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26.04.2009

Pekin 1, Washington 0 (...France -1)

0022190dec450b40f41624.jpgTimothy Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor, qui ne l’était pas encore le 22 janvier, déclarait ce jour là, que B.Obama, estimait « que la Chine manipulait sa devise » et « qu’il s’engageait à recourir à toutes les voies diplomatiques pour obtenir un changement des pratiques de la Chine en matière de devises ».

 

Il a du se passer pas mal de choses ces trois derniers mois, parce que si le yuan n’a pas bougé d’un pouce depuis mi 2008, T.Geithner, lui aura carrément fait une volte-face, pour le plus grand ravissement de Pékin. Dans son rapport semestriel, le département du Trésor écrit : « que ni les autorités de Pékin, ni aucun autre partenaire commercial n’ont manipulé leur taux de change dans le but d’éviter d’avoir à ajuster sa balance des paiements ou pour obtenir indûment des avantages comparatifs ». Ouf, on est rassurés surtout quand on sait que la manipulation se fait surtout au détriment des industries européennes !

 

En fait, pas trop…Il semble bien qu’outre Atlantique on commence à penser avec quelques sueurs froides au financement du plan de relance de 787 milliards de $ ! Alors que Pékin détient déjà 854 milliards de $ de réserves de change, B.Obama doit tenir compte du fait que la Chine possède là une arme de destruction massive... Et qu’à force de les titiller sur les taux de change, les Chinois pourraient finir par riposter en décidant de boycotter les prochaines adjudications du Trésor américain. Il s'ensuivrait une envolée des taux d'intérêt à long terme américains, dont l'effet serait d'aggraver la récession aux Etats-Unis. Certes, cette arme se retournerait aussi contre la Chine puisque l’augmentation des taux d’intérêt réduirait du même coup la valorisation de ses actifs en dollars (les 854 milliards de $). Oui mais, dans cette histoire les Etats-Unis ont beaucoup plus à perdre que la Chine : la reprise de la croissance américaine nécessite un minimum de confiance dans l’efficacité du plan de relance. La reprise de la croissance chinoise, elle, peut encore s’appuyer sur l’augmentation des salaires et la création d’une protection sociale et donc de la création d’un marché intérieur qui ne dépend pas lui, du reste du monde.

 

A propos de dette, l’Insee a publié en plein G20, un petit rapport qui a failli passer inaperçu «Evaluation des comptes nationaux 2008» : on peut y lire que la dette de la France, au sens de Maastricht, s’élève à  68% du pib 2008, soit 1327 milliards d’euros (tiens, il en manque 9 à mon compteur de dette publique qui tourne sur ma page d’accueil !).  Sans compter le solde du budget 2009, dont la dernière loi de finances rectificative, fixe à 87 milliards  le déficit. J’ai bien entendu quelques détails sur le plan de relance français et les diverses aides mais rien sur leur financement ! En comparaison, c’est une broutille à coté du méga plan obamesque qui viendra s’ajouter au déficit 2008-2009 laissé par l’administration Bush (1300 milliards de dollars) soit environ 9,2% du pib !

 

Oui, mais une broutille qui s’ajoute à une montagne... Même en ajoutant l’intégralité du plan de relance américain au déficit à la dette atteinte fin 2008,  on arrive seulement à 1845 M$, soit 1402 M€, soit à peine 15% d’un pib en recul, tandis qu’en s’en tenant aux derniers chiffres annoncés par notre gouvernement, on atteint 1414 M€ ! [1] A comparer avec un pib des Etats-Unis qui représente 6 fois celui de la France... Et B.Obama qui déjà annonce un effort de rigueur budgétaire pour l’Etat ! (Ils sont forts quand même les gens de gauche en dehors de France) : il est vrai que leur dette totale dépasse 10000 milliards de $ [1]! « Dans les prochaines semaines, j'annoncerai l'élimination de dizaines de programmes gouvernementaux qui se sont révélés inutiles ou inefficaces…Il n'y aura pas de vaches sacrées et pas de considération pour les intérêts particuliers. A travers l'Amérique tout entière, des foyers sont contraints de faire des choix difficiles et il est temps que le gouvernement fasse de même ». Tout ça pour 1600 milliards d’euros de déficit ! Nous avec 1327 milliards on arrête net la malheureuse RPPG qui n’avait réussi qu’à trouver 8 milliards d’économies ! Oui, mais nous on n’a pas peur, les déficits ça fait trente ans qu’on les finance et on sait bien qu'un état ça ne fait pas faillite et que ceux qui prétendent le contraire sont des tenants de la pensée unique ultralibérale qui ne cherche qu'à faire payer le bon peuple et lui imposer la rigueur…En tout cas, françaises, français, préparez vos chèques !

 

[1] Cette précision, m'a été soufflée par Johnsweeper qui me fait remarquer à juste titre, que j'ai additionné les choux et les carottes ! Merci John de ta vigilance.

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