-dire que depuis 1999, les PNC n’ont pas vu d’avancements significatifs dans leurs revendications : salaires bien sûr mais aussi organisation et conditions de travail, ces dernières n’étant pas les moins importantes, vu les rythmes de travail des PNC.

Mais maintenant que la privatisation est effective, que la crise du 11 septembre est terminée, que la fusion porte ses fruits et qu’Air France réalise un joli profit, les PNC veulent, eux aussi, en recevoir la juste rétribution. Après 9 années passées à se serrer la ceinture tandis que les pilotes bénéficiaient de l’intéressement et avaient pu acheter des actions du groupe Air France-KLM, les PNC commencent à trouver le temps long à attendre que leur contribution à la traversée des ces épreuves soit enfin reconnue et revalorisée. Voilà le contexte de cette grève. 5 jours qui ont surpris tout le monde : patron, gouvernement, observateurs qui étaient tous habitués à une entreprise au climat social apaisé.

 

    La grève a surtout surpris par sa discipline : 85% de grévistes chez les PNC et cinq jours de grève. Les syndicats décident de la reprise du travail et hop, les 85% de grévistes y retournent sans dire un mot et le trafic reprend normalement. Pas de fissure dans l’unité syndicale, sauf la CGT, qui tente de récupérer le mouvement en affrontement avec le gouvernement et que du coup l’intersyndicale a exclu.

Les syndicats ont ainsi démontré leur discipline, leur pouvoir sur la bonne marche de l’entreprise, la justesse et la mesure de leurs revendications. A être retournés au travail et à la table des négociations, les syndicats montrent qu’ils ne sont pas jusqu’au-boutistes et qu’un accord est leur seul intérêt.

Le patron d’Air France et surtout les administrateurs de l’Etat qui siègent au conseil d’administration ne vont pas tenter le diable en refusant un accord juste et mérité ; surtout dans cette période où, le gouvernement fait face à une montée de grogne sociale dans le pays. J-C. Spinetta va devoir céder sur presque toute la ligne et trouver l’accord le moins mauvais pour lui.

De toute manière, il ne pourra pas résister économiquement à un futur mouvement de grève plus long et plus dur sur la période des vacances de Noël, par exemple. Soit il signe cet accord, soit il sera débarqué par son conseil d’administration. Maintenant, le tout est de ne pas perdre la face. Faisons confiance à l’intersyndicale qui semble savoir ce qu’elle fait, pour lui laisser son honneur.

*PNC :Personnel Non Commercial : maj : Personnel Navigant Commercial (merci un-stewart)

28.10.2007

Faut-il renforcer, dès l’école primaire, l’enseignement de l’anglais ?

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Oui, évidemment puisque c’est une nécessité de parler cette langue et que la précocité d’un enseignement en favorise l’acquisition. Mais ce n’est pas gagné ; du moins, pour l’ensemble des élèves. Les explications en sont , fournies par un enseignant qui sait de quoi il parle, pour le vivre au quotidien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08.09.2007

Y’a du boulot

ea8deba417ccdc99aeaa31e5eef80fe9.jpgA Blois, mardi, le Président de la République a lu une lettre aux éducateurs : on mesure en quelques chiffres, la distance qui sépare les idées, somme toute de bon sens, des faits.

« Nul ne doit entrer en 6ème s’il n’a pas fait la preuve qu’il était capable de suivre l’enseignement du collège. » À l'entrée en sixième, 40 % des élèves « ignorent les connaissances de base »et à la fin de la troisième, 160 000 jeunes quittent le système, sans maîtriser le moindre savoir.

« Nul ne doit entrer en seconde s’il n’a pas fait la preuve qu’il était capable de suivre l’enseignement du lycée et le baccalauréat doit prouver la capacité à suivre un enseignement supérieur ». Le taux de réussite au bac est de 83% mais à l'issue de la première année d'université, 50 % des étudiants sont en échec.

Alors ? Serions-nous enfin prêts à faire changer les choses ?

 

 


28.07.2007

Les droits de l'homme en danger à l'Université

Dans la suite des organisations qui ne s'occupent pas de leur sujet, voilà désormais la Ligue des Droits de L'Homme. La LDH a participé à une conférence unitaire avec d'autres organisations pour demander le retrait de la réforme sur l'autonomie des universités.

Pour justifier cette position Danièle Lochak, vice-présidente de la LDH a ainsi affirmé "Nous sommes dans une logique globale de démantèlement du service public". Démantèlement du service public ? Les services publics auraient donc un rapport avec les droits de l'homme. Logique globale de qui ? Du gouvernement ? La LDH serait donc un nouveau parti politique qui aurait choisi son camp : de gauche et opposée au gouvernement bien-entendu car la défense des droits de l'homme ne peut se faire qu'à gauche. Nous rappelons ici que la droite a combattu et combat pour les droits de l'homme autant que la gauche (en témoigne la libération des infirmières bulgares).

Nous savions que la LDH ne s'occupe pas de défendre les droits de l'homme mais plutôt une certaine conception des droits de l'homme, conception qui la rapproche des partis d'extrême-gauche. Elle prend souvent position dans les conflits sociaux en défendant des positions syndicales proches de la CGT avec son véritable ennemi en ligne de mire, la droite et le patronat.

Il y en a tout simplement assez de ces organisations qui s'écartent de leur but officiel pour venir militer sur le terrain idéologique. Elles perdent tout simplement leur raison d'exister. Juste pour vérifier, regardez sur le site internet de la LDH sa réaction à la libération des infirmières bulgares…Rien, regrettable…

27.06.2007

Le syndicalisme français en marche vers le futur ?

