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24.04.2008

Réforme des ports : la reconquête d'un bastion CGT

124814278.jpgLa réforme des ports a été acceptée mercredi dernier en Conseil des ministres et sera présentée devant le Parlement dans les semaines à venir. Cette réforme prévoit le transfert au privé des outillages et des personnels de manutention que les ports autonomes avaient conservé après la dernière réforme qui date de 1992 (c’est pour dire comment c’est difficile de réformer ce dossier sensible, s'il faut 15 ans entre 2 étapes). Cette réforme, qui permettra d’avoir un commandement unique dans les ports autonomes et non plus un commandement CGT, permettra de gagner en efficacité et en simplicité pour les entreprises intervenant sur les ports. Cette réforme ne donnera pas des résultats tout de suite ; encore une réforme de fond qui ne fera pas remonter les courbes des sondages du Président mais nécessaire pour remettre la France dans le bon sens (elle figurait dans le rapport Attali d’ailleurs).  

Ce qu’il faut regarder pour remettre en perspective la portée d’une telle réforme est l’Histoire du capitalisme  telle que décrite par un des plus grands historiens F.Braudel. L’Histoire du capitalisme montre que  le développement d’une ville, d’un territoire, d’un pays est toujours lié à un port important : Amsterdam et les Pays-Bas, la Flandre, Venise, Gènes, Rome, l’Angleterre victorienne reine des 7 mers, New York, Barcelone, Hong-Kong et plus récemment Singapour, Shanghai, Dubaï…Un port qui fonctionne est toujours à l’origine d’un très fort développement. La France est très privilégiée de ce côté avec plusieurs façades maritimes et une position terrestre qui la place au centre de l’Europe qui pourrait en faire la plaque tournante.

Ce face à face entre le gouvernement et la CGT est le deuxième après celui sur les régimes spéciaux et le gouvernement ne semble pas prêt à faiblir malgré la grève qui a bloqué hier les ports français et que les syndicalistes CGT veulent « inscrire dans la durée » ; ils parlent même d’« entrer en résistance » contre cette réforme. La CGT a fait la démonstration que son pouvoir de nuisance dans les ports est fort, très fort, il s’agit d’un de ses derniers bastions qu’elle tient depuis des dizaines d’années. Mais le gouvernement a une position solide surtout après la réforme de la représentativité syndicale qui a été plutôt favorable à la CGT. Il reste pourtant quelques autres bastions qu’il faudra bien reprendre si le gouvernement veut être véritablement le gouvernement réformateur que nombre de français attendent depuis quelques années maintenant : les NMPP (qui bloquent le développement de la presse), le Syndicat du Livre (pareil que pour la presse mais dans le livre) mais surtout les mastodontes que sont les transports publics (RATP et SNCF), la Poste et EDF. Heureusement sur ces 3 dossiers, l’Europe viendra donner un coup de main avec l’ouverture à la concurrence pour les années 2009-2010 (décidée sous la cohabitation Chirac-Jospin) entrainant l’affaiblissement naturel des syndicats dans ces secteurs (comme pour France Telecom précédemment). En tout cas, certains ont le courage de s’attaquer au corpo-syndicalisme et rien que pour ça, je regarderai l’interview ce soir (même si je suis désappointé, pas déçu, désappointé comme beaucoup d’électeurs du Président).

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