16.07.2009
Le parti socialiste, tu l’aimes ou te le quittes
Ce slogan ne vous rappelle rien ? Bien entendu que oui et pourtant, non…vous vous bouchez déjà le nez si vous êtes bien-pensant…Et pourtant, c’est exactement ce que le PS est en train de dire à un de ses membres. Martine Aubry a écrit à Manuel Valls (qui lui a d’ailleurs déjà répondu tout aussi sèchement, ce qui promet des moments intéressants dans le futur) pour lui demander clairement de rentrer dans le rang et donc de se taire ou de partir. Mais au-delà de l’aspect tactique et artificiel de cette mise en garde, il est très intéressant d’analyser le discours des responsables socialistes sur un sujet qui est celui du vivre-ensemble, du sentiment d’appartenance et plus généralement du respect du à l’organisation à laquelle on appartient. Et pour cela, j’ai pris le recopiage de la dépêche AFP l’article paru dans Libération et remplacé quelques mots par d’autres ; cela éclaire le décalage entre le discours que le PS tient en interne mais qu’il n’est pas capable d’imaginer tenir pour la France…Extrait.
«Tu donnes l’impression d’attendre, voire d’espérer la fin du Parti socialiste de la France. [...] S’il s’agit pour toi de tirer la sonnette d’alarme par rapport à un parti pays auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics, et apporter, en notre sein, tes idées et ton engagement. Mais si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences, et quitter le PS la France, a averti Aubry. [...] On n’appartient pas à un parti pays pour s’en servir, mais pour le servir.»
«Il n’y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n’expliques aux médias que notre un parti pays est en crise profonde, qu’il va disparaître et qu’il ne mérite pas de se redresser. Paradoxalement, tu t’appuies sur nos règles collectives lois pour appeler à l’insurrection militante»,
Un beau discours que Sarkozy n’aurait pas renié dans son discours sur « Identité Nationale » de la campagne présidentielle…Mais cela ne s’arrête pas à la lettre d’Aubry à Valls. Si on écoute les réactions des dirigeants socialistes, c’est encore plus frappant…
L’ex-Premier ministre Laurent Fabius s’est, de son côté, félicité de cette mise au point: «C’est pas mal qu’on rappelle les uns et les autres au besoin d’unité. Il faut quand même qu’il y ait un pilote dans l’avion, a-t-il jugé sur RMC Info/BFM TV. Au Parti socialiste En France, il y a toujours eu une grande liberté. Mais il y a des limites à ne pas franchir.»
Quant à Harlem Désir, il a affirmé que «Martine Aubry Le président a dit tout haut ce que pensent de nombreux militants français». L’eurodéputé, chargé de la coordination au PS, en appelant lui aussi, dans une déclaration à l’AFP, au «besoin d’un rappel aux règles collectives lois dans un parti pays où certains donnent l’impression de vouloir jouer en permanence contre leur propre camp».
«Enfin!», s’est, quant à lui, exclamé Claude Bartolone, sur France Inter. «Il était important que Martine Aubry le président, après avoir remis le parti pays au travail, après avoir rassemblé à nouveau les socialistes français, y compris les amis de Ségolène Royal une partie de l’opposition, dans la direction, dise: "le parti pays, ce n’est pas une auberge espagnole"».
Ce petit exercice, au-delà du regard décalé porté sur cette affaire médiatico-burlesque (sérieusement, je ne pense pas que les militants socialistes aient quelque chose à faire des guéguerres de personnes mais bon, je ne suis pas militant socialiste…), montre une chose et une seule : le PS ne réfléchit plus au bon niveau. Depuis trop d’années, le niveau de pensée des socialistes est limité au PS, à ses soutiens et au mieux à l’ensemble de la gauche…
Et c’est peut-être ce qui explique pourquoi les socialistes ne gagnent plus d’élections nationales mais seulement des élections locales. Les socialistes ne savent plus parler aux français comme un ensemble, comme un tout, comme une Nation…Ils savent très bien parler aux parisiens, aux lyonnais, aux aquitains, aux poitevins mais plus à l’ensemble des français. Le PS en tant que parti à destin national est mort et a laissé la place à un syndicat d’élus représentants les baronnies et les féodalités reconstituées. Une nouvelle SFIO, en clair et cela semble en satisfaire un certain nombre.
Le jour où le PS sera capable de tenir ce genre de discours sur sujet national alors le PS retrouvera peut-être un avenir et un destin nationaux. Le jour où le PS aura le même sentiment d’appartenance, manifestera la même volonté de faire respecter la maison commune et usera de la même fermeté vis-à-vis de ceux qui tirent dans le mauvais sens quand il s’agit de la France et du modèle français (dans tous les domaines du modèle d’ailleurs), alors les socialistes seront presque prêts à parler aux Français, à leur tenir un discours de bon sens qui pourra leur apporter de nombreuses voix surtout dans les couches populaires…En attendant, on se contentera de rigoler devant la lepénisation de la nouvelle direction du PS qui dit en substance à l’un des siens, le PS , tu l’aimes ou te le quittes…
23:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ps, aubry, valls, fabius, desir
15.06.2009
Ce qui est danger, ce n'est pas le climat, c'est notre liberté! [1]
La diffusion deux jours avant le scrutin du film Home dont Y.Arthus Bertrand dit lui-même que c’est un film de propagande, suivi d’un débat au cours duquel il dit qu’il vote Ecologie depuis toujours, ne fait pas illusion. Certes, sa programmation, le 5 juin, était prévue depuis plus de 2 ans ; mais on savait aussi depuis plus de 2 ans que les élections européennes se tiendraient en 2009 et comme elles ont toujours eu lieu dans la 1ere quinzaine de juin [2]…D’ailleurs, à l’issu du scrutin et à la polémique sur la diffusion, Y.Arthus Bertrand a dit que ce documentaire n’avait pas changé le résultat du vote mais l’avait amélioré. Au moins ça a le mérite d’être clair, la propagande c’est comme le reste ; tant que ça suit la ligne officielle ce n’est pas vraiment de la propagande, par contre dès que ça s’en écarte alors c’est une honte et une attente aux libertés publiques…Il n’est pas si loin le temps où la gauche s’outrait et accusait TF1 d’avoir monté la sauce sur l’insécurité avant la présidentielle de 2002, notamment avec l’histoire du retraité attaqué la semaine avant le premier tour.
