Vous connaissez sûrement la taxe à la con (TALC) ? Non, c'est pourtant simple et bien expliqué par Joël Ronez. Pour résumer, une TALC est une taxe spécifique sur un produit/service/entreprise inventée afin de financer des politiques publiques/aides directes à une catégorie en difficulté. La taxe doit être infinitésimale pour rester indolore au citoyen lambda mais elle doit rapporter assez pour que ses bénéficiaires et l'opinion sentent que le gouvernement est en train d'agir. Cette TALC doit agir au nom de la justice (prendre aux riches pour donner à ceux qui souffrent de la conjoncture, ou bien prendre au privé pour donner au service public ou encore lutter contre des comportements anti-citoyens) et il y doit y avoir un rapport, même vague, entre ses bénéficiaires et ses victimes.
Voilà pour la définition. Concernant l'application, le gouvernement semble est passé maître dans l'art de créer ces TALC avec
déjà 6 en 2007 et plusieurs dans les cartons pour 2008. Et cela ne semble pas prêt de s'arrêter tant la droite est devenue une championne des TALC en réponse au monopole de la gauche sur les charges sociales et impôts dans ce merveilleux concert socialisant qu'est la Fraôônce. Aujourd'hui, nous avons donc eu le droit à
la création d'une petite nouvelle au sein de la déjà grande famille : une taxe sur les mutuelles et complémentaires santé pour financer le déficit de la Sécurité Sociale, ce qui devrait rapporter 1 milliard d'euros par an. Comme le rappelle très bien R.Bachelot, depuis quatre ans, les complémentaires santé ont relevé leurs cotisations de 30 % et augmenté leurs bénéfices de 25 %. Cela n'est donc que justice que ces complémentaires santé et mutuelles payent une contribution spécifique (ça effraye moins l'électeur moyen que le mot taxe) afin de financer la Sécurité Sociale.
Au premier abord, cela ne semble pas totalement stupide que ceux qui se sont enrichis sur une mission de service public (la santé) redonnent un peu d'argent pour combler le déficit de cette Sécurité Sociale. Cette mesure fait appel à tout ce qu'il faut pour être une bonne TALC populaire : un bénéficiaire ayant le brevet de justice sociale, un prélèvement sur de gros enrichis (en apparence seulement) et un bon sens populaire que tout le monde peut comprendre. Ce raisonnement est parfait pour faire passer la pilule à ceux qui sont prêts à l'avaler comme ils ont avalé l'histoire des 35 heures et le partage du gâteau.
Cependant, dans la réalité, cette taxe est plus que discutable sur plusieurs points. Tout d'abord, dire que ce sont les complémentaires santé qui paieront cette taxe est une vue de l'esprit de technocrates au mieux se prenant pour Robin des Bois, mais plus certainement tellement aux abois pour boucler leur budget et financer leurs politiques publiques
stupides et inefficaces qu'ils sont prêts à taxer tout secteur qui arrive encore à s'en sortir. Car qui doute encore que ce seront bien les cotisants aux complémentaires santé qui paieront cette taxe par une augmentation des tarifs ? C'est pourtant simple : les payeurs ne sont pas ceux qui font réellement le chèque, même la CGT a
compris cela. Mais ce plan n’est pas idiot, les protestations seront cantonnées à des acteurs qui ne risquent pas d’être soutenus par l’opinion (assureurs, voleurs est assez populaire), tandis que les prélèvements obligatoires progresseront encore un peu (mais qui s’en soucie ?).
La ministre de la Santé a beau marteler que les complémentaires ne devraient pas augmenter leurs tarifs l'an prochain et que si elles le font, les assurés sont libres de changer d'assureur à leur guise (ceci dit je note l'effort de la ministre qui ose dire que la concurrence est bonne pour les consommateurs), les prix des mutuelles augmenteront bien du montant de la taxe, peut-être pas tout de suite mais le rattrapage aura lieu d'une manière ou d'une autre.
Ensuite, il y a d'autres remarques qui me viennent : pourquoi taxer les mutuelles qui ne sont pas des entreprises à but lucratif mais qui fonctionnent sous forme de coopération ? Le gouvernement est simplement en train d'instaurer une taxation de sur la solidarité non étatique (et après, on va me dire que le gouvernement est libéral), qui sert déjà à pallier les défaillances de la solidarité étatique en faillite.
Cela pose également la question de l'efficacité de la Sécurité Sociale. Imaginez, que l'Etat qui gère la Sécurité Sociale avec les partenaires sociaux mette place certaines mesures (médicaments génériques, lutte contre le gaspillage, médecin traitant, CSG...) et décide de refiler certains pans entiers de la santé au privé pensant lui refiler les gouffres sans fond. Manque de bol, le déficit de la Sécurité Sociale n'est pas résorbé malgré le délestage mais surtout, le secteur privé arrive à ce que ces activités ne coute pas trop cher ni en cotisations ni en frais médicaux et arrive même à dégager des bénéfices pour ces activités que l'Etat considérait comme des gouffres sans fond. Quel affront ! Cela mérite une punition.