535a98061ffe6a7ccf0b2e86f3762e61.jpgCette semaine s'ouvre le 21ème congrès du syndicat Force Ouvrière à Lille. Jean-Claude Mailly, son actuel secrétaire général devrait être réélu sans trop de difficultés (il est le seul candidat en lice). Le véritable enjeu de ce congrès de FO est la clarification de la ligne de syndicale : réformiste, négociateur, ou contestataire et appelant à la "grève générale" comme en 2003 contre la réforme des retraites.

 FO est la 3ème centrale syndicale française avec entre 300 000 à 1 million d'adhérents selon différentes sources. Partenaire privilégié des gouvernements avant 1980, FO était aussi à la base du paritarisme en présidant l'Assurance-chômage ou l'Assurance-maladie. Jean-Claude Mailly, qui a succédé en février 2004 à Marc Blondel, semble vouloir renouer avec cette ligne traditionnelle plutôt que de poursuivre l'œuvre de contestation permanente de son prédécesseur au côté de la CGT. Mais FO est parcouru par différents puissants courants : révolutionnaires, anarchistes, trotskistes, communistes, socialistes de la vieille SFIO, franc-maçons, gaullistes, sarkozystes, chiraquiens… et accueille aussi bien des militants de l'UMP que du PS. Les 2500 délégués ont la lourde tâche de dégager une ligne claire pour la centrale syndicale qui devrait conditionner son positionnement pour les 3 prochaines années et sûrement pour bien plus.

Ce congrès est regardé avec attention par l'ensemble des acteurs syndicaux, gouvernementaux et politiques. Regardé avec attention car il pourrait déterminer vers quel camp le syndicalisme français penchera à l'avenir : le pôle réformiste emmené par la CFDT ou le pôle contestataire de la CGT. Regardé aussi avec attention car le syndicalisme français est à un tournant depuis la loi de modernisation du dialogue social. Les partenaires sociaux ont désormais un véritable pouvoir de négociation avec le patronat en dehors du contrôle de l'Etat. Reste à savoir ce qu'il sera fait de ce nouveau pouvoir. Regardé encore avec attention en prévision de la réforme de la représentativité syndicale dont les négociations devraient bientôt débuter.

 Si FO venait à choisir d'entrer dans un pôle réformiste au côté de la CFDT et de la CGC alors de véritables négociations pourraient commencer et de véritables accords être trouvés. Le dialogue social serait grandement amélioré pour se rapprocher de ce qui se passe dans les autres démocraties européennes.

En revanche, si la ligne contestataire devait être retenue, les relations sociales s'en trouveraient tendues. Le pôle contestataire emmené par la CGT se trouverait grandement renforcé et la possibilité de négocier des accords en serait diminuée d'autant. Ce serait alors face à une rue hostile que le gouvernement devrait tenter de faire passer ses réformes.

Et enfin, le congrès pourrait ne pas dégager de ligne précise. FO continuerait alors comme depuis 2004 de souffler le chaud et le froid. La situation du syndicalisme français perdurera, tiraillé entre le pôle contestataire de la CGT et le pôle réformiste de la CFDT. Le jeu de dupes qui dure depuis 25 ans se poursuivra entre fausses négociations, grèves à répétition, tentatives de passage en force, demi-réformes et reculades. Un seul vainqueur dans ce cas, le conservatisme.  

En 2007, le peuple français a choisi un nouveau Président. Il a été élu sur un mandat réformateur. Il a reçu une nette majorité à l'Assemblée Nationale pour appliquer ce programme. Le syndicalisme a la possibilité de prendre un véritable tournant en accompagnant ce mandat réformateur et de clore une parenthèse de 25 ans d'opposition aux réformes, de conservatisme, de défense des avantages acquis au détriment de l'efficacité et du bien-être de l'ensemble des travailleurs. Il serait incompréhensible que FO fasse le choix du syndicalisme du passé contre la possibilité d'être de retour dans le jeu des réformes, des propositions, des négociations et des compromis.  

13.04.2007

Psychodrame à la maternelle

    La semaine dernière, on a vu des enfants de maternelle et de primaire au régime du pain sec et de l'eau suite au non paiement de la cantine par leurs parents. « Les repas devant être payés pour un mois au début du mois, mais peut-on vraiment parler de retard le 2 avril ? », a protesté Magalie Diez, une des parents d'élève. « On a regroupé les enfants concernés et on leur a dit qu'il fallait gronder leurs parents. C'est un procédé ignoble. On doit s'en prendre aux parents, pas aux enfants », ajoute-t-elle. Tout de suite, les associations de parents d'élèves se sont élevées contre « une gestion purement administrative des enfants qui a été choisie. » Vite relayée par S.Royal qui s'est emparé de l'affaire pour dénoncer « l'exclusion honteuse » de ces enfants. « Il est impensable qu'aujourd'hui de très jeunes enfants soient pris en otages et soient traités de cette façon traumatisante pour eux.» « Les enfants, souligne-t-elle,ne doivent jamais être les victimes d'une situation dont ils ne sont pas responsables. » On attend avec impatience la mise en place d'une cellule psychologique pour aider ses enfants à surmonter cette terrible épreuve…

    Bien sûr que ces enfants ont dû avoir faim ce soir-là et que la méthode employée était trop radicale. Mais aller accuser le maire et dénoncer une exclusion est peut-être aller un peu trop loin dans la revendication, la recherche de la polémique et la déresponsabilisation des individus. Car il est permis de rappeler ici que les enfants ne sont pas responsables de leurs parents mais que les parents sont encore responsables de leurs enfants

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