26.06.2008
Aubry, le mouvement et le PS
Martine Aubry invite le PS à incarner le "mouvement" dans sa pré-contribution de pré-congrès apportant sa pierre à la pré-rénovation, pré-contribution qui pourra se transformer en pré-motion et en pré-candidature au poste de secrétaire général du PS. Au-delà du fait qu'il soit très drôle que ce soit la "Dame des 35 heures" qui fasse cette réflexion, cela sous-entend qu'actuellement, le PS n'est pas le parti du mouvement. Cela viendrait-il confirmer la thèse du candidat Sarkozy et plus généralement de la droite, à savoir que le mouvement a désormais changé de camp, que le mouvement est à l'UMP et que le conservatisme est au PS ? Il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement sans mauvais jeu de mots. Cela ne fait, en fait que confirmer ce que tout le monde sait depuis déjà trop longtemps, le PS est un parti conservateur qui ne défend plus rien sur rien si ce n'est le statut quo et dont la seule préoccupation est la guerre des petits chefs. Le dernier de la longue liste a l'avoir dit est Michel Charasse après son exclusion volontaire du PS.
Cela dit il y a du progrès, car de l'acceptation vient la guérison. Et puis, il y a d'autres raisons d'espérer dans la contribution de Martine Aubry, déjà elle ne propose pas les 32 heures même si elle soutient encore mais mollement que les 35 heures ont créé des emplois (cela n'apparaît que dans un seul paragraphe de sa contribution). On pouvait le craindre car si elle croit encore que le passage de 39 heures à 35 heures a créé des emplois, le passage de 35 à 32 devrait en créer également selon le même raisonnement. Il y a également une phrase qui marque une véritable révolution même si elle n'est que langagière pour l'instant : pour construire «une société fraternelle», elle appelle le PS à «dire clairement que de chaque droit découlent des devoirs envers la société». Cela voudrait-il dire que Martine Aubry reconnaît que le PS a toujours été très généreux en droits et en aides sans attendre que les bénéficiaires respectent leurs devoirs ? Va-t-on vers un soutien du PS à l'obligations pour les chômeurs d'accepter une offre valable d'emploi après 2 refus ou encore la réévaluation de la situation financière des bénéficiaires de HLM tous les 3 ans...Il faudra voir les faits qui découleront des mots.
Et gardons le plus beau pour la fin, «il faut repenser en profondeur notre modèle social, car celui qui est issu de la Libération n'est plus performant» ; le PS serait-il enfin sorti de son culte du modèle-social-français-que-le-monde-nous-envie-et-qui-marche-si-bien ? Il y a aussi des phrases comme «pour redistribuer les richesses, il faut d'abord les produire» qui incite à l'optimisme sur l'avenir du PS. Cependant, il faudra regarder dans le détail les propositions concrètes qui sortiront de cette contribution (je ne vous cacherai pas que je n'ai pas lu toute la contribution : 56 pages de verbiage c'est dur) car il y a également des idées qui inquiètent car chacun peut y trouver son compte, des libéraux façon DSK aux libéraux façon Delanoe en passant par tout le reste du PS. Par exemple «la liberté individuelle n'existe pas sans protections collectives», c'est-à-dire ? Comme si actuellement, des protections collectives n'existaient pas ? Cela ne revient-il pas dans un esprit socialiste à justifier l'intervention de l'Etat partout et tout le temps ? Mais le survol de la contribution de Martine Aubry m'a amené à une autre réflexion : comment font les socialistes alors qu'ils déposent des pré-contributions, des contributions, des motions tous les 4 du mois pour ne pas avoir de programme qui tient la route ? Ils passent leur temps à en écrire mais sont incapables d'en tirer un tout cohérent. Peut-être que l'erreur vient de la recherche permanente de la synthèse...
06:29 Publié dans Opposition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aubry, ps, contribution, congrès, 35 heures
26.05.2008
Après l’économie de marché, le libéralisme : qui dit mieux ?
« Je suis libéral…Les socialistes doivent accepter pleinement le libéralisme ». Je suis de ceux qui, considèrent cette déclaration comme un signe majeur, de ce qui sera peut-être un tournant décisif dans la vie politique française. Déjà, ça nous change des imprécations de la gauche contre les ravages de l’ultralibéralisme de la politique du gouvernement, source de toutes nos difficultés !
