07.05.2008

Pichenette dans les niches

583231487.jpgAu dernier recensement il y existerait 452 niches fiscales qui génèreraient un manque à gagner de 60 milliards pour le fisc : montant colossal dont l’ordre d’idée est celle du déficit du budget de l’Etat 2007.

Ces niches se sont constituées au fil des ans sur des politiques économiques diverses ; censées encourager les investissements des particuliers dans une direction, elles ont logiquement abouti à des effets pervers : les contribuables font l’investissement pour échapper à l’impôt et ces niches sont utilisées dans une stratégie d’optimisation fiscale ; l’investissement est orienté dans une direction pas forcément optimale du point de vue des choix économiques, d’autant que l’évaluation de ces mesures n’a pas été réalisée. Cet effet est connu de longue date, à tel point qu’en 2006, la loi de finances prévoyait déjà un plafond de déduction par foyer fiscal, mesure censurée par le Conseil constitutionnel du fait de sa complexité excessive.  

Alors pourquoi ces niches ont-elles été multipliées et reconduites d’années en années ? Parce qu’elles permettent de ne pas augmenter la dépense publique ! L’Etat fait réaliser ses dépenses par les contribuables et la dépense publique n’augmente apparemment pas puisque les diminutions de recettes n’apparaissent pas dans la colonne « dépenses ». Bruxelles surveillant comme le lait sur le feu, le % des déficits publics, les niches sont en fait une astucieuse façon d’échapper à ses foudres.

Alors demain, le ministre de l’économie proposera de plafonner les réductions d’impôt procurées par 5 d’entre elles au motif de « mettre fin à un certain nombre d’abus » : sont visés, les 45 000 foyers fiscaux aux revenus imposables supérieurs à 39 000 euros échappant complètement à l’impôt sur le revenu. Elle devrait cibler les investissements productifs et locatifs dans les DOM-TOM dont bénéficient 40 000 personnes (manque à gagner 780 millions), les dépenses architecturales et paysagères dans les secteurs « sauvegardés » dites dispositif Malraux concernant 3500 contribuables pour 50 millions, l’entretien des monuments historiques pour 30 millions et les locations de meublés : en l’état, le projet ne rapporterait que quelques dizaines ou centaines de millions dans les caisses de l’Etat, selon le plafonnement qui sera retenu : une goutte d’eau !  

Alors qu’il restera les niches dorées : produits de bons de capitalisation pour 3,5 milliards, prime pour l’emploi pour 2,4 milliards et 9 millions de bénéficiaires, exonération des intérêts et primes de l’épargne logement pour 2 milliards, livret A etc…Oui mais l’on voit tout de suite que tout le monde bénéficie des niches ! D’où la difficulté à les supprimer et l’accueil certainement mitigé qui sera fait à la proposition de F.Lefebvre de diviser par 2, le montant des niches fiscales, d’ici 2012. A suivre…

 

06.05.2008

Tout dire avant pour tout faire après !

1253328233.jpgLes français sont mécontents et ils ne sont que 32% à faire confiance à N.Sarkozy pour résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement (TNS Sofres du 24 avril). oui mais ils approuvent majoritairement les réformes adoptées : à 84% la possibilité de pouvoir disposer plus vite de la participation aux bénéfices de son entreprise, à 82% la réforme sur les droits de succession, à 80% l’instauration des peines plancher pour les récidivistes, à 73% la défiscalisation des heures supplémentaires, à 65% la loi sur la rétention de sureté, à 59% la réforme des régimes spéciaux de retraite, à 57% l’autonomie des universités, à 55% le traité simplifié, à 54% le bouclier fiscal, à 52% la fin des 35 heures ! Mécontents mais approbateurs…En revanche, ils ne sont que 43% à approuver la réforme de la carte judiciaire, 26% les franchises médicales et l’envoi de troupes en Afghanistan.
 
Bref, ils sont grognons…on le serait à moins : les caisses sont vides et on a osé leur dire ! On a osé leur dire qu’ils avaient été lâches de repousser toutes réformes pendant 25 ans qui auraient du se faire au fil des années par les différents gouvernements, de vivre au-dessus de leurs moyens dans un confort tous frais payés par l’Etat, que la France allait mal malgré l’apparente douceur de la situation. La réalité reprend toujours ses droits un jour et maintenant, il faut faire toutes les réformes d’un coup sinon c’est le déclassement, le vrai. Les français le savent et l’acceptent mais leurs rêves s’envolent et ils disent leur désappointement à celui qui est en train de briser leur rêve de jeunesse et d’insouciance. On pensait pouvoir encore élire un Président qui avait promis de réformer et le contraindre à ne rien faire ; les français sont comme ça, ils adorent les envolées de campagne, ces grandes messes populaires où tout le monde se réunit derrière un candidat qui leur propose une nouvelle France mais une fois, l’excitation passée, il ne faut surtout pas que leur petit confort soit bouleversé.  Mais ce président semble pour l’instant décidé à continuer à réformer et les français lui font payer de ne pas respecter cette règle tacite entre gouvernants et gouvernés qui prévalait depuis 25 ans.
 
