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23.04.2008

Manifestations lycéennes : le danger des vacances

1131321917.jpgNous avions déjà parlé ici des manifestations lycéennes. Celles-ci se poursuivent désormais mais en province. Pourquoi ? A cause des vacances pardi. Les lycéens parisiens sont désormais en vacances et même les syndicats les plus manipulateurs, qui tentent d’enrôler les masses lycéennes (phénomène en développement depuis que les jours de grève ne sont plus payés) dans leur bras de fer avec un ministre de droite qui veut réformer l’Education Nationale (trop d’oxymores dans la même phrase, droite-réformer-Education Nationale), ne peuvent rien contre les vacances. Impossible de mobiliser des lycéens en vacances même quand « l’école est en danger » (à cause de la suppression de 0,5% des postes de professeurs).La seule chance  de cette mobilisation est que les vacances sont alternées selon les zones et donc finies pour la zone B. Les lycéens de cette zone  sont donc « mobilisables ». On peut douter que les lycéens eux-même croient véritablement dans les mots d'ordre selon lesquels l'Ecole est en danger, en tout cas, si c'était le cas, peut-être qu'ils se mobiliseraient même pendant les vacances. Les manifestations sont bien souvent seulement un moyen pour prendre quelques journées de congès bien méritées avant ou après les vacances. 

En tout cas, si un combat doit symboliquement avoir lieu et un sujet sur lequel le gouvernement ne doit pas céder, c’est bien celui-là. Tout d’abord, cela signifiera la fin du jeunisme ou du caprice des enfants-rois (auxquels tous les gouvernements ont tout cédé dès qu’ils descendaient dans la rue) et terminerait un cycle ouvert en Mai 68 (pour les raisons opposées à ce mouvement). Ensuite, l’Education Nationale est surement un des domaines qui a le plus besoin de réformes et si le gouvernement cède maintenant, c’en est terminé de toutes réformes ambitieuses. On retournera dans la cogestion avec les syndicats. Enfin, le ministre X.Darcos est un des seuls à droite à avoir un véritable projet, une véritable vision pour l’Education Nationale et il ose essayer de la mettre en œuvre. Il est à craindre que s’il échoue à faire passer ses réformes de l’Education Nationale, ce sujet soit laissé à la gauche et aux syndicats pour très longtemps encore avec une poursuite de la destruction de l’Ecole publique de Jules Ferry, enfin ce qui l’en reste, et en contrepartie un très fort développement de l’enseignement privé.

Surtout que l’écart entre le ministre et les lycéens est loin d’être si grand. Beaucoup de vues sont partagées des deux côtés, (retour à plus d’autorité, introduction de plus de contrôle continu pour le baccalauréat, besoin d’amélioration du niveau général, plus grande individualisation des cours, meilleure maitrise des fondamentaux, retour d’un certain classicisme dans l’enseignement et surtout à la méritocratie à la française). Il suffit de lire les banderoles dans les défilés pour s’en convaincre. Les banderoles vers la fin des défilés, après la parade syndicale qui réclament toujours plus de moyens. Ces banderoles qui mettent en avant l’inquiétude sur la qualité du système éducatif. Les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier et leurs aspirations sont beaucoup plus réalistes voire inversées par rapport à leurs aînés et ça c’est déjà une grande victoire. Une rupture…

Commentaires

La contestation, cru 2008, va tenter, vainement, de se hisser à la hauteur de son aînée quarantenaire. Non point qu’il faille, raisonnablement, trouver une quelconque filiation idéologique entre ces deux ires estudiantines, mais la comparaison instinctive s’imposera si l’ampleur des grognes printanières se dessine.
A ceux qui voulaient mettre à bas le système social des Trente Glorieuses, répondent aujourd’hui les adversaires de toute atteinte aux effectifs en charge de l’enseignement public. Pas d’envolées politico lyriques dans cette défense du statu quo : juste le souci de l’immobilisme, à défaut de pouvoir obtenir un plus-de-dépenses non assuré d’engendrer de meilleures performances.
« Rétablissement des postes supprimés et [de] ceux transformés en heures supplémentaires ; pas plus de 25 élèves par classe ; maintien du BEP et de la carte scolaire ; rétablissement des filières, options et classes supprimé[e]s ; embauche des personnels nécessaire[s] ; régularisation des élèves sans-papiers ; non application du rapport Pochard. » : voilà l’appel de la coordination nationale lycéenne. (http://lille.indymedia.org/spip.php?article12673).
Pour contribuer à leur mouvement, utile au regard d’acquis déficients, je leur ai signalé, entre crochets, trois belles fautes dans leurs revendications. Juste pour rire…

Cf. la suite de l'article « Le ramolli mois de "mais !" »

Ecrit par : Decrauze | 24.04.2008

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