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26.05.2008
Après l’économie de marché, le libéralisme : qui dit mieux ?
« Je suis libéral…Les socialistes doivent accepter pleinement le libéralisme ». Je suis de ceux qui, considèrent cette déclaration comme un signe majeur, de ce qui sera peut-être un tournant décisif dans la vie politique française. Déjà, ça nous change des imprécations de la gauche contre les ravages de l’ultralibéralisme de la politique du gouvernement, source de toutes nos difficultés !
Ensuite, ça ouvre une brèche dans la gauche, entre ceux qui justement rejettent toute idée de libéralisme et même jusqu’au mot (1) et ceux qui parlant pudiquement de social démocratie en ont accepté le principe, sans toutefois oser en parler. Dans la 1ère catégorie, les fabusiens, dont l’un d’entre deux déclarait «B.Delanoë a beau critiquer S.Royal, il partage avec elle une certaine dérive droitière », S.Royal elle-même qui juge totalement incompatible d’être à la fois libéral et socialiste, les 3 B ( O.Besancenot, J.Bové, M-G.Buffet) et A.Laguiller pour lesquels la dictature du prolétariat et la collectivisation des moyens de production restent les dogmes absolus. Dans la seconde, les strauss-khaniens qui se réjouissent de la conversion de B.Delanoe et tous ceux qui estimeront que la motion Delanoe aura plus de chance de réunir une majorité que celle de S.Royal. Le congrès approchant, cette déclaration d’amour au libéralisme clivera, au fil des réactions, le PS. B.Delanoe, fait donc un pari sur ces électeurs de gauche, soucieux d’une économie qui marche et qui se sont partagés entre S.Royal et F.Bayrou au 1er tour de l’élection présidentielle : 25,9% et 18,6% qui font quand même un joli paquet, s’il arrive à les réunir. Symétriquement, cela signifie aussi qu’il a fait une croix sur les voix de la gauche traditionnelle, position qu’il a résumée clairement « il faut choisr, la synthèse est morte ». Déjà, que le PS venait de se réclamer de l’économie de marché…ça va peut-être faire beaucoup pour certains…
Mais ceci n’est pas le plus important : B.Delanoe s’est fait une spécialité de ne dire que des évidences et d’adopter les points de vue consensuels au fur et à mesure de leur émergence. Il est bien pensant, boboïsant, écolo, droit de l’hommiste, pour la réflexion collective, pratique les débats participatifs, a fait le Dalaï-lama, citoy,en d’honneur de la ville de Paris et s’apprête à rendre hommage à la culture palestienne après avoir fait une visite de solidarité à Israël ! Donc, il vient de se réveiller libéral !
Donc, bonne nouvelle : le libéralisme est une valeur qui monte puisque B.Delanoe cherche à séduire ceux qui commencent à y trouver de l’attrait. Bien sûr, il n’en retient que la partie la mieux partagée et s’il incarne parfaitement, le libéralisme sociétal, il confond quand même libéral et libertaire : ainsi, il déclare « l’abolition de la peine de mort, les radios libres, le pacs, la parité, c’est du libéralisme ! »(2). S’il pense que le libéralisme consiste à mieux gérer l’Etat et les services publics (ce qui est évidemment une bonne chose), je ne l’ai pas encore entendu proposer de limiter son rôle aux fonctions que le privé ne peut exercer : d’ailleurs, il a déjà mis un bémol à son libéralisme tout neuf en écrivant que celui-ci « ne saurait consister en un désengagement de l’Etat et au laisser-faire économique ».
Enfin, il met une pierre dans le jardin de la droite : « le libéralisme, c’est le contraire, c’est la tolérance devant les démarches individuelles. « Je suis libéral, la droite ne l’est pas ». Venant d’un socialiste de longue date, ça fait plaisir de lire ça : j’espère que les démarches individuelles dont il parle ne se limitent pas à la conversion au bouddhisme, à la participation aux forums alter-mondialistes et à l’animation d’associations de quartier ! Mais il est vrai que le libéralisme économique n’est pas au rendez-vous de cette 1ère année de sarkozisme : de nouvelles taxes sont nées, d’autres se préparent, les professions réglementées le sont toujours, les niches fiscales sont encore bien gardées et l’Etat continue à nous confisquer 54% de la richesse produite pour la dépenser de façon peu efficace, toujours conservatrice et la plupart du temps plus selon le pouvoir de nuisance des bénéficiaires qu’en fonction des nécessités économiques.
Tout ça pour le sacre de Reims !
(1) le mot de libéralisme est tellement synonyme de précarité, de dégâts, de violence que ce n’est pas possible de le réhabiliter (Canal +)
(2) Aujourd’hui, sur Europe1
00:18 Publié dans Opposition | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : libéral, royal, delanoe, libéralisme, reims, socialistes



























Commentaires
C'est quoi la droite ?
(Et par extention : qu'est-ce que la gauche ?)
Ecrit par : AuBonGoût | 26.05.2008
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