Donc Cohn-Bendit a fait un bon score (16% des exprimés soit 6,3% du corps électoral !), tout le monde devient désormais écolo et blablabla…L’ouverture doit se faire désormais vers l’Ecologie et non plus les dinosaures du PS, le PS cherche la solution à ses malheurs dans de futures alliances avec les Verts, certains au Modem appellent à verdir le programme pour survivre…Et pourtant les Européens-Ecolo n’ont pas fait un score extraordinaire, pas meilleur que celui F.Bayrou à la présidentielle, pas davantage que J-M.Le Pen à celle d’avant, ni que l’ensemble de la droite souverainiste en 1999 ou en 1994 ou encore en 2004. Et pourtant les majorités ne sont pas ouvertes à ces courants…
En fait, Europe-Ecologie n’est rien d’autre que l’apparition d’une troisième gauche, c’est-à-dire d’un troisième mirage qui porte des espérances sans qu’elles ne soient fondés ni réalisables ni n’apportent ce qu’elles promettent. L’écologie doit sauver la planète, encore faudrait-il que la planète soit en danger et dans l’affirmative que les actions proposées soient adéquates et mises en œuvre partout ; la croissance verte devrait (on peut même dire devait car ça fait 10 ans qu’on entend le même discours) créer des millions d’emploi, rien vu encore pour l’instant ; les énergies renouvelables devraient nous couper de notre dépendance au pétrole, les agrocarburants sont désormais vus comme une menace pour l’agriculture vivrière sans avoir un réel effet sur la consommation de carburant et les éoliennes pour le moment brassent surtout des subventions. Et je ne parle même pas de l’Europe qui est l’autre partie de l’argumentaire. L’Europe devait résoudre tous les problèmes, faire de nos vieux pays un continent uni, solidaire, pensant sur le destin du monde…au lieu de ça, on a une Europe mollasse qui n’impose rien au monde si ce n’est aux peuples européens des décisions prises par des technocrates, qu’ils rejettent d’ailleurs avec une belle constance en votant régulièrement avec leurs pieds. L’Europe devait résoudre tous nos problèmes, elle les a plutôt accrus et nous a dépossédés du pouvoir de les résoudre.
Et même j’irai plus loin sur la véritable nature du courant « Ecologique » : Europe-Ecologie n’est que le recyclage des vieux gauchistes embourgeoisés qui se servent de l’Europe et de l’Ecologie pour atteindre leur objectif de toujours. Le discours est limpide si l’on veut bien se donner la peine de le décrypter : l’Ecologie est l’alibi anti-société libérale et l’Europe est l’alibi anti-Nation.
Là où ils sont très forts c’est que l’Europe et l’Ecologie sont les deux idées faussement révolutionnaires les plus politiquement correctes portées par la dictature médiatique. Essayez un peu d’être anti-européen (les nonistes se rappellent du TCE) ou pire d’être anti-écolo (C. Allègre peut surement témoigner, lui qui a été qualifié de « négationniste » du réchauffement climatique). Après avoir épuisé tous les thèmes possibles et imaginables tels que l’autorité (forcement malsaine), la police (forcément pourrie), la Nation (qui crée des guerres et fait de nous de la chair à canon), l’immigration (qui est forcement une chance surtout si elle vient d’Afrique qui on le sait est notre avenir), l’assimilation (qui est un crime contre la diversité culturelle et un acte quasi fasciste demandé aux nouveaux arrivants), la diversité (dont la société n’est pas assez représentative à cause des français qui ne veulent pas s’y ouvrir), la sécurité (le sentiment d’insécurité qui est une invention de la droite et de J-P.Pernault), le social (qui est obligatoire car les inégalités s’accroissent à cause de la méchante société capitaliste et libérale), ils ont enfin trouvé leurs deux marottes sur lesquelles la réalité ne viendra pas les contrarier pendant un certain temps comme cela a été le cas sur tous les autres thèmes…
Une nouvelle dictature bien-pensante est mise en place, la religion du vert ; notre monde actuel nous conduit à la catastrophe et il faut en changer radicalement… Elle est associée à l’autre religion de nos élites, l’Europe qui serait le sens de l’Histoire… Il faut réguler le marché, taxer les consommateurs, imposer par la fiscalité (ou les subventions, ce qui revient au même) les énergies renouvelables, sortir du nucléaire et diminuer notre consommation d’énergie, bref instaurer la police verte. Ce n’est qu’une inversion rhétorique pour justifier ce que le communisme avait tenté de faire et de justifier, mettre à bas la société dans laquelle nous vivons.
Sous couvert de sauver la planète, ils prônent un changement de société ; il s’agit de faire une révolution verte qui d’ailleurs, ils le disent eux-mêmes, n’est pas compatible avec la société capitaliste, qui pollue et exploite notre terre. Comme quoi les objectifs n’ont pas changé depuis l’époque…Pareil au niveau de la Nation et de l’autorité, ils en appellent à l’Europe mais au niveau européen ne sont pas capables et ne veulent pas imposer des règles et les faire appliquer ; dans le processus l’autorité de la Nation est affaibli mais n’est pas remplacé par celui de l’Europe…ou comment mettre à bas les structures du monde ancien en faisant sembler d’en bâtir un nouveau…
La révolution n’a pas marché ? Ils proposent la révolution en chaussons parfaitement adaptée aux populations vieillissantes de l’Europe dont ils sont les porte-parole. Leur slogan ? Les 4 P : Prévoyance, Protection sociale, Précaution écologique et Prévention des risques, voila qui devrait, espérance de vie allongée aidant, leur assurer des voix durables [3]. D’autant que ces idées font alliance avec celles de nos jeunes révolutionnaires boboïsants auxquels la culpabilité et l’anticapitalisme ont été enseignés dès le plus jeune âge.
