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04.03.2008

L'autre vote sanction

1225194081.jpgA quelques jours des municipales, la campagne n’a pas encore réellement commencé. Commencera-t-elle un jour ? On peut se poser la question tant le parti dominant de cette élection n’a aucun intérêt à engager le débat. En tête dans les sondages, des prévisions lui accordant des conquêtes nombreuses et de choix, le PS ne veut et n’engagera pas de débat local tant son intérêt n’est pas de porter un projet pour les villes mais de simplement surfer sur la vague sondagière anti-sarkozyste du moment (il faudrait qu’il se méfie car dans le dernier sondage, le président remonte de 4 points et le premier ministre reste populaire) et sur les difficultés de nos concitoyens.

De plus, les nouvelles sociologies des grandes villes (mélange d’hyper-aisés, d’hyper-assistés et de propriétaires) offrent un avantage structurel à la gauche dans toutes les grandes villes les dispensant de faire campagne sur le terrain pour être en position de force. Les grandes villes étant également celles sur lesquelles les médias ont leurs caméras braquées, la boucle est bouclée et voila une stratégie du vide bien ficelée et imparable. Les socialistes vont avoir une victoire locale (parce que les municipales sont considérées avant tout comme une élection locale par les français) et pourront faire croire à une victoire de portée nationale, un presque 3ème tour de la présidentielle (après l’appel à la vigilance, j’attends avec impatience l’appel à la démission en 1ère page de Marianne).

Les principaux responsables PS ayant bien compris leur intérêt ne parlent tous que du gouvernement, du président, des problèmes de la Nation afin de bien faire croire qu’il s’agit véritablement d’une élection nationale et donc que les électeurs doivent se prononcer sur des éléments nationaux et donc sur la politique du gouvernement. Cela les avantage bien politiquement et pourquoi s’en priveraient-ils ? On les voit donc tous défiler dans les médias rivalisant de formules. S.Royal appelant « au vote-sanction », DSK également, L.Fabius adressant un « carton jauge », Hollande appelant au « vote politique », les autres demandant de donner un avertissement au gouvernement pour qu’il modifie sa politique...

Mais pour un vote sanction pour vote sanction, avertissement pour avertissement, les électeurs seraient également bien avisés de donner un avertissement au PS. Car le PS nous a promis qu’il allait se rénover, qu’il allait se pencher sur sa doctrine, qu’il allait débattre de ses fondamentaux, de son rapport à l’économie, de la sécurité, des 35 heures, du SMIC, de l’assistanat, de l’égalitarisme, des banlieues, de l’école, de la fonction publique… Le PS nous avait promis la grande rénovation après sa 3ème défaite consécutive à l’élection présidentielle. Il nous avait promis de tout faire pour présenter un projet crédible et débarrassé de ses vieilles lunes. Et à part, 3 malheureuses conventions en fin d’année dernière, auxquelles les grands ténors n’ont même pas participé, il ne s’est rien produit, pas une idée neuve, pas un début de remise en question, pas un début de réflexion collective. Le PS est simplement empêtré dans ses querelles pour savoir qui va devenir le prochain chef (1).
 
S’il y a victoire des socialistes à ces municipales, on verra toutes les belles promesses de rénovation envolées comme par enchantement (comme dit l'adage on ne change pas une équipe qui gagne). Il y a d’ailleurs des précédents : après la présidentielle de 2002, les socialistes nous avaient également promis une rénovation mais les victoires aux régionales et aux européennes avaient eu raison des dernières volontés rénovatrices du PS, produisant les catastrophes du référendum européen et des présidentielles de 2007 (catastrophe pour le PS, j’entends).

Si vote sanction il doit y avoir, c’est un vote sanction contre les 2 grands partis de gouvernement. Le peuple de gauche, s’il veut avoir une chance de remporter dans un avenir proche une élection nationale et ne pas se contenter d’être un mouvement de barons locaux, un socialisme municipal, doit également adresser un avertissement aux PS. Son vote doit se porter sur les partis avec qui il veut que le PS fasse alliance (Verts, PC, Modem, LCR…) pour montrer clairement la voie aux ténors. Et pour les électeurs de N.Sarkozy, déçus que les réformes ne se fassent pas assez vite ou qu’elles ne portent pas encore leurs fruits, plutôt que donner leur voix au PS qui est un farouche opposant à toutes réformes, le1078610534.jpg message à faire passer est de revenir dans leur famille d’origine. Les considérations nationales ne sont que des affaires de journalistes, du microcosme parisien et autres apparatchiks de partis. un défouloir, les électeurs des 2 camps devraient plutôt penser que c’est un maire qu’on élit et qu’on l’élit pour 6 ans. Que son projet transformera la ville dans laquelle on habite, qu’il est le lien le plus proche avec le pouvoir et donc celui qui peut influencer le plus directement D’ailleurs, les français semblent l’avoir compris puisqu’ils voteront à une grande majorité avec des enjeux locaux dans la tête. Sagesse populaire…
 
 
(1) Curieuse définition du chef d’ailleurs, au PS car pour eux c’est celui qui arrivera à faire le mieux la synthèse, alors qu'un chef est celui qui prend les décisions et mène son équipe. Enfin c’est peut-être ça le clivage droite-gauche. D’ailleurs leur dernier véritable chef n’était pas un homme de gauche, donc S.Royal a également toutes ses chances.

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