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24.03.2008

Devoir de réserve

742622894.jpgDans notre société en crise, tout se perd, le respect de l’Etat, des fonctions. Mais des fois, il apparait dans l’actualité certaines choses qui font du bien, qui nous rappellent que tout n’est pas encore foutu. Le limogeage (si le Président signe le décret) du sous-préfet de Saintes pour la publication d’une tribune anti-israélienne sur un site internet fait partie de ces décisions. Le ministre de l’Intérieur a pris ses responsabilités, le Président également s’il signe le décret et fait ce qui doit être fait malgré la polémique qui ne manquera surement pas d’être déclenchée.
On peut déjà entendre certaines critiques dénoncer que le sous-préfet n’a été limogé que parce qu’il a parlé d’Israël, que de toute manière on ne peut rien dire sur Israël dans ce pays, que le lobby juif a encore bien fait son travail, que ça aurait été bien différent s’il avait accusé l’islam, le Hamas ou l’Iran, que la liberté d’expression est encore bafouée mais que ce n’est pas étonnant avec un gouvernement de droite et au final, tout cela sera de la faute du Président Sarkozy qui de toute façon est le grand méchant, ami des Juifs, qui veut limiter la liberté d’expression et imposer un pouvoir totalitaire et que cela est le signe annonciateur de son noir projet. J’exagère à peine… Avec quelques jours de recul, je n'exagère pas du tout, la preuve ici, ici, et .

A tous ceux-là, on ne pourra que leur rappeler pourquoi le devoir de réserve existe. Tout d’abord, le devoir de réserve est une obligation de neutralité de l’Etat qui s’applique à tous les fonctionnaires et encore plus aux fonctionnaires d’autorité, le préfet étant le fonction d’autorité de la République par excellence, et qui correspond à l'égalité de traitement que tous les citoyens sont en droit d’attendre de l’Etat, quelle que soit leur sensibilité ou leur préférence.
Ensuite, il existe également afin que les fonctionnaires n’influencent pas les administrés ni sur le bon fonctionnement des services publics, en clair qu’ils ne puissent pas être une arme politique de contrôle de la population ou de sabotage de l’action du gouvernement (dans le cas où le fonctionnaire serait opposé au gouvernement). Ceci permet que nous n’assistions plus aux épurations de l’administration comme c’était le cas à chaque changement de gouvernement il n’y a pas encore si longtemps.
Enfin, le devoir de réserve est fait pour que l’Etat ne s’exprime que d’une voix, de manière solidaire. Un fonctionnaire est un représentant de l’Etat, sa parole est assimilée à celle de l’Etat. Ce n’est pas aux fonctionnaires de défendre une position politique sur laquelle ils n’ont pas le pouvoir de s’exprimer et qui n’est pas en cohérence avec la position défendue par le pouvoir politique, qui lui est élu et donc responsable devant les français.

Le sous-préfet n’a pas été forcé d’occuper cette charge, il l’a acceptée. Elle comporte des droits et des devoirs. Il a enfreint une des obligations qui étaient attachées à sa charge, il est sanctionné, rien de plus normal. Il aura désormais tout le loisir de publier les tribunes qu’il souhaite (et l’Etat n’aura pas son mot à dire). Il est bien que parfois, les fonctionnaires se rappellent que leur statut n’est pas juste l’emploi à vie, l’avancement à l’ancienneté, les grèves à répétition, les ors de la République (pour les hauts fonctionnaires seulement) mais également le service de l’intérêt général, le respect de l’Etat (et de ses orientations décidées par le pouvoir politique élu) et le respect des règles fixées.

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