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19.03.2009

Pourquoi je soutiens la grève

JBCA7A1S7DCA9JSGPRCAGLDQ3DCAPIE4CUCA5CJB3CCA9WP7P9CARECBIYCAM2C4SUCAIB896NCAAUDNZZCA3ONPL2CAOEK1LJCAMDXPD0CAHPTWGGCARTXL1TCA8PHKMICA1YK20ECAUGCMHGCAIIMKLF.jpgAlors que beaucoup vont être gênés par les perturbations aujourd'hui dues aux grèves, dont au premier rang la coauteur de ce blog, je vais exprimer une position que beaucoup ne pensaient pas trouver ici sur ce blog : je fais partie des 3 français sur 4 qui soutiennent cette grève et même de ceux qui soutiennent tous les mouvements de grève en cours ou à venir dans ce pays.

Cependant, mes raisons sont bien différentes de la plupart des autres qui soutiennent les grèves. Je soutiens cette grève non pas parce que je veux une relance sociale, un changement de cap, un grand soir ou encore parce que je suis contre le gouvernement. Je soutiens cette grève ainsi que les suivantes parce que je pense que N.Sarkozy ne sera le réformateur qu'il a promis d'être et ne pourra faire réellement les réformes promises pendant la campagne de 2007 que lorsqu'il (j'englobe le gouvernent dans le "il" au singulier car on sait bien que sous l'hyperprésidence Sarkozy le gouvernement, à quelques exceptions près, ne sert qu'à aller sur les plateaux télé) aura affronté et vaincu les conservatismes sociaux, c'est-à-dire les syndicats archaïques et les rentes corporatistes.

En effet, à part les 4 réformes de début de mandat, N.Sarkozy ne réforme qu'a minima, harcelé par les lobbys de tous bords et de touts horizons. Il faut qu'il y ait énormément de monde dans la rue pour que demain, N.Sarkozy puisse  avoir sa Mère de toutes les batailles. S'il en sort vainqueur, il aura alors la légitimité réformatrice, en plus de la légitimité électorale, qui lui permettant d'aller au bout du programme que je souhaite lui voir appliquer, celui pour le lequel il a été élu. S'il n'en sort pas vainqueur, nous serons alors fixés sur le courage politique de ce président et je n'en attendrais plus rien, sauf une gestion des affaires courantes, comme son prédécesseur. Les grèves permettront en quelques sortes de purger l'expérience Sarkozy face au socialisme rampant qui imprègne de plus en plus notre pays et surtout nos élites.  

De plus, ces mouvements de grève permettent également de faire le tri dans la majorité entre le bon grain et l'ivraie, entre ceux qui sont seulement près à combiner, à céder et ceux qui ont une position constante sur un certain nombre de principes, de valeurs. Quand je vois aujourd'hui P.Méhaigerie vouloir revenir sur le bouclier fiscal à 50% après avoir voté et défendu le principe du bouclier fiscal (l'Etat ne peut pas vous prendre plus de la moitié de ce que vous gagnez) en 2007, je me dis que pour certains les principes sont assez changeants, peut-être du pragmatisme poussé à l'extrême...plus sûrement le retour de la capacité d'accommodement raisonnable avec l'air du temps qui a toujours caractérisé les centristes.

Alors vous l'avez bien compris, mon soutien est plus qu'ambigu. Je souhaite que ces manifestations soient une réussite pour que justement, le président ne leur donne rien en échange, ne cède sur rien et continue de plus belle les réformes et surtout celles contestées : non-remplacement d'un fonctionnaire sur 2, gel du SMIC, pas de plan de relance de la consommation. Je souhaite même qu'on aille au bras de fer qui est le seul langage que la rue comprenne. Remarquez d'ailleurs que les plus importantes perturbations ne seront pas dans les transports ferroviaires;  j'y vois un lien de cause à effet direct avec leur défaite sur les régimes spéciaux et sur le service minimum. Je souhaite même qu'après, il aille encore plus loin dans les réformes : vraie réforme de l'Education Nationale, de la Sécurité Sociale, de la fiscalité, assouplissement du droit du travail et des licenciements économiques, une vraie libéralisation économique à commencer par la Poste, la SNCF et la RATP, baisse des prélèvements obligatoires, maîtrise de l'immigration et politique assimilationniste d'intégration, défense acharnée de la laïcité, de nos valeurs républicaines...Tout un programme qui reste à mettre en œuvre...

Commentaires

Bof. T'es pas très doué en provoc'. Trop cousu de fil blanc. Trop facile à démonter. Bref, bof... et si tu avais un peu plus la compréhension de l'Histoire sociale et politique, tu saurais qu'en démocratie en cas de bras de fer, c'est toujours le gouvernant qui finit par perdre - mais c'est sans doute parce que dans démocratie, il y a demo...

