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20.01.2008

Qui était en charge ?

N.Sarkozy a été hospitalisé le 21 octobre dernier pour subir une légère «intervention» afin de résorber un abcès à la gorge, dû à une angine mal soignée. Cette information est sortie le 9 janvier avec le livre de 2 journalistes (au passage ça me fait bien rire, les journalistes qui publient leur scoop dans des livres, on se demande pourquoi leur journal les paient) sur Cécilia Sarkozy (1).

Suite à cette révélation, on a eu le droit à une polémique d’un niveau très faible. Je ne dis pas qu’il ne fallait pas qu’il y ait polémique et que cela ne devait pas susciter des questions mais en tout cas, pas celles qu’on a entendues. Certains ont vu, au fait que cette information reste cachée (pas tant que ça d’ailleurs ou alors par choix des journalistes) un mensonge de Sarkozy et une trahison de ses promesses de campagne. D’autres ont choisi de dénoncer les médias qui ne font pas leur travail en se contentant du people facilement accessible. Et enfin, il y a ceux, adeptes du relativisme, qui ont dit à quoi bon en parler, cette information n’est pas si importante, ne méritait pas tant de bruit…

Dans leur nombrilisme, les suiveurs et autres commentateurs ont encore évité de se poser les bonnes questions et surtout de demander les bonnes réponses. Parce que derrière cette affaire, il y a une véritable question à se poser qui aurait mérité des précisions de la part de l’Elysée. On nous a dit que le Président a été hospitalisé pendant une journée pour subir une légère «intervention» afin de résorber un abcès à la gorge. Désolé, mais dans ma grande ignorance (je pense qu’elle est partagée par de nombreux français), je ne sais pas comment on résorbe un abcès à la gorge. Anesthésie ? Générale ? On nous a dit aussi que le président a été hospitalisé pendant une journée, c’est-à-dire ? Pouvait-il toujours exercer ses fonctions pendant cette période ?

J’aurai été curieux de savoir comment et par qui la machine de l’Etat était dirigée pendant cette période - surtout s’il y a eu anesthésie générale - qui commandait les armées, qui avait la responsabilité en cas d’urgence (et pour une puissance nucléaire engagée dans des opérations extérieures, cela a son importance), qui prenait les décisions, car on sait que dans le fonctionnement de l’Etat, des décisions doivent être prises à tout moment. Et puis en cas d’évènement important, qui aurait pris les décisions, qui aurait tranché au final ? Est-ce que le pouvoir exécutif et celui de Chef des Armées était toujours assuré par le Chef de l’Etat (s’il y a eu anesthésie générale ?), seul personnage élu habilité à exercer le pouvoir exécutif par notre Constitution ou le pouvoir était-il exercé par quelqu’un d’autre, une autre personne non élue qui ne rend pas de compte aux citoyens (je pense, sans mettre en cause les personnes bien sûr, à H.Guaino, C.Guéant ou même F.Fillon, bien que sa position soit différente) ? Qui était en charge ?

Voilà des vraies questions qu’il aurait fallu se poser et surtout poser au très médiatique porte-parole de l’Elysée, D.Martinon. Je ne dis pas qu’elles soient toutes pertinentes mais le public aurait eu alors des véritables informations et aurait pu comprendre un peu mieux le fonctionnement de nos Institutions, il y aurait eu de la transparence, du respect pour la fonction présidentielle. Montrer qu’elle ne s’arrête pas à sortir avec Carla Bruni être un président hyperactif. Il aurait été intéressant de voir un journaliste porter le débat sur ce véritable terrain politique au lieu de s’attacher seulement à la petite polémique dont tout le monde n’a eu que faire. On aurait surement bien rigolé de l’embarras plus que probable des responsables élyséens devant une vraie demande d’information.

(1)-Denis Demonpion et Laurent Léger dans «Cécilia, la face cachée de l'ex-première dame».

 

 

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