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06.03.2008
De la beauté des sondages
En cette période électorale, il est normal de voir fleurir des dizaines de sondages. Un pour chaque grande ville et renouvelé de manière hebdomadaire si ce n’est plus. Le climat national ajoute également à cette frénésie sondagière, tous les médias et les acteurs politiques ayant les yeux rivés sur les sondages : de N.Sarkozy pour essayer de prédire l’avenir de son quinquennat, qui sur ceux du gouvernement pour y déceler un probable-futur-hypothétique clash entre le président et le premier ministre, qui sur les responsables socialistes pour savoir qui deviendra le futur premier secrétaire, qui sur les personnalités pour savoir le plus populaire, si Besancenot est l’avenir de la gauche, si les électeurs du FN rentrent au bercail, si la tactique solitaire de F.Bayrou porte ces fruits.Et en plus dans les journaux, ça permet de présenter des chiffres, des graphiques, autre chose que de l’écrit. C’est rassurant les chiffres, ça donne une impression de vérité d’évangile. Enfin, il y a mile et une raisons d’avoir le nez collé sur les sondages. En plus, quand on connait le peu d’appétit désormais pour les écrits de la population, ça permet également
d’attirer l’œil. Rien de mieux qu’un bon sondage pour attirer le lecteur ou le téléspectateur…Mais surtout, ce qui est totalement génial dans les sondages actuels, c’est de voir comment ils sont orientés, comment on peut leur faire dire ce qu’on veut et surtout comment ils ne représentent que l’opinion de ceux qui posent la question ou de celui qui le commente. Prenons un exemple, un sondage du Monde sur l’élection à St Etienne. En résumant le message de l’article associé, le maire Ump est au coude-à-coude avec ses rivaux. En fait, il l’emporterait dans tous les cas avec 2 points d’avance sur son concurrent PS. Le même écart à Toulouse mais inversé, en faveur du candidat PS et le titre du Monde est : Un sondage donne le PS vainqueur à Toulouse. Les cas ne sont pas uniques, dans bien d’autres villes les écarts sont de 2 ou 3 points mais en cas d’avance PS, les médias mettent en avant « une grande victoire pour la gauche » ou « la droite va perdre un de ses bastions ». Si la droite est devant, c’est plutôt : rien n’est joué à …, les candidats sont au coude à coude…
Le plus beau dans l’histoire est de regarder la méthodologie des sondages. Alors qu’à l’élection présidentielle, les échantillons, déjà discutables, étaient de 1000 personnes environ, ici on en arrive à des échantillons de 400, 500, 600 personnes grand maximum, selon la méthode des quotas et avec des électeurs en âge de voter, heureusement d'ailleurs ! Les marges d’erreur sur des sondages municipaux sont bien plus importantes. Déjà qu’en temps normal, la marge est de 2-3 points, on peut arriver à plus sur ce type de sondage.
est donc fait pour accréditer cette thèse. De même, l’UMP a fait bien des efforts sur le domaine de l’écologie et du social, rien n’empêche de penser ou même d’imaginer qu’au niveau local, une alliance UMP-Verts puisse avoir lieu (atypique j’en conviens mais dans certaines villes, les Verts et le PS sont brouillés et l’UMP est assez proche des Verts, je pense à Montpellier par exemple), mais rien cela n’est même envisagé dans les sondages.
Cette boulimie de sondages permet surtout de cacher le débat de fond, rien de mieux que de se laisser porter par la vague sondagière, surtout quand on en est le principal bénéficiaire. On ne va pas prendre le risque de parler de bilan, de projet, de programme, ça pourrait fâcher les électeurs ou peut-être révéler quelques vérités pas bonnes à dire (exemple dans le 5ème à Paris encore où B.Delanoe avait dit en 2001 qu’il ne prendrait pas de personne mise en examen sur ses listes et la candidate PS l’est depuis 2004). Nous sommes à 3 jours du 1er tour et je n’ai pas encore entendu un véritable programme pour quelque ville que ce soit ni pour quelque parti que ce soit, rien, nada. La gauche est trop contente de se refaire la cerise sur la cote de popularité du Président, une sorte de 3ème tour de la présidentielle, la droite est trop prisonnière des élections passées et de ses contradictions au niveau local (le logement social, les transports, l’évolution sociologique des centres-villes, le commerce de proximité…) et les autres partis ne sont pas réellement dans des considérations locales. Une étrange campagne…07:25 Publié dans Elections | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sondages, élections municipales, ps, imp, modem, verts, st etienne



























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