Écrit par : dedalus | 19.03.2009

Amusant, ce point de vue… Sauf que, compte tenu du style autoritaire de sa présidence, on est largement en droit d'estimer que N. Sarkozy a perdu toute légitimité. Si nous étions en démocratie, un référendum d'initiative populaire l'aurait déjà démontré. Et si ce président avait une once de probité —à la de Gaulle par ex.—, il aurait dissous l'assemblée pour le vérifier. Il n'y a aucune raison de maintenir davantage la fiction de la légitimité d'un tel autocrate.

Écrit par : le coucou | 19.03.2009

Sarkozy est son gouvernement sont finis depuis quelques mois déjà. Evaluer à quel stade de déliquescence en sont les dirigeants de ce pays, ce n'est d'ailleurs pas difficile : seuls les ringards qui croient encore à l'action politique font encore attention aux déclarations des gouvernants, alors que la population n'est obnubilée que par son pourvoir d'achat ou par la conservation de ses acquis sociaux quand elle est fonctionnarisée. Mais ce n'est pas grave, au contraire : la France compte beaucoup trop d'obèses et elle va devoir se mettre sérieusement au régime.

Écrit par : Scheiro | 19.03.2009

Bravo ! Moi je trouve ça très bien vu...Contrairement à ce que peut dire le très méprisant dedalus, le gouvernement ne finit pas toujours par "perdre"...Tatcher et Reagan, les dirigeants néo-zélandais sont autant d'exemples qui démentissent complètement cet argument bidon.

J'aimerais effectivement qu'on en vienne à dire les choses clairement et cesser cette démagogie ambiante tout à fait énervante.

à bientôt

Écrit par : LOmiG | 19.03.2009

Je crains que tu ne sois très déçu, Niko : Sarkozy n'ira jamais au bras de fer et continuera à ne rien réformer. Vivement 2012... !

Écrit par : Criticus | 19.03.2009

@dedalus : mon post n'est pas de la provoc' du tout, c'est réellement ce que je pense. Je pense que Sarkozy (ou la droite en général) ne pourra réellement réformer que lorsqu'elle aura vaincu son surmoi conservateur et surtout de peur de la rue. Et cela n'arrivera qu'après une bataille que je qualifie de la Mère des batailles...Après qu'en démocratie, ce soit toujours la rue qui gagne, je ne crois pas et les exemples sont légions en France et dans le monde, pour une simple et bonne raison, la rue n'est pas le pays, ni même le peuple...tu verras que le jour où le peuple qui manifeste pas, la majorité silencieuse se mettra en marche, ça donne des résultats (dans le genre du 21 avril 2002 ou de la dernière présidentielle...) mais bon après, tu diras que ce n'est que du populisme, de l'extrémisme ou pire encore...

@le coucou: le style autoritaire de Sarkozy ? ou, quand et comment ? Il passe son temps à se faire barrer la route par tous les conservatismes. Quant à ton argument de "si nous étions en démocratie...", tu dois surement aimer te faire des frissons tout seul chez toi, bien au chaud. En attendons, nous sommes en démocratie, il a été élu pour 5 ans et a donc toute la légitimité, dans le respect des institutions, des lois et de la Constitution de la République française, pour mener les réformes qu'il souhaite. Je comprends même pas pourquoi il aurait du dissoudre l'Assemblée pour le vérifier...On ne dissout pas l'Assemblée tous les 4 matins ou dès qu'il y a des professionnels de l'agitation dans la rue, on dissout quand il y a une crise de régime (comme en 1968, je ne parle pas de 1997 qui était une dissolution politique donc raté et tant mieux).

@Lomig: la démagogie ambiante est devenue folle. Je prends un exemple qui me rend fou depuis des années, c'est l'histoire de conditionner les aides aux entreprises en fonction des efforts sur les salaires/emplois...les aides aux entreprises sont déjà conditionnées par le passage aux 35 heures et ce sont les syndicats et la gauche qui ont mis cela en place. Ils reviennent donc sur leur signature...et personne ne leur fait remarquer.

@Criticus : je ne suis pas aussi sévère que toi sur Sarkozy qui reste le seul à droite avec des idées et des convictions réelles sur un certain nombre de sujets. Le véritable problème est que Sarkozy est en train de choisir Giscard contre Pompidou, c'est-à-dire de donner des gages aux "modernes" sur les sujets sociétaux pour détourner l'attention de la crise au lieu de rester conservateur (dans le bon sens du terme, conserver les valeurs traditionnelles françaises) pour rassurer le pays...

