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02.07.2008
PFUE : un regret, un seul mais un gros
Si quelqu'un n'était pas au courant, la France a pris la présidence du Conseil de l'Union Européenne. Cette présidence qui se voulait la dernière de 6 mois avant l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne et donc aurait revêtu une importance particulière ne sera qu'une présidence comme les autres à cause du non irlandais malgré la grande mystification sur ce sujet que veut nous faire gober le gouvernement. Elle n'aurait ni plus de poids ni moins que la présidence slovène ou que la tchèque et la suédoise qui suivront et c'est simplement le calendrier qui permettra à la présidence française d'avoir un relief particulier avec le premier sommet de l'Union Pour la Méditerranée, la conclusion probable d'un accord sur le climat, la fin de l'examen de la directive Retour ainsi que les discussions de la réforme de la PAC.
En accord avec ce calendrier européen, la France a défini 5 priorités pour cette présidence, 5 priorités pour paraître s'occuper des problèmes des européens directement (remarquez que j'utilise européens et non citoyens européens comme la Commission s'entête à la faire alors que les peuples rejettent cette citoyenneté européenne qui viendrait remplacer la citoyenneté nationale) suivant le diagnostic à la mode selon lequel l'Europe est rejetée car pas assez proche des préoccupations quotidiennes des européens et pas assez concrète. D'ailleurs le diagnostic est un peu contradictoire avec l'autre diagnostic à la mode qui dit qu'il faut que l'Europe arrête de s'occuper des détails et respecter la subsidiarité pour ne pas se mêler des affaires trop nationales. Donc les 5 priorités de la France pour cette PFUE sont le réchauffement climatique avec la conclusion espérée en décembre de l'accord sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre, la sécurité énergétique avec la volonté de développer des approvisionnements communs et de faire la promotion des énergies renouvelables et du nucléaire, la réforme de la PAC qui est une des pommes de discorde les plus importante de l'UE, l'immigration avec la fin de l'examen de la directive Retour et la volonté de mettre en place un Pacte de l'Immigration et de l'asile porté notre Ministre Brice Hortefeux et enfin, la volonté de faire avancer la PESC (Politique Européenne de Sécurité Commune) ou pour être plus clair, la Défense Européenne.
Ces 5 priorités sont importantes, très importantes même et il faut se réjouir si la France arrive à mener à bien les objectifs qu'elle s'est fixés. Cela ne sera pas facile tant l'Europe à 27 est divisée sur presque tous les sujets et les sujets complexes car touchant aux intérêts vitaux de chaque pays. Et d'ailleurs cela nous amène directement au coeur du problème européen : la division des 27 Etats-membres sur presque tous les sujets importants. Les Etats-membres veulent mettre de côté la question institutionnelle car avec 3 échecs en 3 ans, le sujet est, comment dire, sensible pour être européennement correct. Or sans aborder cette question du "vivre-ensemble" à 27, l'Europe n'ira jamais nulle part. J'ai déjà dit la position que je voulais que mon président défende sur ce sujet. Je le répète, il faut que chacun ait le courage d'aborder ce sujet plus que difficile car ce n'est pas en le mettant de côté qu'on fera avancer le schmilblick.
C'est pour cela que je ne peux que regretter que la France n'ait pas un 6ème objectif pour sa présidence à savoir discuter sur l'orientation, les objectifs, les valeurs de l'Union Européenne, discuter sur la recherche d'un accord sur les fondamentaux de la construction européenne mais également un accord qui permette à ceux qui veulent plus d'intégration de le faire sans contraindre ceux qui ne le veulent pas, tout en leur laissant la possibilité de rejoindre le processus plus tard. En clair, redonner la possibilité du compromis du Luxembourg aux Etats-membres de dessiner des cercles à géométrie variable qui pourront s'étendre ensuite. Je voudrais aussi que notre président parle des sujets qui fâchent tout rouge, à savoir le pouvoir de la Commission qui s'occupe de tout et de rien et surtout de la BCE qui continue à mener sa politique stupide de taux d'intérêt élevé anti-inflation qui ne fait qu'en créer en réalité par la différence de taux avec le dollar, soutien à l'augmentation du prix des matières premières agricoles et énergétiques source principale de l'inflation européenne. Une présidence réussie d'un membre fondateur n'est pas une présidence modeste et déterminée comme le veut notre ministre des Affaires Etrangères, non une présidence française doit être ambitieuse, déterminée, courageuse mais surtout honnête, honnête pour mettre les problèmes sur la table, les vrais problèmes, tous les problèmes.
08:08 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pfue, france, europe, présidence, sarkozy, énergie, défense européenne



























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