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01.11.2008
Le New Deal de campagne de Roosevelt

A l'heure où tout le monde ne parle que de plan de relance, d'un New Deal à la Roosevelt, j'ai lu quelque chose d'assez savoureux sur le sujet dans l'analyse de Jean-Marc Vittori dans Les Echos d'hier. En clair, il explique que Franklin Roosevelt avant d'être celui qui a mis en place le New Deal, sorti de la crise les Etats-Unis et gagné la Seconde Guerre Mondiale, avant ça, Roosevelt s'était fait élire sur un programme ultra-ultra-libéral comme nous dirions aujourd'hui, face à son adversaire républicain qui menait une véritable politique socialisante pour ne pas dire socialiste.
Imaginez, le New Deal originel de Roosevelt, celui proposé aux américains pendant la campagne présidentielle américaine de 1932, était en vérité très différent de ce qui a été mis en place. Il condamnait les dépenses publiques téméraires et extravagantes et il promettait de les diminuer de 25 % afin d'éliminer la bureaucratie malfaisante. Il prônait également un dollar fort, la fin des subventions agricoles et un retrait massif de l'Etat fédéral d'un nombre de secteurs importants où il était inefficace, ce qui se traduisait par la fin des emplois publics et l'absence de programme de grands travaux...En un mot, strictement l'inverse de ce qui a été mis en oeuvre. Et c'est sur ce programme qu'il a été élu largement élu le 8 novembre 1932.
Mais une fois en place, c'est strictement l'inverse qui a été fait et même, ce sont les politiques mises en place par son prédécesseur, le désormais honni Hérbert Hoover, qui ont été prolongées et amplifiées, ce qui empêchera une sortie de crise dès 1933. Cela est confirmé par un conseiller de Roosvelt, Rexford Guy Tugwell, qui avoua bien plus tard que « presque la totalité du New Deal a été extrapolé à partir de programmes mis en place par Hoover ». Ce qui fait dire à l'éditorialiste que le prochain président américain mettra en oeuvre, en lieu et place de la rupture des années Bush, sa continuité : guerre en Irak qui se transformera en Allemagne ou Japon du Moyen-Orient, baisses d'impôts pérennisées... Un peu comme en France où la rupture d'avec les années Mitterrand-Chirac promise par Sarkozy commence vraiment à ressembler à une rupturette. J'exagère un peu, beaucoup de choses on changé depuis 18 mois à commencer par le fait que nous avons désormais un président, mais jai du mal à digérer le fait que dès que la situation se dégrade nous en revenions aux bonnes vieilles recettes de grand-mère tonton et de chichi qui ont montré leur inefficacité maintes et maintes fois, vu la crise permanente dans laquelle nous sommes plongés depuis ce beau printemps de l'année 1981.
08:43 Publié dans Réflexions et philosophie... | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : new deal, plan de relance, roosvelt, hoover, crise



























Commentaires
En ce qui concerne la "rupturette", ce n'est pas très étonnant. Déjà, pendant la campagne, le qualificatif "tranquille" avait été rajouté à la rupture pour rassurer les conservateurs de tout poil, effrayés par la perspective de trop de changements... Mais je note qu'il y a tout de même plus de bouleversements en un an que pendant le deuxième mandat Chirac.
Sinon, je retiens que la vie politique américaine est aussi palpitante que la française. C'est à croire que les retournements de veste en série sont la norme partout.
Écrit par : Aymeric | 01.11.2008
« la crise permanente dans laquelle nous sommes plongés depuis ce beau printemps de l'année 1981 »
Il ne faudrait pas dédouaner Giscard, qui, avec la fin de l'immigration de travail mais la politique du regroupement familial, a involontairement - j'espère - provoqué l'un des principaux problèmes, sinon le principal, de la société française aujourd'hui...
Écrit par : Criticus | 01.11.2008
Sur le New Deal : sans vouloir faire ma petite pub, je trouve que le passage de l'interview de Milton Friedman que j'ai citée chez moi (celui où il explique en quoi il soutenait le New Deal) éclaire assez bien le problème. Entre 1932 et 1933, les États-Unis sont passés de la "crise" à la "dépression", ce qui a appelé à une série de mesures de première nécessité. Après, libre à chacun de les évaluer une par une, comme l'a fait Friedman. Il ne s'agit pas de nier ni de justifier le changement de cap de FDR, mais simplement de remettre les choses en perspective.