Écrit par : Niko | 19.03.2009

Je suis plus pessimiste. Les mouvements sociaux peuvent déboucher sur des crises graves, des manifestations de plus en plus violentes qui appellent des ripostes également violentes. L'opinion publique se retourne vite lorsqu'il y a du sang, et elle est rarement favorable au pouvoir. La crainte de Sarko, c'est d'avoir une crise des banlieues, une paralysie de la rue, des écoles et des facs bloquées, des pillages et peut-être même des lynchages publics. La politique du pire peut vraiment mener au pire en France. Et ceux qui en sortent gagnants sont rarement les plus libéraux.

Écrit par : Aurelien | 19.03.2009

@Aurelien : Je ne suis pas tout à fait sur de ce que vous avancez. La crise des banlieues avait profité à Sarko dans l'opinion...et l'opinion se retourne vite quand il y a du sang, je suis d'accord, il prend souvent position pour le parti de l'ordre, après il s'agit de montrer que le gouvernement ne cède pas sur des réformes légitimes...Mais en disant que l'affrontement n'est jamais la bonne solution pour les libéraux, c'est sur qu'on laisse aux anti-libéraux un as dans leur manche et qu'on ne peut pas emporter la bataille...

Écrit par : Niko | 19.03.2009

Vaut mieux arrêter les contorsions en dehors du métier de cirque.

Écrit par : jmarc2006 | 19.03.2009

Je partage la teneur de ce billet sur un nécessaire bras de fer à la Thatcher. En revanche, je crois en effet que Sarkozy et son "shadow cabinet" montrent depuis quelques mois qu'ils se chient dessus comme de belles merdes. Aurélien : voilà les limites des libéraux - leur trop grande tolérance envers les ennemis de la Liberté. Même J. d. G., du Cercle Bastiat, intervenant dans la dernière conférence trimestrielle, a posé la question judicieuse pour les libéraux de savoir s'il ne fallait pas oser aller à l'affrontement (il évoquait les étudiants gauchistes qui détruisent les facs) contre ces hordes d'obstructionnistes qui ne permettent plus l'exercice du pouvoir par les élus du peuple. C'est là qu'on verrait qui sont les libéraux de salon, dont certains ont encore trop de patrimoine (tant mieux pour eux) à perdre pour prendre le risque d'aller au clash, et les libéraux enragés (dont je suis) qui triment depuis 10 ans dans une vie écrasante, étouffante, usante, d'entrepreneur assujetti (et pas qu'à la TVA) pour que continuent de frimer trop de cigales.
Côté entrepreneurs, il y aurait une 1re réaction forte à appliquer si MEDEF, CGPME et non syndiqués n'étaient pas des "couilles molles" : enchaîner 3-4 trimestres de grève des cotisations URSSAF. Histoire de rappeler aux fonctionnaires et syndicalistes une leçon de choses en économie : sans le racket fiscal à l'encontre des entreprises privées, les sangsues gavées d'impôts et de subventions crèvent rapidement. Quitte à passer pour des patrons voyous, autant l'être vraiment.
Vous me direz que j'emploie les mêmes méthodes que l'ennemi et que ça n'est pas très glorieux ? En effet, mais va-t-on subir la dictature de la bienpensance socialiste pendant des lustres encore ?

Écrit par : Dangar | 21.03.2009

@ Dangar

« va-t-on subir la dictature de la bienpensance socialiste pendant des lustres encore ? »

Des lustres, non, mais jusqu'en 2017 (fin du décennat sarkozien), oui. Ensuite, ce sera, alternance oblige, le PS... et le désastre !

On peut donc anticiper une crise de régime majeure à l'horizon 2020. C'est là qu'il faudra prendre le pouvoir, et pour de bon...

Écrit par : Criticus | 21.03.2009

¬

Écrit par : Scheiro | 21.03.2009

Finalement, Sarkozy agite beaucoup les bras, produit beaucoup de fumée et de loghorrée, pour masquer une réalité inscrite dans ses gènes : c'est un petit valet des riches de ce beau pays.

Sarkophage n'évoque point ici la lutte des classes. C'est plus subtil que cela. Sarkozy n'a rien fait pour la France depuis qu'il fait de la politique (comme lorsqu'il était député fainéant !), mais il a fait beaucoup pour les riches. Ses amis qu'il admire par dessus tout.

Toutes ses promesses pour le bon peuple sont du vent. Il est incapable (consubstantiellement) d'en appliquer une. Que ce soit la sécurité, le chômage, le pouvoir d'achat, l'environnement ... Sarkozy est un faible au service des puissants, de la classe des puissants qui ont de l'argent.

