« Romano Prodi est tombé | Page d'accueil | La guéguerre des départements »

27.01.2008

Le coup de pied dans le microcosme audiovisuel et l'apprentissage de l'anglais comme objectif de service public

6f0afac01e215a6ad3bad45d5f07761c.gifLe président a ouvert un large débat sur le service public audiovisuel avec sa volonté d’en supprimer la publicité et surtout de la recentrer sur des missions de service public. Les missions de service public de l’audiovisuel doivent encore être précisées mais le contour est le suivant : la culture, l’information, l’éducation, l’histoire et des programmes de plus grande qualité pour se différencier des chaines privées.

Bien sur, il y a énormément à redire sur la méthode et les moyens pour atteindre cet objectif comme la création d’une, voire deux nouvelles taxes, pour financer la disparition de la pub (cela semble être une marque de fabrique de ce gouvernement que de créer des taxes à tout va) alors qu’il en existe déjà une pour cela, la redevance. Sur le niveau de cette taxe, il est très marrant de voir les commentateurs dirent qu’il faut récupérer 1,2 milliards (montant de la pub sur les chaines publiques) alors que les programmes ne seront pas les mêmes et couteront beaucoup moins chers (il suffit juste de comparer le budget de France5 et celui de France2). On peut critiquer aussi le fait que le périmètre du service public ait continué à s’étendre depuis des années avec la création d’une nouvelle chaine extérieure et de nouvelles chaines publiques sur la TNT…

Et puis surtout, le véritable problème est France2. Car France2 n’est plus depuis longtemps une chaine de service public, elle offre les mêmes programmes, aux mêmes horaires, avec souvent les mêmes présentateurs que les chaines privées (seule l’absence de téléréalité peut marquer encore la différence). De plus, alors que les contribuables paient pour que France2 concurrence TF1, elle n’y arrive pas puisque  TF1 détient encore cette année les 100 15b548274ed905a91bc413dcfe00a2be.jpgmeilleures audiences ainsi qu’une part de marché écrasante. Il faut arrêter tant de dépenses et de schizophrénie : soit la télévision est un secteur économique libre (ce que je souhaite) alors il est du domaine des opérateurs privés et le service public doit assurer des missions spécifiques définies au niveau politique (politique culturelle) soit ce n’est pas un secteur libre et dans ce cas-là, on revient à l’ORTF.

La question de la privatisation de France2 se pose d’autant plus que si après la suppression de la publicité, France2 continue à faire les mêmes programmes alors la réforme n’aura servi à rien si ce n’est qu’à prélever encore plus les contribuables et à augmenter les revenus des chaines privées (c’est trop fort de financer par nos impôts, l’augmentation des recettes publicitaires de Bouygues) et si France2 ne fait plus les mêmes programmes alors, la nature ayant horreur du vide, une nouvelle chaine généraliste prendra sa place dans l’offre actuelle, récupérant une large partie des téléspectateurs actuels de France2. L’Etat aura alors raté l’occasion de vendre un actif très important, de récupérer une somme d’argent conséquente et  d’assurer une véritable concurrence et un pluralisme dans le secteur audiovisuel.

A cette question des missions de service public, j’aimerai apporter ici ma petite pierre. On le sait, en France, l’apprentissage des langues étrangères et particulièrement de l’anglais, est défaillant. Il suffit de voir le niveau de maitrise des hommes politiques, « l’élite » (je vous ressort le « the yes need the no to win against the no » assez risible) pour comprendre qu’au niveau en dessous, cela ne doit être guère mieux. D’autant que cette faiblesse a des conséquences importantes : les touristes étrangers en France s’en plaignent, les perspectives professionnelles sont réduites pour beaucoup de jeunes  quand l’anglais, devenu la langue des affaires, n’est pas maitrisé, la recherche française est moins diffusée et valorisée par l’absence de publications en anglais, nos entreprises se ferment des marchés par l’impossibilité de se faire comprendre...