Il est un peu superficiel de vouloir faire un bilan, au jour anniversaire ; d’autant que les réformes engagées ne feront sentir leurs effets que d’ici un an ou deux et que la conjoncture internationale n’est pas favorable. Si je ne devais retenir qu’une image, je retiendrai celle-ci : « Je ne reculerai pas ! » lancé en réponse en réponse aux cheminots qui l’interpellaient « vous reculerez, ils l’ont tous fait ». Des réformes ont été engagées, modestes quand à leurs résultats, mais engagées ; et le symbole est là ! Des frontières sont en train de bouger sur le plan social, notamment dans le monde syndical ; remettre à plat la représentativité syndicale, obtenir la réforme du contrat de travail négocié entre patronat et syndicats dont la CGT qui est restée jusqu’au bout des négociations, sans en claquer la porte à mi-chemin, n’est pas rien ! Toutes les réformes engagées et réussies ont le don d’agacer voire plus, le parti du statut quo qui dominait depuis 25 ans en France.
 
En même temps, beaucoup de réformes n’ont fait qu’effleurer leurs sujets : le bouclier fiscal pour ne pas supprimer l’ISF, la défiscalisation des heures supplémentaires (ratée sous la pression administro-syndicale) pour ne pas revenir sur les 35 heures, la liberté d’installation des commerces de moins de 1000 m2 (pourquoi 1000, au-delà, les plus grandes surfaces n’encouragent pas la concurrence ?), l’autonomie des universités mais pas l’orientation en fonction des débouchés ni la sélection à l’entrée en 1ere année des facultés, la rupture négociée du contrat de travail mais pas encore une véritable liberté de licencier ni une véritable sécurité sociale professionnelle, une réforme de la fonction publique (pas encore votée) qui sera bien en-dessous de tout ce qu’on fait nos voisins, une RGPP qui certes réduit les dépenses mais d’une goutte d’eau par rapport à ce qu’il faudrait réellement faire. D’autres mesures ont carrément été enterrées devant la pression de la rue : les taxis, l’installation des médecins…d’autres sous la pression du corps politique : le cumul des mandats, la suppression des départements. Du coup, les réformes ont paru molles et de la mollesse tout le monde sait qu’il n’y a pas grand-chose à attendre. Cette mollesse a le don également d’agacer voire plus le parti de la réforme, ceux qui sont conscients que nous avons besoin d’un grand quinquennat réformateur (ou même deux) et qui ne voit pour l’instant que des mesures de gestionnaire qui vont dans le bon sens mais qui ne sont pas à la hauteur de l’effort qui nous attend.
 
Dans sa conférence de presse, N.Sarkozy a affirmé qu’il tiendrait le cap des réformes ; le cap des réformes a été défini dans le programme présidentiel, il a été validé pour 5 ans quoi qu’en pensent certains qui voient déjà un air de fin de règne (la couverture de Marianne est assez représentative de ceux qui disent qu’il faut réformer à tout va mais qui lorsque quelqu’un ose un peu, passent leur temps à le descendre en flèche pour oui ou un non). Un des slogans les plus importants de la campagne avait été « je dirai tout avant pour pouvoir tout faire après ». Tout a été dit avant, maintenant il faut tout faire.  

14.04.2008

Le grand cafouillage

483960074.jpgCette semaine a été marquée par le grand cafouillage autour du projet de loi sur les OGM et l’incident NKM a montré les disfonctionnements de la majorité présidentielle. Je ne reviendrai pas sur le fond de cette loi car je n’ai pas la prétention d’être un expert sur ce sujet et ma position n’est pas encore tranchée même si je sais que je ne suis pas un anti-OGM acharné et que ce sujet a des tenants et des aboutissants beaucoup plus nombreux que ce qu’on veut bien nous dire. Mais revenons un peu sur ce qu’il s’est passé. NKM a accusé dans une interview au Monde,  J-L.Boorlo et J.F.Copé de se livrer à un concours de lâcheté et d’inélégance. Le propos de NKM est blessant mais il touche juste.

Les ténors de la majorité et J.F.Copé en tête, l’accusent d’avoir en fait, soutenu un amendement anti-OGM de l’opposition (celui du communiste A.Chassaigne qui vise à protéger "les zones de productions de qualité sans OGM" c'est-à-dire les AOC et l'agriculture biologique) ; autant que je sache, NKM ne vote pas à l’Assemblée et le groupe UMP, dont J.F.Copé est le président, dispose de la majorité à l’Assemblée Nationale. Cet amendement, ce sont les députés qui l’ont voté. Enfin ceux qui étaient présents. Parce que c’est cela la vraie question : comment, sur un texte aussi symboliquement important pour l’opposition et pour le gouvernement, les députés de la majorité peuvent-ils être aussi peu nombreux en séance ? Et comment le chef de ces mêmes députés peut-il venir dire que « NKM aurait permis à l'opposition de faire passer plusieurs amendements contre la volonté du groupe UMP» ? S’il a avait voulu que l’amendement ne soit pas adopté, il aurait peut-être du s’assurer de la présence suffisante de ses députés.

