« Israel en position de force pour la paix après les législatives | Page d'accueil | Nouvelle géographie européenne »

19.02.2009

Une bonne petite relance par la consommation

afp-photo-174073.jpgLa conférence sociale à l’Elysée hier a donné lieu à un train de mesures sociales pour un total de 2,6 milliards. Alors bien sûr pour les syndicats le compte n’y est pas, mais quand même, pour un président qui ne voulait pas de relance par la consommation, le geste est plus que symbolique, bien que la symbolique ne soit pas absente de ce train de mesures.

 

Cette conférence sociale était perçue comme un oral de rattrapage après l’interview présidentielle qui n’avait donné lieu à aucune annonce concrète hormis la suppression de la taxe professionnelle (reproche assez paradoxal, car si N.Sarkozy annonce quelque chose, les opposants dénoncent le fait du prince et s'il n'annonce rien, les mêmes dénoncent les paroles dans le vent). Il était donc attendu au tournant par les français et surtout les catégories sociales les plus faibles mais ne vivant pas de l’assistanat, qui ne comprennent pas que ceux qui nous ont menés dans le mur (les banques et les entreprises, qui licencient) soient les seules à bénéficier des largesses de l’Etat. On pourra revenir sur la réalité des aides apportées aux différents secteurs (des prêts et des garanties donc pas les montants réellement annoncés par les journaux), toujours est-il que beaucoup attendaient un geste, si petit soit-il.

 

Eh bien le geste de N.Sarkozy porte exactement sur ces catégories sociales-là, ceux qui travaillent mais souffrent de la crise : les travailleurs qui ont perdu un travail sans pouvoir prétendre aux indemnités chômage, ceux qui sont en chômage partiel, et plus généralement les classes moyennes basses, celles qui payent l’impôt mais ne reçoivent que peu d’aides de l’Etat. Plus, bien entendu une petite dose de relance pour les plus pauvres sans laquelle, les syndicats auraient crié encore plus fort que maintenant ; mais nous sommes assez loin de l’assistanat généralisé des plans de relance des gouvernements socialistes ou même des gouvernements socialistes chiraquiens.

 

Ensuite, il accorde à la CFDT son fond social pour développer la formation professionnelle. Cela n’exonère pas les partenaires sociaux de remettre à plat le système entier de formation professionnelle, en panne et très inégalitaire, mais cela permet de gagner du temps et surtout de s’attirer les bonnes grâces de la CFDT, seule centrale réformiste d'ampleur qui joue le rôle de rempart à un basculement du mouvement social dans la contestation pure et simple.

 

Et enfin, le train de mesures annoncées ne choqueront pas plus que cela les libéraux, habitués à subir dans ce pays des inepties économiques depuis quelques temps déjà et feront même plaisir à une grande majorité de l’électorat de droite. Les mesures sont toutes des mesures temporaires qui n’ont pas vocation à être pérennes et le gros de l'effort budgétaire et de la relance de la consommation va aux baisses d’impôt et non à l’augmentation de minimas sociaux. Les libéraux et l’électorat de droite apprécient toujours les baisses d’impôts, cadeau de l’Etat qui laisse dans les poches des français modestes qui travaillent ce qu’ils gagnent et évite de prendre pour au mieux, rendre sous forme d’allocations (avec des fuites dans la tuyauterie) ou de d'attribuer au pire, arbitrairement au gré de répartitions hasardeuses.

 

Mais ce qui plaira surtout à son électorat de droite est le message du début de son allocution télévisée où le président a bien cadré son action et sa volonté de ne pas céder à «une politique de facilité qui sacrifierait l'avenir au présent, qui conduirait à la banqueroute» et à rappeler que «nous sortirons de la crise en modernisant la France», pas «en embauchant davantage de fonctionnaires ou en rétablissant l'autorisation administrative de licenciement», ni en «augmentant massivement le SMIC». Ce sont peut-être que des paroles mais le dire en France dans un pays en crise, c’est déjà un grand pas vers le bon sens.

 

Finalement le pire n’est jamais certain et bien que je sois contre les plans de relance par la consommation (hormis par des baisses d’impôts), le sommet d’hier me satisfait plutôt : des mesures pour aider les travailleurs et non pas de l’assistanat, une relance par les baisses d’impôts et surtout des montants plus que raisonnables. Le seul problème porte sur le message envoyé aux syndicats qui ne s’y trompent pas d’ailleurs. Ils ont fait une grève réussie et ont eu 2,6 milliards d’euros plus une inflexion de la ligne gouvernementale. Cela ne peut que les inciter à mobiliser plus et manifester plus pour obtenir plus. Sarkozy aurait-il ouvert une boîte de Pandore ?


***

 

Puisque nous en sommes à parler des plans de relance, allons voir de l’autre côté de l’Atlantique chez notre maître à tous, le Messie, le bien nommé Barack dont nous espérons tous qui la tienne. Après avoir signé mercredi un plan de 778 milliards de dollars, Obama présente également ces jours-ci son plan pour l’immobilier. Juste pour revenir sur le premier plan de 778 milliards de dollars, mon grand patron américain, obamaniaque (à plus de 200 000 dollars par an, comme quoi cela n’est pas incompatible), me disait hier au restaurant que la philosophie de ce plan était de « spread money over it, try to oversee it and hope for the best ». Je trouve que cela résume assez bien la philosophie d’à peu près tous les gouvernements face à la crise.

 

Mais revenons au plan pour l’immobilier qui représentera près de 75 milliards de dollars. Son plan est de compenser la baisse des taux d’intérêts que les banques consentiront  aux emprunteurs au bord de la faillite. C’est la première fois que l’Etat aidera des particuliers qui n’ont pas encore fait faillite mais surtout, ce plan ne vous rappelle rien ? C’est exactement la philosophie du plan que proposait McCain pendant le débat de la présidentielle. A l’époque, beaucoup lui avait ri au nez en disant que ce plan était trop coûteux et qu’ils ne profiterait qu’à ceux qui avaient mis le pays dans cette situation sans aider réellement les banques à financer l’économie et tout et tout…Au final, c’est exactement ce que fait Obama, il dépense des milliards et des milliards, sauve ceux qui ont mené à la faillite, réinjecte des fonds dans Freddie et Fannie et maintenant aide directement les ménages en difficulté avec leur emprunt. Alors après avoir repris le slogan de campagne de McCain « Country First » depuis son entrée en fonction, après avoir essayé d’enrôler des élus républicains dans son gouvernement et pas les plus centristes, Obama est en train de reprendre également les propositions de McCain : l’ouverture marche à plein aux Etats-Unis également.

 

 

 


 

 

 

Écrire un commentaire