Ensuite, ça ouvre une brèche dans la gauche, entre ceux qui justement rejettent toute idée de libéralisme et même jusqu’au mot (1) et ceux qui parlant pudiquement de social démocratie en ont accepté le principe, sans toutefois oser en parler. Dans la 1ère catégorie, les fabusiens, dont l’un d’entre deux déclarait «B.Delanoë a beau critiquer S.Royal, il partage avec elle une certaine dérive droitière », S.Royal elle-même qui juge totalement incompatible d’être à la fois libéral et socialiste, les 3 B ( O.Besancenot, J.Bové, M-G.Buffet) et A.Laguiller pour lesquels la dictature du prolétariat et la collectivisation des moyens de production restent les dogmes absolus. Dans la seconde, les strauss-khaniens qui se réjouissent de la conversion de B.Delanoe et tous ceux qui estimeront que la motion Delanoe aura plus de chance de réunir une majorité que celle de S.Royal. Le congrès approchant, cette déclaration d’amour au libéralisme clivera, au fil des réactions, le PS. B.Delanoe, fait donc un pari sur ces électeurs de gauche, soucieux d’une économie qui marche et qui se sont partagés entre S.Royal et F.Bayrou au 1er tour de l’élection présidentielle : 25,9% et 18,6% qui font quand même un joli paquet, s’il arrive à les réunir. Symétriquement, cela signifie aussi qu’il a fait une croix sur les voix de la gauche traditionnelle, position qu’il a résumée clairement « il faut choisr, la synthèse est morte ». Déjà, que le PS venait de se réclamer de l’économie de marché…ça va peut-être faire beaucoup pour certains…
Mais ceci n’est pas le plus important : B.Delanoe s’est fait une spécialité de ne dire que des évidences et d’adopter les points de vue consensuels au fur et à mesure de leur émergence. Il est bien pensant, boboïsant, écolo, droit de l’hommiste, pour la réflexion collective, pratique les débats participatifs, a fait le Dalaï-lama, citoy,en d’honneur de la ville de Paris et s’apprête à rendre hommage à la culture palestienne après avoir fait une visite de solidarité à Israël ! Donc, il vient de se réveiller libéral !
Donc, bonne nouvelle : le libéralisme est une valeur qui monte puisque B.Delanoe cherche à séduire ceux qui commencent à y trouver de l’attrait. Bien sûr, il n’en retient que la partie la mieux partagée et s’il incarne parfaitement, le libéralisme sociétal, il confond quand même libéral et libertaire : ainsi, il déclare « l’abolition de la peine de mort, les radios libres, le pacs, la parité, c’est du libéralisme ! »(2). S’il pense que le libéralisme consiste à mieux gérer l’Etat et les services publics (ce qui est évidemment une bonne chose), je ne l’ai pas encore entendu proposer de limiter son rôle aux fonctions que le privé ne peut exercer : d’ailleurs, il a déjà mis un bémol à son libéralisme tout neuf en écrivant que celui-ci « ne saurait consister en un désengagement de l’Etat et au laisser-faire économique ».
Enfin, il met une pierre dans le jardin de la droite : « le libéralisme, c’est le contraire, c’est la tolérance devant les démarches individuelles. « Je suis libéral, la droite ne l’est pas ». Venant d’un socialiste de longue date, ça fait plaisir de lire ça : j’espère que les démarches individuelles dont il parle ne se limitent pas à la conversion au bouddhisme, à la participation aux forums alter-mondialistes et à l’animation d’associations de quartier ! Mais il est vrai que le libéralisme économique n’est pas au rendez-vous de cette 1ère année de sarkozisme : de nouvelles taxes sont nées, d’autres se préparent, les professions réglementées le sont toujours, les niches fiscales sont encore bien gardées et l’Etat continue à nous confisquer 54% de la richesse produite pour la dépenser de façon peu efficace, toujours conservatrice et la plupart du temps plus selon le pouvoir de nuisance des bénéficiaires qu’en fonction des nécessités économiques.
Tout ça pour le sacre de Reims !
