16.05.2008
La croissance meilleure que prévue fait taire les critiques pour quelques jours
Paquet fiscal, cadeaux pour les riches, 15 milliards pour les riches, politique économique injuste, inefficace, insoutenable, une politique de casse sociale, anti-pauvre…Que de critiques nous avons entendu sur la politique économique inefficace et injuste du gouvernement. La gauche qui dénonce les "subterfuges" et "dissimulations" du gouvernement sur la situation économique, le « travailler plus » qui ne marche pas, la croissance en berne, le plan de rigueur qui se prépare, le chômage qui repart à la hausse, l’augmentation de la TVA pour financer la dette et les cadeaux pour les riches, le PS crie « haro sur la politique économique du gouvernement », le gouvernement rattrapé par la réalité… Que de critiques annonciatrices de grands malheurs (qui se sont tous réalisés…ou pas) nous avons dû supporter...
Hier, comme par magie, certaines de ces critiques se sont tues pour quelques jours (ne doutez pas que la litanie reprendra bientôt, ils n’ont rien d’autre à dire). Pourquoi ? Parce que la croissance a été réévaluée à 2,2% en 2007 au lieu de 1,9%, c’est-à-dire que la croissance en 2007 (année des cadeaux pour les riches, de la politique économique injuste et inefficace) est en ligne avec les prévisions de C.Lagarde qui avait été chahutée par le PS qui l’accusait de ne pas regarder la réalité en face, aux cris « tout va bien madame la marquise ! » à l’Assemblée. La croissance et le pays finalement résistent aux subprimes, à la crise économique, à l’Euro trop fort et au pétrole trop cher, à la « crise du pouvoir d’achat » qui a pourtant augmenté de 3,3% en 2007… Première bonne nouvelle !
Mais il y en a une 2ème : la croissance au 1er trimestre 2008 est de 0,6% ce qui porte à 1,4% l’acquis de croissance (sauf récession avant la fin de l’année) soit déjà au niveau des prévisions pessimistes de la Commission européenne et de beaucoup d’ « experts » alors qu’il reste 3 trimestres pour faire mieux. Et en plus, cette croissance est tirée non pas par le moteur traditionnel, la consommation des ménages (avec une réinjection fictive de pouvoir d’achat financée par la dette type socialo-keynésienne sinon le pouvoir d’achat ne serait pas en crise) mais par les 2 autres, les exportations et l’investissement des entreprises. La France serait-elle en train de redevenir compétitive, les entreprises réinvestiraient-elles, la politique économique du président Sarkozy serait-elle meilleure que tout ce qu’on en a dit ? Poser ces questions après les tombereaux de critiques que nous avons entendus ces derniers mois, c’est déjà y répondre. La politique du gouvernement montre peu à peu ses résultats. Il faudra du temps pour poursuivre le redressement et le consolider car les mesures efficaces se mesurent sur le long-terme, n’en déplaise aux médias, à la gauche (spécialiste des mesures qui font plaisir maintenant mais qui font mal plus tard), aux experts économiques accros aux interviews qui voudraient tous que les problèmes des 30 dernières années se règlent en un an et sont déjà prêts à tirer des bilans à tout va. Cette nouvelle, c'est sûr, ne fera pas trembler la terre, mais va obliger à carburer un peu pour changer la litanie : que vont-ils trouver ? l'erreur statistique ? des effets de stocks ? un nombre favorable de jours ouvrés en 2008 ? Nous ouvrons les commentaires aux explications...
07:45 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : c.lagarde, croissance, réévaluation, investissements, consommation, exportations, critiques
10.05.2008
Les Allemands, les Français et l'Euro
Il y a une chose qui est entendue en Europe, c’est que les Allemands sont courageux et européens : ils aiment l’Euro fort, la stabilité monétaire et l’indépendance de la BCE et font les réformes afin d’améliorer leur compétitivité sans recourir à l’illusoire arme monétaire. Tandis que les français c’est l’inverse, ils sont lâches et anti-européens (d’ailleurs ils ont voté non en 2005, un signe je vous dis) : ils n’aiment pas l’Euro fort, préféraient dévaluer comme au bon vieux temps plutôt que de faire des réformes et veulent s’attaquer à l’indépendance de la BCE transformée en épouvantail et bouc-émissaire parce qu’ils n’ont pas le courage de s’attaquer à leurs propres problèmes.
