« Europe : fin de partie ? | Page d'accueil | L’Opep a signé le pacte écologique »
21.06.2008
I also want my money back
L'Irlande a refusé le traité de Lisbonne par référendum. La question est donc tranchée, ce traité ne s'appliquera pas en l'état et pas selon le calendrier prévu. La crise que traverse l'Europe est durable et ne sera pas résolue du jour au lendemain et ce n'est pas la petite pause de 4 mois qui y changera quelque chose. Tant que les dirigeants européens mais également, les gouvernements des pays européens n'aborderont pas les vraies questions, l'Europe sera toujours un projet ambigu (partagée entre une Europe libérale anglosaxone et une Europe impériale franco-allemande) mais qui ne rencontrera que le désamour de la part des peuples européens. Mais les solutions à la crise de l'Europe ne sont pas le sujet de ce billet d'aujourd'hui ; j'y reviendrais bientôt, promis.Non aujourd'hui, je voudrais aborder l'attitude que j'aimerais que mon président observe suite à ce refus et pour cette crise durable et sérieuse. Car je ne supporte plus que l'Europe soit abordée comme quelque chose de sacré et que nos dirigeants politiques n'osent même plus parler (de peur d'aggraver la crise actuelle) autrement que dans le jargonage habituel et quand ils le font, ils se font taper sur les doigts par les gardiens sectaires du Temple. Donc tout d'abord, j'aimerais que notre président reconnaisse que l'Europe traverse une grave crise et pas seulement une crise institutionnelle ou une crise de manque de proximité. Non l'Europe, l'idée même de l'Europe, de la construction européenne, des valeurs qu'elle porte, de ses objectifs, de son devenir, voilà la vraie crise et notre président doit le dire. Appeler un chat un chat, reconnaitre les problèmes car les solutions ne peuvent venir que lorsqu'on admet qu'il y a des problèmes à résoudre.
Pour faire cela, il faudra bien entendu s'opposer à beaucoup eurosectaires, d'eurobéats et de tenants de l'idée européenne comme un mythe absolu. Et cela serait la deuxième chose que j'aimerais : voir mon président de la République faire, parler d'égal à égal avec les dirigeants européens qui se pensent intouchables alors qu'ils ne sont pas élus au suffrage universel et que souvent, ils n'ont que très peu de légitimité. J'aimerais bien que désormais, notre président mais également nos ministres ne se laissent plus fermer le caquet par des dirigeants européens sur des sujets où ils n'ont rien à dire. Lorsque nous serons dans un Etat fédéral avec un président de la Commission élu au suffrage universel (même s'il y a des gros doutes sur le fait que cela arrive un jour), j'accepterai volontiers l'autorité de ce gouvernement européen mais tant que ce n'est pas le cas, j'aimerais que notre président se rappelle qu'il est plus important que le président de la Commission européenne et que s'il a envie d'ouvrir un débat sur l'avenir de l'Europe ou autre, il puisse le faire.
Ensuite, j'aimerais que le Président de la République défende désormais une position française assez claire, une fois qu'on a accepté de considérer que la crise est bien plus large que ce que veulent nous faire croire les euroravis, une position de défense de la vision française de l'Europe. Terminé de défendre l'intérêt général pour le bien de tout le monde et que les autres gouvernements pensent simplement à tirer leur épingle du jeu. Les gouvernements euroseptiques sont contre plus d'intégration mais favorables à un élargissement (pas les peuples européens qui, euroseptiques, sont contre plus d'intégration et plus d'élargissement), désormais, il faut dire que dans l'état actuel de l'Europe et de son intégration, il n'y aura plus aucun élargissement, plus aucune nouvelle entrée. Les euroseptiques refusent plus d'intégration, la France se doit désormais de refuser tout élargissement, Croatie y compris, qui continuerait à dénaturer le projet européen tel que la France le conçoit.
Pour gagner, il faut être prêt à perdre. Si la France prône plus d'intégration d'un coté mais que de l'autre, elle accepte l'élargissement sans plus d'intégration, elle est juste le dindon de l'Europe. Pronons un peu la manière forte, c'est-à-dire que plus rien ne se passera en Europe tant que la situation ne sera pas débloquée. Quitte à faire ce qu'on fait les Fouding Fathers pour la rédaction de la Constitution américaine...La France a de quoi être vraiment chiante sur le sujet si elle le veut : véto à toutes, je dis bien toutes les décisions prises à l'unanimté, blocage volontaire de l'Europe. Il y a un blocage de l'Europe, à la France de prendre ses responsabilités et de le transformer en blocage total pour qu'enfin, la situation puisse se débloquer. En tout cas, voilà la position que j'aimerais que notre président défende plutôt que de dire que c'est une crise seulement passagère sur laquelle les gouvernements nationaux vont pouvoir travailler. L'Europe est à un tournant, au bord du précipice. Il faut que tout soit remis à plat, que l'idée même de la construction européenne soit remise à plat, que les peuples européens y soient associés réellement. Le temps est venu pour la France, pays fondateur de l'Europe dont les idées sont travesties dans ce qui est construit actuellement, de faire ce que M.Thatcher avait fait en son temps : « We are simply asking to have our own money back » sauf qu'ici, our own money est la construction européenne.
15:39 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, crise, irlande, france



























Ecrire un commentaire