(1) le mot de libéralisme est tellement synonyme de précarité, de dégâts, de violence que ce n’est pas possible de le réhabiliter (Canal +)
(2) Aujourd’hui, sur Europe1
00:18 Publié dans Opposition | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : libéral, royal, delanoe, libéralisme, reims, socialistes
22.04.2008
B.Delanoe roi des bobos
Hier, lors du premier Conseil de Paris, la proposition de B.Delanoe de faire le dalaï-lama citoyen d’honneur de la ville de Paris a été votée par un Conseil dégarni ; les élus de l’UMP, du Centre et Indépendant, du MRC et les communistes n’ont pas pris part au vote. Seuls les Verts et le PS (avec quelques absents également dans ses rangs) ont voté pour. Cette proposition a été votée pour saluer le «partisan inlassable du dialogue entre les peuples» selon la formule du Maire de Paris.
En tout cas, il y a un titre qu’il n’est pas besoin de soumettre au vote pour l'attribuer au Maire de Paris, celui de roi des bobos. Parce que cette mesure, qui n’engage à rien, n’est faite que pour contenter son électorat parisien. Après avoir mis une banderole pour défendre les droits de l’homme « partout dans le monde » au moment du passage de la flamme à Paris, le voilà qui continue à satisfaire son électorat droits-de-l’hommiste de la capitale et du PS (cachez ce Congrès que je ne saurais voir). D’ailleurs, il est marrant de noter comment le maire de Paris colle parfaitement à l’actualité : le Tibet quand c’est la période, I.Betancourt quand les caméras sont braquées sur ce sujet, l’Irak (oui oui souvenez-vous ça avait déjà commencé avec F.Aubenas)… Le maire de Paris est devenu le spécialiste des inaugurations de banderoles dans l’air du temps sur la façade de l’Hôtel de Ville, histoire de créer l’évènement et d’attirer un peu les caméras…
Mais il faut dire que c’est assez facile de faire plaisir à une partie d'électorat. Faire citoyen d’honneur de la Ville de Paris n’engage à rien ou presque et si quelqu’un doit payer le prix un jour, ce sera le Président de la République qui devra expliquer aux dirigeants chinois que le Maire de Paris est le roi des bobos et que cela n’est destiné qu’à de la politique intérieure française et qu'il n’a rien contre les chinois. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, le PS ne soutient le dalaï-lama que pour des raisons de politique intérieure voire politicienne, parce que le Tibet (et tout ce qui est rattaché, le bouddhisme, la non-violence, la paix dans le monde…) a les faveurs des biens pensants (qui sont également un support de poids du PS et très influent dans les médias notamment) contre les méchants chinois qu’ils ont soutenus voire adulés étant plus jeunes mais désormais traitres à la cause car convertis au capitalisme. Le dalaï-lama est pourtant à l’opposé même des principes du PS : c’est un chef religieux qui veut que son pays vive selon cette religion et qui a des positions très « rétrogrades » (dans la vision du PS) vis-à-vis des sujets sociétaux. On voit d'ailleurs comment le PS est tiraillé sur la question entre leur fond anti-clérical et leur droit-de-l'hommisme comme alpha et oméga de toute politique étrangère (quand ils sont dans l'opposition).
08:13 Publié dans Opposition | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : delanoe, tibet, dalai-lama, chine, jo, boycott
30.12.2007
F.Hollande, la dénonciation et le chemin de croix
Avez-vous remarqué le nombre de fois où F.Hollande dénonce le Président de la République ? Aujourd’hui, il dénonce le « narcissisme » de Nicolas Sarkozy. Il y a peu de temps, c’était la visite de Kadhafi qu'il dénonçait, avant la question du pouvoir d’achat, l’avion de Bolloré, le désordre de Villiers-le-Bel, les grèves, les réformes, les cadeaux aux riches…Encore avant c’était les promesses de campagne et maintenant, il dénonce la rupture avec les promesses de campagnes. A s’y perdre…F.Hollande passe son temps à dénoncer le Président. Pas une semaine sans sa sacro-sainte dénonciation. Il va bientôt quitter ses fonctions de premier secrétaire du PS (ce qui fera le plus grand bien au PS) et on pourra lui attribuer le titre de grand « dénonceur » en chef. La multiplicité des angles d’attaque ne produit aucun effet, F.Hollande n’a toujours pas trouvé celui qui parlerait à l’opinion ni même à ses compagnons du PS. Le Président est tranquille de ce côté avec une Gauche totalement paralysée. Elle multiplie les attaques sur la forme simplement pour masquer cette évidence : elle est d’accord sur le fond de tout ce qui est près d’être fait par le Président.