Voilà deux clichés européens qui sont mis à toutes les sauces : le président Sarkozy explique les difficultés du commerce extérieur et de la France par l’Euro trop fort, toutes les oppositions répliquent que l’Allemagne arrive à s’en sortir avec le même euro, les patrons délocalisent en zone dollar pour sauvegarder la compétitivité des entreprises françaises, ce sont des méchants patrons français qui ne pensent qu’aux profits et les patrons allemands eux non pas besoin de délocaliser pour avoir des entreprises performantes à l’export…Non non c’est définitif les français sont lâches et les allemands courageux. Cela est dit quotidiennement dans les médias et pas par les plus bêtes des économistes et des hommes politiques, donc cela doit être vrai.
Mais voilà, depuis quelques mois, les allemands aussi commencent à critiquer l’euro fort, trop fort. Avec un peu d’ironie, on pourrait dire que c’est depuis que le président Sarkozy est élu et qu’il a réussi à corrompre les valeureux allemands. Plus sérieusement, les critiques sont venues doucement, d’abord de la part des patrons des entreprises qui ont vu les premières difficultés arriver pour leurs entreprises et elles commencent à être reprises par la classe politique. Malgré leur orthodoxie historique en matière monétaire, les allemands commencent à mettre en cause la stratégie monétaire de Jean-Claude Trichet plus concerné par contenir l’inflation qu’il crée lui-même (par un décalage avec les taux américains trop importants) que par la croissance de la zone Euro. Comme par hasard, ce revirement de position allemand est concomitant à une dégradation des perspectives sur la production industrielle causée par une baisse de l’export hors Europe (là où le taux de change défavorable dégrade la compétitivité des pays de la zone Euro). L’Euro fort fait peser un risque sur la croissance allemande (qui a été de 2,9% en 2006 et 2,5% 2007 contre des prévisions à 1,3% en 2008) et les allemands se mettent donc à critiquer l’Euro, la stratégie monétaire de Jean-Claude Trichet et appellent à une plus grande concertation en matière de gouvernance de la zone Euro et dans la politique monétaire. Les critiques sont encore douces par rapport à celles de notre classe politique mais il faut se souvenir qu'il n'y a pas si longtemps les français aussi critiquaient doucement et proposaient une meilleure "coordination", une meilleure "concertation dans la gestion de l'Euro. Si l'Euro continue à monter à ce rythme, nous verrons probablement les allemands aussi offensifs que nous sur ce sujet (pas aussi virulents dans les attaques parce que ce n'est pas leur façon de faire de la politique, ils préfèrent l'efficacité aux grands discours à effet de manche des français).
Comme quoi en matière d’Europe et d’Euro, il n’y a pas d’un côté les bons élèves et de l’autre les mauvais, il y a seulement des nations soucieuses de la défense de leurs intérêts. Tant que la politique menée au niveau de l’Europe et de la BCE sert leurs intérêts alors toutes les nations sont pro-européennes, lorsque c’est l’inverse, elles sont eurosceptiques. Sur l’Euro, la seule différence entre la France et l'Allemagne est le niveau à partir duquel les intérêts sont menacés et que les critiques se déclenchent. C’était un 1,30 pour la France, c’est 1,50 pour l’Allemagne. Cela est du à la structure des économies des pays et à leurs spécialisation-produit. Voilà le terrain sur lequel devrait porter la critique : sur les choix de politique économique (par exemple la France a toujours fait une politique pro-grands groupes tandis que l’Allemagne a privilégié les grosses PME) et de politique industrielle de notre pays (industries « politisées » comme Airbus, Alstom, Areva, EADS, Dassault, DCN, industries de produits à très forte valeur ajoutée comme le luxe ou de grande consommation pour la France contre les industries de machine-outil, d’équipement et à forte qualité-fiabilité pour l’Allemagne).