L'Etat en plus d'être un piètre gestionnaire (nous payons 2 fois : une fois pour couvrir le déficit de la Sécurité Sociale par nos impôts et charges et une autre fois par l'obligation de souscrire une complémentaire santé), va par cette taxe créer une prime au mauvais élève que représente la Sécurité Sociale, prélevée sur ceux qui gèrent un peu mieux.
Le pire dans cette taxe est qu'elle ne résoudra rien, qu'elle ne permettra ni de résorber le déficit de la Sécu ni de la financer car ce ne sont pas moins de 5 milliards qui manquent chaque année dans les caisses de la branche Assurance Maladie. Cette taxation qui s'insère dans un nouveau plan de redressement de la Sécurité Sociale (le 25ème) qui comprend également une taxe (de 1 % à 2 %) sur les « niches sociales » comme l'intéressement, la participation et les contrats de prévoyance (ce qui revient à reprendre d'une main ce qui a été donné par l'autre, tout en entretenant une armée de fonctionnaires pour rien au milieu), ne permettra de retrouver que 4 milliards quand il en faudrait au moins 5. Et surtout, ce plan de redressement ne s'intéresse encore pas au fond du problème : tout occupé à trouver de nouveaux financements, comprenez de nouvelles taxes (admirez le beau consensus droite-gauche à ce sujet), personne ne s'intéresse aux coûts de gestion exorbitants de la Sécu, aux frais de fonctionnement grandioses de l'hôpital, ni à notre consommation des médicaments hors du commun, ni aux arrêts de travail à répétition... En somme, ce plan c'est rien sauf des taxes, ce qui fait dire très justement à Erik Izraelewicz que nous sommes dans le
bidouillage.
En fait, cette TALC ne montre qu'une chose : l'Etat reconnaît lui-même que les complémentaires santé gèrent mieux la couverture du risque santé que la Sécurité Sociale (normal c'est leur métier d'assurer des risques). La véritable TALC, ce n'est pas ce prélèvement de 1 milliard sur les complémentaires santé mais plutôt toutes les charges sociales, CSG, et autres taxes en tout genre qui servent à financer la branche Assurance Maladie de la Sécurité Sociale pour un montant de 175 milliards d'euros en 2008. L'assurance de la santé serait bien mieux assurée par un système d'assurance privé obligatoire comme en Allemagne. Et c'est là-dessus que le projet du gouvernement se rattrappe un peu. En effet, en échange de cette taxe les mutuelles et complémentaires santé pourraient être
associées à la gestion de la Sécurité Sociale (j'entends déjà nos collectivistes de tout bord crier à la "privatisation"), le gouvernement ayant bien compris que les entreprises privées étaient meilleures gestionnaires que le public. Il y a un début à tout !
Commentaires
super article !!!! il m'a fait rigoler, et je suis d'accord avec tout ce que tu y dis...
et je suis d'accord avec toi, sur le fond "l'Etat reconnaît lui-même que les complémentaires santé gèrent mieux la couverture du risque santé que la Sécurité Sociale "....
ce qui est insupportable, c'est qu'au lieu de saisir l'occasion de ce constat pour ouvrir l'assurance maladie à la concurrence, il rajoute une taxe. Donc soit le gouvernement n'a rien reconnu, soit il se fout de notre gueule...
à bientôt !
Écrit par : LOmiG | 30.07.2008
Dieu que j'aurais adoré trouver un tel titre !!!!
Rien à rajouter à l'ami Lomig : excellent billet. A faire lire ici et là...
(notons la "rupture" sarkozienne : un problème ? Soit on crée une commission de gens pas forcément compétent mais qui ont du temps libre, soit on crée une taxe supplémentaire... Pour France Télévision, on a fait les deux tien...)
Soupir...
Bonne journée
Écrit par : Falconhill | 30.07.2008
Oui, super article. Il faut noter au passage que la TALC constitue, par hypothèse et au moins dans l'esprit, une entorse honteuse au principe d'universalité budgétaire.
Mais je peux comprendre que personne n'ait rien à f... des règles élémentaires en matière de finances publiques en vigueur dans une démocratie libérale.