C’est le véritable drame de la gauche. Ne rien avoir à redire sur la politique de Sarkozy, autre que sur la forme, tant ils savent que le chemin du redressement de notre pays passe par là. Ne représentant pas une alternative au niveau national, le socialisme est en passe de redevenir le mouvement d’essence locale dont F.Mitterrand l’avait tiré. Un chemin de croix qui risque de durer comme l’a bien compris A.Montebourg en choisissant de tenter de devenir président de Conseil Général (des « responsabilités » qu’il n’obtiendra sûrement pas au niveau national) au prix du reniement de ses convictions les plus profondes sur le cumul des mandats.
Les socialistes se prendraient même à rêver que N.Sarkozy réussisse et réussisse vite. Cela leur permettra d’envisager de gagner des élections nationales en promettant de dépenser à nouveau l’argent de l’Etat et de remettre en l’air un modèle social qui se serait remis à marcher sous couvert de bons sentiments (car un modèle social qui fonctionne n’est jamais parfait mais assume ses déséquilibres avec son lot d’injustices et de contradictions). En tout cas, on peut juste souhaiter à F.Hollande qu’il prenne quelques vacances, l’année 2007 a été mauvaise et il lui faudra bien du courage pour les années qui viennent…
12:10 Publié dans Opposition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hollande, dénonce, narcissisme, Sarkozy, PS, Mitterrand, Montebourg
04.11.2007
Et pendant ce temps-là, à gauche (tic tac tic tac*)
Il y a un moment que les affaires de la gauche ne passionnent plus les foules ni les médias. Faut bien que quelqu’un se dévoue et donc cette semaine, c’est ici que nous allons faire le point sur ce qu’il se passe dans l’hémisphère gauche politique français.
Déchirée, entre les partisans du non qui ne veulent pas assumer un 2ème blocage de l’Europe et se retranchent derrière un « déni de démocratie » pour ne pas prendre position et les partisans du « oui » qui jubilent sans le dire du mode de ratification et de l’embarras de leur compagnons nonistes, la direction du PS passe son temps à louvoyer pour ne pas ressusciter la crise de 2005. Le seul courage du PS, qui est fondamentalement européiste depuis Mitterrand/Delors, va bientôt se résumer à « déplorer » la faiblesse des avancées du texte et son mode de ratification pour ne pas donner un trop grand satisfecit au président Sarkozy…C’est beau le courage...
Au milieu de tout ça, le politburo, dans l’embarras sur presque tous les sujets, se réunit pour ne rien décider et se disputer sur la place des virgules dans les communiqués finaux pour ne pas fâcher les sensibilités des uns et des autres. Les écuries présidentielles se sont remises à fonctionner au maximum en vue du prochain congrès d’après-municipales. Depuis le départ de leur leader au FMI, les partisans de DSK consultent à tout va pour essayer de ne pas disparaître. La gauche du parti va vers l’éclatement avec ceux qui veulent se recentrer un peu pour rester en phase avec l’opinion et ceux qui sont tentés par l’aventure au vu du soutien de la base à la ligne traditionnelle du parti d’Epinay. Les jeunes loups tentent de former leur propre écurie. Les tenants de la ligne de l’actuelle direction se rangent de plus en plus derrière B.Delanoé pour éviter une prise de pouvoir par S. Royal qui de son côté, ne trouve pas grand-chose de mieux à faire que d’attaquer les éditeurs du livre de C.Allègre pour diffamation. D'ailleurs, S.Royal a fait une petite virée en Argentine cette semaine pour poser aux côtés de Cristina Kichner. Elle a pu avoir sa dose de confetti et enfin gouter à une victoire, une vraie, une où tu gagnes à la fin. Pas une de celles qu'elle nous promettait quand elle disait nous emmener vers d'autres victoires au soir du 6 mai.