18:16 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : euro, sarkozy, bce, trichet, euro fort, taux d'intérêt, europe
24.04.2008
Réforme des ports : la reconquête d'un bastion CGT
La réforme des ports a été acceptée mercredi dernier en Conseil des ministres et sera présentée devant le Parlement dans les semaines à venir. Cette réforme prévoit le transfert au privé des outillages et des personnels de manutention que les ports autonomes avaient conservé après la dernière réforme qui date de 1992 (c’est pour dire comment c’est difficile de réformer ce dossier sensible, s'il faut 15 ans entre 2 étapes). Cette réforme, qui permettra d’avoir un commandement unique dans les ports autonomes et non plus un commandement CGT, permettra de gagner en efficacité et en simplicité pour les entreprises intervenant sur les ports. Cette réforme ne donnera pas des résultats tout de suite ; encore une réforme de fond qui ne fera pas remonter les courbes des sondages du Président mais nécessaire pour remettre la France dans le bon sens (elle figurait dans le rapport Attali d’ailleurs).
Ce qu’il faut regarder pour remettre en perspective la portée d’une telle réforme est l’Histoire du capitalisme telle que décrite par un des plus grands historiens F.Braudel. L’Histoire du capitalisme montre que le développement d’une ville, d’un territoire, d’un pays est toujours lié à un port important : Amsterdam et les Pays-Bas, la Flandre, Venise, Gènes, Rome, l’Angleterre victorienne reine des 7 mers, New York, Barcelone, Hong-Kong et plus récemment Singapour, Shanghai, Dubaï…Un port qui fonctionne est toujours à l’origine d’un très fort développement. La France est très privilégiée de ce côté avec plusieurs façades maritimes et une position terrestre qui la place au centre de l’Europe qui pourrait en faire la plaque tournante.
Ce face à face entre le gouvernement et la CGT est le deuxième après celui sur les régimes spéciaux et le gouvernement ne semble pas prêt à faiblir malgré la grève qui a bloqué hier les ports français et que les syndicalistes CGT veulent « inscrire dans la durée » ; ils parlent même d’« entrer en résistance » contre cette réforme. La CGT a fait la démonstration que son pouvoir de nuisance dans les ports est fort, très fort, il s’agit d’un de ses derniers bastions qu’elle tient depuis des dizaines d’années. Mais le gouvernement a une position solide surtout après la réforme de la représentativité syndicale qui a été plutôt favorable à la CGT. Il reste pourtant quelques autres bastions qu’il faudra bien reprendre si le gouvernement veut être véritablement le gouvernement réformateur que nombre de français attendent depuis quelques années maintenant : les NMPP (qui bloquent le développement de la presse), le Syndicat du Livre (pareil que pour la presse mais dans le livre) mais surtout les mastodontes que sont les transports publics (RATP et SNCF), la Poste et EDF. Heureusement sur ces 3 dossiers, l’Europe viendra donner un coup de main avec l’ouverture à la concurrence pour les années 2009-2010 (décidée sous la cohabitation Chirac-Jospin) entrainant l’affaiblissement naturel des syndicats dans ces secteurs (comme pour France Telecom précédemment). En tout cas, certains ont le courage de s’attaquer au corpo-syndicalisme et rien que pour ça, je regarderai l’interview ce soir (même si je suis désappointé, pas déçu, désappointé comme beaucoup d’électeurs du Président).