A l’époque de Mai 68, ils voulaient faire la révolution pour mettre à bas notre société et en construire une meilleure avec un Homme nouveau. Mais vu que les hommes ne les ont pas suivis, ils ont bien compris que le problème était les hommes. Alors il faut changer les hommes et non plus l’Homme…Avec la décroissance économique qui mènera obligatoirement à la décroissance de la population et la libre circulation des hommes qui remplacera les hommes actuels par des nouveaux, en espérant que ces nouveaux seront plus favorables à leur dessein. La rhétorique a changé mais les objectifs restent les mêmes, alors aujourd’hui pas plus qu’en mai 68, le refus de voir mourir ce pays et ce continent doit nous faire prendre position contre le mouvement Europe-Ecologie et la propagation de leurs propositions…Un superbe programme non ?
[1] Vaclav Klaus
[2] 7/06/1979, 17/06 /1984, 15/06/1989, 12/06/1994, 13/06/1999, 13/06/2004 et oh surprise ! 7/06/2009 !
[3] La nouvelle Europe qui naîtra de la crise sera une Europe transformée. Elle reposera sur la protection sociale, la précaution écologique, la prévention des risques, la décroissance de l'empreinte écologique et des flux de matière et d'énergie, et s'opposera frontalement à la concurrence sauvage, à la précarité et à la prédation. Prévoyance, protection, précaution et prévention ne s'opposent pas à l'innovation et au progrès humain. Elles en sont même la condition. extrait de Programme Europe Ecologie
05:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : verts, europe, ecologie, élections, gauche, mai 68, révolution verte, gauchistes
02.06.2009
Pourquoi nous voterons antieuropéen à ces élections européennes
Alors que nous sommes à une semaine des élections européennes, notre choix est fait : cette fois nous voterons contre la construction européenne actuelle. Et donc, contre les 4 grandes listes en tête des sondages (UMP, PS, Modem et Europe-Ecologie). En 2005, nous n’avions pas osé franchir le Rubicon sur le traité constitutionnel pour les raisons principales qu’il n’y avait pas de plan B et qu’il fallait laisser sa chance à une nouvelle étape de la construction européenne qui devait permettre une réelle harmonisation européenne. Cependant, l’évolution depuis 2005 de la situation politique, économique, monétaire et sociétale de l’Europe fait désormais largement pencher la balance dans le sens d’un vote contre l’Europe telle qu’elle se construit aujourd’hui (aussi bien contre les politiques communautaires que contre les politiques intergouvernementales).
La construction européenne a été prévue au départ comme un processus technique alors qu’en fait depuis Maastricht, elle prend des décisions politiques sans en avoir la légitimité démocratique et que ses pays membres n’ont pas tous la même conception de la finalité cette union. Le débat sur la finalité de cette Union continue d’être escamoté comme l’a montré la campagne pour la constitution où nous avons débattu des institutions de l’Europe sans s’être auparavant d’accord sur qu’est-ce que l’Europe et surtout une Europe pour quoi faire. Cela explique en grande partie le rejet de la constitution européenne…sans parler du comportement des élites ouiouistes qui ont aidé à faire pencher la balance dans le camp du non à l’époque par leurs arguments et leurs attitudes envers les nonistes ou les indécis.
Mais ce débat sur la finalité de l’Union doit avoir lieu puisque dans les domaines de politique étrangère et de défense certains membres ont pu bénéficier d’exemptions à leur entrée (Suède, Royaume-Uni, Danemark). Cela continue avec l’élargissement puisque l’attelage sans projet politique est passé de 12 à voici 27 pays et qu’officiellement les pays qui sont sur liste d’attente, intégreront ou non en fonction de critères variés (accord de la Russie pour ses anciens satellites, progrès contre la corruption pour les pays d’Europe centrale..) dont très peu dépendent réellement du projet européen. Le débat sur quelle Europe voulons nous, un projet de zone de libre-échange sans limite géographique ou celui d’une union plus ou moins poussée/plus ou moins intégrée d’Etats-nations clairement définie, doit avoir lieu maintenant puisque après plus de 50 années de tentatives d’union, force est de constater que les divergences entre les pays européens augmentent plus qu’elles ne se réduisent.
