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24.01.2008

Romano Prodi est tombé

c45426bc7bfb3929067c282f383c05f1.jpgIl était en sursis depuis un petit moment mais c’est ce soir qu’il est tombé lors d’un vote de confiance au Sénat. Il faut dire que sa majorité n’était que de deux voix et surtout, vu les alliances hétéroclites qui composent sa majorité, il était à la merci d’un revirement de situation à tout moment. Ce qui a fait pencher la balance est la démission de Clemente Mastella, ministre de la Justice, qui a entrainé son parti l’Udeur (centre-droit, membre du PPE c’est-à-dire la droite au parlement européen) avec lui. Un parti qui n’avait que 3 sénateurs et 10 députés et n’avait recueilli que 1,4% des voix dans chacune des élections des deux assemblées. Romano Prodi, ex-président de la Commission Européenne, est donc tombé pour 3 sénateurs représentant moins de 500 000 voix.

Cette nouvelle est attristante pour l’Italie qui n’a toujours pas réglé ses problèmes de stabilité institutionnelle. Une réforme de la loi électorale est au menu mais aucun consensus n’arrive à se dégager. Les petits partis sont contre car ils y perdraient leur pouvoir, les grands partis ne veulent pas s’entendre à cause des jeux politiciens (opposition fictive entre une droite et une gauche sur ce point). D’ailleurs, pour ceux qui en doutaient encore, S.Berlusconi s'est montré très fin tacticien, avec sa réforme électorale en 2005 réinstallant la proportionnelle intégrale au Sénat. Sachant que structurellement la gauche est plus éclatée entre différents petits partis alors que la droite est plus unie dans des partis plus importants (question de rapport à l’ordre, l’autorité, la puissance), il 3690207bd0c58710baaac9c89a2bd68f.jpga bien joué son coup. Il se réjouit d'appeler à des élections où il est en position de grand favori, 55-45 dans les derniers sondages. La prime à l’opposition fonctionne à plein en Italie aussi : « sortez les sortants », surtout que ce n’est pas en 20 mois de gouvernement qu’un programme porte ses fruits (sauf si vous appliquez la politique de la démagogie type socialiste français avec les cadeaux tout de suite et les cadeaux encore après et la facture pour les prochains gouvernements et les générations suivantes).

En tout cas, espérons que cette démission aura pour effet positif, que l’Italie se dote d’institutions stables et non contestées. Et puis peut-être un deuxième effet positif, que tous les tenants de la proportionnelle en France calment leur ardeur et surtout que le Président ne l’introduise pas à l’Assemblée (chambre qui décide en dernière lecture). Nous avons la chance d’avoir des institutions stables et performantes même si je suis d’accord qu’elles doivent être améliorées (revalorisation et travail du Parlement, indépendance de la Justice, non cumul des mandats…) mais alors non, pas de proportionnelle à l’Assemblée.

Les victimes collatérales de cette démission sont les socialistes français. Ils vont bien être embêtés, eux qui réclamaient la proportionnelle comme élément indispensable dans une démocratie (oui élément de démocratie car il oblige les électeurs à aller voter tous les 20 mois, si ce n’est moins) et puis surtout, voici encore un de leur modèle qui leur disparait. Romano Prodi, sa grande coalition de l’Olivier allant du centre-droit à l’extrême-gauche, ses alliances magnifiques entre tous les partis ayant des positions contraires sur tous les sujets, ses primaires populaires ayant réuni plus de 4 millions de personnes…Tout ça pour 20 mois de gouvernement. Il ne manquerait plus que J.L.Zapatero perde les élections de 2009 pour que s’en soit fini des idoles socialistes dont ils se réclament modèles et essayent de faire croire qu’ils obtiendront les mêmes résultats (aussi bien en victoire électorale qu’en terme de réussite au gouvernement). Ils devront, alors, véritablement entreprendre leur travail de réflexion et non plus capitaliser sur la réussite des autres socialistes européens qui, eux, ont rénové leur pensée (d’ailleurs tellement rénové pour certains qu’on peut se demander s’ils sont toujours du même camp, T.Blair étant le meilleur exemple mais cela s’applique aussi à G.Schröder, Socrates, les socio-démocrates suédois et bien d’autres, enfin presque tous les socialistes européens).

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