08.05.2008

Ouverture des commerces le dimanche : la droite honteuse et bureaucratique

552075899.jpgL’ouverture des commerces le dimanche revient sur le devant de la scène. Le député UMP Richard Maillé a déposé une proposition de loi le 17 avril qui sera examinéz au Parlement fin mai, autorisant l'ouverture de certains magasins dans certaines zones et sous certaines conditions. Je ne reviendrai que très peu sur pourquoi il est bon d’ouvrir les commerces le dimanche : libérer le travail le dimanche, c'est faciliter la consommation, créer des emplois, donner du pouvoir d'achat et donc soutenir la croissance, ouvrir les magasins le dimanches c’est également simplifier la vie de nombreux français qui travaillent toute la semaine, c’est également s’adapter à l’évolution du monde avec la concurrence des site internet ouverts 24 heures sur 24. Je ne reviendrai que très peu également sur la mauvaise foi des syndicats qui se battent pour la défense du dogme, contre de nombreux salariés car cela leur permet surtout de se refaire une trésorerie (eh oui ! Les astreintes auxquelles sont condamnées les enseignes vont directement dans les poches des syndicats). Ni même sur le fait que cette proposition était une des promesses de campagne du président Sarkozy. Non la question même de l’ouverture ne fait pas débat pour moi, ce qui me choque se trouve autre part.

Tout d’abord, la justification donnée par le député UMP Richard Mallié, "il n'est pas question de revenir sur le travail le dimanche, il s'agit d'essayer de trouver une solution à des problèmes locaux". R.Maillé est député de la circonscription de Plan de Campagne, donc quand il parle de problèmes locaux, il parle de ses problèmes locaux. C’est de bonne guerre qu’un député soit également le défenseur des électeurs de sa circonscription. Mais pourquoi réduire la question de l’ouverture des commerces le dimanche à des problèmes locaux ? Pourquoi être sur la défensive à ce point en prenant toutes ces précautions de langage, pour ménager qui ? Pourquoi ne pas assumer nos propres idées, quand en plus elles sont bonnes et surtout ne pas dire clairement que nous sommes pour la liberté d’ouvrir les commerces le dimanche et pour le travail ce jour sur la base du volontariat avec un salaire soit majoré ? Je croyais que N.Sarkozy avait réussi à faire sortir la droite de son complexe d’infériorité idéologique face à la gauche, à transformer la « droite honteuse » des années Chirac en « droite décomplexée » de sa campagne, je vois qu’il reste du travail à faire…

La deuxième chose qui me choque est la proposition de loi elle-même, pas le fond, je l’ai déjà dit, mais les modalités de l’autorisation d’ouverture. Le parlementaire veut créer un nouveau machin, « zone d’attractivité commerciale exceptionnelle » et donner le pouvoir de décision au préfet (arbitraire ou critères clairement définis ?). Pourquoi faire encore intervenir l’Etat et des autorisations quand on connaît ce que coûte déjà notre bureaucratie et notre lourdeur administrative en termes de croissance ? La droite stigmatise toujours le « plus d’Etat » en termes de dépenses publiques de la gauche mais des fois, il faudrait également regarder ce que fait la droite elle-même avec la création de toute cette complexité administrative. Et d’un côté, la lourdeur administrative est plus perverse que la dépense publique car elle crée des dépenses publiques et pèse sur l’activité des entreprises. Double peine.

Et puis quelle injustice pour ceux qui ne seront pas dans ces zones d’attractivité commerciale exceptionnelle. Pourquoi les commerçants des centres ville n’auraient-ils pas le droit d’ouvrir leur magasin s’ils le veulent ? Quelles raisons poussent à avantager les grandes enseignes au détriment du petit commerce ? Cette loi va encore encourager le regroupement de magasins dans des zones commerciales qui déforment toutes les entrées des villes et cela au détriment des commerces de centre ville. On va dynamiser les centres commerciaux de périphérie et laisser les centres villes comme des musées. Les députés de droite sont sous la pression constante du lobby du petit commerce, ce n’est pas en l'empêchant d’ouvrir le dimanche qu’ils vont l'aider à résister aux grandes enseignes surtout si elles, elles ont le droit d'ouvrir. Pourquoi ne pas simplement dire que le commerce est autorisé à ouvrir les dimanches et que le travail est autorisé sous condition du volontariat des employés et de majoration de salaire ? Si l’ouverture le dimanche est bonne pour certains, elle peut être bonne pour les autres. Laissons les commerçants (petits ou grands) choisir s’ils veulent être ouverts ou non, décider ce qui est le mieux pour eux-même, ils le savent bien mieux que le législateur. N’alourdissons pas encore un secteur et plus généralement un pays qui croule déjà sous les réglementations en tout genre .

