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26.06.2008
Aubry, le mouvement et le PS
Martine Aubry invite le PS à incarner le "mouvement" dans sa pré-contribution de pré-congrès apportant sa pierre à la pré-rénovation, pré-contribution qui pourra se transformer en pré-motion et en pré-candidature au poste de secrétaire général du PS. Au-delà du fait qu'il soit très drôle que ce soit la "Dame des 35 heures" qui fasse cette réflexion, cela sous-entend qu'actuellement, le PS n'est pas le parti du mouvement. Cela viendrait-il confirmer la thèse du candidat Sarkozy et plus généralement de la droite, à savoir que le mouvement a désormais changé de camp, que le mouvement est à l'UMP et que le conservatisme est au PS ? Il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement sans mauvais jeu de mots. Cela ne fait, en fait que confirmer ce que tout le monde sait depuis déjà trop longtemps, le PS est un parti conservateur qui ne défend plus rien sur rien si ce n'est le statut quo et dont la seule préoccupation est la guerre des petits chefs. Le dernier de la longue liste a l'avoir dit est Michel Charasse après son exclusion volontaire du PS.
Cela dit il y a du progrès, car de l'acceptation vient la guérison. Et puis, il y a d'autres raisons d'espérer dans la contribution de Martine Aubry, déjà elle ne propose pas les 32 heures même si elle soutient encore mais mollement que les 35 heures ont créé des emplois (cela n'apparaît que dans un seul paragraphe de sa contribution). On pouvait le craindre car si elle croit encore que le passage de 39 heures à 35 heures a créé des emplois, le passage de 35 à 32 devrait en créer également selon le même raisonnement. Il y a également une phrase qui marque une véritable révolution même si elle n'est que langagière pour l'instant : pour construire «une société fraternelle», elle appelle le PS à «dire clairement que de chaque droit découlent des devoirs envers la société». Cela voudrait-il dire que Martine Aubry reconnaît que le PS a toujours été très généreux en droits et en aides sans attendre que les bénéficiaires respectent leurs devoirs ? Va-t-on vers un soutien du PS à l'obligations pour les chômeurs d'accepter une offre valable d'emploi après 2 refus ou encore la réévaluation de la situation financière des bénéficiaires de HLM tous les 3 ans...Il faudra voir les faits qui découleront des mots.
Et gardons le plus beau pour la fin, «il faut repenser en profondeur notre modèle social, car celui qui est issu de la Libération n'est plus performant» ; le PS serait-il enfin sorti de son culte du modèle-social-français-que-le-monde-nous-envie-et-qui-marche-si-bien ? Il y a aussi des phrases comme «pour redistribuer les richesses, il faut d'abord les produire» qui incite à l'optimisme sur l'avenir du PS. Cependant, il faudra regarder dans le détail les propositions concrètes qui sortiront de cette contribution (je ne vous cacherai pas que je n'ai pas lu toute la contribution : 56 pages de verbiage c'est dur) car il y a également des idées qui inquiètent car chacun peut y trouver son compte, des libéraux façon DSK aux libéraux façon Delanoe en passant par tout le reste du PS. Par exemple «la liberté individuelle n'existe pas sans protections collectives», c'est-à-dire ? Comme si actuellement, des protections collectives n'existaient pas ? Cela ne revient-il pas dans un esprit socialiste à justifier l'intervention de l'Etat partout et tout le temps ? Mais le survol de la contribution de Martine Aubry m'a amené à une autre réflexion : comment font les socialistes alors qu'ils déposent des pré-contributions, des contributions, des motions tous les 4 du mois pour ne pas avoir de programme qui tient la route ? Ils passent leur temps à en écrire mais sont incapables d'en tirer un tout cohérent. Peut-être que l'erreur vient de la recherche permanente de la synthèse...
06:29 Publié dans Opposition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aubry, ps, contribution, congrès, 35 heures



























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