Le fric, le fric, le fric. Sarkozy obnubilé par le fric ne pense qu'à favoriser le fric. Ce qui se palpe, ce qui rend important, ce qui fait oublier le vide de l'existence remplie d'ambition mais vide d'esprit et de sens. C'es ainsi. En s'augmentant de 200% d'un coup il a réalisé un fantasme inasouvi pendant longtemps : avoir du fric, rattraper (en queue de peloton quand même) ses modèles du CACA40.

Pour meubler son mandat et faire oublier l'échec qu'il porte génétiquement (depuis l'école, il ne connait que des échecs) il nous ressere de l'insécurité à la louche et des promesses démagogiques sur les bandes ou tout autre sujet qui sentent bon l'inspiration lepéniste.

C'est dire la recherche intellectuelle et la caution scientifique derrière cet éventail guignolesque de mesures évoquées et souvent oubliées trois jours plus tard.

La France manifeste, Sarkozy s'en fout. Et pas question de remettre en cause le fait que quelques milliers de famille ont reçu un chèque de l'état allant de 30 000 euros à 300 000 euros. Ce fameux bouclier fiscal que les français qui triment n'ont pas le bonheur de connaître.
Ils peuvent continuer à acquitter de la TVA à hauteur de 20% du prix de ce qu'ils achètent.

Il faut donc d'urgence créer une récompense républicaine pour cet homme. Une médaille en chocolat décernée au meilleur valet des puissants qui ont de l'argent. Nul doute qu'il sera le meilleur candidat chaque année pour la décrocher. Cet adorateur de tout ce qui brille.

Écrit par : sarkostique | 22.03.2009

Sarkostique, vous radotez : http://www.expressionlibre.net/2009/03/19/bras-de-fer/#comment-63603 . Quant au bouclier fiscal, ce n'est pas de l'argent donné aux riches par le contribuable, c'est de l'argent que l'État ne prend plus à ces mêmes riches. Cesser donc de dire n'importe quoi !

Écrit par : Criticus | 22.03.2009

C'est vous qui dîtes n'importe quoi :

http://www.liberation.fr/politiques/010116660-le-bouclier-fiscal-fonctionne-le-fisc-rembourse-bien-les-riches

Écrit par : sarkostique | 23.03.2009

Relisez : j'ai écrit « ce n'est pas de l'argent donné aux riches ». DONNÉ. Là, on REND de l'argent, vous comprenez, oui ou non... ?

Écrit par : Criticus | 23.03.2009

j'ai écrit "Et pas question de remettre en cause le fait que quelques milliers de famille ont reçu un chèque de l'état allant de 30 000 euros à 300 000 euros."

Je ne vois pas en quoi vous contredisez ce que j'ai dit là. On fait des chèques aux plus riches de ce pays, chèques que l'Etat n'aurait pas fait s'il n'y avait pas le bouclier fiscal. Si ça ne vous choque pas dans la période actuelle où la majorité de la population souffre, tant mieux pour vous.

Écrit par : sarkostique | 23.03.2009

Donc vous ne comprenez pas. Les chèques dont vous parlez sont RENDUS, ils ne sont pas donnés. Il s'agit d'argent qui, après avoir été prélevé, est reversé. Il n'y aurait aucune confusion si cet argent n'avait tout simplement pas été prélevé. En tout état de cause, qu'un citoyen ne puisse pas être imposé à plus de 50 % est bien le minimum pour que la propriété privée soit préservée.

Écrit par : Criticus | 23.03.2009

Cet argent avait été prélevé avant la loi TEPA, donc ce n'est pas de l'argent volé par l'Etat contrairement à ce que vous insinuez. Apparemment, vous ne connaissez pas tous les chiffres. Ce qu'il faut savoir, c'est que 6 % des bénéficiaires de ce bouclier fiscal (ceux donc le patrimoine dépasse 15,5 millions d'euros) se sont partagé 63 % de la dépense publique (307 millions). Parmi eux une vingtaine de petits malins ayant réussi à déclarer des revenus proches de 0 se sont fait presque intégralement rembourser leur chèque au trésor, soit 297 969 € payés au fisc en moyenne pour 286 231 € remboursés. Voilà la vérité.

Écrit par : sarkostique | 23.03.2009

Dites-nous en plus sur la « vingtaine de petits malins ayant réussi à déclarer des revenus proches de 0 se sont fait presque intégralement rembourser leur chèque au trésor, soit 297 969 € payés au fisc en moyenne pour 286 231 € remboursés »...

Écrit par : Criticus | 23.03.2009

apparemment, vous bossez dans la presse, vous devriez donc être renseigné. Vous devriez aussi diversifier vos lectures de journaux (Marianne, le canard enchaîné par ex). Les sources proviennent du ministère de l'économie et des finances.

Écrit par : sarkostique | 23.03.2009

Vous aurez compris l'ironie de mon commentaire.

Écrit par : Criticus | 23.03.2009

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