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19.04.2007

Relativisme intellectuel des élites

    Les déclarations de J.M.Le Pen sur les origines étrangères de N.Sarkozy font partie des déclarations les plus dures, qu'il n'ait jamais prononcées. Incroyablement, on note l'absence de réaction de la classe politique et surtout de tous les bien-pensants et autres belles âmes gauchisantes prêts à s'offusquer à la moindre déclaration des responsables de droite sortant de leur cadre intellectuel.
Le raisonnement qu’ils tiennent pour se justifier est affligeant : il l'avait bien cherché, ou tout ce qui peut affaiblir l’adversaire est bon à prendre et puis, ou encore, on ne va tout de même pas défendre un adversaire en pleine campagne présidentielle. Plus qu'une lepénisation des esprits mise en avant par certains, il faut plutôt ici relever un relativisme intellectuel où les valeurs ne sont plus défendues que dans les cas où ça arrange.

    L'affaire Battisti en était aussi un bel exemple. Continuer à vouloir victimiser Cesare Battisti, terroriste italien en fuite, ayant du sang sur les mains, illustre « l'étendue de la corruption intellectuelle et morale qui affecte la gauche de ce pays », comme l'avait noté Robert Redeker, lui qui avait été menacé de mort pour avoir critiqué l'Islam, dans Le Figaro. Voir le peu de soutien que ce professeur avait reçu était affligeant et inquiétant pour les prétendues élites intellectuelles au pays de Voltaire. La Ligue des droits de l'homme est en pointe dans ce relativisme intellectuel, toute prête à s'indigner pour Battisti mais qui dénonce le texte « nauséabond » du philosophe. Encore moins de réaction au sujet du Darfour, où un régime, soutenu par la Chine et certains pays arabes, organise le massacre des populations noires (chrétiennes mais aussi musulmanes) par des milices islamiques. Le relativisme intellectuel sévit de plein fouet quand la cause à défendre ne rentre pas dans le schéma prédéfini. Le procès des caricatures de Mahomet en est encore un autre exemple. La liberté d'expression ne doit pas être défendue que lorsqu’une minorité en est privée, elle doit l'être aussi quand une minorité l'attaque.

    Le deux poids deux mesures est vraiment une marque de fabrique de ces belles âmes. Ils n'ont pas compris qu'en étant dans l'opposition systématique, dans la défense sélective des valeurs communes, ils n'en sortent pas grandis. Peut-être qu'à court terme, ce jeu permet de petites victoires mais ce sont les valeurs ainsi que les repères de la société qui en pâtissent toujours à la fin.

 

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