Au niveau des politiques économiques tout d’abord. Les différentes politiques économies sont loin, très loin de s’harmoniser, il suffit de voir les réactions dès que le sujet de l’harmonisation fiscale est sur la table. Pire encore, les politiques économiques des différents pays européens ne visent pas à rendre l’Europe plus forte mais à tirer profit de l’Europe pour rendre son pays plus fort au détriment des autres pays européens. Les comportements de passager clandestin sont ultrarépandus, la concurrence fiscale et sociale interne à l’Europe bat son plein, un grand prédateur (l’Allemagne) qui n’améliore ces positions qu’en plumant ces voisins (France, Italie, Belgique, Pays-Bas…) et, ceux qui sont liés par l’euro constatent que la politique européenne la plus aboutie mine leurs perspectives. Le comble de l’histoire est que l’harmonisation des politiques économiques est la base de la construction européenne qui devait se faire par l’économie avant de se faire sur le reste…Quant aux politiques économiques communautaires, il ne vaut mieux ne pas ouvrir le sujet tellement il y aurait à en dire. Juste pour résumer la philosophie, nous pouvons dire que les dogmes dans lesquels vivent les technocrates vont nous amener à construire un marché tellement parfait au service du consommateur européen qu’il n’y aura plus de production en Europe. L’Europe ne sera qu’un grand supermarché pour consommateurs retraités qui achèteront des produits chinois ou américains et feront faire leur bas travaux par une immigration de travail encouragée par les patrons qui y voient un prolétariat de remplacement permettant de tirer les salaires vers le bas…
Au plan géopolitique, la musique n’est guère différente. Chaque pays cherche à jouer sa partition avec des alliances différentes et des objectifs divergents. Les pays de l’est ont trop le souvenir de l’URSS pour lâcher leur bouclier américain et jouer véritablement la carte de l’Europe, l’Angleterre est trop indépendante pour réellement s’insérer dans un destin européen, les pays d’Europe latine ne pèsent pas assez pour jouer aussi une véritable carte européenne et les autres pays ne jouent plus que des partitions régionales (pays scandinaves, Europe du Sud…). Mais là encore le véritable coup de poignard est l’attitude de l’Allemagne depuis 2005 et même depuis les années 1990. En effet, le président Mitterrand avait fait le choix de soutenir la réunification de l’Allemagne au début des années 1990 même si cela devait peser sur la France et plus particulièrement sur sa croissance. Ensuite, la France a fait les efforts pour rentrer dans l’Euro, un système taillé sur mesure pour l’Allemagne et là encore cela a fortement pesé sur sa croissance (années 93-94). Nous pouvions être en droit d’attendre de l’Allemagne un minimum une attitude neutre vis-à-vis de la France. Or depuis le milieu des années 90, l’Allemagne fait des choix divergents, voire en opposition ou concurrence frontale avec la France sur les sujets importants. Et ce n’est pas le consensus sur la guerre en Irak qui rattrape l’addition. La stratégie diplomatique allemande a été de renforcer sa position en Europe et dans le monde. C’est passé par une réaffirmation de l’alignement sur les US alors que la main tendue française sur la défense tenait toujours. C’est passé par un forcing pour que l’élargissement aux pays de l’Est se fasse le plus vite possible, ce qui remet l’Allemagne au centre au niveau politique et économique. C’est passé par une stratégie économique de compétitivité basée sur la baisse des couts salariaux qui a pesé sur la croissance européenne à cause de l’atonie de la croissance allemande mais qui en plus a pesé sur ses grands voisins car le surcroit de compétitivité ne s’est fait qu’au détriment de la France et de l’Italie. En fait, depuis 15 ans, le seul objectif de l’Allemagne semble être celui de retrouver le statut de puissance dont la seconde guerre mondiale l’avait privé. Et cela se fait le plus souvent en affaiblissant les positions françaises et européennes. On est loin des solidarités proclamées lors des signatures de traités ! Comment avons-nous pu en est arrivé là ... ?
Quant à la question turque que nous avons déjà abordé mais qui reste un enjeu de campagne, notre position est simple : la Turquie n’est pas un pays européen dans ses valeurs et ses traditions. Après la porte n’est pas totalement fermée, à condition que la Turquie s’européanise véritablement, c’est-à-dire devienne européenne avant de vouloir entrer dans L’UE et pas l’inverse. Par contre, si l’Europe n’est qu’un espace de commerce et de libre-échange sans volonté politique alors la Turquie y a toute sa place. Avouez qu’il est paradoxal que ce soit les socialistes qui défendent l’Europe libre-échangiste (sauf peut-être DSK un grand adepte du libre-échangisme) alors que bon nombre d’entre eux pourfendent la mondialisation et l’ultralibéralisme sur la scène nationale.
En l’absence de choix clairement exprimé sur la nature de l’Union et sur ses limites, l’Europe évolue vers un marécage où elle s’enlise : si les taux de croissance après la crise revenaient à leurs niveaux antérieurs (Europe 2%, US 3%, pays émergents 6%), démographie aidant, dans 10 ans l’Europe sera un musée ou une maison de retraite pour papy-boomers dont les pensions de retraite ne seront financées qu’un temps…
Le problème de l’Union est que la gouvernance est hors du contrôle d’un pouvoir politique responsable devant une assemblée élue et sans aucune considération stratégique et que les limites de l’union Européenne ne sont pas clairement fixées. L’exemple le plus marquant est la gouvernance économique. En effet, la BCE s’est approprié la conduite de la politique de change alors qu’elle est partout ailleurs dans les pays puissants du ressort des gouvernements (US, en Chine). L’Allemagne inspire la politique monétaire de la BCE qui n’est pas conforme aux intérêts de l’ensemble de la zone euro ; elle sert surtout les intérêts de l’Allemagne dont les gains de part de marché vis-à-vis des autres membres compensent les inconvénients d’un euro fort. Elle n’est pas la seule d’ailleurs à mener une politique non coopérative ; l’Irlande mène une concurrence fiscale avec un taux d’IS à 12,5%. Les divergences de stratégies économiques se sont révélées avec la crise bancaire de l’automne 2008 : c’est A.Merkel qui s’opposait au plan d’aide européen aux banques proposé par la Commission en disant « Pas d’argent allemand pour sauver les banques étrangères ». Nous verrons sans doute les limites de cette Europe avec la sortie de crise qui se profile avec un euro à 2 dollars qui va dévaster des pans entiers de l’industrie française, italienne et fortifiera encore l’industrie allemande. J’entends déjà la Commission nous dire que la concurrence est bonne pour le consommateur ! Elle nous dira cela jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de consommateur du tout car pour consommer il faut produire et les producteurs seront partis depuis longtemps puisque cette même Commission n’exige aucune contrepartie à la libéralisation de notre marché…
En lisant ceci, beaucoup de nos lecteurs réguliers seront surpris de nous voir prendre des telles positions aussi peu libérales et européennes. Mais nos positions sont justement celles de vrais libéraux et de vrais européens qui veulent construire une Europe qui rendent plus forts tous les pays européens basé sur un vrai marché européen qui profite aux entreprises/consommateurs européens. Si c’est pour continuer à nous faire la guerre entre la France et l’Allemagne, nous n’avons pas besoin de l’Europe sauf pour faire passer du champ de bataille des Ardennes au champ de bataille économique…
Quant à notre vote et notre choix de ne pas voter pour le parti présidentiel, il est vraiment lié à l’enjeu européen. Même s’il est vrai que la présidence européenne fut une avancée et que la tribune commune avec A.Merkel était plutôt de bonne facture avec un relent gaulliste d’Europe des Nations européanisée, il n’empêche que cela ne rattrape pas 25 ans d’abandon de la politique européenne à l’adversaire de toujours, l’UDF. Et l’abandonner à l’UDF n’est pas neutre, c’est l’abandonner aux seuls qui veulent que la commission ait plus de pouvoir, aux seuls qui soutiennent depuis le début cette Europe passoire, molle, sans conviction, sans valeur…L’Europe technique, technocratique, le doux despotisme éclairé contre l’Europe des valeurs, des peuples et d’une stratégie de puissance assumée. On en revient toujours au même débat : une politique conduite par des responsables devant le souverain, le peuple ou l’Europe d’aujourd’hui conduite par ceux qui feront revoter jusqu’à adoption des traités rejetés. « Des européistes sans le peuple et des eurosceptiques sans le pouvoir » selon la formule de Zemmour. Et puis, ce vote sera aussi un moyen de rappeler au président que l’ouverture à gauche c’est peut-être joli pour les médias mais ce qui l’a fait élire c’est avant le peuple eurosceptique qui a adhéré aux discours souverainistes de Guaino…
07:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : europe, maastricht
15.04.2009
L'Assemblée nationale Hado pitoyable
La loi Hadopi anti-téléchargement a été rejetée jeudi dernier à l’Assemblée Nationale par 21 voix contre et 15 pour. Je ne vais pas parler du fond aujourd’hui mais m’attarder sur la forme et plus précisément sur le travail législatif ou plutôt la farce législative qui a amené à ce résultat. Farce législative car vraiment, ce texte a été un concentré de la catastrophe qu’est le parlementarisme en France.