08:27 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ports, réforme, cgt, sarkozy, braudel, histoire du capitalisme, attali
05.04.2008
Les messages cachés de Leclerc
Dans la droite ligne de sa communication agressive et « politique », Michel Edouard Leclerc nous offre une nouvelle publicité réclamant le droit de vendre dans ses parapharmacies, au prix Leclerc, les médicaments à prescription facultative (et non-remboursés lorsqu’ils sont achetés sans prescription). Entre parenthèses, pour ajouter ma petite pierre sur le débat entre l’inné et l’acquis, on peut juste dire que Michel-Edouard Leclerc est bien le fils de son père qui avait réussi à remettre en cause le monopole des pétroliers dans la distribution d’essence dans les années 70 et à ouvrir la parapharmacie dans les années 80 après une bataille contre les pharmacies de secteur.Sa publicité a été diffusée sur TF1 et M6, malgré l’avis défavorable de Bureau de Vérification de la Publicité. Un avis non confirmé par le CSA qui est le véritable décideur en dernier ressort. On découvre ici encore l’utilité de tous ces comités Théodule qui s’empilent, pour rendre des avis consultatifs contradictoires qui permettent à tout le monde de passer outre, s’ils le veulent vraiment. En ces temps de RGPP, il ne serait pas étonnant de voir le BVP (oh joie des acronymes) disparaitre ou être refondé…
Revenons-en à Leclerc et sa pub sur les médicaments. Il propose de vendre les médicaments non-remboursés 25% moins chers qu’en pharmacie à la condition que le gouvernement ouvre ce marché à de nouveaux acteurs. Ce qui est loin d’être fait, R.Bachelot ayant écarté cette option au début de l’année. Ça c’est le message premier, mais ce qui est réellement intéressant dans cette pub, c’est de trouver les messages cachés qui en disent bien plus long sur les objectifs de Leclerc. J’en ai trouvé quatre :
Tout d’abord, et très classiquement, le message qui passe est le message traditionnel de Leclerc « qui c’est qu’est le moins cher, c’est Leclerc ! » qui est plutôt bien adapté à l’air du temps. Sans parler direc tement de ses concurrents, il arrive à rappeler que les prix Leclerc sont les plus bas. Jusque là rien de très compliqué et ce n’est que la suite de toute sa communication depuis des années (son site de comparaison des prix, ses slogans sur le pouvoir d’achat…).
Puis, le message envoyé à la société est que la grande distribution n’est pas la seule responsable de l’inflation et de la perte de pouvoir d’achat. Il y a un détournement de l’attention de la situation quasi-monopolistique de la grande distribution vers les autres pratiques limitant la concurrence et donc responsables de la hausse des prix. Cela avait déjà assez bien marché avec le déréférencement de 6 produits (dont la célèbre Vache qui rit par 12…) qui avait permis de dire que la hausse des prix, c’est autant les industriels que la grande distribution à un moment où les critiques étaient concentrées sur la première.
Ensuite, l'objectif de cette pub n’est pas de s’adresser aux consommateurs mais de faire pression sur le législateur au moment où la Loi de Modernisation de l’Economie va arriver devant les parlementaires. Cette loi s’annonce quelque peu dure pour la grande distribution avec plus de concurrence et donc une remise en cause de la rente des grandes enseignes. Le message est le suivant : le pouvoir d’achat, Leclerc n’a pas attendu le gouvernement pour le défendre et ce n’est pas qu'avec plus de concurrence qu’on fait baisser les prix mais aussi avec Leclerc. Donc messieurs les politiques, il n’y a donc pas de raison de faire une loi trop dure…
Enfin, le dernier message est de dire au gouvernement : vous voulez faire baisser les prix avec plus de concurrence chez les distributeurs, très bien mais regardez aussi les produits comme les médicaments. Si vous nous ouvrez ce secteur, ça fera baisser surement les prix (ce qui est bon pour vous) et au passage, la pilule de la LME sera plus facile à accepter pour la grande distribution. Une sorte de donnant-donnant : plus de concurrence dans la grande distribution donc des prix plus bas mais un nouveau marché qui nous permettra de garder nos profits…
Chapeau à Leclerc pour cette pub qui est un exemple de publicité, d’influence, de lobbying. Le tout accompagné de marketing viral (buzz) car en étant refusée par le BVP, il savait très bien que l’attente serait encore plus grande et donc que son message serait repris, amplifié et ouvrirait un débat. Chapeau également car l’action de Leclerc même intéressée, fera effectivement baisser de 25% les prix de ces médicaments. Reste maintenant à trouver d’autres personnes pour s’attaquer aux autres rentes et ainsi libérer la France de ces corporatismes.
16:28 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : leclerc, pub, csa, bvp, médicament, pharmacie, distribution
24.02.2008
La concurrence libre et non-faussée dans la distribution : une nécessité
Le 18 février dernier sur France 2 est passé un documentaire de Complément d'enquête sur les pratiques du commerce et surtout de la grande distribution. Ce documentaire est édifiant sur les pratiques de la grande distribution. Vraiment à voir.