Écrit par : Rubin | 30.07.2008
Il semblerait que jái parlé un peu vite sur le monopole de la gauche pour les charges sociales car F.Fillon notre premier ministre vient d'annoncer que les cotisations retraite augmenteront d'1 point en 3 ans. Hausse qui devrait être heureusement compensée par une baisse des cotisations chomage vu les excédents que cette branche enregistre (excédents cependant qui n'ont pas encore couverts les dettes accumulées de la branche chomage). Nous sommes encore et toujours dans le bidouillage. Le gouvernement n'a rien compris sur les maux véritablement de ce pays. Comme disait le Général, dès que les prélévements dépasseront les 40% ce pays sera ingouvernable...
Écrit par : Niko | 30.07.2008
Tout ça me fait repenser à une phrase de Jean-Michel Apathie que j'avais adorée : "Taxons donc tout ce qui bouge, un jour tout sera immobile".
Écrit par : Aymeric | 30.07.2008
@ Aymeric : il s'agit en fait d'un phrase de Reagan :
Les administrations ont une vision de l’économie qui peut être résumée en quelques mots : “Si ça bouge, taxez-le. Si ça continue à bouger, réglementez-le. Si ça s’arrête de bouger, subventionnez-le.”
Ronald Reagan (1911-2004)
à bientôt !
Écrit par : LOmiG | 30.07.2008
Dénoncer la fiscalité et la lourdeur de l’Etat gestionnaire pour mieux mettre à mort la Sécurité Sociale (SS) est un grand classique de l’idéologie libérale.
Je n’ai pas le temps et l’énergie nécessaire pour engager un long débat argumenté. Je vais donc tenter rapidement de dégager quelques idées fortes :
La SS ne peut être viable que si elle a le monopole car elle est basée sur la solidarité de tous avec tous. Toute tentative de la privatiser aussi minime soit-elle signifie, à terme, sa disparition. Que tous ceux qui militent pour une privatisation de la SS même partielle aient l’honnêteté de reconnaître qu’en fait ils souhaitent sa suppression.
Et ça, à mon sens c’est un choix à soumettre à la nation et non pas à la décision de quelques uns.
Mesurer l’efficacité ou la qualité de la gestion de la SS à l’aune des critères appliqués aux entreprises privées est soit cynique soit stupide. La SS n’est pas une entreprise, elle ne produit pas, elle ne vend rien, elle ne fait pas de bénéfices. Elle n’a comme ressources que ce que l’on veut bien lui donner. Le déficit de la SS est donc un mythe crée de toute pièce. Pour le faire disparaître, il suffit de mettre en face des dépenses les recettes correspondantes. Pour l’aggraver… il suffit de faire le contraire. Ce sont des choix budgétaires, des choix politiques, des choix de société.
Quant à prétendre que les complémentaires gèrent mieux le risque, ce n’est pas surprenant puisqu’elles choisissent leurs clients et éliminent les cas difficiles.
Je n’ai pas retrouvé tous les chiffres mais quelques idées en vrac :
1) le prix de revient à la collectivité nationale du traitement d’un patient, toutes choses égales par ailleurs, est supérieur aux USA qu’en France
2) la plus grande partie des coûts de la SS sont dus aux pathologies lourdes. Faire croire que le problème serait que l’on consomme trop d’aspirine est une fumisterie.
3) Un tout petit rééquilibrage dans la répartition du PIB permettrait de dégager toutes les ressources nécessaires non seulement pour la SS mais aussi pour les retraites. En gros, il faut mieux payer le travail et ponctionner plus les produits de la finance.
Je suis preneur de toute info (chiffrée) concernant le merveilleux système Allemand.
PS : j’espère que moi aussi, je vais faire rigoler LOmig. Lui en tous les cas, il me fait toujours mourir de rire.
Écrit par : RST | 30.07.2008
salut RST,
contrairement à toi, tu ne me fais pas rire. En tout cas, je considère ce que tu dis avec attention et non avec mépris.
Je reviens sur deux points de ton argumentation :
La SS ne peut être viable que si elle a le monopole car elle est basée sur la solidarité de tous avec tous. Toute tentative de la privatiser aussi minime soit-elle signifie, à terme, sa disparition.
La solidarité ne peut en aucun cas justifier un monopole. Personne ne veut privatiser la sécu, en tout cas pas moi. Je voudrais juste que les gens aient le droit d'aller cotiser dans un autre organisme...La fin du monopole quoi ! Par ailleurs, l'argument consistant à dire que "la moindre tentative aussi minime soit-elle de changer un système signifie sa disparition" porte deux noms, selon que l'on se place sur le fond ou sur la forme.
Sur la forme c'est un sophisme qui porte un nom : La pente savonneuse
sur le fond, cela montre un très fort conservatisme de ta part, qu'il me semble difficile d'assumer. Quelque soit la voie retenu pour moderniser notre système de santé, il faudra bien le changer, et le modifier. Donc, au moins, ouvrir le secteur à la concurrence. Ce qui ne signifiera la "disparition de la sécu" seulement si tout le monde choisit d'aller ailleurs : ce sera la preuve qu'elle détruit de la valeur, et ne permet pas d'assurer une solidarité réelle.
