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09.01.2008
L'Amérique, cette inconnue pour les "commentateurs"
La primaire américaine a encore réservé une petite surprise avec la victoire d’Hillary Clinton pour les Démocrates et de John McCain pour les Républicains. H.Clinton remporte cette primaire alors qu’elle était donnée perdante de plus de 10 points la vieille. Elle a bénéficié du vote des femmes mais aussi du vote McCain qui, dans cet Etat, a capté une grande partie des indépendants qui ont préféré voter McCain dans la primaire républicaine qu’Obama dans la primaire démocrate. La politique américaine est compliquée et c’est ce qui fait son charme.Mais ce qui nous intéresse plus aujourd’hui est de voir comment encore les instituts de sondage se sont trompés : comme quoi il n’y a pas qu’en France que les sondeurs sont décriés. D’ailleurs, les grands networks américains sont déjà en train de renégocier les contrats avec les instituts de sondage. Cela n’arriverait pas en France par contre…Mais il est aussi intéressant de noter le comportement moutonnier des journalistes et des pseudo-commentateurs de la vie politique américaine qui la découvrent au jour le jour et ne sont pas capables de placer sur une carte les Etats dans lesquels ont lieu les primaires ni de comprendre comment s’organise la désignation des futurs candidats des 2 grands partis. Un peu de recul ne ferait pas de mal à tout le monde.
Dans la même veine, il faut voir la différence de traitement médiatique en France entre les Républicains et les Démocrates. Alors oui, les Démocrates ont des personnalités attractives comme B.Obama ou H.Clinton, l’administration actuelle est républicaine donc les médias cherchent le changement du coté adverse dans leur réflexe franco-français. La dernière présidentielle française ne les a pas fait remettre en cause ce sacro-saint principe de l’alternance. Mais il est intéressant de noter que H.Clinton est donnée perdante contre tous les candidats républicains et que B.Obama n’est pas non plus favori contre la majorité d’entre eux.
Cette différence de traitement montre le parti pris des médias et plus généralement de l’intelligensia française. C’était déjà le cas en 2004 lors de la réélection de Bush. Kerry était le candidat hors-US. On connait le résultat. Les élites préfèrent croire qu’un président américain de gauche (enfin si on peut appeler les démocrates, la gauche) mènera une politique totalement différente de celle de Bush ou d’un Républicain en lice. C’est là encore faire une très mauvaise analyse de la politique américaine qui repose sur une vision non moins erronée de la société américaine. Un président américain de n’importe quel bord continuera la politique conservatrice, de défense des intérêts américains avant tout, de puissance sans jamais souscrire à la vision d’un « monde multipolaire » prônée par la France. Un président américain fera ce pour quoi il est élu, c'est-à-dire servir et protéger la Constitution américaine et veiller aux intérêts de l'Amérique. Un président de gauche continuera la révolution conservatrice portée par Reagan comme un premier ministre anglais continuera la politique libérale de Thatcher. Les Républicains sont loin de jouer perdants cette élection tant ils sont en phase avec les valeurs de l’Amérique, quoi qu’en disent et surtout en pensent les « observateurs étrangers ». (A ce propos, lire l'analyse développée par Eric Zemmour dans son livre "le premier sexe" qui est très éclairante sur le processus de contre-révolution à l'oeuvre dans la société américaine et dans le monde occidental, même si cela n'est pas avoué, surtout en France).
19:20 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Clinton, US, élections, présidentielle, Obama, McCain, primaire




















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