Tout d’abord, les choses étaient mal engagées avec un texte d’essence répressive mais tellement mal ficelé que la répression ne sera pas applicable ou bien trop coûteuse. Vu l’état de nos finances publiques, on comprend vite que le choix de ne pas appliquer la loi aurait été privilégié. Donc un texte de façade mis en place à la demande des lobbys des majors du disque et du cinéma, pour protéger leurs intérêts financiers et ceux des artistes, mais un texte porté par un gouvernement de droite, critiqué à longueur de journée par ces mêmes artistes.
Ensuite, nous avons eu droit à la leçon de courage des députés de droite qui ne veulent pas de ce texte mais dont aucun n’a le courage de dire tout haut ce que tous pensent tout bas parce que cela impliquerait de se fâcher avec le chef qui reste l’avenir et c’est bien connu en politique, on n’insulte pas l’avenir. Des députés de droite contre le texte mais ne pouvant pas le dire, font donc le choix courageux de ne pas venir voter et de se réfugier dans leur bureau au moment du vote. Vous me direz cela ne change pas des autres fois…
Puis, nous avons aussi les grands défenseurs de la Vertu, les missionnaires du Bien qui, bien entendu, avaient fait de ce texte un emblème de leur combat pour défendre les libertés auxquelles le gouvernement réactionnaire (et donc illégitime ?) était en train de s’attaquer depuis 2007 (vous vous rappelez du Zénith des libertés ?). Devant un tel enjeu, on n’était en droit de s’attendre à une mobilisation du feu de dieu…eh bien non nous avons eu 19 parlementaires de gauche prenant part au vote, ne le remportant que parce qu’ils ont réussi à bien se cacher derrière un rideau. Et qui ont en plus le culot de fêter le rejet du texte comme une grande victoire politique !
Et enfin pour terminer, on a eu un gouvernement à la dérive représenté par la Ministre de la Culture perdue sans son conseiller, ne maitrisant pas son sujet, ni ses troupes. Et le ministre des relations avec le Parlement a eu aussi le culot monstre de venir dénoncer les manœuvres des socialistes ! Alors que l’UMP a la majorité absolue et de loin. Et pour couronner le tout, la même ministre à la dérive annonce que le texte sera revoté et qu’elle met sa démission dans la balance.
En clair, cette semaine, nous avons eu le droit à une belle image du Parlement et plus largement de la politique française…avec ses plus grands défauts. Alors certains vont nous expliquer que le vrai travail parlementaire, c’est en commission et avanceront plein d’autres arguments pour trouver des bonnes raisons à ce qui se passe. La réalité est que notre parlementarisme est malade du cumul des mandats (plus de 90% des députés cumulards) qui donne des lois mal faites, une représentation nationale bien peu compétente et qui ne se prononce pas réellement sur les grands sujets…A quand une loi contre ce cumul ?
Après ce que nous avons vu la semaine dernière, comment défendre plus de droits pour le Parlement et les parlementaires ? Comment croire tous ces députés centristes, libéraux, socialistes, communistes, verts qui réclament un Parlement fort parce que ce serait le gage d’une démocratie forte et pestent contre cette Vème République, cette monarchie élective qui ne serait plus une vraie démocratie ? En attendant, avant de mettre en cause les institutions, ce sont bien les hommes (et les femmes, la parité est bien respectée dans ce domaine) qui dévalorisent le Parlement, qui tuent la démocratie représentative…
Et pour aller plus loin, quand on voit cela, comment ne pas comprendre le peuple d’en bas (aussi bien de droite comme de gauche) qui désespère que la politique puisse réellement changer la vie (en positif) et préfère aller vers des modes opératoires moins respectueux des institutions ? A gauche, on voit déjà que c’est le cas, le PS toujours si faible sur le terrain courant même après Besancenot…A droite, N.Sarkozy tient encore son électorat comme le montrent les différents sondages mais pour combien de temps encore ?
11:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : hadopi, sarkozy
19.03.2009
Pourquoi je soutiens la grève
Alors que beaucoup vont être gênés par les perturbations aujourd'hui dues aux grèves, dont au premier rang la coauteur de ce blog, je vais exprimer une position que beaucoup ne pensaient pas trouver ici sur ce blog : je fais partie des 3 français sur 4 qui soutiennent cette grève et même de ceux qui soutiennent tous les mouvements de grève en cours ou à venir dans ce pays.