J-F.Copé prévient qu'il “faudra revenir sur les amendements qui ne sont pas conformes aux vues du gouvernement" et pour cela, il est allé chercher l'appui du premier ministre qui compte sur les sénateurs, plus favorables au gouvernement que les députés sur ce sujet, pour faire barrage à l'amendement en question. Mais le problème est que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il ne serait pas étonnant de voir le fameux amendement réapparaître en deuxième lecture à l’Assemblée Nationale.  

Je n’aurai qu’un mot pour le président du groupe UMP et les députés : si on ne veut pas être traité comme un godillot, il faut commencer par ne pas agir comme un godillot. J.F.Copé (et beaucoup de députés) passe son temps à dire que le gouvernement ne respecte pas les pouvoirs du Parlement mais il est le premier, par son comportement, à ne pas les respecter. Rien ne l’empêche demain, de bloquer un texte important pour le gouvernement (sans pour autant arriver à la censure ou mettre en péril le budget) pour lui faire prendre conscience que les députés sont décidés à ne plus tout accepter, qu'il va falloir traiter les députés differemment. J.F.Copé devrait le savoir, la politique ne respecte qu’une seule chose : les rapports de force. Tant que les parlementaires n’oseront pas se faire respecter (et agir en conséquence face au gouvernement, plutôt que de faire les fayots pour espérer devenir ministre), il est normal que le gouvernement s’essuie les pieds dessus. Messieurs (et Mesdames), vous savez ce qu’il vous reste à faire…

07.04.2008

J.Arthuis et J.L.Mélenchon : deux marqueurs de l'avancement du projet Bayrou

513293161.jpgJean Arthuis, sénateur, président de la commission des finances du Sénat et président du Conseil Général de Mayenne a annoncé ce week-end qu’il quittait le Modem de F.Bayrou. Le sénateur de Mayenne ne semble pas être un homme à agir de manière irréfléchie et à contrario de ses convictions. Cette décision semble plus que murie et cette défection n’est pas à mettre dans la même catégorie que les autres défections des ex-UDF.
Il n’est pas parti entre les deux tours pour assurer sa réélection aux législatives de 2007 ni pour prétendre à un poste de ministre ou secrétaire d’Etat alors qu’il aurait très bien pu y prétendre au vu du rapprochement de N.Sarkozy avec ses idées, notamment en ce qui concerne la TVA sociale dont J.Artuis est un grand défenseur et à laquelle N.Sarkozy avait fini par se rallier sous forme d’expérimentation à la fin de sa campagne. Il n’est pas non plus parti à l’approche des municipales pour obtenir une investiture UMP ni même pendant la campagne municipale afin de ne pas gêner le parti auquel il appartient.
On sent bien que ce départ est muri, réfléchi, qu’il a laissé sa chance au Modem. Il a tiré une première fois la sonnette d’alarme en novembre sur ce qui se passait au Modem, sur les dérives de F.Bayrou. Il en tire les conséquences en avril…

Ce départ, d’un poids autrement plus symbolique que les précédents, montre véritablement la rupture du Modem avec l’UDF. D’un parti de centre-droit, le Modem est en train de devenir un parti de centre-gauche qui sera au PS ce qu’il a été au RPR puis à l’UMP. Mais le calcul de F.Bayou est plus ambitieux : prendre la tête d’une opposition qui regrouperait les centristes et l’aile sociale-démocrate du PS. Ce calcul repose sur un constat simple et qui semble juste : le PS dans sa composition actuelle est mort depuis le référendum sur la Constitution Européenne et une large recomposition est à venir.
Dans ce calcul, il est intéressant de noter plusieurs contradictions de F.Bayrou sur la politique en général : l’influence de l’imaginaire américain, avec d’un côté, les démocrates (Bayrou et Royal) et de l’autre, les Républicains (les différents courants de l’UMP symbolisés par le Président) et également, l’acceptation inéluctable à terme du bipartisme dans le système de la Vème République. Dans un système à 3 puissances, il faut être l’une des deux selon l’expression de Bismark. Voila le problème de F.Bayrou : s’il veut être Président de la République, il doit être une des 2 forces dominantes, il ne pourra jamais prendre la tête de la droite comme l’avait fait Giscard, il fait donc le pari de prendre la tête d'une gauche modernisée.

