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03.04.2008
Plan de rigueur : le gouvernement est en train de perdre la guerre des mots
Depuis septembre dernier, les socialistes jouent les Cassandre en annonçant un plan de rigueur et ont choisi la méthode du « harcèlement permanent » comme forme d’opposition. Ils annonçaient avec une gourmandise assez révoltante la mise en place de ce plan de rigueur après les municipales comme si un plan de rigueur n’était qu’une joute oratoire politicienne n’ayant pas de conséquences directes sur les français. Les socialistes devraient se souvenir un peu de ce qu’implique un plan de rigueur pour les citoyens, eux qui en ont mis un en œuvre, avant de jouer la France perdante et de se délecter à l’avance des futures victoires qu’ils pourront bâtir sur l’échec du gouvernement.
Le plus pressant d’entre eux pour annoncer ce plan de rigueur est L.Fabius, un peu comme il annonçait un plan B pour l’Europe à la suite du référendum sur la Constitution européenne. On se rappelle ce qu’il en est advenu de ce plan B. Mais il faut dire aussi que L.Fabius a une certaine expérience dans ce domaine. Il est l’expert es-plan de rigueur, pour l’avoir mis en œuvre entre 1984 et 1986 à la suite du fiasco du programme socialiste de 1981. Il en connait la nocivité électorale avec le souvenir de la déculottée de 1986 aux législatives, ouvrant la voie à la première cohabitation.
En bon politicien tirant les leçons de l’amère expérience, L.Fabius et ses camarades socialistes veulent appliquer la recette qui mène tout droit à la déroute électorale pour un gouvernement. Il faut dire qu’une variante de cette stratégie avait déjà porté ses fruits à l’occasion du 2ème tour des législatives avec le plan com anti-TVA sociale. Voilà le pourquoi de la constance dans leur annonce d’un plan de rigueur…
Mais dans cette affaire, le gouvernement et la majorité ne sont pas tout blanc et facilitent grandement la tâche des socialistes avec une communication à l’emporte-pièce. Face aux attaques permanentes sur un futur plan de rigueur après les municipales, ils ont nié pendant des mois et aujourd’hui, devant la situation difficile de la croissance et des finances publiques (et après les municipales), le premier ministre parledésormais de « plan d’économies ».
Cette concession sémantique faite par le premier ministre est une brèche ouverte dans laquelle la gauche va s’engouffrer en dénonçant un changement de cap du gouvernement face à la conjoncture. Elle n’aura pas de mal à gommer dans l’opinion la différence entre plan d’économies (baisse des dépenses inefficaces) et plan de rigueur (augmentation des impôts pour financer des dépenses inconsidérées) en assimilant toutes les réformes annoncées (RGPP, RGPO et les différentes réformes sociales) comme autant d’éléments de ce plan. La boucle est bouclée donnant raison aux socialistes qui auront réussi à jeter le discrédit sur tout le programme politique de la majorité ainsi que sur le sens des réformes, le tout sans faire une seule proposition pour remettre la France en état de marche…
Et pourtant, ce qui est mis en œuvre et que les socialistes assimilent à un plan de rigueur lié à la conjoncture, n’est que l’exacte mise en œuvre du programme législatif de l’UMP. Tout est dedans : révision générale des politiques (RGPP) afin d’évaluer les dépenses et trier celles, efficaces qui doivent être confortées de celles qui échouent et qu’il faut changer ou abandonner, limitation de la progression des dépenses publiques (Etat, collectivités, régimes sociaux) à 1,5% sur l’ensemble de la législature, non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sur toutes les années de la mandature…Le programme législatif doit permettre de ramener la dette publique en 5 ans sous la barre des 60% et d’inscrire dans la constitution la « règle d’or » (une fois les déficits stabilisés et le modèle social remis d’aplomb) selon laquelle le déficit des finances publiques n’est autorisé que pour financer des dépenses d’investissement (cela permettra de prévenir un futur dérapage lors d’une alternance ou d’un retour de la tendance chiraquienne au pouvoir).
Tout y est dans ce programme des députés UMP pour la mandature ; mais aucun membre du gouvernement n’est capable de l’expliquer, dire que non il n’y a pas de plan de rigueur, ni de plan d’économies pour faire face à la conjoncture mais simplement la mise en œuvre des promesses de campagnes à savoir une limitation des dépenses de l’Etat pour un recul des déficits, de la dette et des prélèvements en accord avec la campagne présidentielle de N.Sarkozy. Parce qu’il faudrait aussi que la majorité rappelle que N.Sarkzoy n’avait pas seulement promis d’être le président du pouvoir d’achat, il avait également dit et répété qu’il voulait ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, qu’il voulait revenir au niveau d’administration de 1992 (soit 1 million de fonctionnaires en moins), qu’il voulait baisser les prélèvements obligatoires de 4 points en 10 ans, qu’il voulait limiter la progression des dépenses de l’Etat pour réduire les déficits et la dette. Et il a été élu là-dessus autant que sur « le président du pouvoir d’achat ». Et comme l’un n’exclut pas l’autre, bien que les socialistes essaient de le faire croire, (comme si lorsqu’on réduisait les dépenses de l’Etat, on enlevait du pouvoir d’achat aux français, alors que c’est le contraire), il n’y a aucune honte à assumer les promesses de campagne et à les mettre en oeuvre.
Dans cette affaire, le gouvernement apparait sur la défensive alors qu’il tient les engagements pris auprès des électeurs pendant les campagnes présidentielle et législative. Ce dont il devrait plutôt être fier et les électeurs satisfaits. Enfin un gouvernement qui s’attaquerait aux problèmes structurels du fonctionnement de l’Etat et qui ose mettre le doigt là où ça fait mal : ce qui avait été promis aux électeurs. Voilà le message que le gouvernement et la majorité devraient porter.
22:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : plan de rigueur, fabius, fillon, réforme de l'etat, rgpp



























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