à bientôt !
Écrit par : LOmiG | 31.07.2008
Merci Lomig et Rubin pour cette très belle phrase de Reagan
RST : je ne suis pas pour la suppression de la SS parce que je suis pour les missions de service public . Mais par contre, je suis bien entendu pour l'ouverture à la concurrence concernant la santé et surtout pour la capitalisation (voir mon post sur le drame de l'industrie francaise). Je suis pour qu'il y ait l'obligation de souscrire une assurance santé, une assurance retraite et un complément retraite par capitalisation, une assurance chomage. Je pense que nous devrions avoir le choix entre différentes organismes d'assurance.
Je suis surtout pour que la SS se modernise : il est incroyable que tous les médecins ne soient pas avec la carte vitale obligatoire (oui ca existe encore), que des employés passent leur vie à saisir des feuilles de sécu, que les arrets maladie ne soient pas controlés, que tous les francais aillent aux urgences pour la moindre grippe et angine, que les médecins puissent prescrire autant de médicaments qu'ils veulent sans aucun controle...
Après, je suis tout à fait d'accord, la plus grande partie des couts est due aux pathologie lourde et cela est à la société de les prendre en charge, pas à la SS car c'est de la solidarité nationale et pas de l'assurance collective. Donc cela doit repasser sur le budget de l'Etat et quitter celui de la Sécu. Nous devons financer cela par l'impot et par les charges sociales. Car c'est faire peser la solidarité nationale seulement sur les revenus du travail quand tous les revenus doivent être mis à contribution (mais je vous vois venir donc je précise sans augmentation d'impots).
De même que le RMI, que les allocations familiales, que la CMU, que l'AME, que les régimes spéciaux de retraite...Tous ces programmes sociaux doivent repasser sur le budget de celui qui les décident réellement et qui doit payer pour les mettre en oeuvre, sinon c'est encore être généreux avec l'argent des autres.
Et surtout, j'en ai plus que marre de la distinction fictive en France en charges patronales et charges salariales qui sont exactement la même chose (des charges sociales et donc du salaire différé). Ce n'est qu'un jeu de langague de politicien pour vous faire croire que votre salaire brut est faible alors qu'il est très important lorsqu'on y réintroduit les charges patronales, qui je le répète sont du salaire différé comme les charges salariales.
Quant à l'exemple allemand, je vais chercher les chiffres que vous souhaitez mais sans parler des chiffres, ce ue je sais est que les caisses d'assurance santé, de retraite sont multiples, seule la cotisation est obligatoire, après les salariés doivent choisir à laquelle ils adhèrent. Ces caisses sont autonomes et surtout équilibrées, elles ont confié l'intendance à des boites privées qui permettent de réduire les couts de gestion. Le système allemand est hérité du mutualisme mis en place par Bismarck. Les allemands ont amélioré le système de Bismarck mais ne sont jamais sorti de la logique mutualiste tandis que nous nous en sommes sortis pour une nationalisation de la SS qui reste endetté et demande la création de nouvelles taxes tous les 4 matins. Enfin si vous acceptez d'être un citron pressé...Et ne croyez pas que ce soient les riches qui payent les taxes (bien sur qu'ils en payent et beaucoup même), dans un système étatisé, ce sont toujours les pauvres et les moins favorisés qui soufffrent le plus (comme en France aujourd'hui, avec toutes les crises que nous traversons : logement, retraite, pouvoir d'achat, énergie...)
Écrit par : Niko | 31.07.2008
@ Niko
Je maintiens que la suppression du monopole de la SS signifie nécessairement la fin de la SS. Encore une fois, le principe de la SS est la solidarité. En gros (pour faire simple) tout le monde (riches et pauvres, malades et bien portants, jeunes et vieux, …) cotise proportionnellement à son salaire sans critères de sexe, d’âge ou d’état de santé. Et ensuite (en théorie) tout le monde est soigné de la même façon suivant sa pathologie, les mêmes moyens étant mis en œuvre, que l’on soit riche ou pauvre. Pour que ce système fonctionne, il faut que tout le monde y participe. Si on laisse le choix, les plus riches, les mieux portants iront voir ailleurs pour bénéficier de tarifs nécessairement plus avantageux, amputant la SS de ressources vitales, brisant le principe de solidarité.
Le système que j’ai décrit ci-dessus ne s’applique pas aux assurances privées qui modulent les cotisations et les prestations en fonction de tout un tas de critères qui accroissent drastiquement les inégalités. C’est le système anglo-saxon et je ne vais pas vous faire perdre votre temps en vous décrivant ici ses carences gigantesques.