2086467389.jpgUn bon indicateur de l’avancée du projet de F.Bayrou est la position du sénateur socialiste J.L.Mélenchon. Situé à la gauche du PS, il est un de ceux qui pourrait faire de la scission du PS une réalité et entrainer une large recomposition du paysage politique de ce côté de l’échiquier. Plus le PS et ses dirigeants tentent de se rapprocher du Modem, plus J.L.Mélenchon est tenté de quitter le PS pour une aventure à la Die Linkspartei en Allemagne. La vraie question serait dans ce cas de s’accorder sur l’Oscar Lafontaine français que J.L.Mélenchon ne semble pas vouloir être réellement.
Dans une interview à France Info, il explique son tiraillement entre un parti qu’il reconnait de moins en moins, qui n’évolue pas comme il l’espère mais un parti qui reste tolérant à son égard, puissant mais fragile. Son départ (avec d’autres) pourrait, comme il le dit, mettre à bas une construction de plus de 100 ans. Ce sur quoi compte très précisément F.Bayrou…
Cette interview est d’ailleurs très intéressante avec des prises de positions atypiques dans le contexte ambiant : sur le Tibet, sur les OGM et les lobbys, sur la laïcité ; l’influence des Lumières et des francs-maçons sur son engagement. Des positions sur lesquels on peut ne pas être d’accord mais qui ont le mérite de sortir de la polémique politicienne, de la petite phrase…Sur le Tibet, sa position est même plus qu’intéressante et mériterait que plus de personnes partagent sa lucidité, son réalisme et surtout sa capacité à ne pas faire des raccourcis si rapides sur des situations complexes.

06.04.2008

Jack Lang sort de sa réserve

Le vendredi 28 mars, Jack Lang et le vice-président socialiste de l'Assemblée nationale, Jean-Marie le Guen, se sont rendus à Abidjan pour « rétablir des liens » entre les socialistes français, la Côte d’Ivoire et son président Laurent Gbagbo. Le lendemain, L.Gbagbo les a emmenés en virée nocturne dans les rues de Yopougon, le quartier le plus animé du pays ; puis au Queen's, la boîte du footballeur Didier Drogba et enfin, au Mostra Night-Club. Jack Lang depuis est inquiet pour son image : une vidéo le montre dansant dans une célèbre boite de nuit d'Abidjan en compagnie du Président ivoirien, Laurent Gbagbo.

 

 

 


 
J.Lang,  s'est dit «très heureux» et n’a pas lésiné sur les compliments à l’égard du président ivoirien « qui jouit encore d'une grande popularité à Abidjian et dans les quartiers populaires», qualifié de «vrai homme de gauche qui a le sens de la solidarité», . Or, lundi, des manifestations contre la vie chère en Côte d'Ivoire ont éclaté à Yopougon et Abidjan, et ont été violemment réprimées par les autorités. Des affrontements entre forces de l'ordre et civils qui ont fait deux morts et une dizaine de blessés et plus d'une vingtaine d'arrestations. Le groupe parlementaire du Parti démocratique de Côte d'Ivoire a dénoncé jeudi cette répression policière «barbare et sauvage» et engagé le chef de l'Etat à «renoncer, sans délai, à l'usage de la force comme unique moyen de gouvernement».

Il y a une semaine, J.Lang lançait à B.Kouchner : « Bernard, sors de ta réserve ! » ; il aurait peut-être mieux fait d’y rester lui, sur sa réserve,  au sujet de son ami Laurent…Surtout dans un contexte où les socialistes passent leur temps à polémiquer sur la politique étrangère du président Sarkozy qui ne prendrait pas assez en compte les Droits de l'Homme. Jack Lang et Jean-Marie Le Guen y ont été pour que le PS renoue les liens avec le président ivorien qui pratique une politique loin, très loin du respect des Droits de l'Homme, nous avons enfin un bon éclairage sur ce que serait la politique étrangère des socialistes, selon quels principes elle serait menée.Encore un bon exemple du relativisme intellectuel de nos élites socialistes...

 

 

03.04.2008

Plan de rigueur : le gouvernement est en train de perdre la guerre des mots

464373043.jpgDepuis septembre dernier, les socialistes jouent les Cassandre en annonçant un plan de rigueur et ont choisi la méthode du « harcèlement permanent » comme forme d’opposition. Ils annonçaient avec une gourmandise assez révoltante la mise en place de ce plan de rigueur après les municipales comme si  un plan de rigueur n’était qu’une joute oratoire politicienne n’ayant pas de conséquences directes sur les français. Les socialistes devraient se souvenir un peu de ce qu’implique un plan de rigueur pour les citoyens, eux qui en ont mis un en œuvre, avant de jouer la France perdante et de se délecter à l’avance des futures victoires qu’ils pourront bâtir sur l’échec du gouvernement.

Le plus pressant d’entre eux pour annoncer ce plan de rigueur est L.Fabius, un peu comme il annonçait un plan B pour l’Europe à la suite du référendum sur la Constitution européenne. On se rappelle ce qu’il en est advenu de ce plan B. Mais il faut dire aussi que L.Fabius a une certaine expérience dans ce domaine. Il est l’expert es-plan de rigueur, pour l’avoir mis en œuvre entre 1984 et 1986 à la suite du fiasco du programme socialiste de 1981. Il en connait la nocivité électorale avec le souvenir de la déculottée de 1986 aux législatives, ouvrant la voie à la première cohabitation.