Le PS s’écharpe aussi sur le sujet des municipales. En interne, à propos des candidats parachutés et ceux issus de la diversité. Et en externe avec les partenaires communistes qui ne veulent pas voir leurs bastions concurrencés par une liste PS au premier tour car l’issue pourrait être désastreuse pour un parti au bord du gouffre électoral et financier. La ceinture rouge risque d’être le théâtre d’une bataille décisive pour la survie du PC avec la symbolique présidence du Conseil Général de Seine-Saint-Denis que C.Bartolone voudrait bien conquérir pour assoir son rôle dans le courant gauche au sein du PS…
A l’extrême-gauche, l’initiative de la LCR continue de créer un grande trouble dans l’ensemble des formations d’extrême-gauche. Le petit facteur est peut-être en train de réussir son pari de fédérer ce qu’il reste des trotskistes-altermondialistes-écologistes radicaux. A suivre…
Et puis, il y a Bayrou, qui même s’il n’est pas à gauche, a toute sa place dans ce billet. Déchiré entre un appareil de centre-droit qui penche vers l’UMP pour sauver des fauteuils aux municipales et des militants principalement venus du centre-gauche et revendiquant une indépendance à toute épreuve, le voilà qui attend avec grande impatience le congrès UDF-Modem pour finaliser un grand parti bayrouiste ni à droite ni à gauche ni au centre, un parti totalement dévoué à la cause de son chef. Quand les européistes parlementaristes découvrent le néobonarpartisme, on peut s’attendre à quelques surprises…
Voilà pour cette semaine mais ne comptez pas non plus sur moi chaque semaine, faudra trouver d’autres blogs pour avoir des news de la gauche car, un week-end, me consacrer à leur tambouille incompréhensible…
* Pour les nostalgiques, souvenez-vous des Guignols et du clip sur le parti communiste avec R.Hue...
00:30 Publié dans Opposition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, Royal, Fabius, Hollande, Europe, traité simplifié, Sarkozy
02.11.2007
Jospin ; « tout antifascisme n’était que du théâtre ».
Aujourd’hui, une pépite trouvée chez Incandescences.
C’est le même qui déclarait le 17 mars à Lens : « M. Sarkozy représente un vrai danger pour le fonctionnement normal de la République » et pour qui l'idée de créer un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale est « un exemple d'absence honnêteté intellectuelle ».
L.Jospin a donc changé. Il est maintenant attaché à l’identité nationale ; tant mieux. « Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer ». Le candidat Sarkozy n’aurait pas dit mieux pendant la campagne présidentielle. Sera-t-il la nouvelle prise dans les filets de l’ouverture avec une mission sur les moyens de renforcer l’identité nationale ?
Plus sérieusement, ces déclarations confirment ce que nous pensions depuis des années. Le cynisme du PS n’a que peu de limites. Après avoir passé 30 ans à diaboliser et discréditer tout discours sur la Nation, l’immigration, l’intégration, l’identité nationale, voilà que cet ancien premier ministre PS nous dit que lui aussi est attaché à ces valeurs et tient un discours proche de N.Sarkozy ou J.Chirac en son temps. Deux personnalités diabolisées et accusées de flirter avec l’extrême-droite.
Ses déclarations montrent bien que la menace Le Pen est une pure invention du cynisme du PS. La diabolisation d’un parti de droite populiste et nationaliste en un parti fasciste n’était que du théâtre. Le FN n’a jamais représenté une menace fasciste. Tout cela n’a été instrumentalisé que pour diviser la droite et discréditer ses thèmes. Belle stratégie électorale du maître de l’intrigue F.Mitterrand, après ses échecs face à la droite gaullienne, poursuivie par L.Jospin jusqu’à S.Royal et F.Hollande.
Mais combien de personnes sont tombées dans ces pièges ? Combien croyaient vraiment faire barrage au fascisme, au retour d’une époque sombre de notre Histoire ? Cette instrumentalisation de l’Histoire, des peurs légitimes à des fins électorales est une des belles grandes bassesses de la politique. Qu’il aille dire aux militants de SOS Racisme, de la LICRA, de la LDH, à ceux qui ont rejoint un « front républicain », que tout cela n’était que du théâtre et qu’ils n’étaient que les pantins des stratèges de la Rue de Solférino.