A tous ceux qui dénoncent la concurrence libre et non-faussée comme une aberration du libéralisme, qui se sont battus contre ce qui était un des objectifs de l'UE au moment du vote de 2005, regardez ce que l'absence de concurrence libre et non-faussée donne dans un secteur à tendance monopolistique : des salariés exploités, des consommateurs payant le prix fort, des fournisseurs pressurisés (aussi bien les industriels que les agriculteurs) et des grandes enseignes qui "s'étendent" et font des bénéfices records avec des taux de marge bien supérieurs à la moyenne du secteur dans les autres pays européens.
La grande distribution est un secteur qui a fortement besoin de plus de concurrence. Le gouvernement a déjà fait un pas avec la loi Chatel, souhaitons qu'il continue en allant plus loin en remettant en cause le trio des lois Galland-Royer-Raffarin. Alors bien sûr, le lobby du petit commerce va se mettre en marche pour dire que plus de grandes surfaces, c'est nuire au petit commerce mais ce sont deux problèmes bien distincts. Le petit commerce n'est actuellement pas protégé par les lois actuelles, les seuls qui en tirent profit sont les grandes enseignes de grande distribution. D'ailleurs, l'acharnement actuel des Leclerc, Carrefour a communiquer pour mettre l'opinion publique de leur côté sur le pouvoir d'achat correspond bien à l'époque. Coincées entre une hausse des matières premières, donc du premier des tarifs des industriels et la volonté du gouvernement de faire baisser les prix pour redonner du pouvoir d'achat en libéralisant le secteur, les grandes enseignes cherchent à tout prix à avoir des alliés pour peser sur les 2 tableaux, dans leurs négociations de tarifs avec leurs fournisseurs et dans les futures négociations avec le gouvernement sur la prochaine loi de modernisation économique qui promet de leur être beaucoup moins favorable. Espérons que le gouvernement ne reculera pas...
22:46 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grande distribution, documentaire, france2, complément d'enquete, raffarin, galland, royer
18.02.2008
En ce mois morose, une occasion de se réjouir
En 2007, le secteur privé a crée 298 000 emplois :le nombre de ses salariés dépasse 16 millions de personnes, chiffre enhausse de 1,9% par rapport à 2006. L’impact sur le chômage commence à être visible : le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1 inscrits à la fin du mois de décembre 2007 à l’ANPE s’établit à 1 897 300, chiffre en recul de -9,3% par rapport à 2006.
C’est le secteur des services qui permet de faire le plein d'emplois avec la création de 282 400 emplois salariés (+2,7% sur une année), celui de la construction apportant 64 300 emplois (+4,5%). L’industrie a continué à perdre des emplois -48 900 (-1,3%). Globalement c’est une bonne nouvelle, mais cette croissance de l’emploi salarié, strictement parallèle à celle du PIB, signifie que les gains de productivité ont été quasi nuls ; et sans gains de productivité les entreprises ne peuvent pas distribuer de pouvoir d’achat.
Autre information livrée par le ministère, la durée hebdomadaire collective moyenne du travail est restée stable à 35,6 heures à la fin décembre, alors que la loi favorisant les heures supplémentaires est entrée en vigueur. Ceci signifierait qu’il y a retard à l’allumage de la réalisation des heures supplémentaires défiscalisées ou alors que celles-ci ont remplacé les heures supplémentaires habituellemement réalisées, ce qui serait quand même ennuyeux. Car ces heures supplémentaires n'atteindraient que la moitié de leur objectif, (augmentation du salaire net), mais n'augmenteraient pas le volume d'heures travaillées et par là la production, ce qui aurait été un bon moyen pour aller chercher la croissance.
A suivre donc ; mais pour 2008, les économistes prévoient une baisse de l’activité.
10:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emplois, chomage, anpe, productivité, heures supplementaires
13.12.2007
Pour un Grennelle des relations Etat-Collectivités territoriales
La remise du rapport d’Alain Lambert, père fondateur avec D.Migaud de la LOLF, la "constitution budgétaire", au premier ministre sur les relations entre les collectivités locales et l’Etat permet de faire un point sur un sujet important et méconnu. Ce rapport intervient dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) chargée de remettre de l’ordre dans l’administration et surtout de diminuer la dépense publique. Car les dépenses des collectivités territoriales ont très fortement augmenté depuis 20 ans : +290% pour les Régions, +78% pour les départements et +75% pour les communes. Cela alourdit le taux des prélèvements obligatoires pesant sur les ménages, sur les entreprises et plus généralement sur le pays.
Le principal problème des collectivités locales est l’enchevêtrement des compétences. Tout le monde s’occupe de tout sans concertation, sans efficacité comme le montre le dernier rapport de la Cour des Comptes sur le gaspillage de 6 milliards d’aides économiques. La première chose à faire est donc de définir les compétences de chaque échelon de collectivités territoriales. Pour cela, la suppression la clause de compétence générale des collectivités territoriales leur permettant d’intervenir dans tous les domaines est le préalable indispensable . Ensuite, il faut décider de la répartition des compétences pour chaque niveau d’administration : la gestion des infrastructures et de la formation professionnelle pour les Régions, l’action sociale pour les départements. Cela permettra d’éviter de nombreux doublons qui coutent des milliards et nuisent à l’efficacité des politiques publiques.
Mettre à plat le financement de ces compétences est aussi un préalable pour mettre fin au système des dotations financières de l’Etat. Système ubuesque qui veut que l’Etat paye les collectivités territoriales pour qu’elles s’occupent de politiques publiques dont la plupart sont décidées par le gouvernement. Les collectivités territoriales doivent disposer de ressources propres pour financer les politiques publiques qu’elles décideront elles-mêmes sans intervention du gouvernement. Il faut donc transférer certains impôts aux collectivités territoriales et leur laisser la liberté politique dans le choix des politiques publiques.
Un Grenelle est véritablement nécessaire pour accomplir cette réforme de très grande ampleur qui permettra de mettre de la cohérence, du bon sens dans un système qui en est grandement dépurvu. De plus, il faudra compter sur toutes les oppositions à économiser des milliards à l’Etat, aux ménages, aux entreprises. Si cette réforme n'est pas portée par un volontarisme puissant, elle calera face au mammouth. Il s’agit non pas d’une nouvelle étape de la décentralisation mais plutôt de corriger un système créé au fil des étapes de la décentralisation. Il s’agit de mettre au régime les politiques de tout bord qui ne voudront pas perdre une once des pouvoirs dont ils disposent. Il faudra aussi que cette réforme soit votée par les députés, qui exercent, pour plus de 50% d'entre eux, des responsabilités locales. A cette occasion, on pourrait bien s'apercevoir que le cumul des mandats freine l'ardeur réformatrice de nos députés-maires.
05:20 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Lambert, Migaud, collectivités locales, département, région, réforme, décentralisation
16.11.2007
Des lueurs dans la nuit de novembre...
Cette semaine, les grèves auront mobilisé les cheminots et toute notre attention. Au point de nous faire passer sous silence les bonnes nouvelles. D’abord, le PIB a progressé de 0,7% au 3ième trimestre, assurant ainsi au moins l’atteinte d’une croissance annuelle de 1,8% pour l’année 2007. Ce n’était pas gagné ; même l'OCDE avait révisé à 1,8% ses prévisions, tandis que C.Lagarde maintenait ses 2% et que F.Hollande menaçait N.Sarkozy de devoir rendre des comptes sur le déficit de croissance. Autre bonne nouvelle, les exportations ont progressé plus vite (+0,7%) que les importations (+0,4%). Enfin, le taux de chômage au 2ème trimestre s’élève à 8,1%, niveau le plus bas atteint depuis 2002. Même en intégrant les chômeurs des DOM (ce qui était demandé depuis longtemps), le taux affiche 8,4%, ce qui nous éloigne résolument des 10% tant redoutés. Tous ces résultats, pour honorables, ne sont pas mirobolants. Les grèves ont un coût (chaque jour ouvré représentant un PIB d'environ 7 milliards, si on estime que chaque jour de grève réduit l’activité nationale de 20 %, on arrive à un coût d'environ 1,5 milliards d'euros quotidien) comme les histoires, les meilleures sont les plus courtes.
