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09.03.2008
Grand ménage de printemps chez les syndicats
Au delà de l’argent, il y a le pouvoir et L.Parisot a saisi le dernier rebondissement de l’affaire Denis Gauthier Sauvagnac (l’indemnité de départ de 1,5 million d’euros qui lui a été attribuée) pour demander aux membres de l’UIMM de remettre tous les mandats de représentation qu’ils détiennent dans les instances paritaires à la disposition du Medef. L’UIMM en totalise 140 ! C.Bébéar est venu soutenir L.Parisot : « le rôle de l’UIMM, doit être proportionnel à son importance dans l’économie ; aujourd’hui, ce rôle est clairement disproportionné ». C’est la suite de l’élection de L.Parisot à la tête du Medef : celle-ci avait été élue au bénéfice d’une alliance entre le secteur des services et la Fédération du bâtiment, contre l’UIMM, représentant l’industrie.
Les services représentent plus de 70% dans le PIB, leurs dirigeants sont en train de prendre la place de ceux de l’industrie : symbole du changement, DGS énarque, inspecteur général des finances (qui n’a passé en tout et pour tout que 3 ans dans une banque et 4 dans une coopérative laitière) a été remplacé dans les négociations par C.Kopp, DRH chez Accor.
Cette affaire a quand même donné lieu à une sacrée mascarade : j’ai entendu à son sujet une très jolie expression « au bal des faux-culs, personne ne fait tapisserie ». A l’UIMM personne n’est responsable des retraits de liquide (19 millions) et personne ne sait qui en a bénéficié, sauf DGS ; on notera que celui-ci n’a pas été viré pour faute professionnelle ce qui est au moins l’aveu du soutien du bureau de l’UIMM à son action, retraits en liquide compris.Les syndicats jouent les vierges effarouchées et les parlementaires n’ont jamais entendu parler de ces choses. Bon, ceux qui en ont bénéficié, eux savent et pour le moment rien ne transpire. Une enquête est en cours, wait and see.
Il n’en reste pas moins que des syndicats patronaux et ouvriers qui gèrent paritairement des organismes comme l’Unedic, ne devraient pouvoir le faire qu’avec des financements transparents et une représentativité établie. Encore aujourd’hui, pas plus les syndicats patronaux qu’ouvriers ne sont tenus de tenir une comptabilité régulière ; ils bénéficient encore de la loi Waldeck Rousseau qui les en exonère. Il faudra rapidement que la certification des comptes soit la règle pour tous les syndicats ; c’est déjà le cas au Medef, à la CGPME et à la CFDT et Xavier Bertrand a confirmé qu’elle serait rendue obligatoire par la loi. Le développement de la politique contractuelle suppose que les syndicats soient représentatifs, c’est quand même le minimum ! (actuellement ils ne représentent que 8% des salariés). Il faudra renoncer au cartel organisé au sortir de la guerre et au système où un accord, signé par un seul syndicat majoritaire suffit pour être applicable. Bref, il faudra que les syndicats vivent des cotisations de leurs adhérents et que l’on sorte des financements occultes comme ceux tirés de la formation professionnelle pour les syndicats patronaux et des comités d’entreprise pour les syndicats ouvriers. Le financement des partis politiques a été assaini depuis 1988, vingt ans après, il est temps de faire le ménage dans celui des syndicats.
23:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parisot, gauthier, uimm, bertrand, syndicats




















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