En bon politicien tirant les leçons de l’amère expérience, L.Fabius et ses camarades socialistes veulent appliquer la recette qui mène tout droit à la déroute électorale pour un gouvernement. Il faut dire qu’une variante de cette stratégie avait déjà porté ses fruits à l’occasion du 2ème tour des législatives avec le plan com anti-TVA sociale. Voilà le pourquoi de la constance dans leur annonce d’un plan de rigueur…

Mais dans cette affaire, le gouvernement et la majorité ne sont pas tout blanc et facilitent grandement la tâche des socialistes avec une communication à l’emporte-pièce.  Face aux attaques permanentes sur un futur plan de rigueur après les municipales, ils ont nié pendant des mois et aujourd’hui, devant la situation difficile de la croissance et des finances publiques (et après les municipales), le premier ministre parledésormais de « plan d’économies ».1365072033.jpg

Cette concession sémantique faite par le premier ministre est une brèche ouverte dans laquelle la gauche va s’engouffrer en dénonçant un changement de cap du gouvernement face à la conjoncture. Elle n’aura pas de mal à gommer dans l’opinion la différence entre plan d’économies (baisse des dépenses inefficaces) et plan de rigueur (augmentation des impôts pour financer des dépenses inconsidérées) en assimilant toutes les réformes annoncées (RGPP, RGPO et les différentes réformes sociales) comme autant d’éléments de ce plan. La boucle est bouclée donnant raison aux socialistes qui auront réussi à jeter le discrédit sur tout le programme politique de la majorité ainsi que sur le sens des réformes, le tout sans faire une seule proposition pour remettre la France en état de marche…

Et pourtant, ce qui est mis en œuvre et que les socialistes assimilent à un plan de rigueur lié à la conjoncture, n’est que l’exacte mise en œuvre du programme législatif de l’UMP. Tout est dedans : révision générale des politiques (RGPP) afin d’évaluer les dépenses et trier celles, efficaces qui doivent être confortées de celles qui échouent et qu’il faut changer ou abandonner, limitation de la progression des dépenses publiques (Etat, collectivités, régimes sociaux) à 1,5% sur l’ensemble de la législature, non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant  à la retraite sur toutes les années de la  mandature…Le programme législatif doit permettre de ramener la dette publique en 5 ans sous la barre des 60% et d’inscrire dans la constitution la « règle d’or » (une fois les déficits stabilisés et le modèle social remis d’aplomb) selon laquelle le déficit des finances publiques n’est autorisé que pour financer des dépenses d’investissement (cela permettra de prévenir un futur dérapage lors d’une alternance ou d’un retour de la tendance chiraquienne au pouvoir).

Tout y est dans ce programme des députés UMP pour la mandature ; mais aucun membre du gouvernement n’est capable de l’expliquer, dire que non il n’y a pas de plan de rigueur, ni de plan d’économies pour faire face à la conjoncture mais simplement la mise en œuvre des promesses de campagnes à savoir une limitation des dépenses de l’Etat pour un recul des déficits, de la dette et des prélèvements en accord avec la campagne présidentielle de N.Sarkozy. Parce qu’il faudrait aussi que la majorité rappelle que N.Sarkzoy n’avait pas seulement  promis d’être le président du pouvoir d’achat, il avait également dit et répété qu’il voulait ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, qu’il voulait revenir au niveau d’administration de 1992 (soit 1 million de fonctionnaires en moins), qu’il voulait baisser les prélèvements obligatoires de 4 points en 10 ans, qu’il voulait limiter la progression des dépenses de l’Etat pour réduire les déficits et la dette. Et il a été élu là-dessus autant que sur « le président du pouvoir d’achat ». Et comme l’un n’exclut pas l’autre, bien que les socialistes essaient de le faire croire, (comme si lorsqu’on réduisait les dépenses de l’Etat, on enlevait du pouvoir d’achat aux français, alors que c’est le contraire), il n’y a aucune honte à assumer les promesses de campagne et à les mettre en oeuvre.

Dans cette affaire, le gouvernement apparait sur la défensive alors qu’il tient les engagements pris auprès des électeurs pendant les campagnes présidentielle et législative. Ce dont il devrait plutôt être fier et les électeurs satisfaits. Enfin un gouvernement qui s’attaquerait aux problèmes structurels du fonctionnement de l’Etat et qui ose mettre le doigt là où ça fait mal : ce qui avait été promis aux électeurs. Voilà le message que le gouvernement et la majorité devraient porter.

27.03.2008

Strasbourg, nouveau paradis fiscal ?

 

1741099942.jpgLa proposition du nouveau maire de Strasbourg,  Roland Ries est véritablement une surprise dont on n’avait pas entendu parler pendant la campagne des municipales (je n’ose imaginer que ce soit une généralité qui s’applique à tous les socialistes que de sortir des projets hors programme donc non soumis au vote ; mais pour être sûr, il faudra rester vigilant). Sa proposition est de créer un véritable eurodistrict européen à statut juridique et fiscal particulier qui accueillerait de grandes institutions européennes et les sièges sociaux de grands groupes européens bénéficiant d’un statut d'extraterritorialité, un peu sur le mode de Washington D.C.