Cependant, mes raisons sont bien différentes de la plupart des autres qui soutiennent les grèves. Je soutiens cette grève non pas parce que je veux une relance sociale, un changement de cap, un grand soir ou encore parce que je suis contre le gouvernement. Je soutiens cette grève ainsi que les suivantes parce que je pense que N.Sarkozy ne sera le réformateur qu'il a promis d'être et ne pourra faire réellement les réformes promises pendant la campagne de 2007 que lorsqu'il (j'englobe le gouvernent dans le "il" au singulier car on sait bien que sous l'hyperprésidence Sarkozy le gouvernement, à quelques exceptions près, ne sert qu'à aller sur les plateaux télé) aura affronté et vaincu les conservatismes sociaux, c'est-à-dire les syndicats archaïques et les rentes corporatistes.
En effet, à part les 4 réformes de début de mandat, N.Sarkozy ne réforme qu'a minima, harcelé par les lobbys de tous bords et de touts horizons. Il faut qu'il y ait énormément de monde dans la rue pour que demain, N.Sarkozy puisse avoir sa Mère de toutes les batailles. S'il en sort vainqueur, il aura alors la légitimité réformatrice, en plus de la légitimité électorale, qui lui permettant d'aller au bout du programme que je souhaite lui voir appliquer, celui pour le lequel il a été élu. S'il n'en sort pas vainqueur, nous serons alors fixés sur le courage politique de ce président et je n'en attendrais plus rien, sauf une gestion des affaires courantes, comme son prédécesseur. Les grèves permettront en quelques sortes de purger l'expérience Sarkozy face au socialisme rampant qui imprègne de plus en plus notre pays et surtout nos élites.
De plus, ces mouvements de grève permettent également de faire le tri dans la majorité entre le bon grain et l'ivraie, entre ceux qui sont seulement près à combiner, à céder et ceux qui ont une position constante sur un certain nombre de principes, de valeurs. Quand je vois aujourd'hui P.Méhaigerie vouloir revenir sur le bouclier fiscal à 50% après avoir voté et défendu le principe du bouclier fiscal (l'Etat ne peut pas vous prendre plus de la moitié de ce que vous gagnez) en 2007, je me dis que pour certains les principes sont assez changeants, peut-être du pragmatisme poussé à l'extrême...plus sûrement le retour de la capacité d'accommodement raisonnable avec l'air du temps qui a toujours caractérisé les centristes.
Alors vous l'avez bien compris, mon soutien est plus qu'ambigu. Je souhaite que ces manifestations soient une réussite pour que justement, le président ne leur donne rien en échange, ne cède sur rien et continue de plus belle les réformes et surtout celles contestées : non-remplacement d'un fonctionnaire sur 2, gel du SMIC, pas de plan de relance de la consommation. Je souhaite même qu'on aille au bras de fer qui est le seul langage que la rue comprenne. Remarquez d'ailleurs que les plus importantes perturbations ne seront pas dans les transports ferroviaires; j'y vois un lien de cause à effet direct avec leur défaite sur les régimes spéciaux et sur le service minimum. Je souhaite même qu'après, il aille encore plus loin dans les réformes : vraie réforme de l'Education Nationale, de la Sécurité Sociale, de la fiscalité, assouplissement du droit du travail et des licenciements économiques, une vraie libéralisation économique à commencer par la Poste, la SNCF et la RATP, baisse des prélèvements obligatoires, maîtrise de l'immigration et politique assimilationniste d'intégration, défense acharnée de la laïcité, de nos valeurs républicaines...Tout un programme qui reste à mettre en œuvre...
09:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, grève, réformes
18.03.2009
Réunion d’alcooliques anonymes dans un bar à vin
Pour une fois J. Attali, m’a bien fait rire et je salue son sens de la formule. C’était ce matin, sur BFM, dans le débat avec A. Minc. : « Aucun phare n'est mis sur le cœur du blanchiment de l'argent et la fraude fiscale. On parle de l'évasion fiscale suisse ou luxembourgeoise, c'est très bien, parfait. Mais qui parle du système du trust qui est le principal système d'obscurité fiscale au monde et qui est anglo-saxon ? J'ai parfois dit que les réunions du G20 me faisaient penser à une réunion d'alcooliques anonymes dans un bar à vin c'est-à-dire qu'il y a peu de chances qu'elles soient efficaces. »
Au passage, si G.Brown, sauve ses paradis fiscaux tandis que ceux de l’Europe continentale se font hara-kiri en grande pompe au G20, on pourra bien parler de couillons...
01:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : attali, minc, paradis fiscaux, brown
16.03.2009
Gaullistes demi-soldes
La décision de N.Sarkozy du retour de la France dans dans le commandement intégré de l'OTAN a soulevé une vaste polémique et a permis de remettre au centre du débat le Général De Gaulle et l'héritage qu'il a laissé à notre pays. Tous les opposants d'hier en appellent désormais à ses mânes afin de combattre cette décision en se découvrant gaullistes alors qu'ils ont toujours combattu le gaullisme.
En effet, en 1966, les socialistes et les centristes avaient déposé une motion de censure, votée par F. Mitterrand et J. Lecanuet, contre le départ de la France de la structure militaire intégrée de l’Otan, décidée par le Général de Gaulle. Hier, pour Mitterrand : « la sortie de l'OTAN trahit une volonté d'isolement fondée sur l'idée que le nationalisme est la vérité de notre temps » ; aujourd’hui, pour M. Aubry « rien aujourd'hui ne justifie de rentrer dans le commandement militaire de l'Otan. Il n'y a pas d'urgence ni de raison fondamentale, si ce n'est un atlantisme qui devient une idéologie ». Pour les socialistes, l’opposition s’oppose, semble être le sommet de la réflexion stratégique et je me dis que plus rien n'est possible pour eux, qu'ils passeront toujours à côté de « l'intérêt supérieur de la France » pour ne faire que de la politique politicienne. Des conseils municipaux et généraux, c'est tout ce qu'ils méritent de diriger...
