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14.10.2007
L’affaire suite : y a-t-il une différence entre savoir et être saisi ?
A l'occasion de la publication du rapport de l'inspection des finances sur l'action des services de Bercy au moment de l'affaire, Christine Lagarde a révélé, jeudi 11 octobre, l’existence d’un mémo confidentiel daté du 21 février 2006, adressé par Arnaud Lagardère au Ministre de l’Economie. Il décrit dans le détail la vente des titres EADS qui sera lancée en avril 2006 et cite parmi les acquéreurs potentiels la CDC. Vu la sensibilité du dossier, cette note aurait-elle pu ne pas être transmise au 1er ministre ?
Arnaud Lagardere dans son interview au JJD du 15 octobre confirme : « Dès janvier 2006, mes collaborateurs ont eu des réunions répétées et à haut niveau concernant l'opération avec les services du Premier ministre. Elles portaient sur le schéma envisagé, le calendrier, etc. Matignon a suivi l’opération depuis le début ». Dominique de Villepin, lui a pourtant déclaré, mercredi 10 octobre, n'avoir "jamais été saisi" du dossier de rachat des actions EADS par la CDC.(maj hier soir au grand jury RTL, il a convenu avoir eu connaissance de cette note)
En revanche, Arnaud Lagardère, à la question « Avez-vous organisé avec l'Etat le rachat d'une partie de vos titres par la Caisse des dépôts ? » confirme ce qu’a dit Thierry Breton à la Commission des Finances du Sénat : « l'Etat n'a rien à voir là-dedans. C'est une grande banque, Ixis, qui en a été chargée ». En effet, c’est cette banque, alors filiale de la Caisse d’Epargne qui s’est chargée de racheter les titres et de les redistribuer. Est-il imaginable que l'Etat se soit désintéressé du sort de ces 7,5 % d’EADS alors qu’il était au courant de leur vente par A.Lagardère ? Par ailleurs, Augustin de Romanet, actuel patron de la Caisse des dépôts, était à l'époque secrétaire général adjoint de l'Elysée et suivait le dossier EADS. Et lui aussi, n’aurait pas entendu parler du rachat des titres par la CDC ?
Enfin cerise sur le gâteau, Mathieu Pigasse qui était conseil d’Ixis, dans l’exercice du mandat de vente des actions EADS, a aussi été sollicité pour avis par Francis Mayer, directeur de la CDC alors, sur le sujet de l’achat…des titres EADS ! Il pourrait lui aussi être entendu par la commission des Finances du Sénat car être conseiller pour la vente d’un coté et donner son avis pour l’achat de l’autre, pourrait bien relever du conflit d’intérêts.
L’Etat dans cette affaire est tellement tentaculaire, que sa main droite peut ignorer ce que fait sa main gauche. En pareil cas, n’est-ce pas le signe que l’on perd la tête ?
19:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Lagarde, EADS, CDC, Lagardere, Matignon, Villepin



























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