Autre bonne nouvelle : la Commission Attali émet l’idée que réduire la dépense publique est le meilleur moyen de stimuler la croissance. Il était temps, après deux mois et demi de travaux ! Et à 6 semaines de rendre son rapport... Surtout que la Commission s'est fixé pour objectif, non seulement de proposer des mesures, mais aussi de proposer leur financement. Cette idée a l'élégance de dispenser de la recherche de nouveaux impôts et taxes en tout genre. Sur sa lancée, notre repère de dangereux révolutionnaires recommande d’abaisser de dix points le niveau des dépenses publiques ! Rien que ça… (54% du PIB actuellement), pour revenir dans la moyenne européenne. Ce qui signifie combattre la suradministration, rationaliser les missions et le fonctionnement des services publics et des collectivités territoriales. Ce qui signifie aussi, en filigrane, l'abandon du fameux modèle social français et de nos spécificités hexagonales (dette, déficit budgétaire et chômage) ; qui s’en plaindra ?
Enfin, dernière bonne nouvelle : le Conseil Constitutionnel accueillait pour la 1ère fois, V.G.D’estaing et J.Chirac pour examiner le texte de B.Hortefeux. Tous les objets coupants avaient été enlevés et ils sont tous ressortis vivants. Mais VGE boudait, il a filé et n’a pas partagé leur déjeuner.
23:50 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PIB, chomage, Commission Attali, dépenses publiques, Conseil constitutionnel, Sarkozy, Hollande
07.09.2007
Le prix de la baguette : une croustillante hypocrisie
La rentrée s’est faite sur le thème du pouvoir d’achat : inquiétude des syndicats sur l’augmentation des prix et demande de revalorisation des salaires et des minimums sociaux, exploitation de la gauche qui essaye de mettre ça en rapport avec le paquet fiscal. Le gouvernement qui négocie directement avec la grande distribution pour faire baisser les prix des fournitures de rentrée scolaire. La grande distribution qui indique qu’elle n’acceptera aucune augmentation dans les négociations avec les fournisseurs pour « protéger le pouvoir d’achat » de ses consommateurs. Tout cela n’est qu’un grand jeu de dupes à destination des néophytes. Car la vérité est tout autre et souvent les responsables sont ceux qui crient le plus fort.
Prenons un exemple simple mais très représentatif : le prix de la baguette. 5 % d’augmentation prévue à la rentrée dont 2% pour le prix de la farine et 3% pour l’augmentation du Smic. Voilà, déjà une première contradiction. La gauche et les syndicats passent leur temps à réclamer une augmentation du Smic. Mais plus de la moitié de l’augmentation du prix de la baguette est liée à celle du Smic et plus généralement, c’est l’ensemble des produits de première nécessité qui sont pénalisés par l’augmentation du coût du travail. Or qui sont les plus grands consommateurs de ces produits ? Les ménages modestes. Ce sont donc les ménages modestes qui financent les augmentations du Smic. Il faudrait réfléchir à être cohérent là-dessus et ne pas prôner d’un côté l’augmentation du Smic (jusqu’à 1500 euros pour certains) donc du coût du travail et de l’autre déplorer l’augmentation du coût de revient des produits qui pénalisent le pouvoir d’achat et l’emploi, en liaison avec coût du travail trop élevé.
Ensuite, l’autre raison de la hausse : le blé a fortement augmenté, 40%, comme les autres matières premières agricoles ; 100% pour le lait, 40% pour le beurre, 35 % pour le maïs, 17 % pour le cacao, 24 à 46 % pour les huiles. Le développement de la consommation dans les pays émergents (dont la Chine) et l'essor des biocarburants (maïs, colza, canne à sucre) font pression sur la demande. Et du côté de l’offre, l’intervention de l’Etat n’a pas aidé les choses : politiques agricoles malthusiennes avec des quotas et des jachères limitant la production, incitation pour la culture bio et écologique au détriment de l’agriculture nourricière intensive.
