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01.09.2007
« Voila les verrous, on va les faire sauter ! »
Certains ont dit que le candidat N.Sarkozy était de retour car le discours prononcé à l’université d’été du Medef, le 31 août, énonçait encore beaucoup de valeurs et annonçait peu de mesures. D’autres demandent que quelqu’un se dévoue pour dire à N.Sarkozy qu’il a été élu président de la République. Est-il bien raisonnable de vouloir laisser penser qu’élection vaut conviction ? Que par la magie de l’élection, tous les français sont maintenant convaincus de la nécessité des réformes, de toutes les réformes ? Que ceux qui n’étaient qu’en partie acquis au thème de la rupture n’ont plus aujourd’hui qu’à « subir » les réformes sans autre forme d’explication ? « La réforme c’est l’affaire de tous et les efforts comme les récompenses doivent être partagés ».
N.Sarkozy a livré un discours de conviction et de pédagogie devant un public acquis ; et pourtant celui-ci a applaudi. Il lui a même fait une standing ovation. Le discours était simple et sa trame limpide : en résumé : « Cette rupture, je m’y suis engagé, les français l’ont approuvée, je la ferai …Il ne peut pas y avoir de confiance si on ne dit pas la vérité. Nos blocages sont dans le manque de courage des élites françaises. On doit dire qu’il est difficile de partager des richesses que l’on n’a pas crées, qu’on ne peut pas dépenser davantage que ce que l’on produit et que si l’on veut créer des emplois et de la richesse, il faut travailler plus… » Bref, il a, en quelques phrases, dit tout le contraire de ce que les socialistes ont dit depuis 30 ans. Il a rappelé le manque de courage des hommes politiques ; les socialistes n’étaient pas les seuls visés.
« Je veux aller beaucoup plus loin dans l'assouplissement des 35 heures pour redonner des marges de manœuvre plus importantes à la politique salariale. Les 35 heures, qui étaient une erreur économique énorme, étaient aussi une erreur sociale, car depuis les 35 heures, on ne parle plus de salaire dans notre pays, on ne parle plus de pouvoir d'achat ». Aujourd’hui, bien peu de gens défendent les 35 heures, même l’ancienne candidate socialiste n’y croit plus. Il dispose d’une majorité à l’Assemblée et a été élu sur le thème de travailler plus pour gagner plus. Alors, pourquoi passer par une défiscalisation partielle et couteuse des heures supplémentaires ? Ce que la gauche a fait, ne peut-il être défait ?
Pour redonner du pouvoir d’achat, les lois sur le commerce précédemment votées par la majorité sont enfin remises en cause : « Je veux intégrer l’intégralité des marges arrière dans le calcul du seuil de revente à perte ». Il aurait pu aussi proposer de revoir la loi Raffarin qui permet le statu quo en matière d’implantation nouvelle de commerces.
Il a redit vouloir libérer l’économie et alléger le budget de l’Etat des dépenses de fonctionnement. Il a rappelé que l’Etat n’est pas une entreprise, mais doit être géré avec le même souci d’économies et d’efficacité : d’où la lutte contre la fraude et le gaspillage : « les organismes inutiles seront supprimés, le nombre de directeurs d’administration centrale sera divisé par deux, les directions de la Comptabilité publique et des impôts seront fusionnés, la DST et les RG seront rapprochés ». Il a redit son engagement de ne remplacer d’un fonctionnaire sur deux afin que l’Etat puisse investir."Si nous perdons la bataille de l'intelligence, nous perdrons tout », confirmant les annonces du mois d'août en faveur de la recherche : remboursement aux entreprises de 30% de leurs dépenses de recherche contre 10% précédemment, au titre du Crédit impôt recherche (CIR). Des procédures devraient être trouvées pour que les entreprises bénéficiaires du CIR, ne soient plus victimes de tracasseries fiscales.
Enfin, il a veut réconcilier l’entreprise et les français : « Je veux en finir avec l'idéologie qui met l'entrepreneur au ban de la société. Je veux mettre l'entrepreneur au cœur de notre projet économique. »
Il a mis en cause certaines pratiques de l’Administration fiscale, « comme si celle-ci cherchait à reprendre d’une main ce que le législateur avait voté de l’autre ». En effet, les entreprises qui déposent un dossier de crédit-recherche, multiplient leurs chances de subir un contrôle fiscal, tout comme les particuliers qui demandent un remboursement d’impôt au titre du bouclier fiscal.
« La pénalisation du droit des affaires a été une grave erreur et je vais y mettre un terme ». Il veut revoir ce qui permet de poursuivre un patron, pour les mêmes faits, à la fois au pénal et au civil et dénonce ceux qui font appel au droit au pénal pour obtenir un chantage.
Afin de réduire l’incertitude juridique et de favoriser ainsi l’embauche il a annoncé : « Je suis favorable à ce que soit ouverte la possibilité d'une séparation à l'amiable dans les entreprises », rappelant ainsi que pour qu’une entreprise embauche, un juge ne devait pas lui interdire de licencier.
Il a rappelé que la France, n’était pas une île et qu’engagée dans la mondialisation « si l'on taxe trop le travail, il se délocalise ; si l'on taxe trop le capital, il se délocalise. » Concernant le capital, le paquet fiscal voté cet été a introduit le bouclier fiscal à 50% et l’allègement des droits de succession. En revanche, concernant le travail, les chantiers de la fiscalité et des charges sociales vont s’ouvrir à l’automne.
« Je veux que la France se dote d'un Small Business Act…il n’y a pas de raison pour que ce qui est autorisé aux Etats-Unis soit interdit aux européens ». La France crée des entreprises, mais elles ne grandissent pas. Un Small Business Act, inspiré de celui des Etats-Unis, permettrait de réserver aux PME une partie des marchés publics. La commission Stoleru est chargée d'un rapport sur cette question. Il aurait pu ajouter qu’il s’attellerait à la disparition des seuils sociaux qui limitent à 9 puis 49 le nombre de salariés de nos petites entreprises.
Il a assuré que « l'État jouera le jeu pour alléger les charges et libérer le travail ». En contrepartie, il a demandé « aux patrons d’investir et de négocier les salaires, aux syndicats d’être responsables, aux banques de ne pas prêter plus facilement aux spéculateurs qu’aux entreprises et aux ménages, aux juges de ne pas se laisser tenter par le gouvernement des juges ».
Un discours qui m’a plu, de pédagogie de la croissance, à laquelle il dit manquer un point (le monde en faisant 5, à mon avis, il en manque au moins 2) ; et surtout après avoir fait le constat de l’existence de verrous au dynamisme économique, il s'est engagé à les faire sauter. C'est un langage clair : comme il a dit qu’il disait tout avant, pour pouvoir tout faire après…
22:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Medef, entrepreneur, small business act, jouer le jeu, politique



























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