Sur la modernisation de la SS, il y a surement des choses à améliorer. Je ne suis pas un spécialiste et je n’ai donc pas d’avis tranché. Je me méfie simplement de tous ceux qui n’ont que le mot ″réforme″ à la bouche en faisant une fin en soi et qui n’hésitent pas à propager des idées fausses par pure démagogie.
Je ne comprends pas quand tu dis : ″ cela est à la société de les prendre en charge, pas à la SS ″
Tout à fait d’accord avec toi en ce qui concerne la distinction fictive entre charges patronales et salariales.
Je ne suis pas complètement borné et si il y a des choses positives chez nos voisins (et il y en a nécessairement) voyons comment nous pouvons les adapter dans notre système pour l’améliorer
Écrit par : RST | 31.07.2008
@LOmiG
Je ne crois pas avoir été méprisant. Plutôt ironique.
Il se trouve que nous nous sommes déjà croisés dans la blogosphère. Tu balances souvent des commentaires très tranchés (du genre ″ La solidarité ne peut en aucun cas justifier un monopole ″) sans aucune argumentation et tu ne réponds jamais à la contradiction.
Une fois qu’on a enlevé tes digressions philosophiques sur les sophismes, ils sont où tes arguments dans le commentaire qui précède ?
Les choses ont l’air simple pour toi et ça me fait marrer que l’on puisse avoir tant de certitudes
Écrit par : RST | 31.07.2008
salut RST,
oui je sais que l'on s'est déjà croisé plusieurs fois. Contrairement à ce que tu sembles penser je réponds souvent la contradiction, n'attaque que très rarement les personnes. Les digressions philosophiques que tu montres du doigt n'en sont pas : il s'agit au contraire des bases logiques pour une discussion saine et argumentée. Dommage que tu prennes cela comme des digressions philosophiques...
Oui, mon commentaire était tranché. La solidarité consiste à ce que des personnes, consciente d'un intérêt commun, mutualisent des risques. Chacun apporte un peu pour que, unis, on soit plus fort. C'est un grand principe, très efficace pour se protéger les uns les autres. Ce principe fort n'a aucune raison d'être gérée de manière monopolistique, dans le cas de la santé, par l'Etat. Si tu peux me le justifier, je suis preneur, moi je ne vois aucune raison à cela. La solidarité, pour être la noble idée que j'ai en tête, doit reposer sur la libre adhésion des personnes à une "caisse commune". Ils doivent pouvoir choisir où, avec qui, comment ils souhaitent s'assurer. Justifier le monopole de la sécu pour des raisons de solidarité me semble donc être, oui, un sophisme.
à bientôt !
Écrit par : LOmiG | 31.07.2008
@LOmiG
Soit tu ne lis pas mes commentaires, soit je m'exprime mal (ce qui est fort possible)
Il me semblait avoir justifié dans ma réponse à Nico pourquoi je pense que le monopole est nécessaire. Je vais essayer de clarifier un peu plus précisément:
La SS fonctionne sur le principe que tout le monde est traité de la même façon quelques soient ses besoins mais participe en fonction de ses moyens. En gros (pour faire simple) les riches et les biens portants payent pour les pauvres et les malades. Et les riches payent plus que les pauvres. C’est ce que j’appelle la solidarité. Pour que ça fonctionne, il ne faut pas laisser le choix aux gens. Il faut donc le monopole. Tu imagines bien que sinon, les riches par exemple, si ils ont le choix, vont dire moi je ne vois pas pourquoi je payerai plus cher que le pauvre et donc je me casse, je prends une assurance privée (que ne pourra jamais se payer un pauvre) qui me coûte bien moins cher (par rapport à ce que lui ponctionne la SS). Ou bien celui qui n’est pas forcément riche mais qui croit qu’il ne sera jamais malade (heureux homme) va dire, moi je ne paye rien. Il n’y aura donc plus les ressources nécessaires pour faire fonctionner l’ensemble qui va s’écrouler pour laisser la place aux assurances privées, grandes vainqueurs par KO.
Dans le système d’assurances privées, tout le monde n’est pas traité suivant ses besoins, mais en fonction de ses moyens.
Et on en arrive à la situation où certains n’ayant pas de moyens ne sont plus traités du tout. Ce n’est pas le type de société que je veux.