Hier pour Lecanuet, l’Europe sous protectorat américain était le seul horizon possible pour la France ; aujourd’hui F. Bayrou qualifie le projet de « défaite pour la France et l’Europe…qui porte atteinte au patrimoine historique et diplomatique de la France » tout en continuant à ne jurer que par l'Europe, l'Europe, l'Europe et la Commission Européenne, sous domination anglo-saxonne depuis quelques années déjà et encore plus depuis l'entrée des pays de l'Est en 2004. Gaulliste à contretemps, en retard de 40 ans…qui déplore en plus les conséquences de ce que sa famille politique a toujours défendu : un alignement de la France sur le reste de l'Europe (presque tous les autres pays européens étant membres de l'Otan et heureux de l'être). A moins que lui aussi ne concoure au titre de meilleur opposant. Le pire étant que malgré ces virulentes critiques, il dit qu'il ne remettrait toutefois pas en cause cette décision s'il arrivait au pouvoir. Comme quoi, le gaullisme n'est pas très profond chez les centristes...
Quant à la droite dite gaulliste, il apparait de plus en plus évident que son gaullisme ne sert que de paravent à son conservatisme et son renoncement à penser un grand destin pour la France. L'ancien premier ministre D.de Villepin a estimé « que ce retour constituerait une faute, une erreur en termes d’image et de stratégie ». Quelle image perdrions-nous ? Celle d’un pays capable d’incarner la 3ème voie ? Cette politique a échoué et les circonstances ont changé. Celle d’un pays ami du Moyen-Orient, du Tiers-Monde, de quelques dictateurs en mal de reconnaissance ? Cette politique aussi a échoué. Le gaullisme de D.de Villepin se résume à ne rien faire, ne rien changer, comme lorsqu'il était premier ministre, dans un souci de ne pas modifier les équilibres de ce vieux pays sur son vieux continent. Vous avouerez que le Général avait un projet un peu plus audacieux pour la France que le conservatisme avancé...
Alors beaucoup comme A. Juppé ou H. Védrine nous disent que « le seul intérêt est un intérêt symbolique ». Mais dimanche matin sur Europe 1, H.Morin, s'est très justement étonné de l'opposition manifestée par F. Bayrou, A. Juppé et D. de Villepin. Il a rappelé les responsabilités exercées par les trois hommes entre 1995 et 1997, lorsque J. Chirac avait tenté un rapprochement avec l'OTAN. « A l'époque, nous avions négocié notre éventuel retour dans les structures intégrées de l'OTAN pour un poste à Naples. Qui était Premier ministre? Alain Juppé. Qui était secrétaire général de l'Elysée? Dominique de Villepin. François Bayrou était ministre de l'Education nationale ». On pourrait aussi rappeler les responsabilités d'H.Védrine, secrétaire général de l'Elysée, quand Mitterrand s’essayait à un retour complet dans la structure au début des années 90. Tous ces rappels sonnent comme des casseroles aux oreilles des donneurs de leçons.
Tous ces gaullistes demi-soldes passent à coté de l’essentiel de l'œuvre du Général : la doctrine des circonstances et sa capacité à prendre des décisions fortes pour s'adapter aux nouvelles réalités de l'époque. Toute sa réflexion était basée sur un double socle : des valeurs, des principes forts qui guident la réflexion stratégique et des analyses fines et réalistes des circonstances. Ceux qui se revendiquent gaullistes aujourd'hui ne retiennent que les actes du Général De Gaulle et oublient sa réflexion, ses principes, ses analyses, ses valeurs. La palme étant à décerner aux gaullistes historiques qui ont abandonné depuis 30 ans la politique étrangère et plus particulièrement européenne aux adversaires de toujours, l'UDF, et font mine aujourd'hui de vouloir défendre un gaullisme intransigeant.
22:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : otan, de gaulle, miterrand, aubry, bayrou, villepin
10.03.2009
Le Vatican se lance en économie
Via la Tribune, j’apprends que l’Osservatore Romano, le quotidien officiel su Saint-Siège, a publié un article, la semaine dernière titré « Idées et propositions de la finance islamique pour l’Occident en crise ».
On peut y lire que le Vatican est très intéressé par les principes guidant la finance islamique pour remettre le capitalisme sur une base plus morale. Les instruments utilisés pourraient « reporter au centre, l’éthique des affaires » puisque par exemple, les obligations islamiques sont en effet toujours liées à un investissement réel et jamais à des fins de spéculation.
Et le Vatican, par la voix de son quotidien, de conseiller aux banques occidentales d’émettre des obligations pour aider l’industrie automobile en crise ou pour financer les prochains jeux olympiques. On est bien heureux de recevoir ce conseil, jamais on n’aurait pensé à financer une industrie avec des obligations !
En revanche, si notre constructeur automobile veut acheter à terme les produits dont il a besoin et cherche à se couvrir des variations de prix, en achetant par exemple des devises, là c’est pas bien ; c’est de l’argent utilisé pour générer plus d’argent (enfin,surtout pour ne pas en perdre). Ce rejet de la spéculation devrait figurer dans la prochaine encyclique estivale consacrée au social et à l’économie. Je l’attends avec impatience pour connaître enfin la différence entre investissement réel et spéculation.
S’il est aussi pointu dans le volet économique que dans celui de la levée d’excommunication des négationnistes, il pourra toujours dire qu’il ne savait pas, qu’on lui cache tout et que son entourage aurait pu l’informer qu’il y a belle lurette que des gens investissent sur des sociétés qui entreprennent seulement sur une idée, que les investissements se font de moins en moins sur des biens réels et que spéculer, depuis Venise, est l’activité qui a permis aux sociétés occidentales de se développer.
