« La crise rapproche le mur de la dette | Page d'accueil | Une communautarisation rampante¹ »

15.01.2009

Le lapin blanc est toujours en retard

lapin.jpgDepuis mi-septembre, la BCE n’a pas ménagé ses efforts ; en abaissant son principal taux directeur de 4,25% à 2,50%, elle a réduit le coût de refinancement des banques. Mais jusqu’ici, sans résultat ; les banques continuent à patauger dans leurs difficultés et restent bien réticentes à prêter. Et ce n’est pas le demi-point d’aujourd’hui qui va changer quoique ce soit (2% nous a annoncé aujourd’hui J-C.Trichet).

En gros, cette baisse est un soutien aux banques et au secteur financier ; mais dans la période actuelle de peur du risque, l’effet d’entrainement est un peu grippé. Traditionnellement on estime à 6 mois le temps de la diffusion à l’économie ; aujourd’hui on peut penser que les banques vont reconstituer leurs marges et que les emprunteurs à risque se verront infliger des taux élevés, tandis que les pme continueront à chercher des financements qu’elles ne trouveront pas (malgré les annonces, 3000 dossiers de demandes de crédit, sont passées sur le bureau du médiateur). D’ailleurs malgré la série de baisses depuis 4 mois, tous les jours les banques européennes déposent environ 300 milliards d’euros, pour une journée à la BCE ; c’est autant de moins dans les circuits de financement de l’économie.

Mais la BCE croit en son pouvoir sur l’inflation et ses gouverneurs ont réagi aux dernières publications : après l’affolement estival et la hausse de son taux à 4,25%, en plein retournement économique parce que les prix étaient annoncés à +4%, c’est maintenant le coup de balancier dans l’autre sens puisque la hausse des prix est passée à 1,6% en rythme annuel en décembre 2008. Et ça, c’est contraire à l’objectif que notre chevalier eurolandais poursuit droit devant lui : la hausse des prix doit être proche de 2%, sacrebleu. Du coup, si les prix baissent encore, la BCE continuera à cavaler derrière sa chimère et on pourrait qui sait, atteindre 1,5% d’ici quelques mois. Ce faisant, la BCE apparait comme le lapin d’Alice, perpétuellement en retard ; pendant ce temps, le taux américain oscille entre 0 et 0,25% depuis déjà un mois et l’anglais a été réduit début janvier à 1,5%.

Et pourtant les perspectives européennes ne sont pas fameuses : Angle Gurria, secrétaire général de l’OCDE, n’y va pas avec le dos de la cuillère : « Les perspectives à court terme sont sombres pour la zone euro, mais le pire est à venir » ! Ca justifierait à moins, de mettre nos pendules à l’heure, rapidement.

Ecrire un commentaire