Écrit par : RST | 31.07.2008
si si je lis tes commentaires...et dans le dernier il y a ça :
>Pour que ça fonctionne, il ne faut pas laisser le choix aux gens.
et bien moi, c'est exactement cette logique là, à la suite des penseurs libéraux, que je trouve dangereuse et totalitaire (en puissance). Si notre système doit, pour fonctionner, ne pas laisser le choix au gens, c'est un système potentiellement totalitaire...car qui décide du système ? ceux qui ont le pouvoir, ceux qui savent faire pression sur le pouvoir, etc... Je ne veux pas que mes choix de vie soient décidés par d'autres que moi, désolé, mais c'est une barrière que je trouve relativement "absolue". Je refuse cet arbitraire, rempli (il suffit de lire ton commentaire) de termes tous plus abstraits les uns que les autres et mal définis : qu'est qu'un "riche" ? qu'est ce qu'un "pauvre" ? qu'est ce qu'un "malade" ?
Ton affirmation finale sur le fait d'être traité suivant ses moyens et pas ses besoins dans un système privé est complètement faux. Dans un système privé, chacun est libre d'aller signer où il veut : il choisit donc le service qu'il va obtenir et qui sera adapté à ce qu'il est prêt à payer pour cela. Vouloir faire croire que les clients / assurés vont y perdre en situation de concurrence, c'est méconnaitre fondamentalement la puissance régulatrice et sélective des marchés. La concurrence est toujours bonne pour l'utilisateur. C'est pour les bénéficiaires du système actuelle qu'elle pourrait ne pas être bonne. Nuance.
Je ne prétend pas savoir comment il faut organiser le système d'assurance maladie ; je prétend par contre qu'il est souhaitable de l'ouvrir à la concurrence. Si le système actuel est si bon, il survivra sans problème à la concurrence.
à bientôt !
Écrit par : LOmiG | 31.07.2008
@RST : quand je dis que ″ cela est à la société de les prendre en charge, pas à la SS ″. Je parle des budgets et de qui payent réellemt les financements.
Je m'explique, la SS contrairement à ce qu'on pense n'est pas un mécanisme de solidarité à la base mais un mécanisme d'assurance réservé aux travailleurs. C'est comme ca qu'elle a été créé à la Libération. Elle n'est donc universelle mais réservé au seul travailleurs salariés pour le régime général et il y a d'autres régimes pour les professions libérales, les travailleurs agricoles. C'est ensuite que les politiques ont dévoyés le système en faisant financer des politiques publiques qui ne rentraient pas dans ce cadre par la SS au lieu de le faire par le budget de l'Etat car cela permettait de cacher le déficit dans un compte différent du budget de l'Etat, de fractionner les politiques sociales. Par exemple, vous remarquerez dans la comptabilité nationale que le RMI n'apparait pas dans le budget de l'Etat au titre des politiques sociales car il est sur le budget de la Sécu.
Ma véritable question est donc pourquoi faire reposer sur la SS qui est financée par les charges sur le travail, des prestations qui sont de la solidarité de toute la nation et non simplement des travailleurs. Que les travailleurs soient solidaires des autres travailleurs qui peuvent malades, au chomage ou en accident de travail, très bien. Mais faire financer par les seuls travailleurs, le RMI, la CMU, les ALD (qui peuvent toucher tout le monde et pas seulement les travailleurs), n'est pas normal.
D'ailleurs, les gouvernements se rendent bien compte qyu'ils ont été trop loin dans le bidouillage comptable et chercher à équilibrer les comptes de la Sécu en créant des taxes comme celle sur les mutuelles (mais il existe également plein d'autres taxes qui financent la SS).
Donc ce que je dis est que la SS doit redevenir ce qu'elle n'aura jamais du cesser d'être une assurance solidaire pour les travailleurs, financée par les travailleurs et qui profitent aux travailleurs. Tous les programmes sociaux qui sont logés dans le budget de la SS doivent retourner dans le budget de l'Etat qui doit en assumer le cout directement.
Je sais que cela peut apparaitre comme étant un détail mais c'est un détail qui est à la base de nos déficits de la SS et surtout de nos problèmes de déficit.
Dans notre situation actuelle, les gouvernements décident de politiques publiques sans avoir à en supporter le coût. Imaginons demain que le budget de l'Armée passe sur le budget de la SS et que ce soit seulement les charges sociales qui financent l'armée, je pense que vous seriez le premier à réagir. La seule différence est que les gouvernements arrivent à vous faire qu'il y a un lien entre la SS et les programmes sociaux alors qu'il y en a aucun. Et puis également, les francais ont une fausse image de la SS, ce n'est pas de la solidarité nationale mais de l'assurance solidaire entre les cotisants...
Écrit par : Niko | 31.07.2008
@LOmiG
"Je ne veux pas que mes choix de vie soient décidés par d'autres que moi"
Toujours aussi désopilant mon cher LOmiG. Dans quel monde vis-tu ?
Tant de naïveté me désarme
Ton argumentation est toujours aussi bancale:
D'un côté tu prétends que mon affirmation finale sur le fait d'être traité suivant ses moyens dans un système privé est complètement faux et de l'autre tu dis que dans un système privé chacun va obtenir ce qu'il est prêt à payer.
