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18.05.2008

Le coup de force de J.F.Copé

138755237.jpgLa vie du Parlement s’est animée quelque peu ces derniers jours après l’adoption d’une motion de procédure du communiste A.Chassaigne qui a entrainé la fin de l’examen du texte sur les OGM à l’Assemblée (rassurez-vous cela est sans véritable incidence parce que la commission mixte paritaire a validé le texte qui reviendra la semaine prochaine pour un vote définitif devant l’Assemblée). C’est dans les coulisses que la véritable bataille a lieu entre l’exécutif qui souhaite que la majorité parlementaire soutienne davantage les réformes et des députés UMP qui ne décollèrent pas face à des ministres qui ne les considèrent pas, des réformes examinées en urgence et un cap un peu trop réformateur du Président sur tous les sujets. Jeudi, les députés UMP ont fait bloc derrière leur patron, J.F.Copé après que le Président ait pris son téléphone et lui ait passé un savon « mémorable » pour ne pas avoir fait son job ou l’avoir trop bien fait au contraire, tout dépend de quel côté on se place. C.Goasguen est allé jusqu’à qualifier les conseilleurs élyséens de « connards de l’autre côté de la Seine ». Cet épisode annonce des moments difficiles pour les futures réformes du gouvernement à commencer par la réforme des institutions et la LME.

Mais cette semaine permet également d’y voir plus clair dans le jeu de chacun avec en toile de fond la réforme institutionnelle qui va modifier profondément les rapports de force dans nos institutions. Et le grand vainqueur est J.F.Copé. Il a acquis avec cet épisode un très fort soutien auprès des députés UMP, ce qui était loin d’être acquis au départ. Il ne peut pas se faire démissionner par l’Elysée car cela reviendrait à une déclaration de guerre ouverte du gouvernement contre les députés UMP et le président a besoin de sa majorité parlementaire pour gouverner. Et les députés UMP sont obligés de le suivre désormais car après lui avoir apporté leur soutien, il y aurait énormément de risques à le lâcher face à l’Elysée prête à reprendre la main. J.F.Copé est désormais au centre du jeu avec beaucoup de cartes en main. Il ne serait pas étonnant qu’il soit même, en homme politique fin et ambitieux, à l’origine du couac de manière plus ou moins directe (étonnant quand même qu’il n’y ait qu’une seule voix d’écart lors du vote qui a tout déclenché et surtout que lui-même quitte l’Hémicycle 10 minutes avant le vote) afin de déclencher ce rapport de force dont il ressort comme grand vainqueur.

Car J.F.Copé est un homme politique ambitieux. Il n’a pas caché ses intentions d’être candidat aux plus hautes fonctions en 2017 soit après 2 mandats du président Sarkozy. Il a également mal digéré son éviction du gouvernement Fillon I, II et III et ses mauvaises relations avec le président Sarkozy lui laissent peu d’espoir d’une place au gouvernement dans le prochain remaniement. Alors le président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale a fait un autre choix, un autre pari, a décidé de jouer une autre carte : prendre ce qu’il pouvait prendre sans l’accord du président (démarche qui rappelle Chirac et Sarkozy en leur temps) c’est-à-dire prendre le pouvoir dans l’Assemblée en contrôlant le groupe UMP ce qui au détour de la réforme des institutions peut lui permettre de devenir ainsi un premier ministre-bis. Car après la réforme constitution, les rapports de force vont bien changer dans les institutions ; il y aura désormais 2 types de séances, celles portant sur des textes présentés par le gouvernement où le premier ministre sera bien F.Fillon et celles où le parlement retrouvera la maitrise de son ordre du jour et pendant celles-là, qui sera le premier ministre sinon celui qui contrôlera le groupe majoritaire. D’ailleurs, le groupe UMP et J.F.Copé ont déjà préparé leur propre programme indépendant de celui de l’exécutif en retravaillant le rapport Attali. Plutôt que d'attendre le bon vouloir du prince, J.F.Copé a décidé de jouer sa carte en se servant des circonstances, quitte à les provoquer un peu. Bien joué de sa part et attendons la suite avec intérêt...

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