D’ailleurs, est un spéculateur quiconque achète un actif (financier, immobilier, œuvre d’art…) en espérant que son prix va monter et qu’il pourra le revendre avec profit. Et si cet espoir existe, c’est que l’avenir est incertain, puisque nous sommes en économie de marché, et que les prix s’y forment au gré de la valeur et de l'utilité reconnues aux produits. Maintenant si le Vatican condamne tous ceux qui achètent pour revendre, il devrait tout aussi logiquement condamner ceux qui ne vendent pas en attendant que les prix montent… Ce qui l’amènerait à condamner les mêmes pratiques de la finance islamiste islamique [1] qui, en réunissant un cartel, décident des quantités de brut qui seront mises sur le marché…Mais peut-être devrait-il se cantonner dans son domaine de prédilection, la théologie ? Et accessoirement s'occuper de ses cardinaux, notamment de celui qui au Brésil, excommunie une victime d'inceste agée de 9 ans...
08:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : osservatore romano, vatican, finance islamiste
08.03.2009
Les dindes n’appellent pas à fêter Noël !
Comme il fallait s’y attendre, le rapport sur la simplification territoriale remis hier à N.Sarkozy par E.Balladur a fait l’unanimité, contre lui, bien sûr de la part des élus. Car autant le dire simplement, ces propositions, pourtant fort modérées, si elles étaient adoptées, conduiraient quand même à réduire sensiblement le nombre d’élus. Or la France croule sous les élus ! 577 députés, 343 sénateurs, 78 députés au Parlement européens, 36 677 maires, 2091 conseillers régionaux, 149 représentants des nouvelles assemblées (Nouvelle Calédonie, Polynésie, Wallis et Futuna), 4 054 conseillers généraux, 163 conseillers de Paris et 354 conseillers d’arrondissement !... Pas facile à compter, mais ceux qui s’y sont livré, avancent le chiffre considérable de 558 000 élus ! Ce qui nous classe largement en tête, avec un élu pour 111 habitants, ratio 4 fois supérieur à celui des Etats-Unis…La comparaison avec l’Europe des 15 est encore plus flatteuse : nos 36 677 communes représentent environ la moitié du nombre total de communes.
Le chœur des pleureuses se lamente d’ailleurs sur la proposition la plus terrifiante du rapport : la suppression de la clause générale de compétence pour les départements et régions. Celle qui justifie l’enchevêtrement des compétences, l’opacité sur l’utilisation des fonds et l’irresponsabilité totale en matière d’évaluation de l’impact des mesures prises. Celle qui permet aussi de soigner sa clientèle en votant dépenses et subventions selon l’air du coin. L’ARF (l’assemblée des régions de France), saisie à la gorge, évoque la préméditation et dénonce la volonté de tuer la démocratie ! Même la parité se serait en danger, selon elle…Si la parité est en danger, alors…surtout qu’aujourd’hui c’est la journée de la femme.
L'ADF, (l'Assemblée des Départements de France) pleure ses futurs défunts: "Cette réforme…, inopportune dans un contexte de crise économique et sociale d'une ampleur jamais égalée, porte en elle la disparition progressive des départements".
Mais comme tous les députés de la majorité se sont engagés, dans leur programme électoral de 2007, [1] à « clarifier et simplifier les compétences des collectivités territoriales en les regroupant par grands blocs de compétences exclusives » et « à spécialiser les impôts locaux en attribuant un impôt local par collectivité territoriale » nous n’avons rien à craindre de ces enfantillages d’élus qui ne veulent pas se faire hara-kiri avec l’enthousiasme qu’il sied lorsqu’il s'agit de soigner la folie dépensière des élus locaux.
[1] pour vous épargner de tout relire, c’est en bas de la page 15
18:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : balladur, arf, adf, sarkozy, élus
05.03.2009
L'imposture des antiracistes
Je reproduis ici l' article d'Ivan Rioufol dans Le figaro du 4 mars 2009 qui analyse ce que je n’avais fait que remarquer hier.
Faut-il encore prendre au sérieux les antiracistes professionnels, qui instrumentalisent cette idéologie apparemment généreuse pour accélérer l'implantation du multiculturalisme dans les démocrates ouvertes, et en France singulièrement ? J'ai déjà souligné ici leur silence face aux dérives xénophobes du LKP de Guadeloupe (Libération de ce mercredi consacre à ce "collectif" un article louangeur), qui parle souvent avec les mots du Front national. Le rejet anti-Blanc et anti-métropolitain n'a pas suscité, à ce jour, le moindre commentaire des nombreuses organisations qui disent vouloir faire respecter le vivre ensemble et la diversité. A l'évidence, les antiracistes ont l'indignation flexible. Belle imposture.
La montée de l'antisémitisme en France aurait dû également éveiller les consciences. L'offensive d'Israël contre le Hamas et la crise bancaire mondiale ont exacerbé des sentiments anti-Juifs, non seulement dans une partie de la communauté musulmane mais aussi auprès des "pacifistes" du PCF et autres partis d'extrême gauche. Or la discrétion des donneurs de leçons a été, là aussi, remarquable. L'alliance islamo-gauchiste, dénoncée ici même début janvier dès la première manifestation parisienne de soutien aux Palestiniens, porte une haine d'Israël qui dépasse de très loin la nécessaire critique de sa politique. Mais qui s'en indigne ?
Force est de constater que les antiracistes cautionnent un racisme anti-Blanc aux Antilles et un antisémitisme en métropole. Le Crif (conseil représentatif des institutions juives de France) a eu raison, lundi lors de son dîner annuel, par la voix de son président Richard Prasquier, de mettre en garde contre "la haine des Juifs, qui est une marque de la tribalisation de la société". Le PCF, exclu de ce dîner au même titre que les Verts pour avoir défilé avec des islamistes vomissant leur détestation du sionisme et des juifs, proteste en assurant que les communistes avaient "toujours été au côté des juifs de France" notamment dans "la résistance à l'occupant nazi". Mais eux et leurs alliés savent très bien où ils ont mis les pieds.
00:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : antiracistes, lkp, guadeloupe, antisémitisme


























