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26.06.2009

La fissure syndicale et la tentation protectionniste

426112534.jpgLa CGT a procédé à une expulsion massive de travailleurs clandestins qui squattaient la Bourse du Travail, lieu de travail partagé des syndicats. Le service d’ordre de la CGT a utilisé de moyens expéditifs pour récupérer le bâtiment qui était en train de devenir un squatt que différentes offres aient été refusé par le collectif CSP 75. Et sans l’aide des CRS…Remarquez d’ailleurs dans le compte-rendu de l’évènement, comment les militants journalistes de Libé utilisent le même langage avec la CGT que celui-ci utilisé pour la police ou le service du Front National et avec de claires allusions que tout le monde comprendra : «quelques dizaines de militants», «au crâne rasé», brassard orange au bras, ont débarqué armés de «bâtons» et de «bonbonnes de lacrymo»…Le plus beau est la réaction de France Terre d’Asile pour qui «la CGT, avec cette intervention, qu’elle l’ait souhaité ou non, indique clairement qu’elle change de logiciel en se recentrant sur sa "clientèle" habituelle. Nous devons veiller collectivement (...) à ne pas laisser la division et le rejet de l’autre se propager». Si France Terre d’Asile voulait accuser en terme politiquement correct la CGT de populisme en voulant faire plaisir au populo de base (qui s’est bien connu, n’aime pas trop les étrangers), elle ne s’y serait pas prise autrement…

 

 

 

Cette histoire est un symbole. Le symbole de l’éclatement du premier syndicat des ouvriers entre le projet de société des élites du syndicalisme et les militants de base. Les premiers protégés par leur statut, mènent un certain nombre de combats politiques dont celui pour la régularisation des immigrés clandestins qui travaillent à laquelle la base n’adhère pas. Dans un schéma anticapitaliste classique, le calcul est que l’arrivée d’un maximum d’immigrés pauvres et donc mobilisables (c’est d’ailleurs le fait qu’ils ne soient pas mobilisables par la CGT qui a entrainé l’intervention) permettra de faire exploser le système. Les deuxièmes ne cherchent qu’à défendre les intérêts dans travailleurs français dans une mondialisation où ils n’arrivent plus à arracher le moindre compromis à un patronat et des actionnaires qui ont réussi l’international du capitalisme. Après les femmes, les immigrés sont la deuxième armée de réserve du capitalisme qui le patronat joue contre les ouvriers et qui permet de maintenir une pression à la baisse sur les salaires…en accord avec l’expression politique des syndicats (PS, PCF…). Cette cassure s’est matérialisée dans les années 70-80 par la désyndicalisation massive de la société française, par le transfert des électeurs communistes vers le Front National et plus largement par l'effritement du soutien populaire à la gauche...

 

 

Le chômage de masse depuis 30 ans, les délocalisations depuis 20 ans, le gel des salaires depuis 10 ans et la crise actuelle pour couronner le tout ne font que renforcer ce sentiment de la classe ouvrière : la libre circulation des hommes, des capitaux, des marchandises est une chance pour les élites mais une malédiction pour les travailleurs. Déjà en Angleterre, les travailleurs ont défilé aux slogans de « british jobs for british workers » et cela ne fait que commencer… La tentation protectionniste est présente depuis très longtemps dans le bas peuple…Elle le devient aussi dans certains dirigeants : Obama sous la pression des cols bleus démocrates, Sarkozy avec la préférence communautaire, Merkel avec son fameux « chacun sa merde » pour le sauvetage des systèmes bancaires européens, les chinois qui privilégient les entreprises locales dans les appels d’offre… Il n’y a que les élites européistes et médiatiques, ces fameux 1% de la population qui ont profité à fond de la mondialisation (et qui tiennent les médias et les leviers de décision) qui défendent encore un libre-échangisme sans limite…Jusqu’à quand ?

Commentaires

Bonjour
interprétation un peu tendancieuse, me semble-t-il, car elle ne prend pas véritablement en compte la réalité de la situation et des faits. La méthode est bien connue.
L'amalgame (glauque ?) avec le rejet global de "l'étranger" me paraît dangereux, à moins que, selon vous, ma réaction ne soit qu'affaire de "bien pensance"....
cordialement

Ecrit par : rony | 03.07.2009

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