Ce que j’en comprends, c’est que R.Ries veut extraire une partie de Strasbourg du territoire français pour le confier à l’Europe ; l’Europe qui n’est pas un pays. Des eurodistricts existent déjà, mais il s’agit seulement de territoires associés qui peuvent expérimenter des projets pour favoriser l’intégration européenne et surtout, ces eurodistricts ont été décidés par les états et ne sortent pas du territoire national. Amputer une partie de Strasbourg n’est même pas concevable. Il s’agit là d’une proposition plus que dangereuse pour son auteur car avec la laïcité l’Alsace-Lorraine, symbole de l’intégrité du territoire et de l’abnégation de tout le peuple français, est l’un des mythes de l’Histoire de France. Il ne serait pas étonnant que les Strasbourgeois, voire tous les français (s’ils venaient à apprendre la proposition), lui réservent le même sort qu’au Président, dès lors qu’il a parlé de laïcité.

Cette proposition repose sur une véritable méconnaissance de l’exemple donné, à savoir Washington D.C. La capitale fédérale n’est pas en dehors du territoire américain comme le laisse supposer le terme employé d’extraterritorialité. La capitale fédérale est une zone militaire directement sous le contrôle du gouvernement fédéral, comme les autres bases militaires américaines. Washington DC est donc encore plus sous le contrôle du gouvernement américain que le reste du territoire. R.Riès veut-il que Strasbourg aie désormais un statut de zone militaire et soit placé sous le contrôle de la Commission Européenne, sachant que l’UE n’est pas un pays et n’a pas de Défense commune indépendante des pays ? A n’y rien comprendre…

Le véritable but de cette proposition est, je pense, la volonté d’attirer les sièges sociaux des grands groupes de Belgique, Hollande, Suisse, Angleterre et les institutions européennes de Bruxelles. M. le Maire soutient que cet eurodistrict permettra de les attirer grâce à un statut juridique et fiscal particulier. Ceci revient à dire que sans ce statut spécial, la France n’est pas attractive. Et pourquoi ? Selon la justification de R.Riès même : à cause de ses lois et de sa fiscalité. Voilà qui a le mérite d’être clair, la France, à cause de ses lois sur le travail, l’entreprise et de sa fiscalité n’est pas attractive. R.Riès remettrait-il en cause les taux d’IS, ISF, IRPP trop élevés par rapport à ceux de nos partenaires européens, la législation du travail et les 35 heures ?… Mais plutôt que d’avoir le courage de faire ce que la gauche n’a jamais fait pour rendre la France attractive et donc réformer la France dans le bon sens (pas celui prôné par les socialistes en l’espèce), il préfère amputer le territoire national et créer un machin qui lui, sera attractif et bénéficiera à Strasbourg. Le beurre et l’argent du beurre. Un peu comme le paradis fiscal de Monaco, dénoncé par les socialistes qui détestent les évadés fiscaux mais si pratique pour stigmatiser les riches qui se soustraient à leur devoir de solidarité nationale, et qui est dirigé par l’ancien directeur de cabinet de L.Fabius. Grande hypocrisie et bel hommage à la volonté de réforme de N.Sarkozy…

26.03.2008

Tout est bon pour marquer des points

659348811.jpgLe Tibet est au cœur de l’actualité. La situation est très difficile et très tendue. La question du boycott des JO est mise en avant par tous ceux qui n’ont pas à assumer une telle décision et par tous les tenants du droit d’ingérence. Vaste plaisanterie mais j’y reviendrai un autre jour si l’envie m’en prend. Non, aujourd’hui, je veux simplement dire comment les politiques de gauche trouvent toujours le moyen de profiter de n’importe quel développement de l’actualité pour attaquer le président, se mettre en avant comme le meilleur opposant dans la course à la succession de F.Hollande à la tête du PS ou pour faire avancer leur propre idée même si cela n’a rien à voir avec le problème cité.

P.Moscovici a ouvert le bal en dénonçant « le silence assourdissant » du Président dès le lendemain des évènements du Tibet. C’est le même qui422681659.jpg dénonce le président qui parle tout le temps, sur tous les sujets, qui dénonçait il y a peu encore, l’hyperprésidence. D’ailleurs, permettez-moi une digression mais on n’entend plus la gauche parler de « coup d’éclat permanent », de Président omniprésent et toutes les bêtises qu’ils ont pu dire. Le harcèlement médiatique du président est passé à autre chose. Maintenant, c’est le président qui ne fait pas assez président ! Cela confirme bien que le président doit avancer sans se soucier de l’opposition et de ses slogans qui vont et viennent.

La sortie de P.Moscovici n’est pas sans rapport avec sa volonté de devenir le premier des socialistes au congrès de novembre. D’ailleurs, ces dernières semaines, il multiplie les sorties contre le président après avoir présidé la commission spéciale sur la libération des infirmières bulgares (qui n’a absolument rien donné, sinon on en aurait entendu parler !).

