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14.04.2008
Le grand cafouillage
Cette semaine a été marquée par le grand cafouillage autour du projet de loi sur les OGM et l’incident NKM a montré les disfonctionnements de la majorité présidentielle. Je ne reviendrai pas sur le fond de cette loi car je n’ai pas la prétention d’être un expert sur ce sujet et ma position n’est pas encore tranchée même si je sais que je ne suis pas un anti-OGM acharné et que ce sujet a des tenants et des aboutissants beaucoup plus nombreux que ce qu’on veut bien nous dire. Mais revenons un peu sur ce qu’il s’est passé. NKM a accusé dans une interview au Monde, J-L.Boorlo et J.F.Copé de se livrer à un concours de lâcheté et d’inélégance. Le propos de NKM est blessant mais il touche juste.Les ténors de la majorité et J.F.Copé en tête, l’accusent d’avoir en fait, soutenu un amendement anti-OGM de l’opposition (celui du communiste A.Chassaigne qui vise à protéger "les zones de productions de qualité sans OGM" c'est-à-dire les AOC et l'agriculture biologique) ; autant que je sache, NKM ne vote pas à l’Assemblée et le groupe UMP, dont J.F.Copé est le président, dispose de la majorité à l’Assemblée Nationale. Cet amendement, ce sont les députés qui l’ont voté. Enfin ceux qui étaient présents. Parce que c’est cela la vraie question : comment, sur un texte aussi symboliquement important pour l’opposition et pour le gouvernement, les députés de la majorité peuvent-ils être aussi peu nombreux en séance ? Et comment le chef de ces mêmes députés peut-il venir dire que « NKM aurait permis à l'opposition de faire passer plusieurs amendements contre la volonté du groupe UMP» ? S’il a avait voulu que l’amendement ne soit pas adopté, il aurait peut-être du s’assurer de la présence suffisante de ses députés.
J-F.Copé prévient qu'il “faudra revenir sur les amendements qui ne sont pas conformes aux vues du gouvernement" et pour cela, il est allé chercher l'appui du premier ministre qui compte sur les sénateurs, plus favorables au gouvernement que les députés sur ce sujet, pour faire barrage à l'amendement en question. Mais le problème est que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il ne serait pas étonnant de voir le fameux amendement réapparaître en deuxième lecture à l’Assemblée Nationale.
Je n’aurai qu’un mot pour le président du groupe UMP et les députés : si on ne veut pas être traité comme un godillot, il faut commencer par ne pas agir comme un godillot. J.F.Copé (et beaucoup de députés) passe son temps à dire que le gouvernement ne respecte pas les pouvoirs du Parlement mais il est le premier, par son comportement, à ne pas les respecter. Rien ne l’empêche demain, de bloquer un texte important pour le gouvernement (sans pour autant arriver à la censure ou mettre en péril le budget) pour lui faire prendre conscience que les députés sont décidés à ne plus tout accepter, qu'il va falloir traiter les députés differemment. J.F.Copé devrait le savoir, la politique ne respecte qu’une seule chose : les rapports de force. Tant que les parlementaires n’oseront pas se faire respecter (et agir en conséquence face au gouvernement, plutôt que de faire les fayots pour espérer devenir ministre), il est normal que le gouvernement s’essuie les pieds dessus. Messieurs (et Mesdames), vous savez ce qu’il vous reste à faire…
08:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, nkm, boorlo, copé, députés, ump, godillot

















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