L’augmentation des prix n’est pas limitée aux produits agricoles et touche plus largement tous les produits. Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement veut s’attaquer à la loi Galland et aux marges arrière. Pour bien comprendre la perversité de cette loi, prenons des chiffres. Leclerc achète 100 un produit à son fournisseur. Il lui facture 35 au titre de la coopération commerciale, c’est la marge arrière. Le produit ne lui coute donc que 65. Mais la loi Galland interdit de réintégrer dans le seuil de revente à perte, cette marge arrière et comme la vente à perte est interdite, Leclerc ne peut pas vendre moins de 100. Ayant bien compris le système, la grande distribution, d’un côté, facture des marges arrière importantes qui vont directement dans sa poche et de l’autre côté, se donne une bonne image en dénonçant les fournisseurs qui augmentent leur prix et l’Etat qui empêche de faire baisser les prix.
Mais la loi Galland n’est pas la seule loi en cause dans cette sur inflation des prix dans les grandes surfaces. La loi Raffarin de 1996 (comme quoi la dissolution de Chirac était une bonne chose devant tant d’incompétence) était faite pour protéger le petit commerce et pour parer à l'invasion des distributeurs allemands. En bloquant toute installation de moyenne et grande surface (dès 300m²), la loi a accordé un monopole de fait aux entreprises existantes. Monopole à la vente permettant d’imposer des prix élevés aux consommateurs ; mais aussi à l’achat, en permettant d’imposer leurs conditions aux fournisseurs, ce qui nuit à l’emploi productif en France. Conséquence de cette absence de concurrence, le taux de marge du grand commerce alimentaire a augmenté de 12 points entre 1996 et 2002, financé par le consommateur avec une "sur inflation" de 7 % sur l'alimentaire, soit 10 milliards d'euros… Mais il est plus difficile de s’attaquer à cette loi, son auteur étant toujours un cadre influent de la majorité présidentielle.
Dans cette histoire, tous les acteurs sont hypocrites : la droite qui a instauré un système pervers pour satisfaire une partie de son électorat, la grande distribution qui, sous les apparences de la défense du consommateur, est le principal bénéficiaire du système, les syndicats qui veulent toujours plus sans s’occuper des conséquences au niveau macroéconomique et la gauche dont la politique de redistribution renchérit le coût du travail ce qui étouffe la croissance et empêche que celle-ci soit synonyme de création d'emplois.
14:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loi galland, inflation, vie chere, grande distribution, Leclerc, hausse, prix
02.09.2007
On est les champions
Selon une association italienne, la CGIA, les Français dépensent chacun en moyenne 5.765 euros par an pour entretenir leurs administrations. Ces estimations tiennent compte de l'argent dépensé pour payer les fonctionnaires, gérer les services publics et honorer les intérêts de la dette publique en 2005.
Dans ce classement des pays de l’Union européenne, les contribuables français entretiennent la bureaucratie la plus coûteuse avec 5 765 euros, suivis de près par les italiens avec 5.564 euros ; Le Royaume-Uni et l'Allemagne viennent en troisième et en quatrième position. Les services publics espagnols sont les moins coûteux, avec 3.247 euros. (Reuters 01/09 Eurostat).
La France est-elle la mieux administrée ? Les français sont-ils satisfaits de leurs services publics ? Ecole, hôpital, armée…Même si la réponse à ces questions est positive, peut-on financer par l’endettement le fonctionnement de nos services publics ? Les autres pays de l’Union européenne font fonctionner leurs administrations à moindre coût. Ils enregistrent en général une meilleure croissance économique à l’exception de l’Italie (qui détenait alors le record de l’endettement) en 2005 : France +1,4%, Italie +0,1%, Royaume-Uni +1,8%, Allemagne +0,9%, Espagne +3,4%. En 2006, les conclusions sont identiques : France +2%, Italie +1,9%, Royaume-Uni +2,8%, Allemagne +2,8%, Espagne +3,9%. Sera-t-il possible de réformer ?
01:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : CGIA, contribuables, bureaucratie, politique
