Ensuite, il y a eu J.Lang, en appelant à son « ami », B.Kouchner. Un moyen de tenter de semer la zizanie dans les rangs gouvernementaux et dans l’opinion en laissant supposer que le ministre des Affaires Etrangères n’a pas les mains libres et ne partage pas l’opinion du reste du gouvernement et du président. Il rappelle également au passage, que lui, quand il était au gouvernement de F.Mitterrand avec son « ami » Bernard, il avait reçu le dalaï-lama à plusieurs reprises. Concert d’autosatisfaction. Mais dans la réalité, cela n’a rien fait avancer de plus que les autres. Sauf peut-être à faire grandir sa cote de popularité…

Le plus beau est Denis Baupin qui nous raconte que si on ne veut pas boycotter les JO en Chine c’est parce qu’on espère vendre des centrales nucléaires et que si demain, le dalaï-lama veut des centrales pour le Tibet, on changera peut-être de camp. Premièrement, les autres pays ne vont pas boycotter non plus et pourtant ils ne vont pas vendre des centrales. Et surtout deuxièmement, c’est encore une totale méconnaissance de la réalité de nos politiques nombrilistes : le Dalaï-lama n’a pas de pouvoir temporel, juste spirituel, il n’a donc aucun pouvoir pour acheter des centrales et surtout, il ne gouverne aucun territoire et ne demande pas à en gouverner un (il souhaite seulement l’autonomie culturelle pour son peuple). Denis Baupin a juste cherché à faire le rapprochement entre une situation actuelle difficile et son cheval de bataille (opposition au nucléaire) tout en éreintant indirectement le président ; ce qui ne coûte rien, rapporte quelques points et fait toujours plaisir à son électorat et ses sympathisants.

623490836.jpgLe concert des hypocrites ne s’arrête pas là. On peut continuer avec S.Royal qui appelle à brandir la menace du boycott, elle qui, il y a un an, a été en Chine essayer de se donner une stature présidentielle. L’ex-premier ministre D.de Villepin également en disant qu’il faut clairement boycotter la cérémonie d’ouverture, lui qui a dirigé la diplomatie française pendant presque tout le second mandat de J.Chirac (ministre des affaires étrangères puis premier ministre). La situation était-elle différente ? Le Tibet n’était-il pas sous domination-repression chinoise, le dalaï-lama en exil, les moines déjà  arrêtés ? Des fois le cynisme en politique atteint des sommets…

23.03.2008

Une croissance molle, obligera à la rigueur…intellectuelle

Ni l'hypothèse de 2,25 % inscrite au budget 2008, ni le 2 % auquel Bercy s'accrochait depuis des mois, ne sont plus d'actualité. Le FMI l’estime à 1,5%, la Commission de Bruxelles à 1,7% ; C.Lagarde a reconnu la semaine dernière que la prévision de croissance serait revue en légère baisse et H.Novelli enfonçait le clou : « Nous devons dire la réalité de la situation économique de notre pays et des difficultés financières qui s'annoncent. »

Ce coup de frein tient à deux causes : la stagnation, qu’au mieux les Etats-Unis devraient connaitre en 2008 qui fera sentir ses effets et notre commerce extérieur, avec un euro durablement installé à plus 1,50 pour un dollar, qui freinera l’activité. La flambée des prix des prix de l’alimentation et de l’énergie qui devrait pousser l’inflation autour de 3% en France et les banques qui octroieront probablement leurs prêts aux entreprises avec parcimonie.

Une prévision de 1,5% n’a rien de catastrophique, c’est d’ailleurs le rythme moyen de croissance de France sur les 10 dernières années. Mais ce rythme vient contrarier les espoirs : il ne permettra pas de créer les emplois supplémentaires pour que le chômage continue à baisser substantiellement ni pour rééquilibrer les comptes sociaux dont la couleur du solde reste rouge depuis 10 ans (11,6 milliards en 2005 ; 8,7 en 2006 ; 11,7 en 2007 et prévision de 12,7 pour 2008). Et encore, cette prévision reposait sur une hypothèse d’inflation de 1,6%. Cette croissance molle ne permettra pas de réduire le déficit public du budget 2008, (prévu à 41,7 milliards et lui aussi en rouge depuis 30 ans) et en tout cas ne permettra pas de dégager les ressources nécessaires à d’ambitieux projets. Or nous devons nous situer à l’équilibre de nos finances publiques à l’horizon 2012, ce sont du moins les engagements que nous avons pris devant nos partenaires européens et aussi ceux qui ont été pris devant les électeurs.

Les caisses étant vides (N.Sarkozy conférence de presse du 8/01/2008) et même plus que vides (E.Woerth commission des finances 29/01/208), les seules marges disponibles seront celles qui seront créées.