Différentes études ont montré l’importance dans l’apprentissage des langues étrangères d’être très tôt baigné dans la nouvelle langue, dans les sons. D’où déjà une possible remise en question de la manière d’enseigner les langues à l’école mais là n’est pas mon point. Cela serait plutôt que les chaines publiques offrent le choix des programmes, soit en français, soit en version originale sous-titrée. Cela pourrait se faire grâce à la TNT qui permet de choisir un grand nombre d’options, cela créerait une certain nombre d’emplois dans les métiers de sous-titrage et surtout, cela favoriserait l’apprentissage des langues étrangères, à commencer par l’anglais. On nous parle tout le temps du modèle scandinave, prenons donc exemple. Tous les jeunes scandinaves arrivent à parler anglais couramment sans problème grâce à l’action conjuguée de cours de langue performants et des programmes de télévision en VOST. Voilà qui serait une véritable mission de service public et de politique culturelle que de favoriser la maitrise des langues étrangères. C’était d’ailleurs un point du programme présidentiel de N.Sarkozy que tous les élèves soient bilingues.

Commentaires

"Le français, c'est l'âme de la France ... le droit de penser autremement que selon la pensée dominante ... une langue unique au prétexte de l'efficacité est un leurre qui masque les effets de la domination de la pensée unique ... l'efficacité n'est même pas prouvée, la Renaissance fut plus féconde pour la pensée humaine que les longs siècles de domination exclusive du latin ... nous devons promouvoir la langue française ... je me battrai pour que soit généralisé l'enseignement de 2 langues étangères en Europe,seule façon efficace pour que l'hégémonie de l'anglais soit battue en brèche"

Ce n'est pas moi qui parle, mais M. Sarkozy lors de son discours du 9 mars 2007 à Caën !

Où voyez-vous qu'il veut bilinguiser la France (anglais et français, puisque c'est ça que vous laissez entendre !) ?

Les pays scandinaves, un exemple ? Un exemple à ne pas suivre, oui ! Sauf si on veut l'appauvrissement de notre langue (limitée à lève-toi, passe-moi le sel, bonne nuit), le désintérêt des autres peuples pour son apprentissage (manque à gagner certain pour notre pays, il est vrai que les caisses de l'Etat débordent !!!), méconnaissance de termes techniques, professionnels dans notre propre langue, etc...

Les touristes se plaignent ? Quels touristes ? Les anglophones qui veulent se sentir chez eux partout dans le monde, ceux qui vous abordent en anglais sans une petite phrase indispensable dans un pays non anglophone "do you speak english, please ?" ou mieux "parlez-vous anglais, s'il vous plaît ?" (c'est quand même pas la mer à boire avant de visiter la France ou tout pays francophone, et c'est valable pour toute langue et tout pays).

Je ne me sens pas une âme d'esclave ou de colonisée par les tout-puissants anglophones, et je ne pense pas qu'ils aient tant besoin qu'on les enrichisse (17 milliards d'euros touchés annuellement par le GB et "versés" par les pays européens non anglophones via les stages et les voyages linguistiques).

Mais chacun est libre, non ?

Sophie

Ecrit par : Sophie | 07.02.2008

Non ! Désolé, Je ne pense pas que le rôle du service public de télévision soit de nous angliciser.
Pour l'histoire, voici ce que j'ai reçu récemment dans ma boîte à courriels :

Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les Députés à propos de l'anglais omniprésent.
Madame, Monsieur, le Député,
Que se passe-t-il actuellement en France avec l'anglais ?
-- L'anglais dans le dépôt des brevets par le Protocole de Londres, protocole que vous avez Allègre...ment signé.
-- L'anglais à l'école, selon M. Darcos, ministre de l'Éducation nationale et ex-ministre de la Francophonie (!), par visioconférence en direct d'Angleterre.
-- L'anglais, selon M. Attali, obligatoire pour tous les enfants dès l'âge de 6 ans.
-- l'anglais, selon M. Sarkozy, pour faire une France bilingue.
Est-on devenu fou en France au point de s'abandonner ainsi à l'anglais qui menace de mort la diversité linguistique du monde et qui chasse la langue française partout, et notamment dans les instances internationales ?
S'est-on posé la question à savoir : qui, à l’étranger, voudra encore apprendre le français, si les Français, eux-mêmes, parlent tous anglais ?
Devant cet abandon au tout anglais, devant cette politique suicidaire, bon nombre de francophones de par le monde se demandent désormais s'ils ont fait le bon choix en optant pour la langue française. Allez-vous les abandonner comme en un temps la France a abandonné les harkis en Algérie ?
Aurez-vous le courage de dénoncer l'anglais omniprésent et de considérer sa super présence dans nos écoles comme une DISCRIMINATION contre les langues étrangères en général, comme un profond MÉPRIS pour la diversité linguistique du monde, comme un RECUL dans l’ouverture vers les autres, comme une COLONISATION des esprits ?
Si par hasard, vous avez l'intention d'agir contre cette dictature qui se met en place, merci de m'en faire part. Votre action, ou votre soutien, sera alors mis dans le dossier que je suis en train de réaliser avec l'A.FR.AV, et qui sera déposé auprès de la HALDE* -- la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité -- afin de dénoncer la discrimination, le mépris, le recul et la colonisation qu'entraîne la politique du tout anglais.
Dans l'attente, recevez, Madame, Monsieur, le Député, l'expression de toute notre considération.

Abdelkrim Naacer
Membre de l’A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com)

Pièce jointe :
Vidéo du discours du Premier ministre britannique, M. Gordon Brown : http://lnx.internacialingvo.org/eo/index.php?newlang=eng
Texte : http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/politics/7193681.stm

Nous pouvons nous souvenir du 17 janvier 2008 comme du jour où la Grande-Bretagne a officiellement déclaré la guerre au monde non anglophone. Un guerre qui, semi-officiellement, est menée depuis longtemps .
Une armée de 750 000 enseignants soldats occupera à nouveau l'Inde qui a conquis son indépendance de l'empire colonial britannique en 1947 sous la direction non-violente de Gandhi.
Justement Gandhi, qui, en 1908, avait déclaré « Donner à des millions d'hommes la connaissance de l'anglais, c'est comme les réduire à l'esclavage », a lutté pour que l'hindi soit la langue officielle du pays, s'opposant courageusement à l'usage de l'anglais imposé en Inde par la Grande-Bretagne.
Ce que l'on aurait alors nommé "colonialisme" , maintenant, dans le vocabulaire du premier ministre anglais Gordon Brown, prend même l'aspect d'un "cadeau" et de l'interprétation des "désirs" de toute l'humanité : "Nous voulons faire aujourd'hui au monde un nouveau cadeau qui, peut-être, peut aider des hommes, bien que pauvres, à apprendre l'anglais comme ils le désirent", a déclaré Brown avant de partir pour l'Inde et la Chine, en ajoutant que le "British Council" est en train de préparer un grand portail réticulaire pour recruter des centaines de milliers d'enseignants de l'anglais afin d'atteindre aussi les lieux les plus reculés de ce continent.

* Adresse de la HALDE : Monsieur Louis SCHWEITZER, Président - 11, rue Saint-Georges - 750009 Paris (tél. : 01 55 31 61 00 - télécopie : 01 55 31 61 49)

Je vous remercie de votre attention.
J.-P Colinaro

Ecrit par : Colinaro | 17.02.2008

C'est une honte pour la France d'imposer l'anglais aux petits et de ne pas donner le choix, je dis si vous voulez communiquer avec des humains et la langue de l'amitié, utilisez l'Esperanto, je confirme que l'anglais cause des accidents d'avions ; pour une meilleure démocratie, osez parler Esperanto.

Babeth

Ecrit par : e.lambert | 03.03.2008

Ecrire un commentaire