« ¿Por qué no te callas? | Page d'accueil | Les anti-blocages gagnent démocratiquement à Rennes »

13.11.2007

Ils vont se battre pour conserver leurs privilèges. Et nous, allons-nous laisser parler les syndicats à notre place ?

Malgré leurs discours sur la méthode du gouvernement (brutale), sur leur volonté de négocier (farouche), sur l’injustice dont ils seraient victimes (on s’acharne sur nous), nos syndicats, chantres de la solidarité, appellent à la grève demain pour tenter de conserver les privilèges dont bénéficient leurs clients.

Bernard Thibault (CGT) soupçonne le gouvernement « de vouloir le conflit pour l'exemple », constatant que « toutes les catégories professionnelles ne sont "pas traitées avec la même brutalité ». Devant tant d’injustice, 7 des 8 syndicats de cheminots et 5 syndicats sur les 8 de la RAPT appellent, demain soir, à une grève reconductible contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. Ils se serreront les coudes avec les personnels de l’Opéra de Paris et de la Comédie française. Tous sont décidés à faire parler la rue, pour empêcher les réformes pourtant approuvées par le vote des français. Comme en 95, diront les vieux, on les avait déjà fait reculer !

Et, c’est vrai qu’ils ont un grand pouvoir de nuisance (pas l’Opéra quand même) : dès demain, les usagers des transports vont galérer et les entreprises vont tourner au ralenti.

ebb777d485e7ec7599b2ce542ae50a42.jpgAlors, je reprends ici, l’appel aux citoyens inquiets, en colère... et silencieux de Gérard Mermet, sociologue (auteur de Francoscopie) publié sur métrofrance.com, ce soir.

« Sous divers prétextes, les bénéficiaires des régimes spéciaux défendent le maintien de ce que l'on doit appeler, en toute objectivité, des privilèges. A tous ceux qui s'efforcent de regarder la société sans prisme idéologique ou politique, mais en se réclamant du bon sens, de l'équité, de la solidarité, de la responsabilité, leur attitude paraît irresponsable, voire indécente. Rappels :

Les bénéficiaires des 128 régimes concernés partent à la retraite bien avant ceux du régime général. Exemples : 50 ans pour les agents de conduite SNCF ou RATP ; 53 ans pour les sénateurs, 55 pour les députés qui auraient dû montrer l'exemple...
 - La durée moyenne de leur retraite est pour beaucoup supérieure à celle de leur vie active et ils percevront ainsi plus de pensions qu'ils n'ont reçu de salaires !
- Le montant de leur retraite est calculé sur les 6 derniers mois de salaire (comme pour les fonctionnaires, qui bénéficient encore à ce titre d'un régime spécial), soit un écart considérable par rapport aux 25 années du régime général. Leur taux de cotisation est en outre souvent inférieur (7,8% contre 10 à 11%). La plupart bénéficie par ailleurs d'un autre privilège important : la garantie de l'emploi.
- Dans l'immense majorité des cas, l'existence de ces "exceptions" n'est plus justifiée par une pénibilité particulière du travail.
- Le coût de ces régimes (qui concernent 1,2 million de retraités pour seulement 560 000 actifs) représente 15 milliards d'euros pour 2007, dont la moitié payée par la collectivité.
- La France est le seul pays développé au monde où demeurent de telles inégalités ;
- La réforme de ces régimes est souhaitée par 82% des Français (sondage Metro/Ifop, 11 octobre 2007), y compris par une majorité des agents de la Fonction publique.
- On estime à 300 milliards d'euros les engagements de retraite des sept principaux régimes spéciaux au cours des six prochaines décennies : une charge injuste et insupportable pour les générations futures.

Un constat semblable peut être fait pour les autres réformes jugées nécessaires par la grande majorité des experts : université ; recherche ; fonction publique ; système de santé ; droit du travail ; justice ; dialogue social... Réalisées dans les autres pays depuis des années, elles sont chez nous sans cesse bloquées par des minorités fortement politisées, incapables d'appréhender la réalité du monde et la nécessité de s'y adapter (ce qui n'interdit pas de chercher à l'améliorer).
La réforme des régimes spéciaux était a priori la plus " facile " et consensuelle, d'autant qu'elle a été comme d'habitude proposée aux intéressés avec des aménagements et un étalement dans le temps. Un recul du gouvernement rendrait donc quasiment impossible la mise en œuvre des réformes plus "difficiles". Il démontrerait une fois encore que des individus et organisations se réclamant des principes d'égalité et de solidarité défendent en réalité des corporatismes, des égoïsmes, des privilèges injustifiables ou un statu quo insupportable. Comme en 1995, ils peuvent (souhaitent peut-être, pour certains) paralyser le pays et l'enfoncer un peu plus dans la crise économique et morale.

Cette attitude est irresponsable et dangereuse. De plus, la conjoncture économique actuelle ne permet pas de différer plus longtemps les réformes, sous peine d'un nouveau décrochage national, avec de graves conséquences sur le pouvoir d'achat, la cohésion sociale, la place de la France dans le monde. Rappelons enfin que les grèves occasionnent une gêne considérable pour les particuliers, coûtent très cher à la collectivité (150 millions d'euros pour celle du 18 octobre dans les transports pour la seule région Ile-de-France), affectent la compétitivité déjà réduite de la France, son attractivité et son image à l'extérieur, donc son avenir.
 
Face à cette situation, les citoyens inquiets et en colère ne peuvent rester silencieux. Pour leur propre dignité, pour l'avenir de leurs enfants et du pays, ils ne doivent pas laisser le monopole de l'expression à ceux qui refusent l'adaptation. C'est pourquoi je vous propose de :

- Relayer cet appel aux personnes figurant dans votre carnet d'adresse (avec ou sans mention de l'auteur, qui ne signe ce texte que par souci de transparence).
- L'envoyer aux médias pour qu'ils rendent davantage compte de votre avis ;
- Le mentionner (en tout ou partie) sur les forums, blogs et sites internet que vous animez ou fréquentez ;
- Imaginer et proposer des " manifestations virtuelles " (ou réelles) originales, aussi visibles et efficaces que les grèves ;
- Me faire part de vos commentaires et suggestions à l'adresse ci-dessous.

Nous ne pouvons accepter que le pouvoir de nuisance de quelques-uns mette en péril notre avenir commun. »

0cbe40ed6431a21ff82a551d9ab684a5.jpg

 

Et je m’associe à l’appel lancé par Liberté chérie, à manifester, dimanche 18 novembre, contre tous les blocages.

 

 

 

 

Commentaires

Pauvre ignorant... Je lis: "Leur taux de cotisation est en outre souvent inférieur (7,8% contre 10 à 11%)".
C'est faux. C'est précisément les employés du privés qui ont un taux de cotisation bien inférieur (8% contre 11 à 12% dans la fonction publique). Et c'est aussi ces différences de taux de cotisation qui permettent ces soi-disant privilèges...

Ecrit par : Nicolas M. | 13.11.2007

Non ce n'est pas le taux de cotisation qui finance les régimes spéciaux, c'est l'Etat qui fait un chèque tous les ans pour équilibrer ces régimes.

Ecrit par : Arthur | 14.11.2007

Ecrire un commentaire