Ce cynisme sur l’identité nationale, les luttes antifascistes, la Nation, l’immigration en rappelle d’autres. Celui sur l’argent, bien sûr, où les mêmes déclarent qu’ils n’aiment pas les riches et vivent dans les Palais de la République depuis tant d’années. Le cynisme sur l’économie, où les mêmes prônent des mesures contraires à l’intérêt général du pays et de ses citoyens pour quelques voix (35 heures, SMIC à 1500 euros, ISF…). Le cynisme sur l’Ecole où pour satisfaire les syndicats d’enseignants, ils ont cassé notre bien le plus précieux transmis à nos enfants depuis Jules Ferry. Le cynisme sur les services publics où la défense des intérêts catégoriels passe avant la défense de l’intérêt général…
Le cynisme est la base du programme du PS depuis 25 ans et le tournant de la rigueur. Avant, ils ne savaient pas. Depuis, ils savent mais concilient l’inconciliable. Le ver est dans le fruit comme dit le proverbe. La rénovation du PS doit l’expulser, séparant, ceux acceptent l’économie de marché, le monde tel qu’il est et qui sont prêts aux compromis de ceux pour qui, seuls les comptent les idéaux et qui n’acceptent aucun compromis. L’alliance de ces deux gauches au prix du cynisme et de la duplicité doit être une époque révolue pour le bien de notre démocratie et de notre pays.
10:10 Publié dans Opposition | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Jospin, FN, fascisme, cynisme, identité nationale, rénovation, PS
19.08.2007
C'est la rentrée 2 : Razzye Hammadi perspicace
Le président du Mouvement des jeunes socialistes, en pleine forme après ses vacances a déclaré : « Dès le 99ème jour, les Français ont vu qu'ils avaient été trompés » quand le Conseil constitutionnel a retoqué la rétroactivité de la déduction des intérêts d'emprunt, l'une de ses principales promesses de campagne de Nicolas Sarkozy.
Ainsi, le candidat Sarkozy, avait fait une promesse de campagne, la déductibilité des intérêts d’emprunt en cours de moins de 5 ans, parce qu’il savait que le Conseil Constitutionnel écarterait cette mesure au motif qu’elle romprait l’égalité des citoyens devant la loi fiscale. D’ailleurs, le parti socialiste et lui-même s’étaient élevés devant cette mesure inique et avaient déposé un recours devant ces juges. Non, ah bon…
18:05 Publié dans Opposition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : intérêts d'emprunt, Hammadi
C’est la rentrée 1: F.Hollande très offensif sur la forme et prophète de mesures déjà annoncées
Le bilan des 100 premiers jours aurait pu être terrible et F.Hollande aurait pu tonner, pêle-mêle, sur la remise en cause des 35 heures, le smic sans coup de pouce, le calcul biaisé du nombre de chômeurs, la remise en cause de l’indépendance de la justice, les universités désormais gouvernées par un CA non démocratique, les cadeaux fiscaux faits aux riches, le démantèlement du modèle social, l’Europe atlantiste et ultra libérale… Et bien non : ce qui soucie F.Hollande, c’est la forme : « Le défaut de transparence est ce qui caractérise le plus les 100 jours de Nicolas Sarkozy ».
Les vacances de N.Sarkozy ont été transparentes : photos publiées, coûts de location connus, invitations connues, jogging et baignades filmées : donc pas de problème : « N.Sarkozy a le droit de prendre des vacances où il veut, avec qui il veut. Nous ne sommes pas là pour surveiller et ses destinations et ses dépenses ». Et pan sur R.Dosière qui a passé 15 jours à polémiquer sur le coût de ces vacances et sur Montebourg qui voulait les faire payer aux contribuables.
Ce qui l’ennuie, c’est qu’on lui cache tout : « On ne nous dit pas exactement ce qu'ont été les contreparties de la libération des infirmières bulgares ; on ne nous dit pas ce qu'a été le choix économique du gouvernement ; on ne nous dit pas ce qu'est la situation de l'endettement du pays ». Un membre du bureau national résume bien, cette nouvelle orientation : « Nous sommes devenus le parti des commissions d'enquête et des saisines du Conseil constitutionnel ».
Ce défaut de transparence, est un indice net de ce qui va arriver et il nous livre ses craintes pour la rentrée : « une facture qui va être présentée aux Français, peut-être dès la rentrée : franchises médicales, la TVA dite sociale, ou encore une contribution qui va être imposée sur tous les Français, compte tenu du déficit de la sécurité sociale, la CRDS ».
Coté sécurité sociale : la commission des comptes de la Sécurité sociale a publié début juillet, tout a fait confidentiellement sur son site, les résultats prévisionnels du régime général de l’assurance maladie pour 2007 ; déficit attendu 12 milliards d’euros, imputable aux branches maladie (6,4 milliards) et vieillesse (4,7 milliards). Cause de ces déficits ; reprise des dépenses liées aux arrêts maladie de courte durée et au remboursement des médicaments pour la 1ere et nombre accru de départs en retraite pour la seconde.