Sur 1981, tout-à-fait d'accord avec Roman : la "crise permanente" dont tu parles me semble être issue en tout premier lieu de l'incapacité de la France à se relever des deux chocs pétroliers des années 70 et, partant, de trouver un remède à la stagflation qui a suivi (ou plutôt, d'appliquer le remède qui a fonctionné ailleurs). Mitterrand n'a pas pas aidé, c'est certain ; mais ni Giscard avant lui, ni Chirac après n'ont été plus courageux.
Écrit par : Rubin | 01.11.2008
Tout à fait d'accord avec vous sur la crise permanente qui a commencé avec Giscard et les 2 chocs prétroliers. MAis la différence est que Giscard était les mains dans le camboui, en plein mandat très politisé (Chirac qui l'attaquait à droie, Mitterrand à gauche) alors que Mitterrand et Chirac avait eu le temps de réfléchir et analyser comment sortir de la crise.
Après, je suis bien d'accord que Giscard a été le début de la catastrophe avec sa décision sur l'immigration mais encore plus loin dans le passé avec sa rupture d'avec les gaullistes en 1965 pour jouer sa carte personnelle...
Écrit par : Niko | 01.11.2008
Oui, et on voit bien aujourd'hui que la trahison de Chaban-Delmas par Chirac au profit de Giscard en 74 a eu des effets dévastateurs...
Écrit par : Criticus | 01.11.2008
Article intéressant car j'ignorais tout de cette contradiction. De là à extrapoler sur Obama, c'est moins certain. Je vais vérifier si tu es dans ma blogroll et vais t'y rajouter si tu ne l'es pas. Amicalement
Écrit par : Toréador | 01.11.2008
Oups je viens de voir que tu es membre de LHC. Du coup, ça annule mon précédent commentaire.
Écrit par : Toréador | 01.11.2008
Sacré Trolléador.
Écrit par : Criticus | 01.11.2008
@Toréador: Ca rend intéressant de faire partie de LHC ? ou simplement tu ne veux pas de LHC dans ta blogroll ?
Écrit par : Rubin | 01.11.2008
Je découvre avec stupeur le(s) commentaire(s) de Toréador...Comment peut-on afficher sa fermeture avec autant de transparence ? sans se rendre compte qu'on est en train de se ridiculiser ?
C'est du niveau CP-CE1 : ah bah non t'es pas dans ma bande alors tu peux pas être gentil, bouh, méchant !!!
à bientôt !
Écrit par : LOmiG | 02.11.2008
Je comprends Toréador, un article de qualité n'annule pas l'historique de conneries sorties du reseau LHC...
Écrit par : Manuel | 28.11.2008
Manuel, ton complexe d'infériorité à notre égard devient pesant...
Écrit par : Criticus | 17.01.2009
Mais Criticus, je rêve de faire partie de votre réseau!!
Écrit par : manuel | 20.01.2009
@ Manuel : demande transmise au Comité, je te tiens au courant une fois la réponse officielle connue. Merci de ta candidature.
Écrit par : Criticus | 21.01.2009
Manuel, je suis au regret de t'informer que ta candidature a été refusée.
Écrit par : Criticus | 21.01.2009
Ben mince alors!
Écrit par : manuel | 21.01.2009
Je suis désolé, Manuel, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour appuyer ta candidature. Sommes-nous seulement dignes de toi, Manu ? ;-)
Écrit par : Criticus | 22.01.2009
Bonne question... En tout cas j'ai dû affronter le courroux de mes deux comparses...
Écrit par : manuel | 22.01.2009
J'ai vu. Tu auras noté le smiley à côté de ma « bonne question »...
Écrit par : Criticus | 24.01.2009
L'absence de smiley m'aurait surprise.
Écrit par : manuel | 25.01.2009
Surprise ? C'est « Manuelle » que tu t'appelles, alors !
Écrit par : Criticus | 26.01.2009
Quand bien même j'aurais été "Manuelle", il aurait quand été faux d'accorder surpris...
Écrit par : Manuel | 26.01.2009
Non Manuel, ce n'aurait pas été faux.
Dans le cas d'une formule au passé composé, l'attribut du COD doit s'accorder avec le genre du COD, lorsque le verbe «avoir» est situé avant. C'est pourquoi il faut dire, par exemple, «la tarte que j'ai faite» et non «la tarte que j'ai fait», qu'on entend souvent...
Écrit par : Criticus | 26.01.2009
Je crois que t'as raison...
Écrit par : Manuel | 26.01.2009
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