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27.01.2009
B.Obama, une affaire de timing
Dans la conduite des affaires, le moment est aussi important voire plus que l’acte lui-même. B.Obama a appliqué ce précepte à la lettre et même, en a démontré une maîtrise assez grandiose.
Premier point, l’intervention à Gaza. Comme par hasard, la guerre de Gaza s’est déroulée pendant le moment critique de la passation de pouvoir entre le président sortant et le président élu, c’est-à-dire entre Noël et le jour de l’investiture de B.Obama. G.W.Bush n’avait plus aucune légitimité et B.Obama ne pouvait pas encore endosser les habits présidentiels ce qui a laissé les mains totalement libres à Israël pour faire la basse besogne que beaucoup voulait lui voir faire. D’ailleurs, le silence assourdissant de B.Obama montre bien son approbation de cette guerre et même pour aller plus loin, son probable accord dans sa préparation et son déclenchement. L’arrêt des combats et le retrait de l’armée le week-end précédent son investiture n’est, de même, pas un hasard. Cela lui permet de garder son image de messie qui n’a pas trempé dans les belliqueuses histoires de G.W.Bush mais ne nous y trompons pas, cette intervention avait son aval et son soutien plein et entier. Il est assez finement joué de le voir désormais dire qu’il va plonger tout de suite dans la résolution du conflit israélo-palestinien.
Deuxième exemple de l’importance du timing, la ribambelle de décrets présidentiels que B.Obama est en train de signer pendant son état de grâce. On pourrait croire que ce sont des décrets sans importance (point de vue français) mais au contraire, ce sont des décrets ultra-politisés sur des sujets ultra-sensibles pour les Etats-Unis. Financement des associations qui soutiennent l’avortement, fixation par les Etats des quotas de CO2 plus particulièrement dans le secteur automobile, fermeture dans un an de Guantanamo, autant de sujets ultra-sensibles et politisés aux Etats-Unis où B.Obama donne un gage à ceux (les pro-choice, les écologistes et les anti-guerres) qui l’ont soutenu dès les premiers jours. Au moins, il sait utiliser son état de grâce pour faire avancer ses idées…pas comme chez nous où l’état de grâce a servi à faire 4 lois (et pas des décrets, comme quoi en France, l’exécutif est moins dictatorial que chez le Messie malgré ce que vont défendre les socialistes tout à l’heure) sur le service minimum (en carton-pâte), les peines plancher (pas appliquées par les juges), le durcissement des règles d’immigration (dont une partie censurée par le Conseil Constitutionnel et compensée par les régularisations liées au travail) et le travailler plus pour gagner plus (là aussi dénaturé par des compromis boiteux avec les syndicats).
Enfin dernier point, B.Obama fait déjà, alors qu’il vient d’entrer en fonction et que tout le monde pense que yes he can, son auto-critique de campagne et promet plus de sacrifices que de récompenses. En cela, B.Obama a déjà désamorcées les futurs critiques de son électorat modéré et une partie des déceptions qu'il ne va pas manquer de suciter. Il a surtout montré à cette occassion, qu'en plus d'être un des meilleurs orateurs de son temps, il était également un politicien accompli.
07:59 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : obama, invstiture, timing, décrets, gaza



























Commentaires
En carton-pâte, le service minimum ? Pas même, Lolik ! Il faudrait au moins qu'il en ait l'apparence ! Là, pour la grève de jeudi, la question ne se pose même pas : les dinosaures vont continuer de s'opposer à l'évolution. On attend le météorite thatchérien...
Écrit par : Criticus | 27.01.2009
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