R.Bachelot, ministre de la Santé, et E.Woerth, ministre du Budget, ont présenté, le 4 juillet les mesures de redressement de l’assurance maladie que le Gouvernement souhaite mettre en place : baisse des tarifs d’actes de radiologie et de biologie, remboursement à 50 % de la consultation pour les assurés n’ayant pas de médecin traitant, généralisation du tiers payant aux patients qui acceptent la substitution générique, plafond du forfait par acte médical porté à 4 euros par jour, lutte contre les fraudes, gel du Fonds d’intervention pour la qualité des soins de ville au titre du dossier médical personnel, mobilisation des professionnels de santé sur une maîtrise médicalisée des dépenses, incitation des établissements hospitaliers à recourir davantage à la chirurgie ambulatoire. L’instauration de franchises pourrait être la nouvelle ressource pour financer les soins palliatifs et la maladie d’Alzheimer.
En nous présentant ses craintes de facture qui serait présentée aux français, F.Hollande se réveille-t-il d’un grand sommeil ? L’étude de ces mesures a été clairement annoncée le 4 juillet. Où est le défaut de transparence ? Croit-il possible que l’on puisse se passer de mesures pour endiguer ce déficit qui s’accroit chaque année ? (8 milliards en 2006, 12 en 2007)
Coté endettement : Depuis le rapport Peberau de décembre 2005, les chiffres de l’endettement sont régulièrement mis à jour : 1142 milliards d’euros fin 2006 selon le très confidentiel rapport de la Cour des comptes. Pour 2007, c’est encore opaque, certes, puisque l’année n’est pas encore terminée…
Concernant la libération des infirmières bulgares, tout n’a pas été transparent : mais peut-on imaginer de rendre publique une négociation alors qu’elle se déroule ? Une commission d’enquête parlementaire sera formée à la rentrée : elle devrait obtenir toutes les informations des personnes qu’elle souhaitera entendre.
La rénovation du « logiciel socialiste » est donc en marche, puisque le 1er d’entre eux, fait maintenant de la transparence, son exigence n°1. Nous attendons avec impatience les universités d’été de La Rochelle et leurs comptes-rendus transparents.
17:15 Publié dans Opposition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transparence, Hollande, Sarkozy, facture, la Rochelle
07.07.2007
Changement de culture au PS
La vérité est simple. Depuis 1988, le PS n'a gagné qu'une seule élection nationale, les législatives de 1997, à la suite de la dissolution après 2 années de gouvernement Juppé et à la faveur de 72 triangulaires avec le FN. Autant dire que la droite n'est pas pour rien dans cette victoire…
La vérité est que depuis 1988, le monde a changé. Le Mur de Berlin est tombé et les vieilles idéologies au premier rang desquelles le marxisme sont tombées avec. Tous les autres pays européens, toutes les gauches européennes en ont tiré les conséquences, pas le PS. Une véritable révolution économique a eu lieu ces dernières décennies. La mondialisation s'est mise en marche, de nouveaux géants ont émergé venant concurrencer les entreprises françaises, mettant à mal le modèle social basé sur l'état-providence. Toute personne confrontée au monde de l'entreprise le sait. Justement, c'est ici que se trouve le problème. Le PS n'est pas confronté au monde de l'entreprise, ses cadres proviennent essentiellement de la fonction publique et sa base se trouve du côté des protégés de la mondialisation.
Depuis 1988, les repères nationaux se sont aussi modifiés : montée de la délinquance, assistanat généralisé, immigration incontrôlée, échecs de l'intégration, faillite de l'école et de l'université, ascenseur social en panne, disparition des valeurs ont entraîné une exaspération. L'électorat populaire, base du PS inclus, a été la première victime de cette perte de repères. Mais là, ce sont les cadres du PS qui sont déconnectés, qui feignent d'ignorer tous ces problèmes, toutes ces attentes. La désaffection des classes populaires pour ce parti le montrent bien. Seuls les bataillons de la fonction publique n'ont pas encore déserté.