07.12.2007

Un droite libérale vous avez dit ? (2)

079bf2ce63e5409562df294ff22cdad8.jpgL’examen et le vote du projet de budget ont encore dooné lieu à la démonstration que nous avons une droite vraiment libérale en France, voire tendance ultralibérale…Au bilan de cette droite libérale en seulement une semaine, la création de deux trois nouvelles taxes : une sur le poisson de 2,6% des ventes afin d’aider les pêcheurs, l’éco-pastille, variable en fonction des voitures achetées et enfin, une taxe de 0,1% sur les paris hippiques.

Seul petit rayon de soleil pour les libéraux, l’élargissement de la gamme des placements qui donneront droit à une déduction de l’ISF ainsi que son relèvement à 25 000 euros au lieu de 10 000 euros. Toutefois, cela ne change pas le fond sur l’ISF, impôt antiéconomique qui pénalise la France considérablement. D’ailleurs, J.L.Zapatero, premier ministre espagnol socialiste, s’est engagé sur la voie de la suppression de l’impôt sur la fortune en Espagne afin « de rejoindre le peloton des pays européens », « au nom de l'égalité fiscale ». Concernant les autres impôts, J.L.Zapatero a déclaré « qu’il y a encore une marge de manœuvre pour les baisser prudemment ».

La France n’a pas besoin de nouveaux impôts ou de nouvelles réglementations. La France a seulement besoin que saute le carcan de l’Etat-providence pour libérer le potentiel des entreprises et de l’économie. L’Etat, redonnerait une saine croissance à notre pays et en dégagerait de nombreux moyens pour s’occuper plutôt des missions régaliennes qu’il a quelque peu abandonnées.

19.11.2007

Une droite libérale vous avez dit ?

eacdba08e01c99f1ed9a575f947ffa4d.jpgVendredi, le Sénat a adopté le PLFSS 2008, le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale, un budget plus conséquent que le budget de l'Etat. Procédure et texte très intéressants mais rasoir au possible pour les médias. Mais des fois, enfin souvent on y découvre des perles. Comme celle-là : l'obligation pour un employeur que l'effectif total de ses salariés compte au moins 8% de personnes âgées de 55 ans et plus, sous peine d'une astreinte annuelle d'environ 5.000 euros par employé manquant.

C'est-à-dire que les sénateurs, outre le fait assez choquant pour le moins d'assimiler les « vieux » aux handicapés, veulent imposer la composition des salariés dans les entreprises. On avait fait un grand pas pour les seniors avec la suppression de la contribution Delalande qui freinait leur embauche et voilà que la droite remet une contrainte pensant qu'elle favorisera l'emploi des seniors.

N'ont-ils pas compris que toute contrainte est vouée à l'échec car les contradictions sont à l'intérieur même de ces lois ? Quand vont-t-ils comprendre que dans une économie privée et ouverte, une contrainte de l'Etat ne résout rien ? Seule une incitation peut avoir un effet mais une contrainte n'équilibre jamais un déséquilibre, cela en créé un juste un deuxième. Et puis, cela fait 30 ans que l'on essaie par interventions successives de l'Etat de résoudre les problèmes de chômage des jeunes, des vieux, des non-qualifiés et depuis 30 ans, leur situation se dégrade. L'Etat coupe les 2 jambes à l'économie et aux agents économiques pour ensuite leur fournir des béquilles. Etat jacobin et tout-puissant quand tu nous tiens.