Cherchez l'erreur !
Laisse donc un peu tomber tes penseurs libéraux et essaye de réfléchir un peu par toi même.
Et par pitié, pas de couplet pour me reprocher mon agressivité. Je reste poli, je n'insulte personne, j'ai le droit de réagir comme je le fais aux inépties que tu débites du genre "Si le système actuel est si bon, il survivra sans problème à la concurrence."
Je cherche par le dialogue (qui peut-être parfois un peu "musclé") avec des gens qui ne pensent pas comme moi à clarifier ma propre pensée. Mais encore faut-il trouver en face une argumentation qui tient la route un minimum.
Écrit par : RST | 31.07.2008
@LOmiG
Je ne peux résister :
"...la puissance régulatrice et sélective des marchés."
"La concurrence est toujours bonne pour l'utilisateur"
On cherchait qui pouvait être encore convaincu par ce genre de fadaises. On a trouvé !
Écrit par : RST | 31.07.2008
@ Niko
Merci pour vos explications.
Sur la question du budget de l'Etat je vous fais confiance, j'avoue ne pas maitriser le sujet.
OK pour ressortir du budget de la SS ce qui ne relève pas de la SS. A première vue cela parait logique.
Et cela rejoint un peu un des arguments que j'ai avancé, à savoir que le trou de la SS se creuse au fur et à mesure des manipulations comptables.
Sur la différence que vous faites entre "solidarité nationale" et "assurance solidaire entre les cotisants", je ne suis pas sûr de bien comprendre. Vous voulez dire par là que tout le monde ne bénficie pas de la SS (professions libérales par exemple ) ?
Écrit par : RST | 31.07.2008
salut RST,
tu es singulièrement hautain et méprisant (en même temps, tu le dis toi-même, on est prévenu).
tu écris :
"Je ne veux pas que mes choix de vie soient décidés par d'autres que moi"
Toujours aussi désopilant mon cher LOmiG. Dans quel monde vis-tu ?
Tant de naïveté me désarme
qu'y a t'il de désopilant là-dedans ? je peux même affirmer que c'est un principe important pour moi, pour que la société soit vivable, c'est qu'on s'efforce de faire en sorte que chacun, le plus possible, puisse décider de ce qui le concerne, tant qu'il n'empiète pas sur la liberté des autres. N'est-ce pas comme cela que tu aspires à vivre également ? je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de drôle, désolé.
Écrit par : LOmiG | 31.07.2008
@ LOmiG
Je ne crois pas être hautain et méprisant. Je suis plutôt sarcastique, ironique et désagréable, je te l'accorde.
Je retire mon premier pargraphe puisqu'il choque tes convictions intimes et te prie de bien vouloir m'excuser, ce n'était pas mon but.
Écrit par : RST | 31.07.2008
c'est gentil ça RST ! ça permet de continuer à discuter tranquillement. saches que je ne cherche nullement à te choquer, et que je te rejoint complètement quand tu dis que tu discutes pour "chercher par le dialogue (qui peut-être parfois un peu "musclé") avec des gens qui ne pensent pas comme moi à clarifier ma propre pensée." je suis sur la même longueur d'onde.
tu n'as pas répondu à ma question : n'est ce pas comme cela que tu souhaites vivre également ?
Écrit par : LOmiG | 31.07.2008
@ LOmiG
C'est effectivement comme cela que je souhaite vivre. Mais cela reste un rêve, une utopie (c'était un peu le sens de mon commentaire... retiré)
Tous les jours, on nous impose des choix qui vont contre notre volonté.
Donc utiliser ce principe dans une argumentation sur la SS ne me parait pas réaliste, même si j'adhère à ce principe.
Écrit par : RST | 31.07.2008
@ Niko
Je maintiens que la suppression du monopole de la SS signifie nécessairement la fin de la SS. Encore une fois, le principe de la SS est la solidarité. En gros (pour faire simple) tout le monde (riches et pauvres, malades et bien portants, jeunes et vieux, …) cotise proportionnellement à son salaire sans critères de sexe, d’âge ou d’état de santé. Et ensuite (en théorie) tout le monde est soigné de la même façon suivant sa pathologie, les mêmes moyens étant mis en œuvre, que l’on soit riche ou pauvre. Pour que ce système fonctionne, il faut que tout le monde y participe. Si on laisse le choix, les plus riches, les mieux portants iront voir ailleurs pour bénéficier de tarifs nécessairement plus avantageux, amputant la SS de ressources vitales, brisant le principe de solidarité.