Depuis 1998, la gauche ne s'impose pas, ne convint pas et pire que tout, ne change pas. Le cycle d'Epinay basé sur l'alliance des gauches n'est toujours pas refermé. La culture de l'excuse a permis de rejeter toutes les défaites, de ne rien changer, de ne jamais se remettre en cause. Le 1er tour des législatives, la faute aux jeunes qui ne sont pas allés voter. La défaite à la présidentielle, la faute aux éléphants qui n'ont pas soutenu la candidate, aux médias qui ont fait la campagne de Sarkozy, à Sarkozy qui avait les moyens de l'état pour faire campagne. L'élimination de Jospin au 1er tour en 2002, la faute à l'actualité, à l'insécurité, à une campagne déformée par les médias, encore eux. Les échecs de la gauche au pouvoir, la faute à la mondialisation, aux patrons, à l'Europe, aux autres, toujours… Et pourtant, une véritable rénovation est inexorable. Les pratiques, la doctrine, les positions du PS sur l'économie de marché, la société, l'entreprise, la délinquance, l'immigration, la place et le rôle de l'état ne sont plus en phase avec la société et doivent changer. 5 années ne seront pas de trop tellement le retard accumulé est gigantesque.
Le PS dispose d'une opportunité inespérée pour effectuer sa rénovation : l'esprit d'ouverture du Président dans le fonctionnement de notre démocratie. Sa volonté non-partisane d'aborder certains sujets tels que les institutions ou l'Europe, la place qu'il veut donner à l'opposition dans le fonctionnement de la vie politique, le dialogue qu'il entend instaurer avec tous les acteurs de la vie politique et sociale pourrait faciliter la rénovation du PS.
Manuel Valls adressant un satisfecit à F.Fillon pour son discours de politique, J.Lang jugeant satisfaisante la réforme des universités et DSK saluant le travail du Président sur l'Europe sont peut-être les premiers signes de l'abandon de l'opposition frontale théorisée par L.Fabius. Mais les défenseurs de cette doctrine n'ont pas encore baissé les bras. J.M.Ayrault semble en être l'avant-garde. Ses menaces d'exclure J.Lang du groupe PS ou encore le rappel à l'ordre de M.Valls sont les échos de cette bataille interne.
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02.07.2007
Pourquoi changer ?
Discours du 16 juin de F.Hollande
« Ce résultat consacre néanmoins la volonté de notre pays de donner à, avec l’UMP, tous les moyens que celui-ci réclamait pour agir pendant cinq ans. La droite qui voulait détenir tous les pouvoirs a désormais toutes les responsabilités. Je souhaite qu’elle en fasse le meilleur usage pour la France et pour la construction de l’Europe, qu’elle résiste aux tentations de la régression sociale, de l’autoritarisme et de la partialité de l’Etat. Son échec, après tant de promesses distribuées, au plan fiscal, et tant d’affirmations péremptoires en matière de lutte contre l’insécurité serait lourd de conséquence pour l’idée même de la politique et pour notre avenir commun.
C’est la raison pour laquelle nul ne doit en faire le pari. La gauche connaît une défaite, disons honorable et dont la sévérité est amplifiée par le mode de scrutin. Les socialistes sont maintenant la force principale de l’opposition avec plus de cent soixante sièges. Nous aurons à cœur de servir leur pays et les citoyens en affirmant les valeurs de la république, en étant vigilants, combatifs sur les textes qui seront soumis à la discussion au Parlement où ils veilleront à formuler, chaque fois que cela sera nécessaire, des propositions constructives.
Mais les socialistes ont aussi à préparer dès à présent les conditions d’une nouvelle alternance. Ils y parviendront en revenant sans fards et sans faux semblants sur les causes de la défaite aux deux derniers scrutins. Ils y réussiront dans l’unité en instaurant un dialogue approfondi avec les citoyens et leurs représentants, les syndicats et les associations. Enfin, ils doivent travailler sans précipitation mais avec obstination pour formuler un nouveau projet pour le pays. Cette reconstruction est indispensable pour la démocratie bien sûr mais pour l’avenir même de la gauche en associant largement tous nos partenaires et même toutes les forces politiques, sociales et associatives qui voudront, dans le respect de leur identité se joindre à nous ».
C’était le 16 juin 2002. Fr.Hollande était resté 1er secrétaire du parti socialiste et dans la foulée, J-M.Ayrault avait été reconduit dans ses fonctions de président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Une différence quand même : F.Hollande avait fait entrer, peu de temps après, L.Fabius au Bureau national, cette semaine c’est L.Fabius qui en est sorti. Ca change tout.
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