D’où l’urgence de la révision des politiques publiques, lancée le 10 juillet 2007, dont les premières mesures pourraient voir le jour en 2008 et qui permettront après révision du périmètre des politiques publiques de rationaliser les dépenses publiques. La ligne est simple : c’est réduire les dépenses et pour cela diminuer les missions et le personnel de l’Etat et diminuer les impôts qui taxent la réussite, comme les impôts progressifs et les impôts sur le patrimoine. D’où l’urgence des réformes qui permettront à notre société de se décorseter et de libérer ses forces : pas des réformes réduites à des annonces fracassantes qui découragent les électeurs qui s’aperçoivent bien que le pouvoir ne cesse de reculer devant les syndicats, les corporations, les technocrates et les sondages. C’est aussi amorcer la totale réforme de l’assurance maladie et des retraites dont la progression des dépenses ne cesse de peser sur le coût du travail. D’où l’urgence à ne pas céder aux projets pharaoniques des experts (les 50 mégalopoles du projet Attali, ou un nouveau plan Calcul), qui toujours convaincus de la toute puissance de l’Etat, sont prêts à nous vendre à nouveau l’état dirigiste dans de nouveaux habits : le kit de croissance, prêt à l’emploi. Bref, à faire les réformes que nos voisins ont menées avant nous dans la plupart des 27 pays de l’Union européenne.

Il n’y a donc plus le choix de tergiverser et de céder aux intérêts particuliers ou électoralistes. Ca tombe bien finalement cette impopularité, il n’y a plus grand monde à ménager ; de toute façon, les réformes sont toujours impopulaires dans la mesure où elles remettent en cause dans l’immédiat des situations acquises et que les bénéfices ne se font sentir qu’en différé. Mais bon, N.Sarkozy n’a pas été élu pour être populaire ! S’il l’accepte et renonce à être le Président du pouvoir d’achat immédiat et en reste à celui qui disait « travaillez plus pour gagner plus » et l’assume avec la majorité parlementaire, le pays est conscient des réformes qui sont à produire ; à condition de ne pas reculer devant une corporation à forte capacité de nuisance, comme les taxis et les syndicats de transports et tous ceux que le changement va bousculer…

N.P. si tu nous lis... 

19.03.2008

Elections municipales : 2eme manche

La gauche est créditée à l'échelle nationale de 49,5% des suffrages contre 47,5% à la droite, ce qui constitue clairement une défaite à ces élections municipales et cantonales pour la droite. Oui, mais, la droite réalise 47,5% par ses propres forces, tandis que la gauche n’atteint la majorité qu’avec les voix du Modem et du PC. C’est dire que la gauche, va maintenant de Besancenot à Bayrou ! Autant parler d’un pâté d’alouette, dont la recette est composée moitié-moitié d’un cheval et d’une alouette. La gauche se trouve donc à devoir bâtir un programme commun sur lequel puisse se retrouver les tenants de l’anti-capitalisme (du futur parti d’O.Besancenot) et ceux de la social-démocratie (l’aile du PS qui s’allie au Modem). Autant dire que le PS est condamné à rester dans l’ambiguïté : il continuera à refuser les adaptations nécessaires pour affronter la mondialisation, évitera de parler de l’Europe, prônera l’augmentation du smic et la relance budgétaire et verrouillera toute réforme du marché du travail, des retraites et de la protection sociale : car son allié de ces élections, le Modem ne pèse plus très lourd, tandis que l’extrême-gauche en sort plutôt renforcée.

Ces résultats ont été obtenus avec un taux d'abstention de 34,5% ; que ce serait-il passé si les abstentionnistes avaient voté à gauche ? La gauche voit dans sa victoire la sanction de la politique « de régression » (S. Royal) du gouvernement ; ce que le sondage CSA contredit (70% des électeurs disent avoir voté en fonction de considérations purement locales). En réalité, la gauche a gagné grâce à l’abstention des électeurs de droite, vu l’absence d’alternative politique. Une partie de l’électorat de Nicolas Sarkozy, en n'allant pas voter, a fait connaître sa déception. Toutefois, 18 des 22 ministres qui se présentaient ont été élus ou réélus, ce qui témoigne d’une confiance dans le gouvernement, confirmée par les sondages (66% des électeurs souhaitent que F.Fillon reste 1er ministre).

Dimanche soir, F.Hollande a estimé que « la conclusion du président de la République doit être de corriger la politique qu'il a conduite depuis maintenant 10 mois ». Ce n’est pas ce que souhaitent les français : à 67%, ils veulent que les réformes annoncées se poursuivent, l’amélioration du pouvoir d’achat recueillant 66% d’opinions positives, les réformes permettant de limiter des dépenses de l’Etat 42%, l’aide aux catégories sociales les plus défavorisées 36%. Ces deux dernières priorités montrent une société étonnement consciente des changements nécessaires et qui est prête à ceux-ci.

Alors, au boulot ! Il reste à moderniser le marché du travail, à boucler le financement les retraites, à diminuer les dépenses de protection sociale et à enfin engager une baisse sérieuse des dépenses de l’Etat : tout cela afin de rendre du pouvoir d’achat aux français, de diminuer les charges sociales des entreprises et de permettre enfin les créations d’emploi et une diminution de la dette publique. Bref, ce pourquoi N.Sarkozy a été élu.

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