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03.02.2009

La grève du pouvoir d'achat depuis 30 ans

greve.jpgPour revenir sur la grève de jeudi dernier, une petite anecdote vécue : le matin en arrivant au travail, pas de lumière, l’équipe de nuit d’EDF avait fait sauter les plombs dans toute la zone industrielle. Il nous a fallu un peu de temps pour que cela soit remis en service et que tout le monde puisse commencer à travailler. Premier scandale mais ils n’avaient pas fini de rigoler : vers 11h, une coupure d’une seconde, encore de la part de nos amis d’EDF, juste histoire de couper les téléphones et tous les PC et donc de perdre les travaux en cours.

Voilà pour l’anecdote. La grève de jeudi dernier a donc été un succès avec 1 à 2,5 millions de français non-exposés à la crise dans la rue. A part ce triste constat, on peut quand même se féliciter que le service minimum ait plutôt bien fonctionné dans les transports avec un service perturbé mais pas surchargé ni totalement bloqué. La petite phrase de N.Sarkozy sur les grèves en France ne devenant qu’à moitié fausse.

Les revendications catégorielles face à la crise qui se sont exprimées pendant cette grève n’avaient qu’un seul point véritablement commun : l’antisarkozysme. Et les voir tous rassemblés rappelle que leurs revendications cachent mal leur opposition politique à l’ensemble des réformes faites ou encore à venir depuis le début du quinquennat sarkozyste. Et ne me dites pas que les syndicats et les grévistes manifestaient pour le pouvoir d’achat. Car sur ce sujet, les syndicats et les grévistes sont aussi coupables sinon plus que le gouvernement et le patronat. D’autant qu’après révision des indices, finalement le pouvoir d’achat des salariés n’a pas baissé en 2008 (inflation +1%) ; seuls ceux qui perdent leur emploi et ceux qui comptaient sur des revenus de placement ont vu leur pouvoir d’achat baisser l’année dernière et pour eux, les syndicats ne font rien.

C’est vrai que les salaires sont à la traine en France, même Le Figaro s’en est fait écho la semaine dernière ! Mais la France est surtout à la traine au niveau du salaire net que reçoivent les ouvriers, les agents de maitrise et même les petits cadres parce qu’en termes de coût du travail, la France se situe parmi les champions du monde. L’explication est en fait simple, il y a une préférence française pour le salaire différé (par les charges sociales) et la redistribution (par les impôts et le déficit), au détriment du salaire net. Mais on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et en plus défiler dans la rue pour dire que trop de beurre ça fait monter le cholestérol. Les français ont choisi (ou accepté) de privilégier le salaire différé et la répartition sur le salaire net et maintenant ils défilent pour leur pouvoir d’achat !

Pour illustrer cela, il suffit de voir que les syndicats qui sont dans la rue, sont aussi vent debout contre l’accord sur l’assurance-chômage pour une simple et unique raison : l’accord prévoit une baisse des cotisations employeurs de 1,4 milliards. Au lieu de négocier que cette baisse soit bénéficiaire, moitié aux entreprises, moitié aux salariés - ce qui auraient représenté une augmentation de 700 millions d’euros pour les salariés, qu’ils auraient pu faire porter uniquement sur des cotisations de tranche A pour en faire bénéficier les petits salaires - les syndicats s’opposent systématiquement et idéologiquement à toutes baisses de charges avec toutes les conséquences que l’on connait : pas d’augmentation de salaire pour les employés et un coup du travail très élevé en France.

La mondialisation, la concurrence avec des pays moins développés, le pompage de la valeur ajoutée par la finance sont bien entendus des explications valables dans la stagnation des salaires mais les français et en premier ceux qui sont dans la rue oublient bien vite que la principale raison en est l’augmentation des charges et le poids de l’Etat-providence. Simple calcul qui laisse rêveur : tous les salariés (hormis les riches, version François Hollande) et plus particulièrement les smicards, si l’on revenait au niveau de charges sociales qui se pratiquait au temps du Général De Gaulle - c’est-à-dire 35% du salaire brut de brut- augmenteraient de près de 50% leur salaire net ! Soit bien plus que l’augmentation de 300 euros pour tous demandée par Besancenot et le smic à 1500 euros brut demandé par le PS.

Mais bon, cela obligerait à serrer la vis à notre Etat-providence avec son lot de décisions difficiles à prendre et ça, jamais, au grand jamais, les corporatistes qui nous dirigent ne l'accepteront jamais.

 

EDIT 1 : la vraie crise se situe à l’Ecole avec des élèves qui ne savent plus lire, écrire et compter. Une étude vient de sortir qui démontre clairement et contrairement à ce que le politiquement correct souhaite faire croire que le niveau baisse et baisse bien. Et là, la réponse de la rue, c’est plus de moyens, encore et toujours, sans jamais s’interroger sur ce que l’on enseigne et comment on l’enseigne.

EDIT 2 : une étude est sortie sur les heures supplémentaires. Les réactions à cette étude sont diverses : les syndicats veulent revenir sur les heures supp car elles marchent bien et donc privent de travail des intérimaires et des contrats précaires. Par contre, pour les socialistes les heures supp ça ne marche pas et c’est juste un gâchis budgétaire et un effet d’aubaine surtout pour les patronats qui font baisser le coût du travail. Alors là, il faudrait peut-être qu’ils se mettent d’accord, surtout s’ils veulent désormais manifester ensemble dans les cortèges.

Commentaires

la sabotage n'est pas compris dans le droit de grève me semble t'il, et l'histoire que tu rencontres en départ, c'est du sabotage... Pas marrant.

Bonne journée

Écrit par : Falconhill | 04.02.2009

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