Le système que j’ai décrit ci-dessus ne s’applique pas aux assurances privées qui modulent les cotisations et les prestations en fonction de tout un tas de critères qui accroissent drastiquement les inégalités. C’est le système anglo-saxon et je ne vais pas vous faire perdre votre temps en vous décrivant ici ses carences gigantesques.
Sur la modernisation de la SS, il y a surement des choses à améliorer. Je ne suis pas un spécialiste et je n’ai donc pas d’avis tranché. Je me méfie simplement de tous ceux qui n’ont que le mot ″réforme″ à la bouche en faisant une fin en soi et qui n’hésitent pas à propager des idées fausses par pure démagogie.
Je ne comprends pas quand tu dis : ″ cela est à la société de les prendre en charge, pas à la SS ″
Tout à fait d’accord avec toi en ce qui concerne la distinction fictive entre charges patronales et salariales.
Je ne suis pas complètement borné et si il y a des choses positives chez nos voisins (et il y en a nécessairement) voyons comment nous pouvons les adapter dans notre système pour l’améliorer
Écrit par : RST | 01.08.2008
La solidarité de la SS comme tu l'a décris "En gros (pour faire simple) tout le monde (riches et pauvres, malades et bien portants, jeunes et vieux, …) cotise proportionnellement à son salaire sans critères de sexe, d’âge ou d’état de santé. Et ensuite (en théorie) tout le monde est soigné de la même façon suivant sa pathologie, les mêmes moyens étant mis en œuvre, que l’on soit riche ou pauvre." suppose plusieurs choses :
Tout d'abord que la fixation des prestations remboursées doivent être négociée entre des représentants du patronat, des syndicats et de l'Etat de manière réelle.
Ensuite, que tous les partenaires soient réellement impliqués dans la gestion et surtout dans le controle de la gestion. Que les prélèvements qui financent la SS soient également négociés et fassent consensus.
Que la politique de lutte contre la fraude se fasse réellement (et pas que les syndicats disent que la lutte contre la fraude c'est la chasse aux pauvres...)
Que chacun soit responsabilisé dans son utilisation de la Sécu et que l'utilisation ne soit pas totalement libre dans le services de santé, que la lutte contre les abus (qui pour moi sont l'équivalent à une fraude) soit effective...
Que les partenaires qui gerent la Sécu accpetent l'idée d'une réduction permanente des couts de fonctionnement, en clair pensent plus aux usagers qu'à défendre le nombre d'employés dans les bureaux de la SS par exemple
et ce n'est pas terminé, je pourrais encore citer beaucoup de conditions au bon fonctionnement de la SS...
Or actuellement toutes ces conditions sont très loin d'être réunies et ne le seront jamais en France dans la configuration actuelle, donc l'existence même de la SS est remise en question par la seule faute des usagers, des gestionnaires de la SS et des acteurs qui pensent plus à se servir qu'à utiliser la SS pour ce qu'elle est faite, protéger les plus faible d'entre nous...
Écrit par : Niko | 01.08.2008
@ Niko
J'aurais tendance à être d'accord avec les prémices que tu énumères mais je ne vois pas en quoi le fait qu'ils ne sont pas tous remplis de manière parfaite condamne la SS.
Est-ce que tu condamnes le marché parce qu'il fonctionne pas parfaitement selon la théorie ? ;-)
Sinon, je ne comprends pas comment ce commentaire est revenu. Je l'ai écrit le 31.07 et il réapparait le 01.08.
Aurais-je fais une fausse manœuvre ?
Écrit par : RST | 01.08.2008
Vous dites :
"En fait, cette TALC ne montre qu'une chose : l'Etat reconnaît lui-même que les complémentaires santé gèrent mieux la couverture du risque santé que la Sécurité Sociale "
Ah bon ?
Les Mutuelles et complémentaires santé ont des frais de gestion 5 fois plus importants que l'assurance maladie :
Les mutuelles santé, assurances santé et complémentaires santé ont des grais de gestion 5 fois supérieurs à ceux de l'assurance maladie. Telle est la conclusion d'une étude publiée par la Cour des comptes.
Les frais de gestion des organismes complémentaires, qu'il s'agisse des mutuelles, assurances santé ou institutions de prévoyance pèsent 25,4% de la prime encaissée. Le niveau élevé des frais de gestion des mutuelles s'explique par l'entre-mise de deux phénomènes : la complexité toujours croissante des mécanismes de remboursements des mutuelles modifiés régulièrement par les réformes successives qui impose des investissements; les coûts en publicité, marketing et opération commerciale que l'assurance maladie ne supporte pas.
http://www.novia-sante.fr/Mutuelle-et-complementaire-sante---des-frais-de-gestion-5-fois-plus-importants-que-l-assurance-maladie_n370.html
Écrit par : toto | 05.08.2008
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