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25.02.2008

En route pour le libre-échange Canada-Europe ?

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   Au prochain congrès du PLQ (Parti Libéral du Québec), qui se tiendra en mars, les militants adopteront une résolution pour encourager «le gouvernement à conclure des ententes de libre-échange et de mobilité de la main-d’œuvre avec nos partenaires canadiens et européens».

   Pour Jean Charest, premier ministre et chef du PLQ, 2008 offre «un alignement de planètes exceptionnel : c'est le 400ème anniversaire de Québec, la première visite du président Sarkozy au Québec et au Canada comme Président de la République française. Il sera président de l'Union européenne à partir du 1er juillet. Donc, il a une occasion historique de lancer les négociations entre le Canada et l’UE ».

    Avant lui, en 1976, Pierre Elliott Trudeau parlait de la relation avec l'Europe comme d'une «troisième voie» et en  2006, Jean Chrétien, devenu premier ministre, s'était prononcé en faveur du libre-échange entre l’ALENA et l’UE.

   En Europe, Édouard Balladur est une des premières personnalités politiques à soutenir l'idée d'un projet de libre-échange Canada-Europe. L'ancien premier ministre français estime que ce projet pourrait être une première étape d'un rapprochement entre l'Europe et l'Amérique.(1) «C'est une très bonne idée qui va dans le sens du rapprochement de nos continents, dit-il. D'ailleurs, le Canada est plus proche de l'Europe que des États-Unis dans plusieurs domaines, comme la politique étrangère. Ce qu'il faudrait, c'est un traité de libre-échange entre l'Union européenne et l'Amérique du Nord. Mais un traité de libre-échange entre l'Europe et le Canada est peut-être une bonne façon de commencer.»

    Zbigniew Brzezinski, un autre retraité de la politique, ancien conseiller du président Jimmy Carter en appelle au prochain président américain non seulement pour «préserver et fortifier les liens transatlantiques» mais aussi pour enfin considérer l'Europe comme son tout premier partenaire. Dans un monde où l'Amérique du Nord et l'Europe ne représenteront plus que 15 % de la population d'ici  2020, écrit-il « l’Amérique a besoin de l’Europe ».

    A Bruxelles la partie est loin d’être gagnée : l'Europe ne s'engagera pas dans des négociations sans garanties solides, elle garde en effet le souvenir de l’empêchement de la compagnie française Alstom de concourir pour le renouvellement des rames du métro de Montréal. Pour l’Europe, dont les 460 millions d'Européens forment le plus grand marché intégré du monde, le Canada et ses 35 millions d'habitants ne représentent qu'un petit marché pour ses produits, d’autant que celui-ci est déjà relativement ouvert. L'Europe exigera l'ouverture de tous les marchés publics canadiens. Reste à savoir si les provinces du Canada seront prêtes, comme le Québec dit l'être, à ouvrir leurs marchés publics aux géants européens. Les Européens n'entendent pas plier non plus sur la déréglementation du transport aérien : aujourd'hui, Ottawa limite les possibilités de cabotage des transporteurs comme Lufthansa. Bruxelles convoite aussi l'important marché de l'énergie canadienne.

     A suivre en octobre 2008, lors du prochain sommet Canada-UE, qui se tiendra à Montréal, sous présidence française.

(1) Pour une Union occidentale entre l'Europe et les États-Unis (Fayard).

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